• Un journaliste français, arrêté à proximité du siège de la Radiotélévision ivoirienne (RTI) à Abidjan, le 27 décembre 2007, est toujours détenu dans le cadre d’une enquête ouverte à la suite d’un "complot" déjoué, dénoncé le 28 décembre à Bouaké (Centre) par les Forces nouvelles (FN), l’ex-rébellion. Selon lui, sa libération a été ordonnée, le 20 mars, par le juge en charge de l’affaire. Mais le parquet qui fait obstruction en faisant appel, ajoute-t-il.

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    A Abidjan, les grognes contre les coupures d’électricité se font nombreuses. Cela, depuis plusieurs jours. A l’intérieur du pays également, le refrain des plaintes est entendu. En fait, les Ivoiriens sont fatigués des coupures d’électricité. Il y a environ un mois, une grave coupure d’électricité, dans toute la ville d’Abidjan et dans des villes de l’intérieur (Aboisso, Abengourou, Bongouanou, etc.), avait plongé le pays dans le noir. Pour justifier ce délestage, les responsables de la Compagnie ivoirienne d’électricité avaient évoqué des failles techniques. Mais les populations supportent de plus en plus mal ces délestages réguliers et intempestifs.

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    Selon une étude menée en Côte d’Ivoire, sur les violences basées sur le genre (VBG) par le ministère de Famille, de la femme et des affaires sociales, dans 8 localités des zones CNO, 846 cas de violences sexuelles ont été enregistrés dans les structures sanitaires, entre 2000 et 2007. Sans comptabiliser les cas qui n’ont pu bénéficier de prise en charge dans les structures sanitaires du fait de la honte. Des chiffres qui indiquent que la violence basée sur le genre est un vrai problème en Côte d’ivoire. Les autorités ont ainsi décidé de lancer un un système de référence et contre référence, pour mieux lutter contre les violences basées sur le genre

  • Contributor | Gouvernance

    Le président Laurent Gbagbo dit haut et fort à qui veut l’entendre qu’il est pressé d’aller aux élections. Mais les actes et les déclarations intempestives émanant de son propre camp trahissent sa vraie pensée. Le chef de l’Etat et sa coterie n’ont pas l’intention d’en découdre de manière démocratique avec l’opposition. Du moins pas maintenant et dans les circonstances actuelles. Ce constat était nette perceptible dans ses propos au cours de la dernière traditionnelle présentation des vœux de Nouvel An.

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    Où trouver les 30 milliards Fcfa destinés au paiement de la prime promise aux miliciens à démanteler et aux ex-combattants des Forces nouvelles ? La question préoccupe au plus haut point les autorités ivoiriennes, au point qu’elle a ressurgi à la réunion du Comité d’évaluation et d’accompagnement (CEA) qui s’est tenue le 16 février à Ouaga. Les accords signés pour le processus de paix prévoient le paiement d’une prime directe de démobilisation d’un montant de 500 000 F en faveur de chaque membre des groupes d’autodéfense, pour leur démobilisation.

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    Le désarmement et la réinsertion des Forces nouvelles constitue un véritable casse-tête pour le gouvernement ivoirien. Lequel éprouve des difficultés pour payer le montant de 500.000 F Cfa promis à chaque ex-combattant et ex-membre des groupes d’autodéfense, comme l’a recommandé l’accord signé le 22 décembre 2008. Selon le représentant du président burkinabé, médiateur du conflit ivoirien, il est urgent, «au regard des difficultés de financement, de statuer sur l’orientation définitive à donner à la suite de ce programme. (…), qu’avec l’engagement de tous, un choix définitif soit fait pour le devenir de ces ex-combattants».

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    L’évolution des prix à la consommation mesurée par l’Institut national des statistiques (INS) au cours des neuf premiers mois de l’année 2008, indiquait un taux annuel d’inflation de 4,4% en septembre 2008. Donc au-delà du seuil fixé pour le critère de convergence de l’UEMOA. Jamais, de mémoire de consommateur, la vie n’a coûté aussi cher en Côte d’Ivoire. Depuis plusieurs mois en effet, les prix flambent, et cette inflation aujourd’hui est plus marquée sur les produits de grande consommation.

  • Contributor | Gouvernance

    Une secrétaire du chef de l’Etat ivoirien a été arrêtée le 3 février par la gendarmerie. Elle est poursuivie pour les faits d’escroquerie portant sur la somme exacte de 65 millions 542 610 FCFA. Selon un communiqué de la présidence de la République, confirmé par des sources proches de la justice, la secrétaire, usant de sa fonction, aurait utilisé le nom du Président Laurent Gbagbo pour se faire remettre cette somme d’argent par une société de téléphonie mobile.

  • Contributor | Gouvernance

    «L’élection présidentielle n’aura pas lieu en 2009», selon Anaky Kobena, le leader du MFA (Mouvement des forces d’avenir). Une position qu’il est pour l’instant le premier à avoir exprimé publiquement. Se fondant sur les écueils qui jonchent le chemin qui mène au prochain scrutin présidentiel, M. Kobena pense qu’il ne faut point se bercer d’illusion : il n’y aura rien cette année encore. Et ils sont de plus en plus nombreux, les Ivoiriens qui commencent à penser comme lui.

  • Au mois d’octobre 2006, lorsqu’il devint évident que l’élection présidentielle prévue pour se tenir au plus tard le 31 octobre de cette année ne pourrait pas avoir lieu, les Nations Unies avaient adopté la résolution 1721 qui prolongeait le mandat du chef de l’Etat ivoirien, maintenait le Premier ministre Charles Konan Banny qui avait été nommé un an plus tôt et renforçait les pouvoirs de ce dernier, tout en fixant pour la fin du mois d’octobre 2007 la tenue des élections. Elle précisait également que cette prolongation du mandat du chef de l’Etat ivoirien serait la dernière, et qu’en cas d’échec de cette nouvelle transition, la classe politique ivoirienne serait écartée au profit d’autres personnalités de la société civile. Mais aujourd’hui rien ne permet d’indiquer l’échéance à laquelle la présidentielle ivoirienne va se tenir. Dans la situation actuelle, tout indique que personne, dans la classe politique, ne veut en fait de cette élection, même si le chemin semblait bien balisé.

    Au mois de décembre 2006, le chef de l’Etat lança l’idée d’un dialogue direct entre lui et le chef des Forces Nouvelles qui occupent le nord du pays, M. Guillaume Soro. Ce dialogue eut lieu à Ouagadougou sous les auspices du chef de l’Etat burkinabé Blaise Compaoré et donna naissance, le 4 mars 2007, à l’Accord de paix de Ouagadougou. Cet accord fut vu par plusieurs analystes comme une façon pour le chef de l’Etat ivoirien de se débarrasser de la résolution 1721 et du Premier ministre qui lui avait été imposé, afin d’être le véritable maître du processus de sortie de crise.

    Au terme de cet accord qui était assorti d’un chronogramme précis, les élections devaient avoir lieu au plus tard dans le premier trimestre de l’année 2008. Mais auparavant, la « zone de confiance » qui sépare les deux belligérants et qui était tenue par les forces impartiales devait être supprimée et remplacée par des forces mixtes composées d’éléments des Forces nouvelles et des Forces Armées Nationales de Côte d’Ivoire (FANCI) réunies au sein d’un Centre de Commandement Intégré (CCI), les audiences foraines destinées à donner des actes de naissance aux Ivoiriens qui n’en avaient pas devraient se tenir, l’administration se serait déployée sur tout le territoire, les milices auraient été démantelées et les Forces nouvelles désarmées et regroupées dans des centres bien identifiées.

    Cet accord a été accepté par toutes les forces politiques ivoiriennes, bien que les principaux partis aient été exclus des négociations. Un nouveau gouvernement a été mis en place, dirigé par M. Guillaume Soro, le chef des Forces Nouvelles, et qui comprend tous les partis signataires de l’Accord de Linas-Marcoussis. Peu de temps après sa nomination à la tête du gouvernement, M. Soro a été l’objet d’un attentat sur l’aéroport de Bouaké, mais cela n’a semble-t-il pas eu de conséquences sur l’avancée du processus de paix.

    Un accord dit intérimaire, signé au cours de l’année 2007, a prolongé jusqu’au 30 juin la tenue des élections. Date qui n’a pas été respectée. Entre temps, les audiences foraines s’étaient tenues et avaient permis de donner des actes de naissance aux personnes qui n’en avaient jamais eu.

    D’autres accords intérimaires ont ensuite été signés qui tous fixaient de nouvelles dates pour les élections. La dernière date arrêtée fut le 30 novembre 2008. Elle ne fut pas plus respectée que les autres. Un quatrième accord intérimaire a été signé avant la fin de l’année 2008, mais il n’a pas fixé de nouvelles dates. Il a laissé le soin à la Commission Electorale Indépendante (CEI) de fixer un chronogramme avant le 31 décembre 2008. Cette date est passée sans qu’un échéancier n’ait été fixé.

    La CEI invoque le fait que le processus d’identification, que l’on appelle enrôlement, qui devait permettre à la fois de donner de nouvelles cartes d’identité aux Ivoiriens et des cartes d’électeurs n’est pas achevé. A ne pas confondre avec les audiences foraines qui servaient uniquement à donner des actes de naissance. C’est avec cet acte de naissance que l’on se fait enrôler. Ce processus s’est achevé à Abidjan et a commencé à l’intérieur du pays. La date du 28 février a été fixée pour sa finalisation dans ces régions, mais des débats ont lieu en ce moment pour savoir si cette date sera respectée.

    C’est que le processus rencontre plusieurs difficultés dans son déroulement. Il y a d’abord des problèmes financiers qui ont fait que plusieurs fois les agents chargés de l’opération sont entrés en grève, pour salaires impayés. Des actes de violence ont aussi émaillé le processus lorsqu’il avait débuté à Abidjan, avec des accusations de fraude.

    Ces accusations proviennent toujours du camp du président de la République, qui soupçonne les ressortissants d’Afrique de l’ouest, du Burkina Faso et du Mali, notamment de vouloir s’inscrire sur les listes électorales sans avoir la nationalité ivoirienne. Le chef de l’Etat lui-même a plusieurs fois mis en garde les étrangers qui chercheraient à se mêler des affaires des Ivoiriens. Dans le même temps, plusieurs personnes originaires du nord de la Côte d’Ivoire se sont plaintes de se voir refouler dans les centres d’enrôlement, au motif qu’elles ne seraient pas Ivoiriennes.

    Lorsque le processus avait commencé, il y eut des actes de violence dans le quartier de Williamsville, entre les populations et des étudiants de la FESCI, le syndicat estudiantin proche du chef de l’Etat. Ces étudiants avaient décidé de monter la garde devant les centres d’enrôlement afin d’empêcher les étrangers d’y avoir accès. En se basant sur leurs faciès et leur habillement. L’ivoirité est encore bien vivante comme vous le constatez. Toujours est-il que le processus d’identification continue son petit bonhomme de chemin, mais lentement.

    Pendant ce temps, le désarmement des ex-rebelles n’a toujours pas eu lieu. Plusieurs fois, des opérations de regroupement ou d’installation d’ex-rebelles sur des parcelles agricoles se sont déroulées devant la presse, mais aussitôt les journalistes partis, les choses sont redevenues comme auparavant. On a assisté en 2007, à Bouaké, à la cérémonie de «La flamme de la paix », qui a consisté à brûler symboliquement des armes devant plusieurs chefs d’Etats africains. Mais les armes sont toujours entre les mains des ex-rebelles qui contrôlent les ressources des zones sous leur coupe.

    L’accord de Ouagadougou avait prévu ce qu’on appelle l’unicité des caisses de l’Etat, c’est-à-dire que toutes les taxes et autres impôts de la Côte d‘Ivoire devaient être prélevés par l’Etat. En 2008, un groupe de douaniers avait été installés à la frontière entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Mais aussitôt le ministre de l’Economie et des Finances parti, les Forces Nouvelles ont chassé les douaniers venus d’Abidjan. La date du 15 janvier 2009 avait été annoncée comme devant marquer à nouveau l’unicité des caisses. Elle n’a pas été respectée. On parlait alors du 2 février…

    Concernant les milices, un démantèlement symbolique a eu lieu en 2007 à Duékoué, dans l’ouest du pays en présence du chef de l’Etat, mais les milices existent toujours et s’expriment régulièrement dans les médias. A Abidjan elles ne se cachent pas pour faire leur jogging.

    Même si les préfets et sous-préfets se sont déployés dans les zones tenues par la rébellion, les chefs de guerre contrôlent toujours leurs zones et y détiennent le vrai pouvoir. Rappelons, pour mémoire, que selon l’ONG britannique Global Witness, les Forces nouvelles perçoivent chaque année quelques 15 milliards de francs sur le cacao qui transite par leur zone pour être vendu au Togo, en passant par le Burkina Faso. Sans parler des diamants, du bois, du café, du coton et des autres richesses qui se trouvent dans ces zones et qui sont systématiquement pillées. Ajoutons que l’agence de la BCEAO de Bouaké a été pillée en toute impunité.

    De temps à autre, un débat surgit entre le FPI, le parti de Laurent Gbagbo, et les Forces Nouvelles, sur la question de savoir s’il faut organiser les élections avant le désarmement ou après. Les Forces Nouvelles ont plusieurs fois déclaré qu’elles ne désarmeront pas avant les élections, pendant que M. Affi N’guessan, le président du FPI, répète inlassablement que son parti n’acceptera pas d’élection sans le désarmement.

    Le sentiment qui commence à gagner bon nombre d’Ivoiriens est que le chef de l’Etat et son premier ministre font tout pour retarder au maximum la tenue de l’élection présidentielle, en profitant de l’incroyable passivité de l’opposition politique.

    Le chef de l’Etat, qui, selon plusieurs sources, serait menacé par le Tribunal Pénal International, à cause des crimes commis par les escadrons de la mort et lors des manifestations du mois de mars 2004, ne voudrait en aucun cas perdre l’élection présidentielle, car son maintien au pouvoir est sa seule garantie de ne pas se retrouver devant ce tribunal. Mais en dehors de cela, M. Laurent Gbagbo n’est pas enclin à abandonner le pouvoir, pour lequel il a lutté pendant plus de trente ans, à ses adversaires que sont MM. Bédié et Ouattara. Plusieurs fois dans des allocutions, il a rappelé tout ce qu’il a enduré avant d’arriver au pouvoir, et plus d’une fois il a déclaré que jamais il n’abandonnerait son pouvoir. Il l’a répété encore lors des cérémonies de présentation de vœux au chef de l’Etat cette année.

    Mais M. Gbagbo n’est pas assuré d’avoir la majorité. Il sait que sa base électorale était très mince au moment où il accédait au pouvoir, et qu’il lui aurait été très difficile de devenir président, si les principaux candidats qu’étaient Henri Konan Bédié et Alassane Dramane Ouattara n’avaient pas été éliminés de la course par Robert Guéï. M. Gbagbo sait également que son bilan est loin de satisfaire la majorité des Ivoiriens, tant la corruption, les abus des Droits de l’homme, l’impunité et la pauvreté se sont généralisés en Côte d’Ivoire sous son règne.

    En 2008 des femmes ont manifesté contre la vie chère et la police les a chargées, faisant deux morts. Il y a eu l’affaire des déchets toxiques et plusieurs autres scandales. Dès lors, M. Gbagbo ne veut pas prendre le risque d’aller aux élections avec la hantise qu’il a de perdre. Il n’y ira que lorsqu’il sera sûr de gagner sans risque.

    De plus, depuis fort longtemps l’Assemblée nationale ne siège pratiquement plus et M. Laurent Gbagbo n’a jamais eu autant de pouvoir qu’en ce moment. Au point où pour la troisième année consécutive, il a fait adopter le budget par ordonnance sans passer par l’Assemblée nationale. Pendant longtemps il a géré les revenus du pétrole sans en rendre compte à qui que ce soit, utilisant une partie de cet argent pour construire des palais à Yamoussoukro. C’est devant l’insistance des institutions financières internationales qu’il a fini par faire arrêter les dirigeants de la filière du cacao, la principale ressource de la Côte d’Ivoire, qui détournaient sans vergogne les revenus de ce produit pendant que les paysans croupissaient dans la misère.

    Ce sont encore ces institutions financières qui ont exigé que les revenus du pétrole soient désormais publiés. Signalons que le fonds de souveraineté du président de la république était de 60 milliards de francs l’année dernière. Il s’agit d’une somme dont il peut disposer comme il l’entend sans en rendre compte.

    Pour le Premier ministre, la non tenue d’élection est aussi une bonne affaire, puisqu’il demeure à son poste, ce qui lui permet de se donner une stature d’homme d’Etat, d’effacer son image de chef de guerre, et de se constituer un trésor de guerre pour ses ambitions présidentielles qu’il ne cache plus. Dans une interview accordée à l’hebdomadaire « Jeune Afrique », il avait annoncé qu’il avait hâte d’être au lendemain des élections afin de dévoiler ses ambitions pour le peuple ivoirien.

    M. Soro dispose d’un fonds de souveraineté de plus de 20 milliards de francs CFA. De plus, il est toujours le chef des Forces nouvelles qui contrôlent toutes les ressources de la zone nord et ouest de la Côte d’Ivoire. L’on comprend que plus la situation dure, et mieux c’est pour lui. A cause de son jeune âge, 37 ans cette année, il ne peut être candidat à la prochaine élection présidentielle.

    Il y a aussi Blaise Compaoré qui gagne beaucoup dans cette affaire. En tant que médiateur des crises ivoirienne et togolaise, il se pose en faiseur de paix avoir été considéré pendant longtemps comme celui qui soutenait les guerres dans la région, notamment celles de Sierra Leone et du Liberia. Et cela lui évite peut-être d’être cité dans le procès de Charles Taylor devant la Cour Pénale Internationale. Mais dans le même temps, toutes les ressources pillées dans le nord de la Côte d’Ivoire sont investies dans son pays. J’ai personnellement vu, à Ouagadougou, les résidences et quelques unes des réalisations des chefs de guerre de la rébellion ivoirienne.

    Enfin, Blaise Compaoré est devenu de fait le vrai patron de la Côte d’Ivoire, puisque rien ne se décide désormais dans ce pays sans son avis. Ce qui est une belle revanche sur l’histoire, lorsque l’on sait à quel point les Ivoiriens ont méprisé et exploité les Burkinabé pendant de longues décennies.

    Aujourd’hui, l’opinion ivoirienne se montre de plus en plus lasse et impatiente devant les retards accumulés dans l’organisation des élections. L’opposition politique semble s’être fait la complice de ces retards, puisqu’elle ne les dénonce que d’une voix très faible. Si M. Bédié semble s’être réveillé et fait des tournées à travers tout le pays en dénonçant le pouvoir de Laurent Gbagbo, M. Ouattara reste encore étrangement silencieux. Des membres de cette opposition siègent au sein du gouvernement et ses ministres ne semblent pas très pressés de voir des élections se tenir. Il est de notoriété publique que ce sont ces ministres qui alimentent les caisses de leurs partis, en se servant au passage. La presse a publié la photo de la maison du ministre de la Construction et de l’urbanisme, issu du RDR d’Alassane Ouattara, qui aurait coûté plus d’un milliard de francs. Il n’y a pas eu de démenti.

    Le sentiment général est que la population est prise en otage par la classe politique dans son ensemble. Car, même s’ils siègent très peu, les députés ont vu eux aussi leurs mandats prorogés de facto et ils gardent tous leurs avantages. Il en est de même des maires, des conseillers généraux, des conseillers économiques et sociaux, etc. Les mandats des députés auraient dû prendre fin en 2005 et ceux des maires et conseillers généraux en 2006.

    Pendant ce temps, la pauvreté prend de l’ampleur, au point où M. Mamadou Koulibaly, le président de l’Assemblée national,e a avoué que plus de 70% des Ivoiriens ne font qu’un seul repas par jour. La Banque mondiale a estimé que le taux des Ivoiriens vivant en dessous du seuil de pauvreté est d’environ 50%. Pendant ce temps plusieurs cas de corruption sont régulièrement dénoncés, qui touchent aussi bien des proches de M. Gbagbo que des membres de l’opposition.

    Le mécontentement est de plus en plus grandissant et perceptible. Même des supporters de M. Gbagbo ne cachent pas leur déception. Au sein même du FPI, le parti de M. Gbagbo, des voix se sont élevées pour dénoncer la gestion de M. Gbagbo. Il est vrai que l’opposition est très faible aujourd’hui et ne semble pas prête à appeler à un soulèvement populaire. Mais les manifestations du mois d’avril 2008 indiquent clairement que le peuple n’attendra pas des mots d’ordre pour descendre dans la rue. Des manifestations spontanées et désordonnées sont à craindre. Elles pourraient donner lieu à une violente répression, compte tenu de la propension des forces de l’ordre ivoiriennes à tirer à balles réelles sur les manifestants. Et ce serait alors la porte ouverte à toutes les éventualités, dont celle d’un coup d’Etat militaire n’est pas à écarter.

    Certains observateurs n’excluent pas une reprise des hostilités entre les deux forces armées qui ont toujours les armes à la main. Car malgré les accolades et les gentillesses de façade, la confiance ne règne guère entre les deux camps.

    Il importe dès à présent que des pressions, aussi bien de la société civile ivoirienne que de la communauté internationale soient exercées sur les dirigeants ivoiriens afin qu’ils libèrent leur pays.

    * Venance Konan est un journaliste et écrivain de Côte d'Ivoire. Avec « Négreries » parue en 2007, il en est à sa troisième production littéraire.

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    Après le décès, le 6 janvier dernier, de l’ancien ministre de l’Information Amadou Thiam à Rabat, c’est Jérôme Diégou Bailly, président du Conseil national de la Communication audiovisuelle et journaliste de renom, qui disparu le 1er février. Avec l’avènement du multipartisme suivi de la pluralité de la presse, Diégou Bailly et certains confrères et amis avaient créé Nouvel Horizon, au début des années 1990. Il participe ensuite à la création de Notre Temps, puis du Jour et du Sentier. Il quitte les rédaction en juin 2001 pour devenir président du Conseil national de la communication audiovisuelle.

  • Contributor | Gouvernance

    Quinze ans après la disparition du « Vieux », Hélène, l’une de ses filles, n’a touché que des miettes de son fabuleux héritage, estimé entre 50 et 100 millions d’euros.
    Mais elle ne renonce pas à faire reconnaître ses droits. Depuis 15 ans elle mène son combat contre le monde obscur des notaires, banquiers, huissiers et autres commissaires-priseurs. Hélène Houphouët-Boigny, 53 ans, est fille de son père et d’Anougble Akissi. Officiellement, Félix Houphouët-Boigny, mort en 1993, n’a laissé ni testament écrit ni inventaire de ses biens, tout juste un legs verbal – totalement invérifiable – en faveur de l’État ivoirien.

  • Contributor | Gouvernance

    C’est un vrai désaveu que la Commission nationale de supervision de l’identification (CNSI) vient de donner à la Commission électorale indépendante (CEI). Contrairement à cette dernière, la CNSI estime impossible le respect de l’échéance du 28 février pour la fin de l’enrôlement des électeurs ivoiriens. La CNSI fait état de dysfonctionnements qui, selon elle, menacent l’opération d’identification des Ivoiriens et d’enrôlement des électeurs. Ainsi 3 400 centres de collecte fonctionnent sur un total de 11 000 prévus.

  • Le Premier ministre ivoirien Guillaume Soro, chef de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), a appelé dimanche les ex-rebelles à "s'impliquer" dans la mise en oeuvre du dernier accord de paix. M. Soro en clôturait un séminaire de la branche militaire des FN dans leur fief de Bouaké. L'accord de paix interivoirien, signé par le camp présidentiel et les FN en mars 2007 à Ouagadougou et complété en décembre 2008, prévoit la réunification du pays, coupé en deux depuis la tentative de coup d'Etat de la rébellion en septembre 2002.

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    Depuis le mois de mai 2008, le Syndicat des fournisseurs de l’Etat de Côte d’ivoire (SYNAFECI) a entamé des négociations avec le Gouvernement en vue de trouver une voie de règlement des factures impayées par l’Etat qui s’élèvent à plus de 243 milliards de FCFA. Mais selon son président, les négociations ont échoué. «Les négociations n’ont pas abouti. Ceux qui entourent le Président de la République ne prennent pas au sérieux les problèmes des fournisseurs », a-t-il fait savoir, annonçant une autre alternative de revendication, avec le déclenchement d’une grève de la faim illimitée.

  • Les Ivoiriens de l'étranger pourront se faire identifier et s'inscrire sur les prochaines listes électorales à partir du début du mois de janvier, selon le président de la Commission électorale indépendante (CEI). Des commissions électorales indépendantes locales de l’étranger seront installées à cet effet. L’élection présidentielle prévue officiellement pour le 30 novembre a été reportée le lundi 10 novembre par le cadre permanent de concertation (CPC) à une date ultérieure qui doit être déterminée par la commission électorale indépendante (CEI).

  • Contributor | Gouvernance

    Vitres brisés, toits qui ont perdu toute étanchéité, des murs dégradés, des espaces uniquement verts de leurs herbes sauvages, entre autres signes d'un abandon qui ne dit pas son nom, pour une capitale politique et administrative d'un pays comme la Côte d'Ivoire, Yamoussoukro ne paie plus de mine. Village jadis destiné à devenir une ville futuriste, par la volonté de son Président de fils, Yamoussoukro semble aujourd'hui irrémédiablement condamné à connaître le sort des cités anciennes.

  • Contributor | Activisme

    Séguéla, Man le 24 novembre, Bouaké et dans une moindre mesure Abidjan le 13 décembre. En moins de trois semaines, il y a eu du bruit dans toutes les prisons de ces quatre grandes villes de la Côte d’Ivoire. Si le cas d’Abidjan se décrit objectivement comme étant un mouvement d’humeur pour réclamer de meilleures conditions de détention, dans les trois autres localités citées, qui se trouvent être dans la zone sous contrôle des Forces nouvelles, la situation se présente sous une forme plus alarmante qu’elle ne l’a été jusque là. Elle révèle une autre face du profond malaise au sein des éléments de Guillaume Soro.

  • Contributor | Arts

    "La souffrance c'est pour nous, l'argent c'est pour les exportateurs": déçus par le non-respect des prix d'achat fixés, des planteurs de cacao de San-Pedro, principale région de production de la Côte d'Ivoire, menacent de se convertir à l'hévéa. Les exportateurs accusent le gouvernement de n'avoir pas financé les coopératives, en raison de l'incarcération en juin des anciens dirigeants de la filière pour de présumées malversations.

    Tagged under Arts Cote d’Ivoire

  • Un groupe de plus de 300 miliciens se réclamant du président ivoirien Laurent Gbagbo, et qui agressaient les populations dans un quartier sud d'Abidjan, a été démantelé par l'armée loyaliste. Les milices du GPP avaient été constituées en septembre 2002 après le coup d'État manqué de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) contre le président Gbagbo, rébellion qui contrôle toujours le nord du pays.