• Washington redoute une escalade de la violence au Burundi après l’ultimatum du président Pierre Nkurunziza, qui a demandé aux insurgés de se rendre. Les Etats-Unis ont fait part de leur extrême inquiétude aussi face à une rhétorique incendiaires. Les plus hautes autorités multiplient les discours menaçants à l’endroit des habitants des quartiers dits «contestataires» et mobilisent leurs partisans pour tuer si cela s’avérait nécessaire. Des propos qui inquiètent l’envoyé spécial des Etats-Unis pour les Grands Lacs.

  • Décidé à mettre un terme à la contestation qui agite le Burundi depuis fin avril, le camp du président burundais Pierre Nkurunziza multiplie les propos incendiaires et joue dangereusement avec la question ethnique, inquiétant analystes, diplomates et opposants. Fin octobre, devant des responsables administratifs de Bujumbura, le président du Sénat Révérien Ndikuriyo a menacé de «pulvériser les quartiers» contestataires de la capitale, en rappelant les bombardements durant la guerre civile (1993-2006) des quartiers hutu, que l’armée - alors dominée par la minorité tutsi - accusait d’héberger des rebelles. «Aujourd’hui, les policiers tirent dans les jambes pour éviter de tuer quand ils sont la cible de grenades dans vos quartiers (...) Mais le jour où on va leur dire de «travailler», ne venez pas pleurer!», a surtout lancé M. Ndikuriyo. Ce verbe «travailler» n’est pas anodin dans la région. Il renvoie au génocide de 1994 qui fit 800 000 morts en trois mois au Rwanda voisin : les miliciens hutu partant massacrer les Tutsi étaient enjoints à bien «travailler».

  • Djibrill Bassolé, poids lourd du régime de l'ancien président burkinabè Blaise Compaoré, incarcéré pour complicité dans le putsch manqué du 17 septembre, se considère comme "prisonnier politique" et veut participer à la présidentielle prévue fin novembre. Les avocats de M. Bassolé, ancien ministre des Affaires étrangères, ont déposé une requête devant la Cour de Justice de la Cedeao pour que soit supprimé un article controversé du code électoral interdisant aux proches de l'ex-président Compaoré, dont M. Bassolé, de se présenter.

  • Dix-huit jeunes activistes angolais ont été arrêtés à Lobito, capitale de la province de Benguela (côte atlantique), lors d’une manifestation de soutien aux 15 opposants incarcérés depuis juin à Luanda. Parmi les personnes arrêtées figurent Sigilo Suburbano et Avisto Botha, deux rappeurs engagés et connus en Angola. Sollicitée, la police a refusé de commenter ces arrestations. Environ 60 personnes s'étaient rassemblées pour protester contre la détention des 15 prisonniers de Luanda, incluant le rappeur Luaty Beirao, qui a interrompu fin octobre une grève de la faim après 36 jours de jeûne.

  • Pneus enflammés et cris de colère contre gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc. Sur les campus, devant le Parlement, le palais du gouvernement ou - symbole fort s'il en est - le siège du Congrès national africain (Anc), des milliers d'étudiants sud-africains hurlent leur ras-le-bol à la face de leurs aînés, qu'ils accusent de trahison. L’étincelle qui a mis le feu aux poudres est l’augmentation substantielle des frais universitaires déjà particulièrement élevés, couplée au nombre insuffisant de bourses d’études. Il y a quelques mois, c’était le racisme, réel ou supposé, dans ces mêmes universités qui était dénoncé : trop d’étudiants et de professeurs blancs au regard de leur réel poids démographique. Une pancarte brandie par les manifestants résume à elle seule l’amertume de cette jeunesse sans guide ni boussole : «Vous avez vendu du rêve à nos parents en 1994. Nous sommes là pour être remboursés ! »…

    Tagged under Sécurité humaine

  • Les belligérants de la guerre civile qui ravage le Soudan du Sud ont entamé de nouvelles négociations à Addis Abeba pour tenter de sauver l’accord de paix du 26 août, jamais respecté. L’ancien président du Botswana Festus Mogae a été chargé de veiller à l’application de la première phase de l’accord qui comprend la démilitarisation de Juba, la capitale sud-soudanaise, et un retrait des troupes des deux camps dans certaines villes clés. Les pourparlers qui doivent se poursuivre jusqu’au 26 octobre dans la capitale éthiopienne sont considérés par les diplomates comme une opportunité de ressusciter l’accord de paix, déjà entaché de nombreuses violations et sur lequel le président sud-soudanais Salva Kiir a émis de "sérieuses réserves".

    Tagged under Sécurité humaine

  • Le gouvernement soudanais a annoncé mercredi avoir accepté une invitation de l’Union africaine à participer à des négociations de paix avec les rebelles du Mouvement de libération du Soudan (Splm-N) à Addis Abeba le mois de novembre prochain. Le Splm-N combat depuis 2011 les forces de Khartoum dans les Etats du Kordofan-Sud et du Nil Bleu, frontaliers du Soudan du Sud. Il n’a pas indiqué s’il comptait participer aux discussions. De précédentes négociations organisées l’année dernière n’avaient pas donné de résultats. Cette invitation intervient à un moment où Khartoum redouble d’efforts pour convaincre le Splm-N et les rebelles dans la région du Darfour à participer à un dialogue national, destiné à résoudre les problèmes économiques et insurrectionnels qui minent le pays.

    Tagged under Sécurité humaine

  • Les observateurs nationaux et internationaux s’inquiètent face à la dérive autoritaire qui tend à circonscrire la liberté d’expression en Mauritanie. Longtemps vide de tout détenu d’opinion, la Mauritanie recommence à remplir ses prisons pour délits de manifester ou de protester. Le cas des trois leaders d’organisation des droits de l’homme condamnés pour une caravane contre l’esclavage foncier est en train de faire école, avec l’emprisonnement puis le procès attendu de cinq jeunes activistes coupables d’avoir dénoncé le laxisme des autorités sanitaires. Le Forum national pour la démocratie et l’unité a, dans sa déclaration signée du 17 octobre 2015, mis en garde les autorités nationales contre cette pente dangereuse vers l’autoritarisme.

    Tagged under Sécurité humaine

  • L’édification d’une justice indépendante au Maroc est-elle menacée ? C’est, en tout cas, ce que pensent les membres du Conseil national du club des magistrats du Maroc. Ces derniers critiquent les «retours en arrière» prévus dans le projet de loi-cadre relatif au Pouvoir judiciaire et vont jusqu’à menacer d’effectuer un sit-in de protestation. Mais avant d’en arriver là, les membres du club des magistrats ont assuré qu’ils comptaient épuiser toutes les cartouches encore disponibles, dont «l’élaboration de mémorandums à présenter à l’Exécutif, aux groupes parlementaires, mais aussi à l’opinion publique», ont-ils précisé.

    Tagged under Sécurité humaine

  • Le Parlement africain vient de franchir un nouveau cap en appelant à la fermeture des ambassades marocaines dans tous les pays du continent. L’instance, présidée par un diplomate algérien, relève de l’Union africaine (Ua) qui mène, depuis longtemps, une guerre diplomatique sans merci contre le royaume. Mais là, les députés africains ont poussé le bouchon trop loin en s’attaquant aux représentations diplomatiques du royaume et à ses investissements dans certains pays africains. Les parlementaires ont réitéré leur soutien aux efforts de l’Union africaine pour ce qui est de la question du Sahara. Certains membres de cette instance ne cachent pas leur volonté de durcir le ton avec le Maroc.

    Tagged under Sécurité humaine

  • Le président du Mali Ibrahim Boubacar Keïta a effectué une visite en France presque six mois après la signature de l’accord de paix dans le pays. Depuis, la situation reste préoccupante dans le nord -Mali où des zones entières échappent au contrôle de Bamako. Si la venue d’une forte délégation malienne en compagnie du président malien vise à promouvoir la relance économique du Mali, il ne fait aucun doute que pour la France, il s’agit de faire le bilan des avancées dans l’application de l’accord de paix. La prolongation du mandat de la Minusma jusqu’au 30 juin 2016 et la signature de l’accord de paix constituent des signes encourageants pour la stabilité du Mali mais de nombreux défis en matière des droits de l’homme restent à relever, note la dernière mission onusienne sur le terrain. L’état malien ne parvient pas à imposer son autorité dans le nord du pays toujours en proie aux attaques terroristes.

  • Profitant de la visite d’Etat du président malien, Ibrahim Boubacar Keita (IBK) la semaine dernière, et du tapis rouge déroulé par son hôte à l’Elysée, le forum des ONG internationales au Mali s’émeut, dans une lettre ouverte, des «lenteurs» dans l’ouverture de la piste de l’aéroport de Kidal. Les Ong sur place n’en peuvent plus de la mauvaise volonté de la Minusma (Mission des actions Unies pour la stabilisation du Mali). La lettre parle même «d’échec» dans la remise en état de la piste principale et demande qu’une piste secondaire soit ouverte, tant les besoins des populations sur zone sont criants. A travers les lignes, il apparaît que la Minusma fait traîner en longueur des travaux d’ailleurs impossibles à quantifier. Or, dans les accords été signés il y a cinq mois à Alger, les priorités étaient identifiées : accès à l’eau, à la santé, à l’éducation.

  • Le ministre bissau-guinéen de l'Economie et des Finances a été entendu à huis clos par la Commission parlementaire d'enquête mise en place après les accusations de malversation avancées par le président José Mário Vaz pour démettre son Premier ministre Domingos Simoes Pereira en août dernier. Le président Vaz a accusé le gouvernement Pereira de mauvaise gestion et a même demandé des éclaircissements sur des sommes de 255 milliards de francs CFA, dont il dit ignorer la destination.

  • Le Conseil paix et sécurité de l’Ua vient d’annoncer le lancement d’une enquête sur les violations des droits de l’Homme au Burundi, qui sera suivie de sanctions contre les auteurs de violences. Quand on sait que, de par le passé, l’Union européenne, Amnesty International et la Commission des droits de l’Homme des Nations unies avaient déjà produit des rapports qui avaient nommément épinglé les responsables de l’escalade de la violence au Burundi, l’on est tenté de s’interroger sur l’opportunité d’un nouveau rapport sur le même sujet au Burundi. Un autre rapport pour quoi faire encore ? A moins que l’Ua ne veuille produire un rapport complaisant, en cherchant à discréditer les précédents. Cette hypothèse est d’autant plausible que l’on voit mal l’Ua se permettre d’accabler le président Pierre Nkurunziza dont les mains ne sont pas plus dégoulinantes de sang que celles de certains de ses pairs africains.

  • Le secrétaire général de l'Onu a réclamé une enquête sur la mort de neuf civils et de deux policiers mardi 20 octobre à Bujumbura dans des "échanges de tirs intenses" dans plusieurs quartiers de la capitale burundaise. Parmi les civils tués figure un employé de l'Organisation internationale pour les migrations. Les victimes civiles "ont été apparemment abattues à bout portant". M. Ban "demande instamment aux autorités burundaises d'entreprendre une enquête rapide et rigoureuse" sur ces "crimes méprisables" afin de poursuivre les responsables en justice.

  • Le Premier ministre de la transition du Burkina Faso s’est rendu à Dakar sans doute adoucir les relations diplomatiques entre les deux Etats, devenues exécrables après la médiation controversée du président sénégalais dans la crise qui a secoué récemment le pays des Hommes intègres. Isaac Yacouba Zida ne veut pas entendre parler de «brouilles» entre les présidents Michel Kafando et Macky Sall. Le Premier ministre de la transition du Burkina Faso déclare même arriver à Dakar pour «remercier» le chef de l’Etat sénégalais pour sa «médiation fructueuse» au pays des Hommes intègres lors de la crise qui l’a secoué le mois dernier avec le coup d’Etat avorté. Reconnaissant certes des «incompréhensions», le Premier ministre burkinabè assure qu’il n’existe «aucune brouille» entre les deux chefs d’Etat.

  • Fatou Diendéré, 7e vice-présidente chargée de la Promotion de la femme du Congrès pour la démocratie et le progrès est poursuivie pour complicité d’atteinte à la sûreté de l’Etat dans le cadre de l’enquête sur le coup d’Etat du 16 septembre 2015, a révélé le directeur de la Justice militaire, dans une interview accordée au quotidien burkinabè L’Observateur Paalga, le 19 octobre 2015. Un mandat d’arrêt international a été lancé contre l’épouse du Général Gilbert Diendéré, qui se trouve hors du pays. Elle se trouverait à Lomé au Togo. L’épouse du Général putschiste a été plusieurs fois député sous la bannière de l’ancien parti au pouvoir et est présentée comme une voix influente au sein du parti.

  • Une jeune mère, qui tentait de vendre son fils de 19 mois sur un site internet de petites annonces en Afrique du Sud, a été arrêtée et présentée à la justice la semaine dernière. Elle a été inculpée de trafic d'être humain et a comparu vendredi 23 octobre devant un tribunal de Pietermaritzburg. L'affaire a été ajournée au 26 octobre. L'enfant a été pris en charge par les services sociaux.

    Tagged under Sécurité humaine

  • Le palais de justice de Dakar au Sénégal a vibré deux jours durant, au cours du procès de l’ancien président tchadien, Hissène Habré. Un procès au cours duquel il a été beaucoup question de... sexe avec comme acteur principal l’ancien dirigeant du Tchad. C’est à croire que c’est un film pornographique qui se joue depuis lundi 19 octobre 2015. Pour dire les choses telles quelles, c’est la sexualité de l’ancien Président du Tchad, Hissène Habré, qui est à l’ordre du jour. La dame Khadija Hassan Zidane qui a comparu devant les Chambres africaines extraordinaires, persisté que l’ancien président Habré l’a violée à quatre reprises.

  • Une violente explosion a secoué, vendredi 23 octobre, la mosquée de Jambutu, récemment construite à Yola, dans le nord-est du Nigeria, faisant craindre aux secours de nombreuses victimes. Aucun bilan n'était immédiatement disponible après cette explosion survenue dans le quartier de Jimeta, mais un secouriste a déclaré qu'il y avait des dizaines de morts et de blessés. Depuis son début en 2009, l'insurrection de Boko Haram a fait au moins 17 000 morts et 2,5 millions de déplacés.