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Food Rebellions! Food Rebellions! Crisis and the hunger for justice Eric Holt-Giménez & Raj Patel.

Food Rebellions! takes a deep look at the world food crisis and its impact on the global South and under-served communities in the industrial North. While most governments and multilateral organisations offer short-term solutions based on proximate causes, authors Eric Holt-Giménez and Raj Patel unpack the planet's environmentally and economically vulnerable food systems to reveal the root causes of the crisis.

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Pambazuka News 337 : L'Afrique et les Ogm : Quelle voie pour la souveraineté alimentaire ?

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Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Chroniques, 2. Annonces, 3. Commentaires & analyses, 4. Arts & livres, 5. Femmes & genre, 6. Droits humains, 7. Réfugiés & migration forcée, 8. Elections & gouvernance, 9. Corruption, 10. Développement, 11. Santé & VIH/SIDA, 12. Éducation, 13. Environnement, 14. Conflits & urgences




Sommaire de cette édition

CHRONIQUE : Ogm et souveraineté alimentaire : Quelle voie pour l’Afrique ?
ANNONCE : Pambazuka News en vacances.
COMMENTAIRES ET ANALYSES : La parité au Sénégal : Leçons d’hypocrisie.
ARTQ ET LIVRE : Afrique : Côte d’Ivoire : Gbagbo fait des réserves sur Banny.
FEMMES ET GENRES : Afrique Donner des responsabilités aux femmes, une clé pour le développement du continent.
DROITS HUMAINS : Afrique : 20 rebelles congolais devant l justice sud-africaine.
REFUGIES ET MIGRATION FORCEE : Maroc : Quel avenir pour les demandeurs d’asile ?
ELECTIONS ET GOUVERNANCE : Afrique Commission conjointe de sécurité Congo, Angola et Rd Congo
Corruption : Global : Soupçon de trafic d’enfants vers la France.
DEVELOPPEMENT Egypte : Construction d’un deuxième canal de Suez.
SANTE ET VIH SIDA : Afrique : 932 décès dus à Ebola selon un nouveau bilan de l’OMS.
EDUCATION : Afrique : Etudier, combien ça coûte ?
ENVIRONNEMENT : Afrique : Sécheresse et conflits menacent de famine 14 millions de personnes à l’est.
CONFLITS ET URGENCE : Afrique : L’Algérie n’interviendra pas en Libye.




Chroniques

Ogm et souveraineté alimentaire : Quelle voie pour l’Afrique ?

Henry Makori

2014-08-11

http://pambazuka.org/fr/category/features/92803


cc PHYS
Pour adopter les Ogm, les gouvernements africains subissent une intense pression provenant de l’intérieur mais aussi des grandes firmes agroalimentaires et des gouvernements occidentaux. Ils doivent résister à ces forces et au colonialisme alimentaire et faire leurs choix biotechnologiques en toute connaissance de cause.

Depuis plusieurs semaines une controverse intéressante fait rage au Kenya à propos d’un condiment populaire fabriqué par le géant anglo-néerlandais Unilever. Le gouvernement a annoncé, par l’intermédiaire de la National Biosafety Authoriy, qu’il mettrait un terme à la vente de l’Aromat dans le pays parce qu’il contient des ingrédients génétiquement modifiés qui pourraient être préjudiciables aux consommateurs. Le Kenya a interdit la production ou l’importation d’organismes génétiquement modifiés en 2012

Unilever est allé en justice, disant qu’Aromat a été dans les magasins depuis 13 ans et que l’interdiction des Ogm, bien qu’étant une décision du gouvernement, n’est étayée par aucune loi. De plus la multinationale argumente que le gouvernement n’a pas mis en avant la moindre preuve indiquant qu’Aromat a un effet néfaste sur le consommateur à cause des ingrédients Ogm.

En attendant la décision du tribunal, Aromat reste dans les rayons. Mais on assiste maintenant à une tournure bizarre. Il a été révélé que le gouvernement du Kenya prévoit de lever l’interdiction des Ogm. Alors pourquoi interdire l’Aromat ? Le vice-président William Ruto a déclaré lors d’une conférence internationale sur l’agriculture, à Nairobi, que le gouvernement envisageait d’authoriser les Ogm afin de stimuler la production agricole et réduire la pauvreté

Il y a quelques semaines, les gouverneurs kenyans (à la tête des 47 comtés créés par la Constitution de 2010) ont demandé au gouvernement de lever l’interdiction, affirmant qu’elle a généré des pénuries alimentaires. Selon le gouverneur de Kisumu, Jack Ranguma, président du comité de la biotechnologie des gouverneurs, les méthodes conventionnelles de culture ne suffisent plus aux besoins du pays.

La pression monte pour le gouvernement. Ce ne sont pas seulement les politiciens et les multinationales comme Unilever qui poussent pour les Ogm, Les chercheurs et les intellectuels ont aussi, au cours de ces derniers mois, utilisé diverses tribunes, y compris des conférences et les médias, pour demander que le gouvernement souscrive à la biotechnologie.

Et ce n’est pas seulement au Kenya. Dans toute l’Afrique, les Ogm sont maintenant vantés comme étant la solution à la faim et à la pauvreté des masses. Des supporters de la biotechnologie comme le professeur Calestous Juma, né au Kenya et travaillant à Harvard, croit qu’avec les Ogm, l’Afrique, qui possède les 60% de toutes les terres arables pourra non seulement nourrir sa population, mais le monde entier.

"Les cultures génétiquement modifiées ou toute autre méthode de reproduction en elle-même ne peuvent pas résoudre les problèmes liés à la qualité des aliments, à l’accès à la nourriture, à la nutrition ou la stabilité des systèmes de production. Mais leur rôle ne peut être nié pour des raisons idéologiques", a récemment écrit le professeur Juma. "Les cultures Ogm profitent déjà aux petits paysans de différentes façons. Par exemple, elles contribuent à aider les paysans à contrôler les parasites et les maladies. Ce qui entraîne une production supérieure et une augmentation du revenu qui leur permet d’acquérir une alimentation plus nutritive".

Président de la Tanzanie, Jakaya Kikwete est un néophyte enthousiaste des Ogm. Il a fait appel aux Tanzaniens pour leur demander de changer leur mentalité négative à l’égard de la biotechnologie, avançant qu’aussi longtemps qu’il n’y a pas de preuves de leur impact négatif il ne voit pas la raison pour laquelle elle ne pourrait être utilisée pour moderniser l’agriculture du pays.

L’Afrique du Sud a été, depuis des décennies, le principal partisan des cultures Ogm sur le continent. Du maïs, du coton, du soya et d’autres cultures sont maintenant des Ogm cultivées à des fins commerciales. En janvier, le gouvernement sud-africain a lancé une nouvelle stratégie bioéconomique dont elle soutient qu’elle améliorerait la sécurité alimentaire, les soins de santé, créerait des emplois et protégerait l’environnement. La nouvelle politique fait la promotion de partenariat multisectorielle et une augmentation de la prise de conscience du public quant aux bénéfices des Ogm.

Il y a quelques semaines La National Agricultural Biotechnology Development Agency (Nabda), au Nigeria, a annoncé que le gouvernement fédéral a mis en place des directives réglementaires afin d’accélérer l’adoption des Ogm. Une loi pour la biosécurité a été adoptée pour promouvoir la recherche et le développement des biotechnologies, selon le directeur général du Nabda, le prof. Lucy Ogbadu

Jusque là, seul quatre pays africains cultivent des Ogm à des fins commerciales (l’Afrique du Sud, l’Egypte, le Soudan et le Burkina Faso). Mais de la façon dont les choses se passent, il ne faudra pas long avant que le gospel des Ogm soit entonné dans tout le continent. Les partisans des Ogm soutiennent que la biotechnologie est la clé de la prospérité en Afrique où l’agriculture fournit environ les deux tiers de l’emploi à plein temps et plus de la moitié des revenus à l’exportation. La modification génétique augmentera les récoltes, améliorera la qualité nutritionnelle, aidera les cultures à résister à de mauvaises conditions météo et protègera les plantes et les animaux des parasites et des maladies, entre nombreux autres bénéfices.

Des chiffres publiés par la European Academics Science Advisory Council, indiquent que, en 2012, quelque 17,3 millions de paysans ont planté des cultures génétiquement modifiées. Globalement, il s’agit ç plus de 70% de soya et plus de 80% du coton. Des 29 pays qui ont planté des Ogm en 2012, les 20 se trouvent dans les pays en voie de développement.

La vie, en rose, pas de doute ! Un véritable exemple du succès des Ogm ? Oh oui ! L’Argentine a adopté les Ogm de bonne heure. Au jour d’aujourd’hui, le bénéfice cumulatif économique brut est estimé à plus de 72 millions de dollars, provenant principalement du soya. Le coton Bt, approuvé pour être planté en Inde en 2002, est génétiquement altéré pour tuer un ver. Son utilisation a permis une augmentation de 24 % par demi-hectare et une augmentation de 50% pour les petits paysans.

Bon. Mais est-ce bien là toute l’histoire concernant les Ogm ? Si oui, pourquoi y a–t-il une résistance aux aliments Ogm en Afrique et à travers le monde, et qui ne désarme pas ? Il y a de nombreuses organisations en Afrique et ailleurs qui mènent l’opposition aux Ogm. Près de 50 pays dans le monde ont soit carrément interdit les Ogm, soit mis en place des restrictions sévères quant à leurs production et utilisation. Se pourrait-il que le rejet vociférant soit infondé ?

Il y a trois préoccupations principales concernant les Ogm. Premièrement, la science est au mieux peu rassurante concernant la sécurité des Ogm en matière de santé humaine et de l’environnement. La majeure partie des recherches est financée par l’industrie agroalimentaire. Néanmoins, il y a des preuves qu’elles pourraient avoir des effets délétères sur la population et l’environnement.

La deuxième préoccupation est la souveraineté alimentaire. Les opposants sont convaincus que la campagne en faveur des Ogm fait partie de l’agenda néolibéral qui placerait la production agricole dans les mains d’une poignée de multinationales géantes grâce aux patentes sur les semences et le déni aux petits paysans de contrôler la production. Il est instructif que 95% des semences Ogm plantées dans le monde entier proviennent de Monsanto, le leader mondial de la biotechnologie et de l’ingénierie génétique.

Enfin, la croisade pour les Ogm pervertit le débat sur la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté. Les problèmes qui affligent les petits paysans partout dans le monde proviennent de l’accès inégal à la terre, à l’eau, à des intrants à prix abordables, aux marchés et autres ressources. La biotechnologie assiste l’agriculture industrielle et pourtant ce sont les petites fermiers, en Afrique surtout les femmes, qui nourrissent le monde. De plus, il a été démontré que la faim qui afflige un milliard de personnes aujourd’hui n’est pas le résultat d’une production inadéquate de nourriture mais bien du manque d’accès. C’est la raison pour laquelle des gens meurent de faim dans une partie du pays, pendant que la nourriture pourrit dans l’autre.

Dans ce numéro spécial de Pambazuka News, nous présentons des articles qui argumentent dans un sens ou l’autre dans ce débat captivant sur les Ogm. Il est vrai que les gouvernements africains sont sous une pression intense, aussi bien de l’intérieur que provenant des grandes firmes agroalimentaires et des gouvernements occidentaux pour adopter les Ogm.

Nous pensons que les gouvernements africains doivent résister à toutes les formes de pression et de colonisation alimentaire et leurs choix, dans le domaine de la biotechnologie, doivent être basés sur les faits et les réalités auxquels sont confrontés leur propre population. Là où la science ne fournit pas une réponse claire, nous appelons instamment à la prudence.


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** Henry Makory est rédacteur à Pambazuka News – Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

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**** Les opinions exprimées dans les textes reflètent les points de vue des auteurs et ne sont pas nécessairement celles de la rédaction de Pambazuka News


Ogm : tromper ou nourrir le monde pendant 20 ans ?

Grain

2014-08-11

http://pambazuka.org/fr/category/features/92807


cc NFC
Des mythes ou carrément des mensonges concernant les bénéfices allégués des semences génétiquement modifiées (Ogm) persistent seulement parce que les multinationales qui en profitent ont investi un énorme effort pour les répandre. Elles veulent nous faire croire que les Ogm nourriront le monde, qu’ils sont plus productifs qu’ils élimineront l’utilisation des produits chimiques agricoles, qu’ils peuvent coexister avec d’autres cultures et qu’ils sont parfaitement sûrs pour les humains et l’environnement. Faux dans tous les cas et cet article démontrera comment il est facile de déceler ces mythes. La seule chose requise est un regard froid, objectif posé sur 20 ans de plantations commerciales d’Ogm et sur la recherche supposer les étayer

LE MYTHE : les Ogm mettront un terme à la faim dans le monde

LE FAIT EST QUE les Ogm n’ont pas d’impact sur la faim dans le monde, peu importe combien les partisans des Ogm aiment à s’étendre sur ce thème. Trois commentaires montrent le mensonge de leur affirmation :

Les données de la Fao montrent clairement que le monde produit des quantités de nourriture suffisantes pour nourrir tout le monde bon an, mal an. Pourtant la faim est toujours là. C’est parce que la faim n’est pas principalement une question de productivité mais d’accès aux terres arables et aux ressources. Abruptement dit, la faim est causée par la pauvreté et l’exclusion.

Les actuelles semences Ogm n’ont pas été élaborées pour combattre la faim en premier lieu. En général, elles ne sont même pas destinées à la consommation humaine. La quasi-totalité des aires de plantations consistent en soya, maïs, colza et coton. Les trois premiers sont utilisés presque exclusivement pour nourrir du bétail, pour produire des carburants pour les voitures et huiles industrielles pour les Etats-Unis et l’Europe, cependant que le coton va à l’habillement.

Pire encore, il apparaît qu’il y a une relation de cause à effet inique entre les cultures Ogm et la faim dans le monde rural. Dans des pays comme le Brésil et l’Argentine, de gigantesques "déserts verts" de maïs et de soya envahissent la terre des paysans, les privant – ou même en les dépouillant carrément - de leurs moyens de subsistance, avec pour corollaire la faim, l’abjecte misère et l’intoxication des populations rurales par des agrotoxines. La vérité est que les cultures Ogm délogent les productions alimentaires sur des millions d’hectares de terres agricoles fertiles.

L’année où les semences Ogm ont été plantées pour la première fois, 800 millions de personnes dans le monde ne mangeaient pas à leur faim. Aujourd’hui, avec des millions d’hectares de production Ogm, un milliard ne mangent pas à sa faim. Quand exactement ces cultures vont-elles commencer à nourrir le monde ?

MYTHE : LES CULTURES OGM SONT PLUS PRODUCTIVES

Le fait est que ce n’est pas vrai. Voyez les données des pays qui ont la plus longue expérience des Ogm : les Etats-Unis. Dans son étude la plus approfondie et la plus rigoureuse, l’Union of Concerned Scientist a analysé 20 ans de production OGM et a conclu que le soya et le maïs, génétiquement manipulés pour être tolérants aux herbicides, ne sont pas plus productifs que les plantes et les méthodes conventionnelles. De plus, 86% de l’augmentation de la productivité du maïs au cours des 20 dernières années est due aux méthodes et pratiques conventionnelles. D’autres études ont montré que la productivité des Ogm est moindre que dans les cultures conventionnelles.

Les plantes sont des êtres complexes et non les pièces d’un Lego. Leur productivité est fonction de multiples facteurs génétiques et environnementaux et non de quelque élusif "gène de la productivité". On ne peut pas juste peser sur un interrupteur génétique pour mettre en route une haute productivité pas plus qu’un ingénieur en génétique responsable ne ferait de telles affirmations. Même après tout ce temps, les méthodes de manipulation génétique sont tout à fait rudimentaires. Les partisans de la technologie considèrent que c’est un succès s’ils réussissent à transférer un ou deux gènes fonctionnels dans une plante.

Le fin mot de l’histoire est qu’après 20 ans de recherche, qui ont coûté d’innombrables millions, ils ont produit deux caractéristiques commercialisables : la tolérance aux herbicides et la résistance aux parasites Bt (voir ci-dessous) Ni l’un ni l’autre n’a quoi que ce soit à voir avec de la productivité.

MYTHE : LES OGM VONT ELIMINER LES PRODUITS CHIMIQUES AGRICOLES

Le fait est que c’est l’inverse. Les cultures Ogm augmentent l’utilisation des produits chimiques agricoles nocifs. L’industrie tente de nous convaincre de l’inverse, en vantant le gène Bt provenant du bacille Thuringiensis qui produit une toxine létale pour certains vers du maïs et du coton. Les plantes produisent leurs propres pesticides ce qui suppose qu’il n’est pas nécessaire de pulvériser les cultures. Mais au vu des immenses étendues cultivées en monoculture Bt, les vers ont rapidement développés une résistance au Bt. Pire encore, on assiste à l’apparition d’une quantité de parasites préalablement inconnus qui doivent maintenant être contrôlés par plus de pesticides.

L’autre innovation proclamée par les corporations des Ogm consiste en plantes qui peuvent résister à des hautes doses d’herbicides. Ceci permet de répandre l’herbicide depuis les airs sur de vastes monocultures, année après année, sur le même site. Ceci est bien utile aux fermiers industriels qui ont travaillé à l’extension spectaculaire des cultures de soya aux cours de ces dernières années. Il y a trente ans il n’y avait pas de soya en Argentine. Aujourd’hui, il occupe la moitié des terres arables du pays. Actuellement, la quantité d’herbicide glysophate répandu en Argentine a explosé et a passé de 8 millions de litres en 1995 à 200 millions de litre aujourd’hui, une multiplication par vingt et tout cela pour la culture du soya.

La même chose se produit aux Etats-Unis. Les Ogm tolérant aux herbicides ont ouvert les vannes et le glysophate et d’autres herbicides sont déversés sur les champs des fermiers. En 2011, les paysans, faisant usage de ce type d’Ogm, répandent 24% de plus d’herbicide que leurs collègues plantant des semences conventionnelles. Pourquoi ? Pour des raisons que tout biologiste évolutionniste aurait pu prédire : les mauvaises herbes développent des résistances aux produits chimiques. En bref, la "révolution Ogm" est un problème environnemental et non une solution.


MYTHE : LES PAYSANS PEUVENT DECIDER EUX-MEMES. APRES TOUT LES OGM PEUVENT PACIFIQUEMENT COEXISTER AVEC D’AUTRES CULTURES.

Il est certain que ce n’est pas ce que l’on voit. Les promoteurs des Ogm prétendent que personne ne contraint les fermiers à planter des Ogm. Sauf qu’un sale petit détail de biologie de base implique les paysans non Ogm contre leur volonté. Cela s’appelle la pollinisation croisée : les plantes de mêmes espèces se reproduisent entre elles et, tôt ou tard, les gènes artificiellement introduit dans les plantes Ogm se retrouveront dans les cultures conventionnelles.

Au Canada, le colza génétiquement modifié, largement répandu, a contaminé presque toutes les cultures conventionnelles de colza et a ainsi anéantit les cultures biologiques de colza. Des contaminations similaires ont été trouvées dans des cultures de maïs dans le monde entier.

L’introduction de semences Ogm est particulièrement alarmante lorsqu’il y a une contamination potentielle des variétés locales. Le Mexique est le berceau du maïs et l’origine de sa diversification. Depuis des années, les communautés autochtones mexicaines ont remarqué des caractères bizarres qui apparaissent dans certaines de leurs variétés. Différentes études confirment que ceci est causé par la contamination par du maïs Ogm importé des Etats-Unis. Maintenant, le gouvernement mexicain propose de permettre aux multinationales de planter 2,4 millions d’hectares de maïs Ogm dans le pays. Si ce projet est mené à bien, il ne s’agirait pas seulement d’une attaque de la souveraineté alimentaire de la population mexicaine. Ce serait une menace sur la biodiversité d’un des principaux aliments de base du monde.

Ce qu’il y a de réellement pervers à propos de cet argument de soi-disant liberté de cultiver est que certaines multinationales ont contraint des fermiers à payer des semences qu’ils n’ont jamais plantées. Aux Etats-Unis, Monsanto a traduit en justice de centaines de fermiers pour avoir enfreint les lois de la propriété intellectuelle, selon ses allégations. Les détectives de Monsanto rodent dans les campagnes comme les percepteurs de dettes, cherchant "leurs gènes" dans les champs des paysans. Dans de nombreux cas, les gènes sont là parce que les paysans ont soit achetés des semences contaminées ou ont eu leurs cultures contaminées par un champ voisin. Quelqu’en soit la raison, c’est une stratégie lucrative qui a déjà rapporté des millions supplémentaires de dollars à la multinationale. Avec le bénéfice additionnel d’instiller la peur chez les paysans pour tout ce qui n’est pas semence de Monsanto. Il semble que la liberté consiste à faire selon le diktat de Monsanto.

IMPASSE : L’INGENIERIE GENETIQUE UNE SCIENCE QUI A CALLE

Les Ogm sont dans les mains d’un nombre restreint de compagnies. Il y a Monsanto, la plus connue, Dupont, Sygenta, Basf, Bayer et Dow qui dominent les recherches et accaparent les patentes, détiennent le 60% des marchés de semences et contrôlent le 76% du marché des produits chimiques agricoles. Pourtant toute cette "science" profitable, possédée par ces firmes, se résument à deux, et deux traits seulement : la tolérance aux herbicides et le Bt

En 2012, 59 % des surfaces cultivées en Ogm commerciaux ont consisté en cultures résistantes à l’herbicide glysophate, un produit initialement breveté par Monsanto, pendant que 26% étaient des cultures Bt résistantes aux insecticides et 15% portaient les deux caractéristiques.

Deux caractéristiques. C’est tout ce que ces multinationales ont à montrer après vingt ans de recherches et d’investissements d’innombrables millions. Quelle révolution ! La véritable mesure de ce que la technologie des Ogm a produite se trouve dans des écosystèmes endommagés, des atteintes potentielles à la santé et un énorme profit pour les compagnies.

MYTHE : LES CULTURES OGM NE MENACENT PAS LA SANTE ET L’ENVIRONNEMENT

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la biosécurité des cultures Ogm est une question ouverte. Voulons-nous vraiment confier notre santé à une agriculture industrielle dans laquelle les fournisseurs d’Ogm contrôlent les instances pour la sécurité alimentaire et dictent leurs propres standards ? Je ne pense pas. La souveraineté alimentaire requiert que ce soit la population, et non les compagnies, qui contrôle ce que nous mangeons.

Néanmoins, nos assiettes se remplissent maintenant d’aliments provenant de plantes à l’Adn altéré avec une grosse charge de pesticide et on nous dit de manger et de nous taire ! Les préoccupations se sont encore accrues suite à un nombre de rapports crédibles sur les Ogm et les herbicides qui les accompagnent.

- L’American Academy of Envrionemental Medicine (Aaem) a déclaré en 2009 que les aliments génétiquement modifiés "font peser une sérieuse menace sur la santé". Citant diverses études, elle conclut qu’il y a "plus qu’une corrélation accidentelle entre les aliments Ogm et les effets négatifs sur la santé" et que ces aliments "font peser une véritable menace sur la santé dans les domaines de la toxicologie, l’allergie et les fonctions immunitaires, la santé reproductive ainsi que le métabolisme, la physiologie et la génétique"

- Les dernières études du Dr Gilles Eric Séralini s’intéressent aux rats nourris pendant deux ans aux maïs Ogm tolérant au glysophate. Ces rats ont montré une plus grande mortalité ainsi qu’une mortalité précoce en plus des effets hormonaux, des tumeurs mammaires chez les femelles ainsi que des maladies du foie et des reins.

- Une étude récente de l’université de Leipzig (Allemagne) a montré de fortes concentrations de glysophate - le principal composant du RoundUp - dans des spécimens d’urine de populations urbaines, entre 5 et 20 supérieur à la limite admise dans les eaux de boissons.

- Le professeur Andrés Carrasco, du laboratoire Conicet-Uba Molecular Embryology à la faculté de médecine de l’université de Buenos Aires (Argentine) a révélé une étude qui montre que les herbicides au glysophate causent des malformations chez les grenouilles et les embryons de poulets à des doses beaucoup plus faibles que celles utilisées dans l’agriculture. Ces malformations sont d’un type similaire à celles observées dans les embryons humains exposés à ces herbicides.

Enfin, il y a des preuves incontestables que le glysophate a un impact direct sur les humains, causant des avortements, des maladies et même la mort – avec des doses suffisantes- comme l’a expliqué Sofia Gatica, la lauréate argentine du dernier prix Goldman.

Il nous appartient de défendre notre santé et nos paysans et donc la santé de la chaîne alimentaire qui nourrira les générations futures. Souveraineté alimentaire aujourd’hui !


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Le débat sur les organismes génétiquement modifiés : Que doit-on considérer ?

Dr Mwananyanda Mbikusita Lewanika

2014-08-11

http://pambazuka.org/fr/category/features/92808


cc PSM
La question des organismes génétiquement modifiés (Ogm) a reçu beaucoup d’attention de la part des politiciens, des scientifiques, de l’industrie, de la société civile et du public en général, ainsi que des médias. Le débat en cours a mené à des confrontations entre scientifiques, entre paysans, entre écologistes, etc. Regrettablement ceci a envoyé des signaux brouillés au public en général et aux politiciens

Lorsqu’on discute de questions relatives aux Ogm, il est inévitable de mentionner le terme de biotechnologie. La biotechnologie peut être définie d’une multitude de façon, dépendant du contexte dans lequel le terme est utilisé. La Convention sur la diversité biologique (Cdb) définit la biotechnologie comme "une application technologique qui utilise des systèmes biologiques, des organisme vivant, ou en dérivant, afin de créer ou de modifier des produits ou des processus à des fins spécifiques".

ORGANISMES GENETIQUEMENT MODIFIES

Les Ogm sont des organismes ou des cellules dont le matériel génétique a été délibérément manipulé afin de le rendre capable de produire une nouvelle substance ou de remplir une nouvelle fonction qu’ils n’auraient pas faire dans la nature. Le matériel génétique appartient à des plantes, des animaux, des microbes ou d’autres organismes contenant des unités fonctionnelles d’hérédité. Pour altérer le matériel génétique, la technologie de la recombinaison de l’acide désoxyribonucléique (Adn), ou ingénierie génétique, utilisée, est la technologie utilisée.

L’ingénierie génétique a progressé jusqu’au stade où elle permet à des scientifiques de changer les caractéristiques d’organismes vivants ou de cellules, en transférant le matériel génétique d’un organisme par delà la barrière des espèces. Ainsi la technologie de l’Adn permet-elle le transfert de matériel génétique entre des organismes qui dans des circonstances naturelles n’auraient pu se reproduire dans un environnement naturel ou en laboratoire.

REPRODUCTION NATURELLE ET INGENIERIE GENETIQUE

Il y a des différences significatives entre la reproduction conventionnelle et l’ingénierie génétique. La reproduction conventionnelle implique le croisement d’espèces apparentées. Des organismes ou des cellules porteurs de caractéristiques désirées sont sélectionnées pour la reproduction et la sélection est répétée sur plusieurs générations.

D’autre part, l’ingénierie génétique court-circuite intégralement la reproduction. Il transfert les gènes horizontalement d’un organisme ou d’une cellule vers un autre (à la différence du transfert vertical, des parents aux descendants) Il fait souvent usage d’agents infectieux comme vecteurs ou porteurs de gènes afin de permettre aux gènes d’être transférés entre des espèces distantes qui, naturellement, ne se seraient jamais reproduites entre elles.




PREOCCUPATIONS CONCERNANT LES OGM

De façon générale, il y a trois préoccupations principales concernant l’usage des Ogm. La première concerne la façon dont elles sont produites, la nature de l’ingénierie génétique elle-même. La deuxième touche les caractéristiques acquises qui sont exprimées dans les Ogm. La troisième renvoie aux conséquences de la dissémination des Ogm dans la nature. A quoi s’ajoute, l’expérience limitée de l’espèce humaine avec les Ogm.

Du point de vue scientifique, la question est de savoir à quel point l’ingénierie génétique est précise. Est-elle comparable à la reproduction traditionnelle ? Il est souligné dans certains milieux que l’insertion qui donne naissance aux Ogm est aléatoire et imprévisible. Cela doit-il être une préoccupation ou faut-il l’ignorer ?

Les questions concernant la dissémination dans la nature surgissent. Va-t-elle affecter la conservation de la biodiversité ? Doit-on se soucier des effets des Ogm aussi bien sur la santé des humains que des animaux ?

BENEFICES POTENTIELS DES OGM

Les partisans de l’ingénierie génétique sont d’avis que la technologie ne pose pas de risques significatifs ou même pas de risque du tout. Certains des bénéfices potentiels souvent mentionnés concernent l’augmentation de la production alimentaire, une amélioration de la santé humaine et animale, le traitement des déchets et la gestion ainsi que la filtration microbienne et minérale.

Il a été suggéré que l’ingénierie génétique peut contribuer à une augmentation de la production alimentaire par le développement des cultures et d’animaux qui ont les propriétés désirables comme la résistance aux parasites, aux herbicides, à la sécheresse, au sel et ont des profils nutritionnels améliorés, sans compter la capacité à fabriquer des produits chimiques de façon plus économiques

D’autres bénéfices cités pour les Ogm portent à améliorer la santé humaine et animale grâce à la production de produits pharmaceutiques et vétérinaires à bas prix, de moyens diagnostics (des tests in vivo et in vitro pour déceler des maladies ou pour mesurer des fonctions corporelles), de vaccins et d’autres produits pour administrer des traitements.

RISQUES POTENTIELS DES OGM

Certains groupes de citoyens et même des scientifiques ont mis en lumière les risques de l’ingénierie génétique. Il y a d’abord le souci de la conservation et de l’usage durable de la biodiversité, de la sécurité alimentaire, du partage juste et équitable de la biodiversité et des droits de propriété intellectuelle. La biotechnologie a aussi des implications sur la propriété de la production alimentaire et les systèmes de distribution.

A ce jour, on ne sait pas grand-chose des Ogm et on ne peut donc pas catégoriquement prédire comment ils vont affecter l’environnement. La dissémination des Ogm dans la nature pourrait avoir des conséquences funestes sur la biodiversité. Une diversité biologique ordonnée est la base de la stabilité écologique qui a déjà été sérieusement érodée, d’abord en raison de l’industrialisation, de l’urbanisation et des pratiques agricoles exploitantes à l’excès. L’addition de caractéristiques nouvelles d’adaptation "aux organismes sauvages" pourrait leur donner un avantage compétitif et leur permettre d’envahir les communautés naturelles de plantes et d’animaux, ce qui réduirait aussi bien la biodiversité que la diversité agricole.

Il est possible que l’ingénierie génétique va faciliter une perte encore plus rapide de la biodiversité naturelle globale ainsi que la biodiversité agricole. Ces impacts constituent une préoccupation majeure dans certains pays en voie de développement qui hébergent une grande partie de la biodiversité mondiale. Un avoir qui, entre autres choses, promet des bénéfices économiques significatifs.

Actuellement, la majeure partie des cultures Ogm est sous patentes et se trouve possédée presqu’exclusivement par le secteur privé dans des pays industrialisés. De nombreux pays en voie de développement craignent que les compagnies des pays industrialisés mettent la main sur du matériel génétique dont la source se rrouve dans des pays en voie de développement, sans en partager les bénéfices comme requis par les objectifs de la Convention sur la diversité biologique.

L’ingénierie génétique peut changer la nature, les structures et la propriété des systèmes de production alimentaire. Pendant que l’ingénierie génétique est souvent promue par les multinationales comme étant la réponse aux problèmes alimentaires mondiaux, les véritables problèmes de sécurité alimentaire ne sont pas causés par des pénuries alimentaires mais par l’iniquité, la pauvreté et la concentration de la production alimentaire. L’ingénierie génétique est susceptible de consolider davantage encore la concentration et le contrôle des systèmes de production alimentaire par une poignée de grandes compagnies.

En augmentant la résistance des cultures aux herbicides, l’ingénierie génétique peut augmenter l’usage de produits chimiques qui détruisent les mauvaises herbes mais en même temps nuire à l’environnement. De même, les cultures résistantes aux parasites, développées par l’ingénierie génétique, peuvent nuire à des organismes non ciblés. Pendant que les Ogm sont promues comme un moyen d’augmenter les récoltes, les résultats sont actuellement, et pour le moins, non concluants.

Enfin, les Ogm peuvent aussi diminuer la diversité des cultures en faisant la promotion des monocultures. De plus, les nouvelles technologies comme le "terminator" qui rend les semences des cultures stériles, peuvent avoir des conséquences sérieuses sur la sécurité alimentaire

La modification génétique peut changer la toxicité, la capacité allergène ou la valeur nutritionnelle des aliments, changer la résistance aux antibiotiques avec de sérieuses implications pour la vie et la santé humaine et animale. La sécurité des aliments Ogm n’a pas été vérifiée parce que tester des produits Ogm est complexe et coûteux. Ceci laisse les consommateurs à la merci des producteurs d’Ogm. Les pays en voie de développement peuvent ne pas avoir les capacités requises pour déterminer la sécurité des produits Ogm.

LE PRINCIPE DE L’EQUIVALENCE DE LA SUBSTANCE

Le concept de l’équivalence de la substance est largement utilisé comme base pour la détermination de la sécurité des produits Ogm. L’équivalence de la substance n’est par nature pas un processus d’évaluation de sécurité mais un outil analytique pour évaluer de nouveaux aliments en relation avec des aliments existants.

Le terme "équivalence de substance" signifie que deux aliments sont équivalents dans toutes leurs caractéristiques qui sont importantes pour la sécurité du consommateur - nutrition, goût et texture. Toutefois, dans la pratique actuelle, l’enquêteur ne compare que des caractéristiques choisies des aliments Ogm aux mêmes aliments non génétiquement modifiés. L’argument qui sous-tend cette pratique est : puisque la plupart des caractéristiques d’un aliment particulier, génétiquement modifié, sont similaires à ceux du même aliment non génétiquement modifié, il s’en suit que forcément l’aliment génétiquement modifié est l’équivalent en substance de celui qui ne l’est pas en ce qui concerne toutes les caractéristiques pertinentes pour le consommateur.

LE PRINCIPE DE PRECAUTION

Parmi les principaux résultats de la Conférence des nations Unies sur l’environnement et le développement (aussi connue sous le nom de Sommet de la Terre) qui s’est déroulée à Rio au Brésil en juin 1992, il y a eu l’adoption de l’Agenda 21, la Déclaration pour l’environnement et le développement (Déclaration de Rio) et la Convention sur la biodiversité. Le chapitre 16 de l’Agenda 21 est consacré à "la gestion écologiquement saine de la biotechnologie", pendant que le principe de précaution est le principe 15 de la déclaration de Rio.

Le chapitre 16 de l’Agenda 21 reconnaît que la biotechnologie ne peut résoudre tous les problèmes fondamentaux de l’environnement et du développement. Toutefois, elle pourrait contribuer au développement durable par une augmentation de la production alimentaire humaine et animale, la santé et la protection de l’environnement. Dans ce chapitre il est aussi reconnu que l’optimisation des bénéfices de la biotechnologie moderne peut seulement être réalisée si elle est développée et appliquée judicieusement. Il se fait l’avocat de la sécurité dans le développement de la biotechnologie, de ses applications, échanges et transferts par le biais d’accord internationaux basés sur l’évaluation du risque et des principes de gestion.

Le principe 15 de la Déclaration de Rio stipule qu’"afin de protéger l’environnement, le principe de précaution sera largement appliqué selon leurs capacités". Là où existent des menaces de dommages sérieux ou irréversibles, l’absence d’une totale certitude scientifique ne sera pas invoquée comme raison de retarder des mesures efficientes pour prévenir la dégradation de l’environnement". Ceci est désigné sous le terme de principe de précaution.

LA CONVENTION SUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE

Les objectifs de la Convention sur la diversité biologique sont : la conservation de la diversité biologique, l’usage durable de ses composantes et le partage juste et équitable des bénéfices accrus de l’usage de ses ressources génétiques. Les parties à la Convention "affirment les droits souverains sur les ressources biologiques trouvées dans leur pays tout en acceptant la responsabilité pour la préservation de la diversité biologique et l’utilisation des ressources biologiques d’une manière durable". Il n’est fait aucune mention d’organismes génétiquement modifiés dans la Convention. Toutefois, elle y fait référence comme organisme vivant modifié (Ovm)

La paragraphe 4 de l’article 19 de la Convention stipule les disposition pour les parties. "De considérer le besoin et les modalités pour un protocole, y compris, par avance, l’accord éclairé en particulier afin de garantir le transfert en sécurité, la manipulation et l’usage d’organismes vivants modifiés dérivés de la biotechnologie moderne qui peuvent avoir un effet néfaste sur la biodiversité et ses composantes". L’article est à la base des négociations qui ont conduit au Protocole de Carthagène sur la biosécurité.

L’Article 8 (g) de la Convention déclare que "chacune des parties contractantes fera son possible et ce qui est approprié pour établir ou maintenir les moyens de réguler, gérer et contrôler les risques associés avec l’utilisation et la libération d’organismes vivants modifiés qui résultent de la biotechnologie moderne susceptibles d’avoir un impact écologique néfaste qui affecte la conservation et l’usage durable de la biodiversité, prenant en compte le risque pour la santé humaine". Cet article requiert des Parties à la Convention de la diversité biologique d’avoir un cadre national de biosécurité.

LE PROTOCOLE DE CARTHAGENE SUR LA BIOSECURITE

Le Protocole de Carthagène sur la biosécurité a été négocié sous les auspices de la Convention sur la diversité biologique en septembre 2000 et est entré en vigueur en septembre 2003. C’est un instrument international contraignant qui donne aux Parties le mandat d’établir un cadre régulateur national de biosécurité.

L’objectif du Protocole est précisé dans l’article 1 : "Contribuer à garantir un niveau adéquat de protection dans les domaines du transfert en toute sécurité, la manutention et l’usage d’organismes vivants modifiés résultant de la biotechnologie moderne qui peuvent avoir des effets néfastes sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité, prenant en considération la santé humaine et prêtant une attention particulière aux mouvements transfrontaliers".

Le Protocole émet des directives pour l’usage des Ovm et prête une attention particulière aux mouvements transfrontaliers. Il énumère une série de procédures y compris une procédure pour les Ovm qui sont intentionnellement introduits dans le milieu naturel désigné sous le nom de procédure d’Advance Informed Agreement (Aia) et un autre pour les Ovm destinés à l’alimentation humaine ou animale. De plus, les parties au Protocole doivent s’assurer que les Ovm sont manipulés, emballés et transportés dans des conditions qui garantissent la sécurité. Sans compter que les cargos de Ovm qui passent des frontières doivent être accompagnés d’une documentation adéquate, spécifiant, entre autres, l’identité du Ovm et des contacts si davantage d’informations sont requises. Ces procédures et exigences sont destinées à fournir à la partie qui importe les informations nécessaires pour prendre une décision informée quant à la recevabilité, ou non, d’une importation d’Ovm et pour leur manutention en toute sécurité.

La décision d’importer des Ovm doit être basée sur une saine évaluation des risques. Le Protocole spécifie les principes et la méthodologie pour mener une évaluation des risques. En cas d’insuffisance d’informations scientifiques pertinentes, la partie importatrice peut invoquer le principe de précaution au moment de prendre sa décision. Les Parties peuvent aussi, au cours du processus décisionnel, prendre en compte, en accord avec leurs obligations internationales, des considérations socioéconomiques. De plus, les Parties doivent adopter des mesures pour gérer les risques identifiés lors de l’évaluation et prendre toutes les mesures nécessaires dans le cas d’une dissémination accidentelle des Ovm.

Pour faciliter sa mise en œuvre, le Protocole a établi une Biosafety Clearing House (un centre d’échange concernant la biosécurité) pour que les Parties puissent échanger des informations et qui contient nombre de dispositions importantes, dont le renforcement des capacités, un mécanisme financier, les procédures qui vérifient la conformité et informent le public afin qu’il puisse participer.

LA BIOSECURITE

Le terme de biosécurité désigne un ensemble de mesures utilisées pour évaluer, surveiller et gérer les risques associés aux Ovm et les politiques et procédures adaptées. Afin de prendre en compte ces préoccupations, la biosécurité a émergé comme un outil critique du déploiement de la biotechnologie agricole moderne. Il est universellement reconnu que pour que les nations puissent bénéficier des promesses de la biotechnologie moderne, ses recherches, son développement, application et commercialisation doivent être menées de sorte à minimiser ou à éviter les effets néfastes sur la santé humaine et animale ainsi que sur l’environnement.

LE CADRE NATIONAL DE BIOSECURITE

Le souci concernant les possibles effets néfastes des Ovm, implique que les pays établissent un cadre national de biosécurité. Le cadre national de biosécurité est un système légal de mécanismes techniques et administratifs qui sont établis afin d’aborder les questions de sécurité dans la recherche, le développement, l’utilisation et la commercialisation des Ogm. Ces réglementations sont généralement spécifiques à un pays en raison des contextes historiques et des systèmes légaux différents.

Le développement de ces cadres nationaux de biosécurité est basés sur les aspirations nationales et devraient prendre en compte le système légal du pays concerné ainsi que des structures administratives existantes en charge de domaines spécifiques et pertinents.

Bien que ces cadres nationaux de biosécurité varient d’un pays à l’autre, ils ont des traits en commun :

- des politiques gouvernementales sur la biosécurité qui font habituellement partie d’une politique plus large sur la biotechnologie en général, ou de politiques sectorielles sur la production agricole, des soins de santé ou de protection de l’environnement ;

- des régimes régulateurs pour la biosécurité qui sont souvent une combinaison de législations permissives, de régulations de la mise en œuvre et de directives complémentaires ;

- des systèmes qui gèrent les notifications ou les requêtes pour autorisation de certaines activités, comme la dissémination dans l’environnement. De tels systèmes comportent typiquement des fonctions administratives, des évaluations de risques, de prises de décision et participation publique ;

- Des systèmes de suivi de l’application et de la surveillance des effets sur l’environnement. L’application, typiquement, se focalise sur la conformité avec les règlements, pendant que la surveillance est un terme qui habituellement se réfère à l’évaluation du véritable impact sur l’environnement et la santé humaine, et

- des mesures pour l’information et la participation du public, par exemple, informant et impliquant des personnes concernées dans le développement et la mise en œuvre du cadre national sur la biosécurité ainsi que l’échange international d’informations.


LE PROCESSUS DECISIONNEL

L’introduction des Ogm dans un pays doit être faite au cas par cas et être basée sur la considération de coût/bénéfice. Il y a besoin de renforcer et de développer l’expertise technique et les capacités institutionnelles pour faire respecter le cadre national de biosécurité, ce qui inclut les éléments suivants :

- la compétence de déterminer, de mettre en œuvre, de surveiller et de réguler les conditions pour contenir de façon appropriée pour les Ogm spécifiques et pour l’environnement spécifique,

- la gestion de l’information : tenir à jour et rendre disponible les banques de données sur les Ogm,

- les capacités techniques d’évaluer l’impact socio-économique des Ogm,

- les capacités légales et techniques de punir les mouvements transfrontaliers des Ogm non autorisés,

- les capacités légales, techniques, scientifiques et administratives pour entreprendre l’évaluation des risques sur la biosécurité et la gestion du risque.


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** Dr Mwananyanda Mbikusita Lewanika est fondateur et exécutif en chef du STEM education centre. Il a représenté la Zambie aux négociations du Protocole de Carthagène – Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegge

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**** Les opinions exprimées dans les textes reflètent les points de vue des auteurs et ne sont pas nécessairement celles de la rédaction de Pambazuka News


Les dessous de la guerre alimentaire

Vandana Shiva

2014-08-11

http://pambazuka.org/fr/category/features/92804


cc FLKR
Monsanto et ses acolytes, l’industrie de la biotechnologie, ses lobbyistes et ses relais médiatiques qu’elle paye continuent de pousser à la roue pour le monopole du contrôle sur la nourriture dans le monde, à travers la fourniture de semences.

"L’empire" se construit sur des prémisses fallacieuses. A savoir que Monsanto est le créateur/inventeur de la vie et peut donc posséder les semences grâce à des revenus et que la vie peut être agencée et paramatrée comme un IPhone.

Par l’écologie et la nouvelle biologie nous savons que la vie est une complexité auto-organisée. Elle se fait elle-même et ne peut être "manufacturée". Ceci est également vrai pour la production alimentaire par le biais de cette nouvelle science de l’agro-écologie. L’agro-écologie nous donne une compréhension scientifique plus profonde de la façon dont les processus écologiques fonctionnent au niveau de la terre, des semences vivantes et des aliments vivants. Les promesses faites par l’industrie biotechnologique - production augmentée, réduction des produits chimiques et contrôle des parasites ainsi que des mauvaises herbes - n’ont pas été tenues. Le mois dernier un fond d’investissement a intenté un procès à DuPont pour 1 milliard de dollars, pour avoir fait une promotion agressive de cultures résistantes aux herbicides, sachant pertinemment qu’ils ne pourraient pas contrôler les mauvaises herbes, faisant au contraire la part belle aux super mauvaises herbes.

Générer "la possession" de semences par des patentes et des droits de propriété intellectuelle et en les imposant globalement au travers de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a permis à l’industrie de la biotechnologie d’établir un empire et un monopole sur les semences et l’alimentation. Alors qu’elle clame posséder les semences et encaisse des royalties, l’industrie biotechnologique détruit systématiquement les lois nationales et internationales réglementant la biosécurité lorsqu’il est question de surveillance et de contrôle en matière de biosécurité, affirmant que ses produits "sont comme la nature les a faits". C’est de la schizophrénie ontologique.

La biosécurité est une évaluation multidisciplinaire de l’impact de la manipulation génétique sur l’environnement, la santé publique et les conditions socioéconomiques. Au niveau international, la biosécurité est une loi internationale incluse dans le Protocole de Carthagène pour la Biosécurité. J’ai été nommée dans un groupe d’experts afin d’élaborer le cadre au sein du Programme des Nations Unies pour l’environnement afin de mettre en œuvre l’Article 19.3 de la Convention des Nations Unies sur la biodiversité.

Monsanto et ses acolytes ont tenté de nier aux citoyens le droit à une alimentation sûre en s’opposant à l’Article 19. 3, depuis le Sommet pour la Terre à Rio en 1992. Actuellement ils tentent de démanteler les lois nationales sur la biosécurité en Inde, au Pakistan, dans l’Union européenne, dans toute l’Afrique et l’Amérique latine. Aux Etats-Unis, ils s’attaquent à la Constitution en faisant un procès aux gouvernements des Etats qui ont adopté des lois les obligeant à étiqueter les aliments Ogm. Ils proclamant que le droit de l’industrie de biotechnologie d’imposer des aliments hasardeux sur des consommateurs non informés supplante le droit des citoyens de savoir ce qu’ils mangent, estimant que c’est le droit à la liberté d’expression des multinationales, comme s’il s’agissait d’une personne physique.


La machine des relations publiques a été enclenchée pour lancer des attaques non scientifiques contre les scientifiques travaillant sur la biosécurité comme Árpád Pusztai, Ignacio Chapela, Irina Ermakova, Eric Séralini et moi-même. De nombreux journalistes, n’ayant pas eux-mêmes de formation scientifique, sont devenus les agents de cet assaut de relations publiques. Des Blancs privilégiés comme Mark Lynas, Jon Entine et Michael Specter, sans aucune expérience pratique en agriculture, armés seulement d’un BA (Bachelor of Art) et de liens avec les médias contrôlés par les multinationales, sont utilisés pour miner les véritables découvertes scientifiques concernant l’impact des Ogm sur la santé et les écosystèmes.

L’industrie de la biotechnologie utilise ses marionnettes de relations publiques pour proclamer faussement que les Ogm sont la solution à la faim dans le monde. Ce déni du véritable débat scientifique sur la façon dont les systèmes du vivant évoluent est soutenu par cet assaut massif et agressif de relations publiques, y compris le recours à des services de renseignement comme Blackwater

En 2010, Forbes m’a nommée comme étant l’une des sept femmes les plus puissantes au monde "pour mettre les femmes devant et au centre de la résolution de la question de la sécurité alimentaire dans le monde en voie de développement". En 2014, Jon Entine a écrit une "opinion" sur le site web de Forbes, affirmant, faussement, que je n’avais pas étudié la physique. Or que j’ai étudié la physique à un niveau élevé et obtenu mon doctorat pour mes travaux sur le fondement de la théorie quantique. J’ai passé 40 ans à étudier l’écologie dans les fermes, les forêts indiennes, avec la nature et des paysans pleins de sagesse comme enseignants. Voilà la base de mon expertise en agro-écologie et en biosécurité.

De la bonne science et des technologies éprouvées ne requièrent pas de relations publiques, d’agence de renseignement et de gouvernements corrompus pour prouver des faits. Si des attaques non fondées contre des scientifiques d’un pays en voie de développement, par des non scientifiques, constituent l’une de leurs méthodes pour forger le futur, alors ils ont tout faux. Ils ne voient pas la colère croissante des citoyens contre le monopole de Monsanto.

Dans des pays souverains où la puissance de Monsanto et de ses acolytes est limitée, la population et les gouvernements rejettent le monopole et ses technologies défaillantes. Mais ces infos sont supprimées par la machine des Relations publiques

La Russie a totalement banni les aliments Ogm. Le vice-Premier ministre, Dmitri Medvedev a déclaré : "Si les Américains aiment consommer des aliments Ogm, il faut les laisser. Nous n’avons nul besoin de cela. Nous avons assez d’espace et d’occasion pour produire des aliments organiques".

La Chine a banni les Ogm dans la fourniture d’aliments destinés aux militaires. L’Italie vient d’adopter une loi, Campo Libre, qui fait de l’ensemencement de cultures Ogm un acte punissable d’une peine de prison d’un à trois ans et une amende allant de 10 000 à 30 000 euros. Le ministre de l’Agriculture italien, Nunzia de Girolamo, a déclaré : "Notre agriculture est basée sur la biodiversité, sur la qualité et nous devons continuer à viser cet objectif, sans entreprendre ce qui, même d’un point économique, ne nous rendrait pas compétitif"/

Les Relations publiques et le New Yorker ne peuvent empêcher la prise de conscience de millions de paysans et de consommateurs des dangers très réels représentés par les organismes génétiquement modifiés dans nos aliments et sur les défauts et défaillances du système alimentaire industriel qui détruit notre planète et notre santé.


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** Vandana Shiva est la directrice exécutive du Navdanya Trust. Cet article a d’abord été publié dans Asian Age. Il a été traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger.

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Pas dans nos assiettes ! Pourquoi le Nigeria n’a pas besoin d’aliments Ogm

Juan Lopez, Mariann Orovwuje et Nnimmo Bassey

2014-08-11

http://pambazuka.org/fr/category/features/92805


cc NTA
Un nouvel et vigoureux effort de propagande de la part des multinationales et de l’industrie du développement est en cours pour convaincre les Africains que nous avons besoin d’organismes génétiquement modifiés pour vaincre la malnutrition et les pénuries alimentaires

La révélation faite, lors d’une conférence de presse tenue à Abuja le 17 juillet 2014, par la National Agriculutral Biotechnology Development Agency (Nabda), que le gouvernement du Nigeria travaille pour accélérer l’adoption d’organismes génétiquement modifiés, est choquante pour nombre de raisons. Le propos de l’agence dit en effet, plus ou moins, que si la porte n’est pas officiellement ouverte aux Ogm, les Nigérians les consomment à leur insu. La vérité est qu’il y a des produits Ogm illégaux au Nigeria et le gouvernement devrait protéger ses citoyens plutôt que de fermer la porte au Principe de Précaution. Lequel, comme son nom l’indique, exige la prudence dans des domaines de cette nature.

L’Agence prétend qu’il y a assez de mesures de sécurité en place pour l’introduction des Ogm au Nigeria. Ces soi-disant mesures incluent les éléments suivants : un projet de loi pour la biosécurité, des directives d’applications pour la biosécurité, des directives pour des installations visant à préserver la biosécurité et divers formulaires comme ceux pour l’accréditation, l’importation et le transport d’Ogm ainsi qu’une ribambelle de projets. Si des formulaires et des projets de documents sont listés comme des outils de biosécurité adéquats, nous devons être extrêmement méfiants quant à leur degré de préparation.

UNE BREVE HISTOIRE : PEU DE CULTURE COMMERCIALISEE, REJETS NOMBREUX DES ALIMENTS OGM

Il n’y a que vingt ans que, pour la première fois, des cultures génétiquement modifiées ont été commercialisées aux Etats-Unis pour la consommation humaine. C’était une variété de tomates Ogm du nom de Flavr Savr. Ce fût un échec commercial et sa commercialisation a été abandonnée en 1997. Cet échec a été suivi de nombreux autres échecs au cours des deux dernières décennies

L’industrie de la biotechnologie a fait de nombreuses autres tentatives afin de commercialiser une large gamme de produits Ogm depuis 1990. Toutefois, elle s’est rapidement trouvée confrontée à une solide opposition. Par exemple, en Europe, une forte opposition aux produits Ogm est très bien ancrée depuis la fin des années 1990 et demeure toujours aussi forte. En 2000, des recherches en plein champs, sur une variété de pommes de terre Ogm en Bolivie, pays d’origine de la pomme de terre, ont été interrompues en raison de l’opposition publique. Cette même année, les pommes de terre Ogm ont été retirées du marché américain en raison de son échec commercial.

En 2002, nombre de pays africains ont rejeté les aliments Ogm et en 2004, le blé Ogm a été retiré du marché pour des raisons commerciales. En 2011, la Chine suspendait la commercialisation du riz Ogm et les Etats-Unis n’ont pas poursuivi la commercialisation à large échelle de ces produits. Les échecs de la commercialisation des aliments de base Ogm au cours des vingt dernières années sont donc notoires.

L’INDUSTRIE DE LA BIOTECHNOLOGIE VISE LES ALIMENTS DE BASE

Le maïs, le riz et le blé sont les aliments de base des deux tiers de la population mondiale, mais à ce jour aucun blé ni aucun riz n’a été légalement commercialisé pour entrer dans la chaîne alimentaire humaine. Au jour d’aujourd’hui, les cultures Ogm qui ont été commercialisées sont le soja, le maïs, le colza et le coton. La plupart de ces produits sont destinés à la consommation animale.

Par exemple, il y a une forte résistance aux maïs Ogm dans de nombreux pays comme le Mexique, pays d’origine du maïs. Une Cour fédérale de justice a ordonné, en 2013, à deux des instances habilitées à autoriser les cultures Ogm, de s’abstenir, à l’avenir, d’octroyer des permis de cultures Ogm en plein champs. Que ce soit à des fins de recherches ou à des fins commerciales.

Pendant que la plupart des cultures Ogm sont destinées à l’alimentation animale, celles qui visent le Nigeria concernent notre alimentation à nous ! Parmi les cultures concernées il y a la manioc, un aliment de base pour la plupart des citoyens.

PEU DE PAYS, PEU DE CULTURES, UNE INDUSTRIE

Les rares cultures commercialisées au cours des dernières décennies ont été composées de deux cultures et leurs aires de culture ont été limitées à une poignée de pays. Plus de 90% des cultures Ogm se trouvent dans seulement six pays : les Etats-Unis, le Brésil, l’Argentine, l’Inde, le Canada et la Chine. Un seul pays contribue pour les 40% des cultures Ogm : les Etats-Unis.

Dans tous les cas, au cours des deux décennies de commercialisation des cultures Ogm, jusqu’à 95% des cultures de base commercialisées se sont montrées résistantes aux parasites et tolèrent les herbicides. La poussée pour l’introduction de cultures Ogm de ces aliments de base a été le fait des grandes compagnies de biotechnologie qui ont développé le produit ou le fait de leurs filiales.

Toutefois, aucune de ces cultures ne fournit le moindre bénéfice au consommateur. Aucune d’entre elles n’a, à ce jour, conquis la majorité des consommateurs. Par exemple, même aux Etats-Unis, le berceau des cultures Ogm, un sondage, mené par le New York Times en 2013, a conclu que les ¾ des Américains sont préoccupés par les organismes génétiquement modifiés dans leur alimentation, la plupart faisant part de leur souci quant à l’impact sur la santé humaine. Face à un tel scepticisme, l’industrie biotechnologique à cherché désespérément à élargir son marché africain. Prétendre que l’Europe influence les Africains afin qu’ils rejettent les Ogm n’est rien d’autre que de la propagande pour pas cher.

PLUS D’HERBICIDES

A propos de Roundup Ready (RR), l’herbicide le plus populaire au monde, propriété de Monsanto, on affirmait lors de son introduction que les paysans en utiliseraient moins. Au contraire, il a été clairement prouvé qu’en moins de deux décennies les espèces de plantes résistantes au glyphosate sont devenues un sérieux problème pour les fermiers américains et d’autres dans le monde. Ceci a nécessité une utilisation accrue d’herbicides toujours plus violents.

En plus de l’utilisation en constante augmentation du RR, différentes études scientifiques se montrent préoccupées quant à son impact sur les humains. Une étude scientifique publiée dans une revue scientifique européenne a identifié de sérieuses conséquences sur les rats nourris au maïs Ogm traité au Roundup Ready.

LES EFFORTS POUR CONVAINCRE LES AFRICAINS EN FAVEUR DES ALIMENTS OGM DOIVENT ETRE VOUES A L’ECHEC

Aujourd’hui, de nouveaux efforts de propagande sont menés par les multinationales et l’industrie du développement pour tenter de convaincre les Africains qu’ils ont besoin d’aliments génétiquement modifiés pour vaincre la malnutrition et les pénuries alimentaires. Des institutions comme l’Usaid et des organisations philanthropiques comme la Fondation Bill et Melinda Gates soutiennent ces efforts pour modifier génétiquement le riz et les bananes et augmenter leur teneur en vitamine A, dans le but notoire d’empêcher la cécité chez les enfants ou le retard de croissance.

Le soutien de Gates à la création d’aliments de base d’une plus grande valeur nutritionnelle provient du fait que "dans de nombreux pays en voie de développement, jusqu’à 70% des calories journalières des individus proviennent d’un seule aliment. Ce qui rend la consommation suffisante de vitamines et de minéraux difficiles". Au lieu de promouvoir et de soutenir la souveraineté alimentaire et l’un de ses principes - la diversité alimentaire -, ils veulent que nous maintenions une diète basée sur un seul produit alimentaire pour la majeure partie de la journée, plutôt que de favoriser l’exploitation des énormes diversité alimentaires existant dans nos pays, comme des fruits et des légumes riches en vitamine A et en autre vitamines de grande valeur

En 2009, la Union of Concerned Scientists déclarait que "des études récentes ont montré que les méthodes d’agriculture biologique et similaire, qui minimisent l’usage des pesticides et des engrais synthétiques, peuvent plus que doubler la récolte à peu de frais pour le paysan pauvre dans des régions en voie de développement comme l’Afrique subsaharienne".

Les efforts pour convaincre les petits paysans de planter du coton Bt n’ont pas donné les résultats escomptés sans des subventions massives. Le cas de l’échec à Makathini Flats, en Afrique du Sud, est illustratif.

LE NIGERIA

Le Nigeria n’a pas besoin de cultures Ogm pour satisfaire ses besoins alimentaires et agricoles. Nous savons exactement ce que nous avons à faire et la Nigeria National Conference a récemment appelé à la prudence en ce qui concerne le projet de loi nationale pour la biosécurité. Nous en appelons instamment au président afin qu’il n’approuve pas la loi parce que ce projet est déficient dans de nombreux aspects y compris :

PARTICIPATION DU PUBLIC : le projet de loi ne rend pas la participation du public obligatoire lorsque les demandes pour introduire des Ogm sont en question. Le projet ne spécifie pas clairement comment des essais en plein champs seraient contenus et réglementés afin de prévenir la contamination des environs ou des fermes. Outre les Ong écologistes, les organisations paysannes ne sont pas non plus représentées dans le Conseil de gouvernance.

EVALUATION DES RISQUES : la loi ne précise pas les critères pour l’évaluation des risques, pas plus qu’elle ne stipule que de telles évaluations doivent être menées au Nigeria et non offshore. Ceci est important parce que les effets des Ogm sur des organismes non ciblés doivent être mesurés sur des organismes non ciblés qui existent au Nigeria et sont importants du point de vue écologique. Des responsabilités claires et des dispositions de compensation ne sont pas inclues dans la loi. Ce sont là des éléments essentiels dans la mise en oeuvre du Protocole Supplémentaire de Kuala Lumpur Nagoya, adopté il y a trois ans.

LE PRINCIPE DE PRECAUTION : la loi doit adhérer et s’assurer de la mise en œuvre des principes de précaution qui permettent à notre gouvernement de refuser ou de restreindre des demandes lorsque les connaissances sont incomplètes ou controversées. Ceci est un aspect essentiel du Protocole pour la Biosécurité, promu pas les intérêts des négociateurs africains et qui doit être appliqué au Nigeria

LES OGM NE TIENNENT JAMAIS LEURS PROMESSES

QU’EST CE QUI VOUS RONGE ? En 2004, le gouvernement du Kenya a reconnu que les patates douces Ogm de Monsanto n’étaient pas plus résistantes à un parasite des patates douces (feathery mottle virus) et en fait produisaient une récolte inférieure aux cultures ordinaires. En janvier 2008, l’information selon laquelle les scientifiques avaient modifié des carottes comme cure de l’ostéoporose en l’enrichissant de calcium, devait être évaluée avec le fait qu’il faudrait manger 1,6 kg de ces légumes tous les jours pour atteindre la dose recommandée de calcium

COUTS EXTREMES : En Inde, une étude indépendante a trouvé que les cultures de cotons Bt coûtaient 10% de plus que la variété non Bt et rapportaient 40% de moins. Entre 2001 et 2005, plus de 32 000 fermiers indiens se sont suicidés suite à une augmentation des dettes résultant de récoltes inadéquates.

CONTAMINATION : A la fin 2007, il a été infligé à une compagnie américaine, Scotts Miracle-Gro, une amende de 500 000 dollars par le département américain de l’Agriculture, lorsque du matériel génétiquement modifié, que Scotts testait (une herbe nouvelle) sur un parcours de golf, a été retrouvé dans les herbes sauvages jusqu’à une distance de 13 miles des sites d’expérimentations, apparemment disséminées par le vent lorsque l’herbe a été coupée.

PLUS OU PAS MOINS DE PESTICIDES : le maïs Bt, manipulé de sorte à produire une toxine insecticide, n’a jamais éliminé l’usage de pesticides et parce que le gène Bt ne peut être inhibé, continue de produire sa toxine jusqu’à la récolte. Le maïs parvient au consommateur lorsque la concentration est maximale.

RESISTANCE NATURELLE : de supers mauvaises herbes émergent pendant que la nature évolue pour résister aux produits chimiques de l’industrie biotechnologique.

CREER DES PROBLEMES COMME SOLUTIONS : la résistance aux herbicides a été vendue avec l’argument selon lequel les cultures pouvant être arrosées de produits chimiques, il y aurait beaucoup moins besoin de désherber mécaniquement ou de labourer le sol. Ce qui maintiendrait davantage de carbone et de nitrite sous la surface. Mais une récente étude sur un long terme, menée par le US Agriculutral Research Service, a montré que l’agriculture biologique, même en labourant, conserve plus de carbone que ce que les cultures Ogm économisent.

LES RISQUES POUR LA SANTE : le résultat de tests menés sur des animaux exposés aux produits Ogm donnent lieu à de sérieuses préoccupations quant à leur sécurité. En 1998, des scientifiques écossais ont découvert que les organes de rats nourris aux pommes de terre Ogm rendues résistantes au mildiou, étaient endommagés.

Dans une expérience menée en 2006, des rattes nourries au soja résistant aux herbicides ont donnés naissance à des ratons affligés d’un retard de croissance sévère dont la moitié sont morts au cours des trois premières semaines. Les survivants étaient stériles. La même année, les agences d’informations indiennes ont rapporté que des milliers de moutons, laissés à brouter des résidus des cultures de coton Bt, sont morts subitement. D’autres cas de mort subite de bétail ont été rapportés en 2007. Il y a aussi eu des rapports concernant des symptômes ressemblant à de l’allergie chez les travailleurs indiens travaillant dans ces champs de coton.


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** Juan Lopez, Mariann Orovwuje et Nnimmo Bassey – Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

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**** Les opinions exprimées dans les textes reflètent les points de vue des auteurs et ne sont pas nécessairement celles de la rédaction de Pambazuka News


Ogm : Bonne moisson-mauvaise moisson

Ivo Vegter

2014-08-11

http://pambazuka.org/fr/category/features/92806


cc IN
Les positions conservatrices des agences internationales et des écologistes des pays riches nient à l’Afrique l’accès aux technologies qui pourraient améliorer sa sécurité alimentaire et transformer son agriculture à l’image de celle des pays développés du monde.

Félix M’mboyi, un scientifique kényan, a défrayé la chronique l’an dernier, lorsqu’il s’est insurgé contre les opposants aux modifications génétiques des cultures agricoles pour dire : "Les riches Occidentaux ont le luxe du choix du genre de technologie qu’ils utilisent pour produire leurs aliments. Pourtant leur sensibilité et leur influence refusent à de nombreux pays en voie de développement l’accès à ces technologies". Directeur exécutif de l’African Biotechnology Stakeholders Forum, une association industrielle basée au Kenya, M. M’mboyi a déclaré au quotidien The Guardian : "Ce genre d’hypocrisie et cette arrogance s’accompagne du luxe d’un estomac plein".

Ce sont des propos forts, mais la science semble lui donner raison. L’Afrique doit augmenter sa production alimentaire de 40%, selon l’International Food Policy Research Institute. Près de 3,5 millions d’enfants meurent de malnutrition chaque année, selon l’Oms. Les techniques agricoles en elles-mêmes ne vont pas résoudre ce problème. Mais elles ont un rôle important à jouer dans ce que Calestous Juma, professeur en développement international à Harvard et auteur de "New harvest : agricultural innovation in Africa", désigne sous le terme de "boîte à outils" à la disposition des paysans africains confrontés à des défis croissants.

De nombreux militants anti-Ogm affirment que cette technologie ne profitera pas aux petits paysans dans les pays en voie de développement mais ne feront qu’enrichir les multinationales de l’agro-alimentaire. Toutefois des recherches récentes sèment le doute quant à ces affirmations. L’International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications (Isaaa) a publié un rapport le 7 février 2012, qui montre que 90% des 16,7millions des cultivateurs d’Ogm sur 162 millions d’hectares dans le monde entier en 2011 étaient des petits paysans dans des pays en voie de développement, aux moyens limités.

D’aucuns ont émis des doutes quant à ces chiffres parce qu’Isaaa est une Ong new-yorkaise qui fait la promotion des cultures Ogm. Par exemple, le libre choix des paysans chinois est douteux. Au Brésil, la majeure partie des bénéfices provient de grandes fermes industrielles. En Inde, bien qu’il semble y avoir une corrélation entre l’adoption des Ogm et l’augmentation des récoltes, une analyse plus poussée montre que d’autres facteurs sont à l’œuvre, qui ne sont pas moins importants.

Ecrivant dans le South Africa Farmer’s Weekly, Hans Lombard a trouvé que les petits paysans nomment le maïs inoculé avec le gène Bt iyasihluthisa "ce qui vous remplit le ventre". En 2010, quelque 20 000 hectares ont été plantés avec ces semences et la récolte a augmenté de 60%. Un chef local a rapporté que la moisson a passé de 1,5 tonne l’hectare à 4 tonnes l’hectare, grâce au maïs Bt avec des économies substantielles d’insecticides. Un autre a rapporté un revenu additionnel de Rd 2000 (environ $ 230) par hectare pour chacun des petits paysans de son district, grâce à une production accrue de maïs.

Un paysan de Soweto, près de Johannesburg, a dit à Lombard : "J’ai payé Rd 344 ($ 40) pour les semences Bt au lieu de R 172 ($20) pour un hectare de semences conventionnelles. La récolte a été de 9650 kg/hectare comparée à 7200 kg/hectare. Mon profit avec le maïs Bt a été de Rd 13 166 ($ 1500) comparé à Rd 9 908 ($1125). Avec le maïs Bt je fais du bénéfice financier et j’ai une meilleure qualité de vie.

Le paysans sud africain, Mark Coulson a choisi de passer au maïs Ogm parce que cela diminue le nombre de pulvérisations de moitié, ce qui diminue les coûts de production et signifie moins de produits chimiques dans la chaîne alimentaire. Ceci a aussi diminué le coût en carburant et en mécanique ainsi qu’une diminution de l’exposition aux produits chimiques du paysan et de ses ouvriers. "Cela fait sens aussi bien du point de vue économique que de l’environnement", a-t-il écrit dans une lettre.

Pourquoi les paysans adopteraient-ils la stratégie des Ogm s’ils pensaient que le résultat serait l’appauvrissement, la ruine de leurs terres ou que la santé de leurs consommateurs serait affectée ? Et qu’est-ce qui conduirait les écologistes des pays industrialisés, loin des terres poussiéreuses de l’Afrique, à dénoncer ces choix ?

Hormis la dispute consistant à savoir si les Ogm profitent aux petits paysans plutôt qu’aux seules grandes opérations commerciales, un des facteurs pourraient être la lente insinuation de recherches qui affirment avoir trouvé des effets dommageables pour la santé chez des animaux nourris aux Ogm. Un exemple récent est une étude conduite par un scientifique français, Gilles Eric Séralini, qui a fait des grands titres grâce à des photos horrifiantes de rats porteur de grosses tumeurs présumées cancéreuses.

Toutefois, dès la publication des résultats, des scientifiques, les législateurs et même des journalistes écologistes, préalablement sympathisants, ont commencé à attaquer l’étude. M. Seralini et ses collègues étaient coupables d’une présentation sélective des données afin d’exagérer leur découverte, soutiennent les critiques.

Dans l’intervalle, en France, Agnès Ricroch, chargée de cours en génétique des plantes à AgroParisTech et professeur adjoint à la Penn State University aux Etats-Unis, a procédé à une revue de la littérature concernant des projets de recherche financés par des fonds publics afin d’éliminer les aspects tendancieux provenant d’intérêts commerciaux. Avec son équipe de toxicologue et de biologistes, elle a examiné 24 études sur les effets à long terme des aliments Ogm sur toute une variété d’animaux. Aucune de ces études n’a trouvé d’impact significatif sur la santé des animaux observés selon l’article publié dans Food and Chemical Toxicology Journal.

De même aucune étude crédible n’a encore trouvé de risques significatifs pour les humains qui consomment des aliments Ogm. Pour l’essentiel la composition chimique de ces aliments n’est pas substantiellement différente des aliments non Ogm, ainsi ils ne présentent pas plus de risques. Les normes de sécurité décidées par les agences internationales sont basées sur le contenu plutôt que sur le processus de production.

Dans une étude publiée dans le journal de biotechnologie Landes Biosciences, basé à Austin (Texas), Graham Brookes et Peter Barfoot, consultants en industrie agroalimentaire, montrent qu’entre 1966 et 2011 l’effet combiné de la résistance aux insecticides et aux herbicides a permis une diminution de l’utilisation de ces produits de 17,6 %. Même si ce chiffre semble minime, il signifie une économie de 443 000 tonnes de ces produits chimiques. Les paysans économisent une bonne quantité d’argent et évitent les effets indésirables dus à l’utilisation de ces produits chimiques, comme les atteintes à la santé des consommateurs et des ouvriers agricoles ainsi que l’atteinte à l’environnement.

Dans un autre article, deux économistes ont évalué l’impact économique des cultures Ogm au niveau mondial en terme de quantité, considérant les quatre principales cultures : le soja, le maïs, le coton et le colza. Ils ont examiné les coûts de production, le revenu des paysans et l’impact indirect sur le revenu des paysans et ont trouvé des bénéfices économiques nets substantiels pour les paysans d’une valeur de 14 milliards de dollars pour la seule année 2010.

Pour une bonne part, le bénéfice économique provient des modifications génétiques qui résultent en une meilleure moisson par hectare, une augmentation de la résistance à la sécheresse qui rend des terres marginales ou dégradées plus productives ainsi que le moindre effort pour du travail physique et mécanique pour combattre les mauvaises herbes. Le rapport de Isaaa, précédemment cité, fait état de bénéfices économiques similaires, lesquelles se produisent pour 55% dans les pays en voie de développement et pour 45% dans les pays développés.

Outre l’amélioration de la productivité des paysans et l’impact moindre sur l’environnement, les cultures Ogm jouent aussi un rôle significatif dans la fortification des aliments, c'est-à-dire l’addition d’éléments nutritionnels désirables comme davantage de vitamines ou de protéines dans des produits qui autrement en manqueraient, résolvant ainsi d’autres problèmes de santé.

L’Afrique n’est pas étrangère aux aliments fortifiés. Le dit "quality protein maze" ou Qpm, un type de maïs créé par des sélections afin de doubler le contenu en protéines, a été introduit il y a un demi-siècle. Il est utilisé pour combattre la malnutrition infantile et les infections dues au Vih. La majorité de ces cultures se trouve maintenant en Afrique. Un article dans le journal AgBioForum de Carl Pray et d’autres, décrit cet hybride comme "un succès à la fois technique et commercial" malgré la nécessité de fréquemment racheter les semences. Un autre hybride conventionnel connu sous le nom de "orange-fleshed sweet potato" ou Ofsp (patate douce à la chair orange) a augmenté les récoltes et diminué les carences en vitamines A chez les enfants de 24%, selon cet article.

Mais, là aussi, cette technologie a rencontré l’opposition de groupes écologistes comme Greenpeace. Cette opposition est dénoncée par Patrick Moore, un fondateur de l’organisation qu’il a quittée suite à une controverse sur des positions de plus en plus radicales. Selon lui, l’opposition aux aliments Ogm est "un crime contre l’humanité". L’argument de M. Moore est que le riz enrichi au béta-carotène, connu sous le nom de "riz doré" n’est pas différent des cultures résultant d’une culture sélectionnée. Il dit dans le magazine BioTechNow : "D’autres variétés de riz Ogm permettent d’éliminer les carences en micronutriments dans les pays consommateurs de riz, qui affligent des centaines de millions de personnes et qui sont à l’origine du fait qu’entre un quart et un demi million de personnes deviennent aveugles et meurent chaque année en raison d’un carence en vitamine A, faute de vitamine béta-carotène dans le riz. Nous pouvons mettre du beta-carotène dans le riz par des modifications génétiques mais Greenpeace nous l’a empêché".

Si le Riz doré est un succès, d’autres aliments fortifiés suivront bientôt. En particulier des pommes de terre enrichies aux protéines, le manioc avec de nombreuses améliorations génétiques y compris les vitamines, le fer, le zinc et des protéines ainsi que des caractères agronomiques. Suivra aussi le sorgho.

Toutefois, le document Pray met en garde sur le fait que M Moore pourrait avoir raison concernant de Greenpeace l’opposition aux aliments Ogm qui met en péril la réussite de la fortification des aliments. A l’inverse, dit le document, la demande pour des aliments fortifiés n’a pas conduit à l’acceptation et au succès des technologies Ogm.

Les Ogm ne sont pas fatales. Les cultures Ogm sont conçues pour être résistantes aux herbicides, mais les mauvaises herbes développent aussi des résistances au fil du temps. Comme dans l’agriculture conventionnelle, les herbicides et les pesticides doivent être alternés afin de réduire cette menace. Les craintes du public concernant les aliments Ogm peuvent aussi poser un défi aux gouvernements africains et à leurs politiques.

Certains opposants aux cultures Ogm ont accusé les semenciers d’Ogm de se montrer très agressifs et de traduire en justice, pour violation du droit des patentes, des paysans dont les cultures ont été malencontreusement contaminées par des Ogm à partir de fermes voisines. Toutefois, une Cour fédérale à Manhattan a rejeté, au début de cette année, une plainte collective provenant de quelque 300 000 fermiers, représentés par l’Organic Seed Grower and Trade Association aux Etats-Unis contre Monsanto, un des principaux semenciers Ogm, considéré comme particulièrement agressif par les opposants aux Ogm. La Cour a estimé qu’aucun des plaignants n’a été poursuivi en justice par Monsanto ou subi des dommages et que les 13 plaintes annuelles, en moyenne, contre Monsanto, sont insignifiantes en regard des quelque 2 millions de fermiers américains.

Il serait sage pour les pays qui cherchent à profiter des avantages des cultures Ogm d’établir des banques de semences des variétés non génétiquement modifiées. Ceci garantirait non seulement une diversité génétique à des fins de recherche, mais fournirait aussi une assurance. Si des risques futurs ou si le comportement commercial des semenciers Ogm devait rendre la chose nécessaire, de telles banques donneraient accès aux paysans à des stocks libres de patentes. Une telle politique pourrait en effet atténuer les craintes que les paysans, supposés ignorants, des pays pauvres, soient séduits par les semenciers Ogm et soient ensuite forcés et contraints, bon an mal an, d’acheter des semences Ogm sans possibilité de revenir aux semences ordinaires aux multiples moissons.

Les politiques d’étiquetage sur une base volontaire et la prévention de la fraude sont relativement faciles à administrer. Si les fermiers et les détaillants affirment que leurs aliments sont sans Ogm, ces affirmations doivent être vérifiables et véridiques. A l’inverse, l’étiquetage obligatoire des aliments Ogm est complexe et impose un coût significatif aux aliments Ogm qui sont ainsi de façon artificielle, rendus moins compétitifs.

Le professeur Juma est préoccupé par le fait que seul quatre pays africains - l’Afrique du Sud, Egypte, le Burkina Faso et depuis cette année le Kenya - ont permis l’importation de culture Ogm. A l’évidence M. M’mboyi a raison. Les positions conservatrices des agences internationales et des écologistes des pays riches nient à l’Afrique l’accès aux technologies qui pourraient améliorer sa sécurité alimentaire et transformer son agriculture à l’image de celle des pays développés du monde


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** Ivo Vegter est un éditorialiste sud africain écrivant sur des sujets économiques, politiques, légaux et écologiques et est l’auteur de "Extreme environment", un livre qui dit combien les exagérations écologiques nuisent aux économies émergentes. En 2011, il a été finaliste pour le prestigieux prix de journalisme le Bastiat Prize qui reconnaît les travaux qui font la promotion de la société libre
Source : http://gga.org/publications/africa-in-fact-november-2012 - Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

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Pambazuka News en vacances

2014-08-11

http://pambazuka.org/fr/category/announce/92809

Chers lecteurs
Comme de coutume en cette période, Pambazuka News marque une pause de quelques semaines pour les vacances. Votre journal vous reviendra en septembre. Merci.





Commentaires & analyses

Quel suivi pour le sommet Etat Unis-Afrique

Alymana Bathily

2014-08-11

http://pambazuka.org/fr/category/comment/92802


cc GBM
Le continent devrait s’inspirer de l’exemple de la communauté juive qui a mis en œuvre un partenariat stratégique avec les Américains pour la création d’un Etat juif, sa protection militaire et son développement économique et social.

L’Afrique n’existe pas. Du moins pour la cinquantaine de chefs d’Etats et de gouvernements qui dirigent les pays de notre continent. Pour chacun de ceux là, n’existe que l’Etat qu’il ou elle gouverne.

Or c’est l’Afrique toute entière qui intéresse aujourd’hui le monde. L’Afrique avec son milliard d’habitants, ses diverses matières premières, sa riche culture aux multiples facettes, son immense potentiel de croissance et ses problèmes actuels de développement (pauvreté, maladies, conflits et instabilité politique notamment).

C’est ce paradoxe qui se manifeste à travers les Sommets auxquels l’Afrique est invitée désormais régulièrement par la Chine, le Japon, l’Inde et l’Europe, notamment. Quand ces pays invitent l’Afrique à venir chez eux discuter de coopération pour son développement, ce sont tous les 53 chefs d’Etat qui répondent à l’invitation, la plupart d’entre eux préoccupés seulement de lever des financements permettant de construire quelques infrastructures tout en entretenant leur clientèle et assurer la pérennité de leur régime.

L’Union africaine et ses agences spécialisées que sont le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad) et la Commission économique pour l’Afrique (Cea) accompagnés tout au plus du président en exercice de l’Ua auraient pourtant été les interlocuteurs tout indiqués pour siéger à ces sommets face aux Chinois, aux Indiens, au Japonais et aujourd’hui aux Américains.
Quant au Sommet Afrique-Usa qui se tient ces 5 et 6 août 2014 à Washington Dc, en présence de plus de 50 chefs d’Etat et de gouvernement, la conjonction des défis particulièrement alarmants qui affectent notre continent en ce moment aurait pourtant justifié qu’il ne soit représenté que par la seule Union africaine.

Les chefs d’Etat auraient pu eux, tenir un Sommet spécial sur l’épidémie de l’Ebola que l’Organisation mondiale de la santé vient de déclarer «hors de contrôle» et sur les guerres civiles qui ravagent le Sud Soudan, la Somalie et la République centrafricaine et dont l’arrêt devient impératif et urgent.

Ceci étant, on dirait : «puisque le… bissap est tiré, il faut bien le boire». En l’occurrence puisque le Sommet Afrique-Usa se tiendra bien les 5 et 6 août, pouvons nous en tirer le meilleur profit ? Comment ?

Notons d’abord que le message que le président Barrack Obama et son gouvernement souhaitent transmettre à travers ce Sommet, c’est que «les Etats-Unis s’intéressent au continent et s’engagent dans un partenariat à long terme avec lui». Leurs objectifs déclarés concernent le commerce, les investissements, la sécurité au niveau continental et le développement de la démocratie.

Les Etats-Unis souhaitent, en somme, mettre en œuvre un partenariat pour le développement dont les différentes obstacles – les problèmes de santé publique, le changement climatique, les trafics de toutes sortes, armes, drogues et le braconnage personnes - seront d’ailleurs au menu des discussions.

Mais que l’on ne s’y trompe, il ne s’agit pas ici d’assistance mais de commerce, de «business». Il s’agit aux yeux du président Obama de jeter les fondations d’une entreprise qui sera profitable aussi bien à l’Amérique qu’à l’Afrique. C’est tant mieux ainsi : nous savons depuis longtemps en Afrique que l’aide des pays développés à plus servi à entretenir les classes dirigeantes qu’au développement véritable.

C’est dans l’objectif de promouvoir le «business» entre les Usa et l’Afrique que le président Obama a invité au Sommet 300 dirigeants d’entreprises américaines et l’une des principales manifestations sera le «Usa-Africa Forum» qui se tient le 5 octobre, sous l’égide d’une Fondation privée, celle de M. Michael Bloomberg, l’ancien maire de New York, avec l’objectif de resserrer les relations commerciales et financières entre les deux partis.

C’est ainsi aussi que la première des trois sessions de la plénière du 6 août, avec l’ensemble des chefs d’Etat et de gouvernement autour du Président Obama, aura pour sujet «Investir pour le futur de l’Afrique» (les deux autres porteront sur «Assurer la Paix et la Stabilité Régionale» et «Quelle Gouvernance pour les générations futures ?»).

Il s’agit donc bien d’un nouveau partenariat que les Usa proposent à l’Afrique.

Assurément un tel partenariat pourrait être «gagnant-gagnant» pour l’Afrique et pour les Etats-Unis d’Afrique. L’Afrique pourrait bénéficier des énormes ressources intellectuelles, financières et militaires de la première puissance mondiale dont le soutien a permis à l’Europe de se relever de la Deuxième Guerre mondiale et à de nombreux pays d’Amérique latine et d’Asie de se développer.

L’Afrique avec son milliard d’habitants, la jeunesse de sa population et ses immenses ressources naturelles encore peu exploitées pourrait offrir aux Etats-Unis une nouvelle aire d’expansion susceptible d’assurer son leadership mondial au cours du 21e siècle. Mais comment mettre en œuvre un tel partenariat après le Sommet ? Comment mettre en œuvre ses recommandations et résolutions ?

Il faut considérer que les relations des Etats-Unis avec ses partenaires stratégiques et historiques, que sont par exemple Israël, la Grande Bretagne et le Japon, sont basées sur des liens étroits de ces pays avec divers groupes sociaux et communautés dont les activités en faveur du partenariat sont relayées par des «lobbies», des groupes de pressions professionnels, jusqu’auprès du Congrès, des milieux politiques et de la Maison Blanche.

L’Afrique devrait s’inspirer en particulier de l’exemple de la communauté juive qui a mis en œuvre un partenariat stratégique avec les Etats-Unis dès 1948 autour des idéaux du mouvement sioniste qui visait la création d’un Etat juif, sa protection militaire et son développement économique et social.

Ce partenariat a abouti non seulement à la création de l’Etat d’Israël malgré l’opposition d’une partie importante de la communauté internationale mais aussi à sa construction comme puissance militaire et diplomatique de tout premier plan et au développement de son économie et de sa société au niveau des Etats occidentaux les plus avancés. C’est le lobby que le mouvement sioniste international a su bâtir autour de la communauté juive des Etats-Unis qui est à la base d’un tel succès.

L’Afrique qui dispose tout comme Israël d’une diaspora à l’intérieur des Etats-Unis à travers la communauté Africaine-Américaine et les immigrés Africains pourrait aussi bien construire un lobby tout aussi puissant et efficace autour des recommandations du Sommet Afrique-Usa d’août 2014.

Ce Sommet qui intègre à la fois la jeunesse africaine représentée au «Mandela Washington Fellowship of the Young African Leaders Initiative (Yali)» mise en place par le président Obama et la société civile africaine, pourrait constituer le creuset de ce lobby.

Les jeunes Africains regroupés au sein du Yali en particulier pourraient développer les réseaux requis avec les communautés Africaine-Américaine et Africaine aux Etats-Unis, avec les milieux politiques américains de tous bords, avec le Congrès ainsi qu’avec la société civile américaine, notamment les milieux religieux et académiques pour approfondir les recommandations et engagements qui sortiront du Sommet et pour les mettre en œuvre.

A défaut de cet engagement de la jeunesse africaine pour la construction d’un puissant lobby aux Etats-Unis, le Sommet Afrique-Etats-Unis sera un autre rendez-vous manqué de l’Afrique avec son développement. Une autre manifestation de pompe qui n’aura servi en définitive qu’à la propagande et à la fausse gloire de nos satrapes !


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** Alymana Bathily est ancien coordonnateur de l'Association mondiale des radios communautaires - Afrique

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Le Brics, l’Unasur et la Cela dessinent une nouvelle carte du monde multipolaire

Alberto Cova

2014-08-11

http://pambazuka.org/fr/category/comment/92801


cc BS
Le surgissement du Brics comme moteur de l’économie globale à cause de ses taux soutenus de croissance élevée, remet en cause l’ordre financier établi depuis la Seconde Guerre mondiale. La nouvelle architecture financière globale d’un monde toujours plus multipolaire, n’aura plus le dollar comme centre de gravité et les institutions surgies des Accords de Bretton Woods n’exerceront plus le rôle de direction qui leur fut assigné et que les intérêts transnationaux se sont approprié.

¨On nous en parle depuis si longtemps, de la nécessité d’une ¨nouvelle architecture financière¨. Nous y voilà, enfin !¨ s’est exclamé Nicolas Maduro lors de la rencontre des chefs d’État latino-américains avec ceux du Brics. ¨Avec notre Banque du Sud et celle du Brics, nous pouvons enfin nouer des alliances pour nous développer et pour lutter contre la pauvreté, libérés du chantage du Fmi, du dollar et des spéculateurs internationaux qui ont fait des dettes extérieures un mécanisme de domination. C’est pourquoi la lutte actuelle de l’Argentine est notre lutte à tous.¨

Le "nouvel ordre mondial", surgi des Accords de Bretton Woods qui ont établi les règles de l’échange financier global et ont mis en place l’hégémonie du dollar à perpétuité dans les transactions internationales est trop usé pour rester un paradigme de la domination planétaire. Le 22 juillet 1944, il y a exactement 70 ans, s’achevait la réunion dans un hôtel du New Hampshire dans laquelle les Etats-Unis firent prévaloir leurs intérêts devant les délégués de 44 pays et imposèrent la planche à billet illimitée du dollar pour remplacer l’or en tant qu’étalon de la valeur de chaque monnaie dans le monde. C’est là que sont nés le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, deux institutions qui, depuis lors, ont fixé les normes de l’impérialisme économique et ont décidé du sort de peuples entiers. Mais la planète a changé pendant ces sept décennies : le déclin des Etats-Unis et de ses satellites européens semble inévitable alors que le modèle hégémonique né de Bretton Woods est confronté à de nouvelles approches venues d’autres centres de pouvoir et d’alliances toujours plus vigoureuses entre des pays qui s’opposent aux directives élaborées par Washington pour son propre profit.

Pendant que l’empire états-unien lutte encore contre les effets de l’explosion de la bulle spéculative de 2008 et que les pays d’Europe sont pris dans les crises sociales et les dysfonctionnements de leur monnaie unique, un groupe de pays émergents prend l’initiative de la création de deux organismes multilatéraux qui se substitueront aux tout-puissants Fmi et Bm dans une limite de compétence qui comprend, pour l’instant, la moitié de la population mondiale, 30% du produit intérieur brut global et 23% de la surface de la terre.

Le groupe du Brics (Brésil, Inde, Russie, Chine et Afrique du Sud) a décidé lors de son récent sommet au Brésil de créer une banque de développement (la New Development Bank, Ndb) et un fonds de réserve (le Contingency Reserve Arrangement, Cra), qui rempliront les mêmes fonctions que celles pour lesquelles ont été crés le Fmi et la Bm, c’est-à-dire, mobiliser des ressources pour financer des projets d’infrastructure et servir de mécanisme préventif face à des épisodes de volatilité financière. Il s’agit de l’accord financier multilatéral le plus important depuis la création des institutions de Bretton Woods, selon Alicia Barcena, la secrétaire exécutive de la Commission Economique pour l’Amérique Latine et les Caraïbes (Cepal).

Chacune de ces institutions aura un capital de 100 000 millions de dollars pour ses tâches de financement de projets et de protection monétaire des pays signataires. "Le nombre croissant de crises qui ont été enregistrées au niveau mondial à partir des années 80 dans les pays développés et en développement (4 dans les années 70, 38 dans les années 80 et 74 dans les années 90) démontre que la volatilité et l’instabilité sont des maux endémiques qui se sont renforcés à cause de la globalisation financière croissante et que les pays développés sont aussi vulnérables face aux aléas des marchés financiers et de leurs effets de contagion que les pays en développement", a dit Barcena en commentant les résultats de la réunion de Fortaleza.

Ainsi, on peut affirmer que l’accord Brics pour la création d’une banque de développement et d’un fonds de réserve a des dimensions historiques. On peut dire la même chose des méga-contrats signés en mai par la Russie et la Chine pour la fourniture de gaz russe à Pékin pour un montant de 400 000 millions de dollars qui pourra être négocié en Yuans et en Roubles, abandonnant le dollar. Un des accords souscrits entre les géants d’Etat russe et chinois, Gazprom et Cnpc, stipule la fourniture de combustible au pays asiatique pendant 30 ans tandis que l’accord entre la Banque de Chine et le Vtb, le second groupe bancaire le plus important de Russie, envisage d’effectuer les paiements réciproques dans les devises nationales.

Un vent nouveau, porteur d’idées sur le développement soutenable et inclusif souffle sur la scène mondiale, venant du Brics et d’Amérique Latine, secoue les bases qui soutiennent l’ordre mondial dessiné en 1944 par les Accords de Bretton Woods. Le surgissement du Brics comme moteur de l’économie globale à cause de ses taux soutenus de croissance élevée, remet en cause l’ordre financier établi depuis la Seconde Guerre mondiale. La nouvelle architecture financière globale d’un monde toujours plus multipolaire, n’aura plus le dollar comme centre de gravité et les institutions surgies des Accords de Bretton Woods n’exerceront plus le rôle de direction qui leur fut assigné et que les intérêts transnationaux se sont approprié.

LE BRICS ETEND SON INFLUENCE EN AMERIQUE LATINE.

Le 6° sommet des pays du Brics qui a eu lieu au Brésil du 15 au 16 juillet a été suivi avec intérêt dans le monde entier, aussi bien par les Etats-Unis et d’autres pays riches qui parient sur l’affaiblissement de cette instance que par les nations qui voient dans le Brics une alternative vers un ordre mondial plus démocratique et équitable.

Dans la réunion des présidents du bloc, on a débattu, comme thème central, de "la croissance inclusive : solutions soutenables", dans le but d’avancer dans le développement de politiques de croissance économique d’un point de vue social. Dans leur déclaration finale, les pays du Brics ont déclaré qu’ils "continueront à donner un rôle important à la promotion du développement social et à contribuer à la mise en place d’un agenda international dans cette limite, sur la base de leur expérience dans la recherche de solutions aux défis de la pauvreté et des inégalités".

Ils appellent aussi instamment à conclure les négociations internationales sur le changement climatique par un accord légalement obligatoire de l’Onu sur le changement climatique en tenant compte des "responsabilités communes mais différentes et des capacités respectives".

D’autre part, ils se sont engagés à établir un programme de travail pour conclure les négociations commerciales de la Ronde de Doha afin de construire un système commercial multilatéral ouvert, inclusif, non discriminatoire, transparent et basé sur des normes. Ils ont exprimé leur désaccord et leur sérieuse préoccupation avec le fait que le Fmi n’a pas mis en place les réformes décidées en 2010 et ont demandé à la Banque mondiale des structures de gouvernement plus démocratiques et un "renforcement de sa capacité financière". Ils ont manifesté, de même, leur préoccupation pour l’impact négatif de l’évasion fiscale, de la fraude et de la planification fiscale transnationale agressive dans l’économie globale.

"Les faits se sont chargés de mettre en évidence que le développement économique, la stabilité sociale, la concentration et la collaboration ainsi que la croissance conjointe des pays du Brics qui représentent 42,6% de la population mondiale, concordent avec les tendances de l’époque marquées par la paix, le développement et la coopération, apportant comme bénéfices une économie mondiale plus équilibrée, une gouvernance globale plus efficace et des relations internationales plus démocratiques", a déclaré le président de la Chine, Xi Jinping.

Dilma Roussef a dit que les accords signés prouvent la dimension historique de ce forum qui, lors de son 6° Sommet, a gagné en densité politique et en poids financier. "Les pays émergents continuent à être la force motrice de l’expansion globale et devraient continuer à l’être dans l’avenir", a noté la présidente du Brésil. Le gouvernement d’Afrique du Sud s’est montré satisfait des résultats du 6° Sommet du Brics et a indiqué que toutes les résolutions et toutes les déclarations adoptées lors du sommet l’ont été après des délibérations et des accords sur une base d’égalité.

UNE GEOPOLITIQUE POUR LE DEVELOPPEMENT.

Après le Sommet du Brics qui a eu lieu à Fortaleza, les leaders des cinq économies émergentes se sont rendus à Brasilia, où ils ont rencontré les onze présidents des pays latino-américains regroupés dans l’Union des nations sud-américaines (Unasur). Les 16 élus ont discuté au Palais Itamaraty, siège de la chancellerie du Brésil, sur une feuille de route concernant "La croissance incluante et solutions soutenables". Plusieurs des présidents ont abordé le thème de la croissance inclusive, parmi eux la présidente chilienne, Michelle Bachelet, qui a appelé à travailler pour vaincre les inégalités afin d’obtenir un développement inclusif et soutenable. La chef de l’Etat argentine, Cristina Fernandez, a défendu "une réorganisation financière globale qui inclue les besoins de croissance, de production et non de destruction de l’emploi, l’abandon des sociétés qu’ont vécues depuis tant d’années les Américains du Sud."

Le président du Venezuela, Nicolas Maduro, considère cette rencontre entre le Brics et l’Unasur comme productive car elle initie une nouvelle géopolitique mondiale pour le développement, la prospérité et la paix des peuples. "Nous avons proposé aussi une alliance de travail entre la Banque du Sud et la naissante Banque du Brics qui ont le même but : une nouvelle architecture financière qui bénéficie au développement économique, et de conditions d’équité pour nos pays, en plus de promouvoir l’économie productive, créatrice de travail et de richesses."

Le président Maduro a indiqué que le Venezuela demandera au prochain sommet de l’Unasur, qui aura lieu en août à Montevideo, qu’on désigne une commission pour s’occuper du travail en commun avec le Brics. "Nous avons des processus convergents, nous allons faire tous nos efforts et nous allons mettre toute notre volonté politique pour que le Brics et l’Unasur commencent à marcher ensemble à partir de maintenant." Il est important de souligner que la déclaration finale du 6° Sommet du Brics met en avant "les processus d’intégration d’Amérique du Sud et en particulier, l’importance de l’Unasur". Avec une nouvelle géopolitique mondiale dans laquelle les Etats-Unis ne peuvent soutenir leur hégémonie économique, l’inter-relation Unasur-Brics ouvre un éventail de d’opportunités pour le développement de l’Amérique du Sud.

LA CHINE SE RAPPROCHE DE LA CELAC.

La présence du président chinois Xi Jinping au Brésil a servi à activer le Forum Chine-Celac, une instance de contact multilatéral créée lors du II° Sommet de la Celac, tenu en janvier dernier à La Havane (1), dans le but d’approfondir les relations de l’Amérique Latine avec le géant asiatique. A cette rencontre ont participé le président de la République de Chine, Xi Jinping et les élus qui composent le quatuor de la Celac : celui du Costa Rica, Luis Guillermo Solis, actuellement président de l’organisme; celui de Cuba, Raúl Castro; celui de l’Equateur, Rafael Correa et le premier ministre d’Antigua et Barbuda, Gaston Browne. Y ont participé aussi la présidente hôtesse, Dilma Roussef, ses homologues du Venezuela, Nicolas Maduro, du Chili, Michelle Bachelet, d’Uruguay, José Mujica, de Colombie, Juan Manuel Santos, de la Guyana, Donald Ramotar et du Suriname, Désiré Bouterse.

Dans le document final, les présidents de la Celac signalent qu’ils ont approuvé la création de ce forum en tenant compte de la croissance soutenue des relations politiques, commerciales, dans l’investissement, les sciences et la technologie, la culture, l’éducation et dans d’autres domaines, entre la République Populaire de Chine et les pays d’Amérique Latine et des Caraïbes pendant ces 10 dernières années.

Le président Nicolas Maduro a souligné que cette réunion a ratifié les relations de respect entre "un géant du monde comme la Chine et nous, l’Amérique Latine et les Caraïbes, qui peu à peu, allons faire le chemin pour nous transformer tous ensemble en une région puissante". Le président vénézuélien a indiqué qu’avant la réunion des chanceliers qui aura lieu en Chine en janvier 2015, "on doit établir des mécanismes pour accéder aux 20 000 millions de dollars de crédit pour le développement d’infrastructures que le président de la Chine a annoncés et aux 5 000 millions de dollars du fonds de Coopération Economique pour des projets de manufacture et de commerce." La présidente du Brésil, Dilma Roussef, a indiqué que lors du forum Chine-Celac, des accords en matière d’énergie, de défense, de transports et de technologie, ont été signés.

LA TOURNEE LATINO-AMERICAINE DE VLADIMIR POUTINE.

L’intention des pays du Brics de se rapprocher de l’Amérique Latine pour connaître les processus de changement en marche dans la région a été manifestée aussi par la Russie, dont le président, Vladimir Poutine, a fait une tournée en Amérique Latine qui a compris des visites officielles à Cuba, en Argentine et au Brésil. A Cuba, Poutine a rencontré Raúl et Fidel Castro. Et à l’occasion de cette tournée, les entreprises d’Etat russes Rosnef et Zarubezhneft ont signé des accords commerciaux pour l’exploitation pétrolière en haute mer. En Argentine, Cristina Fernandez et Vladimir Poutine ont signé des accords de coopération en matière de communications, d’assistance juridique réciproque en matière pénale et de coopération dans l’utilisation de l’énergie nucléaire pacifique. La présidente Cristina Fernandez a souligné que son gouvernement a "un grand désir d’approfondir ses relations avec la Russie" alors que Poutine a qualifié de "stratégiques" les relations entre les deux pays.

Au Brésil, Dilma Roussef et Vladimir Poutine ont réaffirmé leur objectif de doubler la valeur du commerce bilatéral pour qu’il atteigne 10 000 millions de dollars par an. Poutine a proposé d’explorer la possibilité de négocier un accord de coopération entre l’Union des Nations Sud-américaines et l’Union économique euro-asiatique dont son pays fait partie avec la Biélorussie et le Kazakstan. Dans la capitale brésilienne, Vladimir Poutine a rencontré le président du Venezuela, Nicolas Maduro. Pendant leur rencontre, Poutine a souligné le rôle du leader de la Révolution Bolivarienne, Hugo Chavez, dans la construction de cette relation stratégique entre le Venezuela et la Russie et a approuvé une nouvelle ligne de crédit. Le président russe a rappelé son amitié avec le commandant Chavez et a manifesté son affection pour le peuple vénézuélien et le gouvernement que dirige Nicolas Maduro.

XI JINPING A CARACAS

Après sa visite au Brésil, le président chinois Xi Jinping s’est envolé pour Caracas pour rencontrer son homologue vénézuélien Nicolas Maduro et discuter de projets d’investissement, principalement dans le domaine pétrolier. Nicolas Maduro et Xi Jinping ont participé à la clôture de la XIII° Commission Mixte de Haut Niveau Venezuela-Chine, mise en place dans le but de contrôler les avancées des projets bilatéraux. Cette instance est organisée en 5 sous-commissions: énergétique et minière, économico-commerciale, scientifique, technologique et aérospatiale, culturelle et éducative, agricole. Les deux présidents ont signé 16 des 32 accords bilatéraux signés en matière d’énergie, d’infrastructures, de finances, de technologie et d’aliments. La création d’une entreprise mixte qui se chargera de produire des produits chimiques pour l’agriculture et des fertilisants a été décidée. Des alliances ont été souscrites pour la production de ciment et la construction de nouvelles unités d’habitation dans le pays.

De même, a été décidée la création d’un nouveau satellite qui s’ajoutera aux 2 satellites, Simon Bolivar et Miranda, fabriqués et mis en orbite grâce à la coopération sino-vénézuélienne. Un autre des accords concerne le renouvellement d’une ligne de crédit de 4.000 millions de dollars qui iront au fonds Conjoint Chine-Venezuela, un mécanisme créé pour financer des projets d’infrastructures, de logements, de transport et de commerce.

Depuis 2001, date de création de la Commission mixte de haut niveau Venezuela-Chine, 480 accords ont été souscrits, qui ont permis de réaliser 143 projets dans différents domaines d’association stratégique, projets qui permettent un développement partagé entre les deux pays. Le président Maduro a souligné que la Chine "ne fait pas peser une dette sur le pays, il s’agit d’un financement et pour cela, on fournit du pétrole. C’est une formule vertueuse qui permet un financement et ne crée pas de dettes lourdes comme cela arrivait du temps de la Quatrième République, en ces temps de pillage de la patrie." "Nous injectons une nouvelle vitalité dans cette association stratégique complète Chine-Venezuela", a déclaré le président chinois Xi Jinping lors d’une réunion avec le président de l’Assemblée Nationale, Diosdado Cabello.

Bref, l’Histoire prend un nouveau tournant.

NOTE :
(1) Sur le IIème Sommet de la Celac, voir http://bit.ly/1fuIkUI


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La parité au Sénégal : Leçons d’hypocrisie

Fatou Sarr

2014-08-11

http://pambazuka.org/fr/category/comment/92800

Le Sénégal incontestablement a innové avec la Loi sur la Parité. C’est le premier pays à avoir donné corps à cette loi, de si belle manière ; ce qui lui a valu l’admiration du monde entier et un ballet de visiteurs venus s’inspirer de son expérience. Mais il a raté une opportunité de tirer avantage de cette situation par manque de perspective des nouvelles autorités.

Après les élections locales nous voilà au terme d’un processus, initié le 14 mai 2010, avec le vote de la loi sur instaurant la parité absolue dans les instances électives semi-électives. Il nous faut en tirer les principales leçons, mais pour y parvenir il faut recourir à l’histoire pour en comprendre le sens, en faire une analyse sociologique pour ensuite dégager la perspective politique. Mais commençons d’abord par apporter des clarifications et des précisions au concept de parité.

CLARIFICATION DU CONCEPT DE PARITE

C’est en 1989 que Claudette April a lancé le concept de la parité en politique, au Conseil de l’Europe, car selon elle la démocratie repose sur le suffrage universel et la séparation des pouvoirs mais il manque un pilier, qu’elle appelle la parité. En effet, elle rappelle que si la démocratie signifie « la gouvernance pour le peuple et par le peuple », ce peuple a deux composantes équivalentes en dignité, c’est à dire des hommes et des femmes. Nous sommes parties de l’analyse de Claudette April, en y intégrant la notion sociologique d’équivalence fonctionnelle, pour dire que si on est équivalent à la base, il n’y a aucune raison que l’on ne soit pas équivalent au sommet.

Si dans les partis politiques, le seul critère pour en être membre est d’être citoyen ou citoyenne, à partir de ce moment, tous les avantages dus à une catégorie doivent l’être pour l’autre, dans la mesure où les femmes sont majoritaires dans les partis. Par contre dans des espaces où il y a des barrières d’entrée, on ne peut pas parler de parité : c’est le cas de la fonction publique où une qualification est exigée et où les femmes sont moins de 30%. Donc en dehors de l’espace politique on ne peut pas appliquer la parité. C’est ce même principe qui nous a fait dire que l’on n’entre pas au Conseil économique, social et environnemental parce qu’on est homme ou femme mais parce qu‘on a une expertise à mettre au service de l’État.

En ce qui concerne la présence significative des femmes dans les instances électives, comme l’Assemblée nationale, elle est essentielle, car c’est le lieu où l’on décide de l’utilisation des ressources de la nation et c’est le lieu où l’on vote les lois qui vont régir la vie des hommes et des femmes. A ceux qui pensent qu’il faut d’abord s’occuper des questions de santé et d’éducation des filles nous rappelons que ‘’Monsieur Forage’’ (Abdou Diouf) et ‘’Mme Moulin’’ (Élisabeth Diouf), (1) pendant 20 ans, se sont attelés à régler les besoins pratiques des femmes. Mais comme l’explique l’analyse genre, ce sont les intérêts stratégiques qu’il fallait viser et cela passe par la présence massive des femmes à l’Assemblée nationale. En ce qui concerne les lois, la question de la nationalité est un exemple patent. Ce n’était pas juste que des enfants de Sénégalaises dont les pères étaient des Maliens, des Mauritaniens, ou des Gambiens soient considérés comme des étrangers. Aujourd’hui la question est réglée grâce au mouvement de la parité. Il reste encore d’autres injustices faites à la femme, qui sont le fait de la colonisation et qu’il va falloir résoudre.

L’EXCLUSION DES FEMMES DU PROCESSUS POLITIQUE : UN ACTE COLONIAL

C’est la colonisation qui a exclu les femmes du pouvoir, car la première force de résistance que les colonisateurs ont rencontrée avait à sa tête une femme (Ndaté Yalla) et la dernière résistante à être déportée était une femme (Aline Sitoé Diatta). Donc si c’est par une volonté délibérée que les femmes ont été écartées de l’espace public, ce n’est que justice si des mesures ont été prises pour résorber le gap créé artificiellement par la colonisation.

L’école est le premier moyen d’ascension sociale et les filles en ont été d’abord exclues et ensuite limitées à des études inférieures. C’est ainsi qu’il y a 29 ans d’écart entre l’école William Ponty et celle des jeunes filles de Rufisque.

Les femmes ont toujours affronté les pouvoirs en place pour exiger leurs droits. En 1945, c’est Soukeyna Konaré (cousine de Lamine Guèye) (1) et Ndaté Yalla Fall (cousine de Galandou Diouf) (2) qui, bien qu’appartenant à des partis politiques opposés, ont joint leurs forces et obligé la France à revenir sur un décret qui ne donnait le droit de vote dans les quatre communes qu’aux seules femmes de souche européenne. Ce sont elles qui ont ouvert cette longue marche de la bataille de la parité, comprise comme l’égal accès aux fonctions politiques.

RESISTANCES SOCIALES ET INNOVATIONS : LA THEORIE DE LA MAJORITE TARDIVE

Toutes les innovations qu’elles soient technologiques ou sociales font face à des résistances.

Au Sénégal, quand il a fallu introduire le gaz pour éviter la déforestation, beaucoup disaient que le « Thiebou dieun » (Ndlr : plat national sénégalais) ne pouvait se faire qu’au feu de bois ou au charbon. Aujourd’hui cette théorie est jetée aux oubliettes. En Suisse, les fabricants de montres à Neufchâtel, enfermés dans leur certitude que leur produit était le seul modèle valable, n’ont prêté aucune attention à une invention d’un de leurs employés, et n’ont pas pris soin de la protéger. L’année suivante lors d’une exposition, celui-ci a présenté le modèle. Les japonais et les américains l’ont acheté et ont mis sur le marché la montre à pile quartz, utilisée aujourd’hui par tous, y compris par la majorité des Suisses.

C’est la résistance au changement qui explique que la montre suisse qui occupait 90% de part de marché en a été réduite à 14%. La parité et les questions d’égalité de genre n’échappent pas à la théorie de la majorité tardive, et les avancées obtenues sur le plan scientifique fondent notre optimisme. Pendant longtemps, à l’Université Cheikh Anta Diop, les enseignants étaient hostiles aux questions de genre.

À notre arrivée à l’Institut fondamentale d’Afrique noire (Ifan) en 1999, nous avons mené la bataille pour institutionnalisation du Genre, en démontrant que l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) ne pouvait pas rester à l’écart de ce qui se passait dans les meilleures universités du monde. Avec la création du Laboratoire Genre et avec des hommes éclairés comme les professeurs Moustapha Tamba et Lamine Ndiaye, l’enseignement du Genre est devenu officiel au Département de sociologie, et aujourd’hui des masters sont enseignés à l’Ucad. En 2005, devant présider le plaidoyer au sommet sur le genre, organisé par le Pnud au Méridien Président, Macky Sall qui ne croyait pas au genre avait décidé de ne rester que pour une demi-heure, évoquant d’autres contraintes.

Après la présentation que nous avions faite, avec une démonstration partant des théories de la physique et des mathématiques, l’ancien Premier ministre est sorti, convaincu de la pertinence de l’analyse du genre. C’est ce jour là qu’il s’est engagé pour l’intégration des femmes dans l’armée et la prise en charge des conjoints par leurs épouses fonctionnaires. Nous avions salué cela en son temps par un article intitulé « Les promesses tenues d’un Premier ministre, celles toujours attendues du chef de l’Etat ».

Si le président Macky Sall s’était donné les moyens de se faire expliquer la parité comme en 2006 pour le genre, peut être qu’il aurait pu aider ce pays à progresser. Car la parité dépasse la seule question de la représentation homme-femme.

PERSPECTIVE POLITIQUE

La parité n’est pas une fin en soi mais un moyen d’aller vers l’égalité pour construire les bases d’un développement durable

Amartya Sen, Prix Nobel économie (1998), dans son ouvrage « Un nouveau modèle économique » (ed. Odile Jacob, 2000) disait : « Je ne vois aucune priorité aussi brûlante pour l’économie du développement qu’une reconnaissance pleine et entière de la participation et du leadership féminin dans les domaines politiques, économique et social. C’est un aspect crucial du « développement comme liberté ». Ceux et celles qui sont à la base de ce formidable mouvement s’inscrivent dans une perspective de transformation sociale qui dépasse les séquences temporelles des gouvernements.

Les femmes se battent par conviction pour le devenir de leur pays et acceptent qu’elles n’ont pas le monopole de la vérité. Mais elles sont convaincues que c’est par la connaissance que le monde avance et que le Sénégal ne peut se permettre de s'enfermer dans des théories moyenâgeuses. La parité pose un débat éminemment politique de transformation sociale, et cela Abdoulaye Wade l’a très vite compris, il est vrai que c’est un intellectuel curieux ouvert aux idées nouvelles.

C’est ainsi qu’en 2002 à Durban, quand des Africaines l’ont interpelé pour porter le combat de la parité à l’union Africaine il l’a fait et cela avec le soutien du ministre des Affaires étrangères Cheikh Tidiane Gadio, mais il ne s’est pas arrêté là. Il a amené la présence des femmes au Sénat à 40% et au Conseil économique et social à 43%, il ne lui restait plus que l’Assemblée nationale.

Ousmane Tanor Dieng aussi a compris les enjeux, et quand il a reçu le Caucus des Femmes leaders, le 7 mai 2012, il a déclaré que ce processus est irréversible. Moustapha Niasse aussi l’a compris en faisant un bureau politique paritaire sans attendre le décret d’application. C’est cela qui justifie aussi l’engagement de Cheikh Bamba Dièye et des autres acteurs dont les propos ont été repris dans un spot publicitaire, intitulé « La parité, des leaders politiques s’engagent ». Cela pour dire que tous ceux qui ont eu le temps d’écouter les analyses qui fondent la démarche ont compris que les enjeux dépassent une simple question de représentation homme-femme.

L’enjeu porte sur le développement de notre pays.

L’EGALITE DES DROITS ENTRE HOMMES ET FEMMES : UN ENJEU DE DEVELOPPEMENT

Le dernier rapport de la Banque mondiale sur le genre montre qu’en Inde quand les femmes sont à la tête des conseils locaux, la corruption diminue de 30%.

La Chine, aujourd’hui, première économie mondiale doit son développement en partie à l’amélioration du niveau d’éducation et de qualification des femmes, qui sont à l’avant garde dans la production du matériel électronique. Le Sénégal ne pourra atteindre les taux de croissance escomptés tant que la moitié de ses ressources humaines restera sous éduquée, peu qualifiée et discriminée dans l’accès aux ressources et aux facteurs de production.

Avec l’acte III de la décentralisation, les principales questions que la gouvernance locale devra résoudre concernent surtout, la santé, l’éducation, les équipements collectifs comme les marchés ; et les femmes sont les principales concernées, d’où l’enjeu de leur présence significative dans les instances de décision. La présence des femmes comme des hommes dans ces instances doit être comprise comme une lourde responsabilité et non une position de jouissance. En ramenant les indemnités à des proportions plus raisonnables, le Sénégal aurait la chance de ne voir y siéger que ceux qui sont mus par le sens du don de soi à la nation et écarter ceux qui ne cherchent qu’à se servir.

LES DETRACTEURS DE LA PARITE

Le débat sur la parité est trop sérieux pour être abordé de manière politicienne. Même des personnes qui se disent intellectuelles, préoccupées par leur positionnement politique ont montré trop de légèreté en se prononçant sur une question qu’elles ne maitrisent pas, jouant avec les émotions et les sentiments des Sénégalais, avec parfois des discours haineux indignes de leur rang. On ne peut pas, quand il s’agit de discuter d’intervention coronaire, convoquer n’importe qui. Il en va de même pour cette question, qui a certes une dimension idéologique, mais est surtout une question scientifique, car au-delà du concept de genre, il y a des théories éprouvées qui le sous-tendent. Evidemment la plupart des contempteurs l’ignorent et se limitent à donner leur opinion sur leur vision du statut de la femme. Leurs discours sur l’incompétence des femmes est totalement faux. Il faut d’abord dire que la compétence politique n’est pas la compétence technique, c’est pourquoi il existe des commis de l’administration.

C’est la confusion des rôles qui est le problème et c’est heureux que le dernier rapport de l’Inspection générale d’Etat l’ait identifié. On ne peut pas occuper un poste dans l’administration par la seule compétence politique. Quant à l’Assemblée nationale, l’incompétence n’est pas que du côté des femmes, puisque le pourcentage de femmes avec un diplôme d’enseignement supérieur, allant du Bac au doctorat, est de 37,5%, ce qui est proportionnellement plus important que celui des hommes. Toutefois il suffit de mettre des barrières d’entrée qui concerneraient et les hommes et les femmes pour relever le niveau de cette Assemblée, comme cela existe dans certains pays.

LES EFFETS PERVERS DE LA PARITE

L’approche utilisée pour aller vers l’égalité avec la loi sur la parité doit certainement être analysée, pour identifier les limites et les corriger, car la parité n’est pas une fin en soi. Ce n’est qu’un moyen pour aller à l’égalité des droits. Il va falloir aussi interroger l’engagement des bénéficiaires de la loi, car c’est Hegel qui disait : « il ne s’agit pas d’être meilleure que l’époque mais l’époque au meilleur d’elle-même ».

Quoi qu’il en soit, cette loi a eu le mérite d’être révélatrice des tares de notre démocratie et des limites de la construction en devenir de la République. Elle a permis de mettre le doigt sur les faiblesses coupables d’un Etat qui piétine ses propres lois et cela est extrêmement grave.

DES LEÇONS D’HYPOCRISIE

Le Sénégal incontestablement a innové avec la Loi sur la Parité. C’est le premier pays à avoir donné corps à cette loi, de si belle manière ; ce qui lui a valu l’admiration du monde entier et un ballet de visiteurs venus s’inspirer de son expérience. Mais il a raté une opportunité de tirer avantage de cette situation par manque de perspective des nouvelles autorités. Tant qu’Abdoulaye Wade était au pouvoir, ceux qui pensaient qu’il en était l’instigateur ont joué le jeu et ne juraient que par la parité. Une fois Macky Sall au pouvoir, ces mêmes personnes, pensant qu’il est contre, ont enfourché une autre trompette. L’essentiel de la classe politique qui a été consultée par le Caucus des Femmes leaders a marqué son adhésion. Des autorités religieuses ont été consultées et par des femmes et par le président Wade, ce qui explique que pendant quatre ans aucune objection de leur part n’a été relevée.

CONCLUSIONS

Ceux qui sont aux commandes aujourd’hui peuvent choisir entre la médiocrité en se laissant enfermer dans un débat contre productif ou s’inscrire dans le sens de l’histoire et entrer dans la postérité. Napoléon disait que Waterloo effacerait toutes ses batailles et qu’il ne resterait dans la mémoire collective que son Code civil. Il a eu raison, puisque 71 pays dans le monde s’en sont inspirés y compris les Etats-Unis d’Amérique et l’Egypte. Nous avions rappelé cela au président Wade dans un article intitulé « Un destin pour le Sénégal sans les femmes », en lui disant que ce n’est pas par des infrastructures qu’il resterait dans la postérité mais en libérant une catégorie sociale.

Abdoulaye Wade est entré dans l’histoire pour avoir introduit la parité à l’Union africaine et au Sénégal, car d’autres infrastructures plus belles et plus grandioses se feront au Sénégal, nous l’espérons, mais il n’y aura plus de lois aussi révolutionnaires pour les femmes que celle de la parité. Quiconque s’attaquera à cette loi restera dans la mémoire collective et pour l’éternité, comme un traitre à la cause des femmes et à la démocratie.

NOTE
1) Monsieur Forage et Madame sont des surnoms qui avaient été donnés à l’ancien président sénégalais Abdou Diouf et à sa femme. Durant la campagne pour la présidentielle de 1989, c’est que le couple présidentiel promettait aux femmes rurales.
2) Des leaders politiques sénégalais de l’époque coloniale.

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** Fatou Sarr est docteur en Anthropologie et Sociologie du politique

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Arts & livres

Côte d’Ivoire : Gbagbo fait des révélations sur Banny

2014-08-09

http://pambazuka.org/fr/category/books/92754

Le livre du journaliste français, François Mattéi, consacré au président Laurent Gbagbo et intitulé ''Pour la vérité et la justice - Côte d’Ivoire : révélations sur un scandale français'', fait des révélations sur plusieurs personnalités politiques ivoiriennes dont Charles Konan Banny, actuel président de la Commission dialogue, vérité et réconciliation. Dans le chapitre 14 qui décrit ''un traquenard préparé de longue date', le président Gbagbo, à la page 131, dévoile le rôle ''suspect'' joué par M. Banny, alors Premier ministre, sur la préparation des élections en Côte d'Ivoire, avec notamment la signature du contrat avec la Sagem, une société du groupe Safran en qualité d'opérateur technique pour les opérations d'identification des populations. Pour Gbagbo, toutes les opérations préparant les élections, par exemple, le recensement, l'établissement des cartes d'électeur, la mise en oeuvre des opérations électorales proprement dites, devaient être confiées à l'Institut national de la statistique, l'Ins, comme c'était jusque-là le cas. Or, cela n'a pas été le cas.

http://bit.ly/Vby5hT





Femmes & genre

Afrique : Donner des responsabilités aux femmes, une clé pour le développement du continent

2014-08-09

http://pambazuka.org/fr/category/wgender/92774

La réunion de hauts responsables africains à Washington s'est penchée sur le sort des femmes en Afrique et la nécessité de valoriser davantage les jeunes filles, un élément-clé en vue du développement du continent. L'un des avis les plus pertinents émis lors de cette table ronde tenue dans le cadre du sommet Usa-Afrique, pour lequel la plupart des chefs d'Etat africains ont été conviés à Washington, a été donné par la porte-parole de l'Union africaine Nkosazana Dlamini-Zuma : quand vous voulez aborder le sujet des femmes, ne parlez pas aux hommes de leur épouse, mais parlez-leur de leurs filles. Après des discussions autour des programmes d'aides et les différentes initiatives traditionnelles prises pour aider à améliorer la condition des femmes, les participants ont également évoqué d'autres idées pouvant conduire à une évolution des mentalités sur un continent très ancré dans ses traditions.

http://bit.ly/V8ghEC





Droits humains

Afrique : 20 rebelles congolais devant la justice sud-africaine

2014-08-09

http://pambazuka.org/fr/category/rights/92750

En Afrique du Sud, le procès de 20 rebelles congolais présumés s’est ouvert à Pretoria. Ces hommes sont accusés d’avoir comploté pour renverser le président Joseph Kabila. Ils ont été arrêtés en février 2013 dans le nord de l’Afrique du Sud alors qu'ils se préparaient à rejoindre un camp d'entraînement militaire. Leurs soutiens dénoncent une machination. Les 20 prévenus congolais ont été formellement inculpés «d’activités mercenaires» et de «conspiration en vue d’assassinat» par le procureur. Selon l’accusation, ils avaient pour intention d’assassiner Joseph Kabila ainsi que le ministre de l’Intérieur congolais et plusieurs hauts dignitaires de l’armée. Les accusés auraient cherché à acquérir une liste impressionnante d’armes et de matériel pour mener à bien leur opération.

http://rfi.my/XRqQxu


Côte d’Ivoire : Ouattara indemnise les victimes de la crise post-électorale

2014-08-10

http://pambazuka.org/fr/category/rights/92788

Le président de la République ivoirienne, Alassane Ouattara, a annoncé la création d’un fonds d’indemnisation pour les victimes de la crise post-électorale, mercredi 6 août. Ce «fonds» va être mis en place à la clôture des travaux de la Commission dialogue, vérité et réconciliation (Cdvr) qui devraient s’achever en octobre prochain. Le chef d’Etat ivoirien a rapporté qu’une partie du fonds sera disponible «avant la fin de l’année». Les difficultés vont apparaître au moment du recensement des victimes à indemniser.

http://bit.ly/1uAyt6p


Afrique du sud : Winnie réclame en justice la maison de famille des Mandela

2014-08-09

http://pambazuka.org/fr/category/rights/92751

Winnie Mandela, la deuxième épouse de Nelson Mandela dont il avait divorcé, réclame en justice la propriété de la maison de famille de Qunu, dans le sud-est rural du pays, arguant du fait que le bien a été acheté à l'époque de leur mariage. Winnie Mandela, 77 ans, ne figurait pas parmi les bénéficiaires du testament de l'ancien président sud-africain, qui avait épousé en troisièmes noces la Mozambicaine Graça Machel, veuve de l'ancien président mozambicain Samora Machel. Selon le Daily Dispatch, qui cite une lettre des avocats de Winnie Madikizela-Mandela, cette dernière soutient que, selon la loi coutumière, la maison achetée à l'époque de la vie commune du couple doit lui revenir, à elle et à ses enfants.

http://bit.ly/X9IgW8


Afrique du Sud : Un plan quinquennal contre les crimes

2014-08-10

http://pambazuka.org/fr/category/rights/92781

Le gouvernement sud-africain a révélé jeudi 6 août un plan quinquennal contre les crimes dont le taux est très élevé. Ce plan, plus connu sous l'appellation "Cadre stratégique à moyen-terme" (Mtsf), qui contient une série d'actions, vise à éliminer les crimes "qui impactent négativement sur le développement économique et nuisent au bien-être des gens et à leur capacité à atteindre leur potentiel", a déclaré le ministre de la présidence pour le Planning, la Surveillance et l'Evaluation. Avec le Mtsf, les autorités veulent entre autres l'augmentation de la proportion des citoyens qui se sentent en sécurité en marchant seul dans la journée comme dans la nuit, et de la proportion des ménages satisfaits des services de la police dans leur région et de la façon dont les tribunaux traitent les auteurs des crimes.

http://on.china.cn/XRrTh1


Egypte : Douze pro-Morsi condamnés à mort pour le meurtre d'un général de police

2014-08-09

http://pambazuka.org/fr/category/rights/92762

Douze partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi ont été condamnés à mort, mercredi 6 août, en Égypte pour le meurtre d’un général de police. En pleine vague de répression sanglante visant les partisans de Mohamed Morsi, le 19 septembre 2013, le général Nabil Faraj coordonnait une opération commando de la police et de l'armée à Kerdassa, une ville de la banlieue du Caire, réputée être un fief des Frères musulmans. Un tribunal du Caire a confirmé la peine de mort prononcée en juin contre ces hommes accusés de la mort du général, pourtant atteint d'une seule balle, a indiqué un responsable de cette juridiction.

http://bit.ly/1sp8OzE


Guinée : La démarche de Konaté sur l’Affaire du 28 septembre 2009 suscite la controverse

2014-08-09

http://pambazuka.org/fr/category/rights/92770

Le dépôt d’une liste de présumés auteurs des événements du 28 septembre 2009 à la Cour pénale internationale par le général Sékouba Konaté, suscite la controverse. Et certaines voix s’élèvent pour critiquer la démarche. Le fait que le général Sékouba Konaté ait choisi de porter une liste de présumés auteurs et commanditaires des massacres du 28 septembre auprès de la Cour pénale internationale, donne lieu à des commentaires. Les Ong de défense des droits humains comme la Raddho Guinée, ne sont pas en reste parmi les réactions enregistrées à ce sujet. Cette dernière a plutôt émis des réserves sur les motivations qui sous-tendent cette démarche de Konaté. Sur cet empressement à charger ses anciens collaborateurs. Lui, qui, en tant que ministre de la Défense au moment des faits, n’avait rien fait pour empêcher ces massacres qui ont fait 157 morts, selon un rapport des Nations Unies.

http://bit.ly/1my6zCK


Guinée : Massacre du 28 septembre : Dadis Camara, simple témoin

2014-08-09

http://pambazuka.org/fr/category/rights/92771

Cinq ans après le massacre du 28 septembre à Conakry, l'ancien président de la junte a enfin été entendu par la justice. Moussa Dadis Camara a été auditionné par des juges, au Burkina, où il coule des jours paisibles depuis quatre ans. Il était temps : trois ans que la première commission rogatoire internationale lancée par la justice guinéenne dans le cadre de l'enquête sur le massacre du 28 septembre 2009 à Conakry restait sans réponse ; quatre ans que cette enquête, ouverte en février 2010, piétine ; cinq ans que les familles de victimes attendent que les responsabilités soient enfin déterminées. Les juges chargés de l'enquête analysent actuellement la déposition pour déceler "d'éventuelles insuffisances" et décider "de la nécessité ou non de lancer une nouvelle commission rogatoire internationale".

http://bit.ly/1A3GbsA


Guinée Bissau : Les auteurs du coup d’Etat d’Avril 2012 sollicitent l‘amnistie

2014-08-09

http://pambazuka.org/fr/category/rights/92772

Les auteurs du coup d’Etat d’avril 2012 en Guinée-Bissau sollicitent le vote d’une loi d’amnistie qui sera examinée en novembre prochain par l’Assemblée nationale populaire, a annoncé le président de l’institution parlementaire, Cipriano Cassama, lors de la cérémonie d’ouverture de la session extraordinaire. M. Cassama a appelé les députés à bien réfléchir sur cette loi très controversée qui avait été rejetée en septembre dernier par l’ancienne assemblée nationale. Le coup d’état militaire du 12 avril 2012 dirigé par le général Antonio Injai, chef d’état-major général des armées a plongé la Guinée-Bissau dans une période de transition de deux ans.

http://oran.ge/X9J4du


Nigeria : L’armée accusée d’atrocités

2014-08-10

http://pambazuka.org/fr/category/rights/92791

L’armée nigériane a été accusée par Amnesty International de violer gravement et massivement les Droits de l’homme. Des propos qui rejoignent ceux des Etats-Unis qui avaient été dans le même sens il y a quelques semaines. Face à ce constat, le chef de l’Etat, Goodluck Jonathan, se retrouve plus isolé que jamais. D’après Amnesty international, les preuves attestant de la véracité des faits sont évidentes et des enregistrements vidéo mais également des témoignages crédibles viennent renforcer les soupçons qui existaient déjà. On peut notamment voir sur des images tournées dans l’Etat de Borno, des hommes de l’armée nigériane procéder à des exécutions sommaires. Certaines scènes sont particulièrement choquantes puisqu’on y voit des détenus égorgés et jetés à même les fosses communes.

http://bit.ly/1pjFxUx


Soudan : Deux condamnés décèdent après avoir été punis de 40 coups de fouet

2014-08-10

http://pambazuka.org/fr/category/rights/92794

Deux Soudanais ont péri après avoir reçu 40 coups de fouet pour consommation d'alcool et troubles à l'ordre public, a rapporté vendredi 8 août une organisation de défense des droits de l'Homme. Les deux hommes, âgés de 45 et 60 ans, avaient été condamnés dans la ville côtière de Port Soudan, où les sanctions avaient été immédiatement appliquées, rapporte l'ONG African Centre for Justice and Peace Studies. L'un des deux hommes a succombé peu après la flagellation alors qu'il retournait récupérer ses affaires au poste de police où il avait été détenu durant trois jours. L'autre condamné, qui avait écopé de deux mois de prison en plus des coups de fouet, est arrivé dans un état critique au centre carcéral. Transféré à l'hôpital, il a succombé à ses blessures.

http://bit.ly/1pjFBUe





Réfugiés & migration forcée

Maroc : Quel avenir pour les demandeurs d’asile ?

2014-08-10

http://pambazuka.org/fr/category/refugees/92786

L’association Droit et Justice poursuit son action de soutien aux migrants au Maroc. Après avoir lancé en août 2013, un programme d’aide juridique pour les réfugiés au Maroc, l’association, motivée par la nouvelle politique migratoire, multiplie les actions. L’objectif étant de contribuer aux efforts du pays en matière de protection des populations des migrants et en particulier les exilés ou les demandeurs d’asile politique.

http://bit.ly/1my6MWr


Tunisie : Vers l’évacuation de 13 mille refugiés égyptiens par voie aérienne

2014-08-09

http://pambazuka.org/fr/category/refugees/92768

Le ministre de l'Intérieur tunisien a affirmé qu'un accord a été conclu avec les autorités égyptiennes et libyennes pour permettre à 13 000 Egyptiens, bloqués au niveau du poste frontalier de Ras Jedir, de regagner leur pays.
Le ministre a souligné que l’évacuation se fera par voie aérienne à travers des avions appartenant à des compagnies égyptienne et tunisienne, soulignant que la possibilité d’évacuer les réfugiés pas voie maritime a été également abordée.

http://bit.ly/1A3Ga88





Elections & gouvernance

Afrique : Commission conjointe de sécurité Congo, Angola et Rd Congo

2014-08-09

http://pambazuka.org/fr/category/elections/92764

La 8e réunion tripartite de sécurité entre la République du Congo, l’Angola et la République démocratique du Congo s’est tenue à Pointe-Noire pour redynamiser la Commission conjointe tripartite de sécurité (Ccts) entre les trois pays, a annoncé le ministère congolais de l’Intérieur et de la Décentralisation. Axée sur la sécurité transfrontalière, la rencontre a permis aux parties de convenir de la réactualisation des accords et autres textes en vigueur. A l’issue de cette réunion, plusieurs résolutions ont été prises, notamment l’actualisation des accords et textes de la Ccts par chaque Etat ; la nomination des animateurs de toutes les structures, notamment le secrétaire général et ses adjoints, ainsi que les secrétaires et membres des sous-commissions spécialisées, les textes de nominations seront communiqués entre les parties par voie diplomatique.

http://bit.ly/V8fYJT


Algérie : Le pouvoir est en guerre contre l’opposition

2014-08-09

http://pambazuka.org/fr/category/elections/92752

Le pouvoir algérien se livre à une véritable guerre d’usure contre l’opposition. C’est le constat établi par le Pôle des forces du changement qui s’est réuni ce mardi 5 août à Alger. Dans un communiqué, le Pôle évoque un « rétrécissement» continu du champ des libertés en Algérie. Pour Ali Benflis et ses partenaires, entre les engagements du pouvoir et ses pratiques sur le terrain, l’écart «est large». «Tout dans le comportement de ce pouvoir contredit les intentions qu’il affiche tant l’abus de pouvoir, le déni des droits et la négation des libertés est dans sa nature intrinsèque», ajoute le texte.

http://bit.ly/1sjyBcn


Bénin : Nago-Yayi la guerre est désormais déclarée

2014-08-10

http://pambazuka.org/fr/category/elections/92782

Depuis que le président de l’Assemblée nationale a renvoyé dos à dos les députés de la majorité et de la minorité parlementaire, les méninges du chef de l’Exécutif fonctionnent mal. Ce qui présage d’une rupture de bancs entre les deux premières personnalités du Bénin. Mathurin Coffi Nago a pris ses responsabilités devant l’histoire pour ne pas être comptable d’un plan de déstabilisation de la démocratie béninoise. Car, le retrait du droit de grève aux magistrats d’une part, puis le musellement de la presse d’autre part, s’inscrivent dans un plan machiavélique auquel Nago n’a pas voulu souscrire.

http://bit.ly/1r2oB7J


Cameroun : Boko Haram aurait recruté plusieurs centaines de jeunes

2014-08-09

http://pambazuka.org/fr/category/elections/92761

Selon des sources policières et civiles, le nord du Cameroun est devenu depuis plusieurs mois une zone de recrutement et d'entraînement du groupe islamiste nigérian Boko Haram. Celui-ci y aurait enrôlé depuis des mois des centaines de jeunes Camerounais pour les entraîner au combat afin qu'ils attaquent leur propre pays. Il n'existe pas de chiffres précis sur le nombre de ces jeunes recrues camerounaises, mais des sources sécuritaires locales parlent de plusieurs centaines. En avril dernier, un inspecteur de police détaché dans la zone parlait d'environ 200 jeunes (âgés de 15 à 19 ans) recrutés en deux mois à Kolofata, localité frontalière dans la province de l'Extrême-Nord.

http://bit.ly/1sp8OzE


Congo : Denis Sassou se soumet à la volonté du peuple

2014-08-10

http://pambazuka.org/fr/category/elections/92787

Le Chef de l’Etat congolais a annoncé récemment à Washington (Etats-Unis) son intention de faire la volonté du peuple au sujet du changement de la Constitution. Interrogé sur la question, Denis Sassou N’Guesso a dit que si la volonté populaire va dans le sens de changer la Constitution à travers un référendum, aucune force de la démocratie ne devra s’y opposer. Donc, lui aussi n’a le droit d’aller à l’encontre de la volonté du peuple. Interview.

http://bit.ly/X9JhNY


Congo : Une nouvelle Constitution pour Sassou ou pour le peuple ?

2014-08-09

http://pambazuka.org/fr/category/elections/92753

Voici maintenant plusieurs mois que le parti du chef d’Etat du Congo, le Pct, ne cesse de défrayer la chronique autour de la rumeur selon laquelle la Constitution pourrait être modifiée. Qu’en est-il réellement ? Le second mandat de Denis Sassou Nguesso arrive à échéance en 2016. Le principal parti de l’opposition congolaise, l’Upades, a appelé Barack Obama, dimanche 3 août, à exhorter le président congolais à ne pas « falsifier » la Constitution. Lors d’une interview accordée à Rfi, le 4 août, Sassou Nguesso assure ne pas être à l’origine de cette rumeur, et affirme que c’est le peuple qui s’exprimera, par le biais d’un referendum.

http://bit.ly/1A3FvUe


Côte d’Ivoire : Accord sur la CEI entre le pouvoir et l’opposition

2014-08-09

http://pambazuka.org/fr/category/elections/92765

En Côte d'Ivoire, le gouvernement a amorcé la discussion avec l'opposition au sujet de la nouvelle Commission électorale indépendante (Cei). Sa composition, votée en mai 2014, continue d'être contestée par plusieurs partis politiques, mais aussi par la société civile qui la juge déséquilibrée en faveur du pouvoir. L'Alliance des forces démocratiques – une coalition de partis pro-Gbagbo – refusait même d'y siéger avant un rendez-vous, mardi 5 août, avec le ministre de l'Intérieur. L'Alliance réclamait aussi la présidence de la Cei, une question qui reste en suspens.

http://rfi.my/VbyMb0


Global : Mohammed VI et Bouteflika dans le top 10 des dirigeants arabes les plus riches

2014-08-10

http://pambazuka.org/fr/category/elections/92798

Ce qui paraît comme une nouveauté est que jusqu’ici, dans le classement des plus grandes fortunes de la planète de Forbes, ne figuraient que les rois arabes et les riches industriels occidentaux. C’est de manière inattendue qu’Abdelaziz Bouteflika vient de bouleverser cette hiérarchie en effectuant son entrée dans le top 10 des plus grandes fortunes du monde arabe. Ce rapport indique que le roi de l’Arabie Saoudite vient en première position. Il est suivi par le Président des Emirats Arabes Unis. Quant au roi du Maroc, Mohammed VI, il se positionne au 4ème rang, alors que Abdelaziz Bouteflika, Président de l’Algérie vient en 10e position.

http://bit.ly/1oA4uG0


Global : Obama promet 33 milliards de dollars pour l’Afrique

2014-08-09

http://pambazuka.org/fr/category/elections/92760

Le président américain a annoncé pendant le sommet Afrique/Etats-Unis, qu’un investissement de 33 milliards de dollars sera envoyé en Afrique. Il a par ailleurs exprimé son souhait de voir l’accord Agoa renouvelé. Barack Obama a affirmé que son pays souhaite un partenariat « d’égal à égal » avec le continent, et sur le long terme. Et afin d’encourager le continent à se développer en partenariat avec les Etats-Unis, Obama n’a pas hésité à lancer une pique à la Chine en indiquant : «Nous ne voulons pas juste extraire vos ressources minérales pour notre propre croissance».

http://bit.ly/1ktzmwI


Mali : Dioncounda Traoré candidat au poste de secrétaire général de l'OIF

2014-08-09

http://pambazuka.org/fr/category/elections/92777

L'ancien président malien Dioncounda Traoré est désormais candidat au poste de secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie. Sa candidature, déjà évoquée en avril, a été adressée le 31 juillet à l'actuel Secrétaire général de l'Oif, Abdou Diouf, par l'ambassadeur du Mali à Paris. L'élection du successeur d'Abdou Diouf aura lieu en novembre. Pour le moment, les chefs d'État francophones du continent ne se sont toujours entendus sur une candidature unique face à la Canadienne Michaëlle Jean.

http://bit.ly/X9J9Oo





Corruption

Global : Soupçon de trafic d'enfants vers la France

2014-08-10

http://pambazuka.org/fr/category/corruption/92799

Un homme et deux enfants arrivés d'Angola ont été refoulés, mercredi 6 août, à l'aéroport de Porto (Portugal). Les autorités soupçonnent l'adulte d'être impliqué dans un trafic d'enfants vers la France, selon le service portugais des étrangers et frontières. L'homme de 39 ans et les deux enfants de 11 et 14 ans, tous de nationalité angolaise, ne présentaient pas de lien de parenté.

http://bit.ly/1myaxv6


Mali : L’avion présidentiel saisi puis libéré par… le fisc américain

2014-08-09

http://pambazuka.org/fr/category/corruption/92778

Le tout nouveau Boeing 737 de Ladji Bourama ne cesse de faire du bruit. Non pas qu’il n’ait pas de bons moteurs, mais parce que chaque fois qu’il est question du fameux coucou, une histoire de gros sous pointe le nez. Déjà, pour acquérir l’appareil, Ladji Bourama a gratté au couteau les fonds de caisse. Le Fmi le soupçonne de n’y avoir rien trouvé de consistant et d’avoir investi dans l’avion les fraîches contributions des bailleurs de fonds. Du coup, l’institution internationale s’est cabrée comme un âne blessé et a suspendu ses décaissements en faveur du Mali. La bonne parole de notre grande argentière, Mme Bouré Fliy Sissoko, n’y changea rien: le Fmi ne veut plus débourser un clou rouillé si on ne lui rend pas compte, au franc près, de l’affaire de l’avion. Explications.

http://bit.ly/1vrH2og


Sénégal : Wade, le Fesman et l'art de la fraude

2014-08-09

http://pambazuka.org/fr/category/corruption/92763

Un festival peut en cacher un autre. En coulisses de la troisième édition du Festival mondial des arts nègres (Fesman), qui s'est tenu à Dakar en décembre 2010, les "pratiques inédites et malsaines" auraient prospéré. C'est en tout cas la conclusion de l'Inspection générale d'État, qui vient de remettre au président sénégalais, Macky Sall, son dernier "rapport public sur l'état de la gouvernance et de la reddition des comptes". Dans un précédent document, ce service, qui est notamment chargé de la prévention et de la lutte contre le gaspillage, les abus, la fraude et la corruption, avait déjà pointé l'ampleur des malversations relatives au Fesman. Il épinglait la fille de l'ancien président Abdoulaye Wade, Sindiély, qui fut la déléguée générale adjointe de la manifestation.

http://bit.ly/1my6uz1





Développement

L'Egypte : Construction d’un deuxième canal de Suez

2014-08-09

http://pambazuka.org/fr/category/development/92767

C’est un nouveau canal de Suez qui aurait une longueur de 72 km et coûterait environ trois milliards d'euros. Sa construction prendrait trois ans. Ce projet devrait réduire le temps d'attente maximale de passage pour les bateaux de 11 à 3 heures. Le projet pourrait créer 1 million d'emplois et 17 entreprises égyptiennes seraient impliquées, sous la supervision de l'armée. Le canal actuel, d'une longueur de 193 km environ, relie la mer Méditerranée à la mer Rouge. Il a été mis en service en 1869 et rapporte chaque année 5 milliards de dollars à l'État égyptien. Au total, 18 000 bateaux transitent chaque année par le canal.

http://bit.ly/1A3G9Rq


Global : Un Groupe consultatif de 15 pays au sortir du sommet Etats-Unis-Afrique

2014-08-09

http://pambazuka.org/fr/category/development/92779

Le Groupe consultatif se nomme, Advisory Council for Africa-Aca. Il comprend 15 pays africains dont le Sénégal. L’initiative figure parmi les « retombées positives et concrètes» du Sommet afro-américain. Il aura pour mission de suivre ainsi que de faciliter l'augmentation des flux d'investissements américains vers ces 15 pays d'Afrique».

http://bit.ly/V8gojx


Ghana : Appel à l'aide au FMI pour stabiliser la monnaie nationale

2014-08-09

http://pambazuka.org/fr/category/development/92769

Le ministre ghanéen des Finances a annoncé, le 4 août, que son pays a demandé l'aide du Fonds monétaire international pour freiner la dépréciation de sa monnaie, le cedi, et rétablir la confiance des investisseurs dans son économie en difficultés. Le cedi a plongé de 40% par rapport au dollar cette année. Le Ghana a connu une croissance économique rapide l'année dernière grâce à d'importantes exportations d'or, de cacao et de pétrole qu'il a commencé à produire en 2010. Mais la baisse des prix du métal jaune et les dépenses excessives du gouvernement ainsi que les difficultés rencontrées pour augmenter la production de brut ont suscité le scepticisme des investisseurs.

http://bit.ly/1lLbfoB


Guinée-Bissau : Le retour des partenaires financiers internationaux

2014-08-09

http://pambazuka.org/fr/category/development/92773

Sevrée des financements internationaux suite au coup d'Etat d'avril 2012, la Guinée-Bissau peut enfin respirer. La plupart des partenaires ont annoncé leur retour. C'est le cas de l’Union européenne dont une mission était à Bissau la semaine dernière, le Fmi et la Boad. A ces Institutions bancaires s'ajoute la Bceao, qui a déboursé 15 milliards de francs Cfa (22,4 millions d'euros) pour remettre à plat les finances de l’Etat. Dans le court terme, la reprise de la coopération avec les donneurs notamment l'Union européenne, le principal partenaire, devrait contribuer à l’amélioration des finances publiques et du contexte social et humain.

http://rfi.my/1zT9sWV


Madagascar : La population refuse des billets de banque

2014-08-09

http://pambazuka.org/fr/category/development/92775

A Madagascar, des billets de banque n'ayant pas les mêmes formes faciales et qui circulent actuellement sur le marché national sont refusés depuis quelque temps par les gens qui les considèrent comme de "faux-billets". Un responsable de la Bcm a informé que ce type de billet "pelliculé d'un film plastique fin" existe bel et bien et remplit les conditions de sécurité habituelle, donc certifié authentique, sauf que leur papier a été renforcé pour une meilleure protection contre l'humidité et la salissure.

http://on.china.cn/1rc4nUl





Santé & VIH/SIDA

Afrique : 932 décès dus à ebola selon un nouveau bilan de l'OMS

2014-08-09

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/92756

L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola a tué 932 personnes en Afrique, selon un nouveau bilan diffusé mercredi par l'Organisation mondiale de la santé. Ce bilan établi au 4 août fait état de 45 nouveaux décès entre les 2 et 4 août ainsi que de 108 nouveaux cas recensés dans quatre pays d'Afrique de l'Ouest, la Guinée, le Liberia, la Sierra Leone et le Nigeria. Au total 1 711 cas ont été recensés dans ces quatre pays : 495 en Guinée (351 confirmés, 133 probables et 11 suspectés) dont 363 décès, 516 au Liberia (143 confirmés, 252 probables et 121 suspectés) dont 282 décès, 691 au Sierra Leone (576 confirmés, 49 probables et 66 suspectés) dont 286 décès, et 9 au Nigeria (0 confirmé, 2 probables et 7 suspectés) dont 1 décès.

http://bit.ly/1yhYpUv


Cameroun : Le bilan du choléra s'alourdit

2014-08-10

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/92785

Les régions de l'Extrême-Nord, du Nord du Cameroun et de l'Adamaoua affrontent une épidémie de choléra depuis avril 2014. Les derniers chiffres officiels font état de 74 décès sur 1598 cas signalés. La présence de réfugiés et la menace de Boko Haram dans ces régions, couplée à la saison des pluies et au manque d'eau potable, favorisent les contaminations.

http://bit.ly/1ubZZJQ


Burkina Faso : Fermeture de la chasse aux chauves-souris

2014-08-10

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/92783

Face aux menaces de propagation du virus Ebola qui a déjà fait plus de 700 décès en Afrique de l’Ouest depuis le début de l’année, le ministère de l’Environnement du Burkina a suspendu la chasse spéciale aux chauves-souris, vecteurs de la maladie à virus Ebola. La maladie à virus Ebola est causée par un virus transmis à l’homme par le biais de la chauve-souris, des rats, etc.

http://bit.ly/1oweTYf


Burundi : 118 cas de choléra recensés

2014-08-10

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/92784

Le choléra a refait surface ces derniers jours au Burundi où 118 cas ont été recensés dont une trentaine en mairie de Bujumbura, dans les quartiers Nord de la capitale Kinama, Kamenge, Buterere et Cibitoki et plus de 90 cas dans la commune de Rumonge (sud-ouest du pays). Le responsable information, éducation et communication a indiqué que les communes touchées en mairie de Bujumbura sont celles qui ont été concernées par les inondations de mars dernier. Les sanitaires ont été détruits et actuellement il est difficile de creuser les toilettes, car, à un mètre, on atteint déjà la nappe phréatique.

http://oran.ge/1sp9FjL


Global : Un mystérieux sérum sauve deux Américains infectés par le virus Ebola

2014-08-09

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/92758

Le traitement contre Ebola est-il fin prêt ? Un sérum a sauvé deux Américains, le médecin Kent Brantly et son assistante Nancy Writebol, qui avaient contractés le virus Ebola pendant une mission au Liberia. Après avoir reçu plusieurs injections, les deux « miraculés » ont montré d’étonnants signes de rémission. « Vraisemblablement sauvés », ces derniers sont aujourd’hui hospitalisés aux Etats-Unis et seraient dans un état stable. Ce mystérieux sérum, nommé « MZapp », est un anticorps développé à partir de cellules de souris infectées. Il a été conçu par la firme de biotechnologie Mapp Biopharmaceutical Inc, basée à San Diego, en Californie.

http://bit.ly/1nDIERV


Libéria : Le bilan s’alourdit, le pays instaure l’état d’urgence

2014-08-09

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/92759

Face à l'ampleur de la propagation du virus Ebola, la présidente du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf, a proclamé l'état d'urgence. Au Nigeria, où 7 cas sont désormais enregistrés, les autorités affirment tout mettre en oeuvre pour contenir la propagation, espérant ainsi reprendre le contrôle sur la situation, alors que 282 Libériens sont déjà morts de l'épidémie. A Monrovia, l'un des principaux hôpitaux est également resté fermé toute la journée après la mort de son directeur, touché par le virus. Ellen Johnson Sirleaf a notamment déclaré que l’épidémie de virus Ebola «exige des mesures extraordinaires pour la survie de l'Etat».

http://bit.ly/1ktzmwI


Sierra Leone : L’armée déployée pour faire respecter les mesures de quarantaine

2014-08-09

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/92757

Le président sierra-léonais Ernest Bai Koroma a décidé le déploiement de centaines de soldats dans les différents centres médicaux qui soignent les patients atteints du virus Ebola, situés essentiellement dans l’est du pays. Cette décision vise à «dissuader les familles et les amis de malades présumés d’Ebola de les emmener de force des hôpitaux sans accord médical, ce qui est déjà arrivé dans certaines parties du pays, y compris dans la capitale», a indiqué un conseiller du Président, pour défendre cette «mesure de protection». La mesure est radicale. Le Président Ernest Bai Koroma a décrété l’état d’urgence, le 1er août dernier, pour une période de 80 jours. Une série de mesures restrictives a été mise en place comme le placement des foyers atteints du virus Ebola en quarantaine, la protection permanente des travailleurs sanitaires par la police et l’armée ainsi que des perquisitions afin de trouver des malades présumés.

http://bit.ly/1owdTn8





Éducation

Afrique : Etudier sur le continent, combien ça coûte ?

2014-08-10

http://pambazuka.org/fr/category/education/92793

Le mois d'août est souvent synonyme de vacances. Mais pour les étudiants, il est aussi associé à la rentrée qui approche à grands pas. Quand on s'apprête à entrer pour la première fois à l'université on se pose une multitude de questions. Mais les questions financières peuvent vite prendre le pas sur les rêves et les désirs personnels des étudiants. 500 euros, 1000 euros, 2000 euros ou encore gratuits : les frais de scolarité des universités publiques font le grand écart d'un pays à l'autre sur le continent. Découvrez quel est le prix à payer pour étudier au sein des meilleurs établissements du continent.

http://bit.ly/XRs4sO





Environnement

Afrique : Sécheresse et conflits menacent de famine 14 millions de personnes à l’est

2014-08-10

http://pambazuka.org/fr/category/environment/92789

La sécheresse et les multiples conflits qui secouent l'Afrique de l'Est menacent 14 millions de personnes de famine, trois ans après une sécheresse dévastatrice dans la région. "La situation est très préoccupante", a déclaré Matthew Conway, le porte-parole pour le Bureau de coordination des affaires humanitaires en Afrique de l'Est. Les conditions sont toutefois encore loin de celles de la famine de 2011 durant laquelle plus de 250 000 personnes étaient mortes en Somalie, dont la moitié étaient des enfants. Douze millions de personnes issues de quatre nations avaient alors été frappées par l'une des pires sècheresses connues depuis 60 ans.

http://bit.ly/1rc4JdL





Conflits & urgences

Afrique : L'Algérie n'interviendra pas en Libye

2014-08-09

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/92780

L'Algérie exclut d'intervenir militairement en Libye voisine pour aider à rétablir l'ordre alors que les combats entre milices rivales y font rage dans un climat de profondes divergences politiques, a assuré le Premier ministre Abdelmalek Sellal. La question d'une intervention de l'armée algérienne en Libye ou en Tunisie, également en proie à des violences, est souvent évoquée par des journaux locaux, mais M. Sellal a souligné que la Constitution "interdit à nos troupes de traverser les frontières".

http://bit.ly/1oA0XYg


Djibouti : Le peuple Djiboutien est en train de triompher contre la tyrannie de Guelleh

2014-08-09

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/92766

A Washington, ce sont près de 2308 Djiboutiens, Ethiopiens et Somaliens qui sont venus manifester en solidarité avec le peuple de Djibouti qui ont tous réclamé la fin de la dictature à Djibouti et le départ immédiat de M. Guelleh, l’orchestre central des crimes de guerre, génocide et crimes contre l’humanité.

http://bit.ly/1ubZyPH


Libye : Les 7 erreurs qu'il ne fallait pas commettre

2014-08-10

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/92790

Les incessants accrochages entre milices libyennes se sont transformés en une véritable guerre opposant les islamistes aux combattants de Khalifa Haftar. Il faut dire que, depuis la révolution, rien ne s'est passé comme il aurait fallu. Minée par de violents combats entre les groupes armés islamistes et leurs opposants, la Libye sombre dans la guerre civile. Près de trois ans après l'euphorie de la victoire contre le régime de Mouammar Kadhafi, les anciens révolutionnaires n'ont jamais lâché leurs armes, bien au contraire. De ce chaos ont jailli une coalition politique islamiste radicale et des groupes jihadistes qui affrontent les troupes du général à la retraite Khalifa Haftar. Retour sur les raisons d'un fiasco.

http://bit.ly/X9Jl0g


Mali : Iyad Ag Ghali, le leader d'Ansar Dine, réapparaît et menace la France

2014-08-09

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/92776

Après des mois de silence, Iyad Ag Ghali refait surface. Pour la première fois, il s'exprime dans une vidéo mise en ligne les réseaux jihadistes. Le leader du groupe jihadiste Ansar Dine, à l'origine de l'attaque de Konna, dans le nord du Mali, qui avait provoqué l'intervention Serval en janvier, 2013 y pointe son ennemi : l'Etat français. Détail important, le combattant ne fait aucune référence à Aqmi (al-Qaïda au Maghreb islamique). Seul compte son groupe, pourtant en sommeil depuis l'intervention Serval.

http://rfi.my/VbyXmK


Mozambique : Signature d’un accord de paix entre le gouvernement et la Renamo

2014-08-09

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/92755

Un accord a été trouvé la semaine dernière pour mettre un terme aux hostilités entre le gouvernement mozambicain et l’ex-guérilla de la Renamo. Le texte doit encore être validé par le gouvernement et le leader de la Renamo, Afonso Dhlakama, actuellement en cache dans le province de Gorogonsa, dans le centre du pays, depuis octobre 2013. Les négociations ont nécessité une durée de 19 mois et 69 séances pour parvenir à cet accord. Le gouvernement a dû faire preuve de patience dans la mesure où l’ancienne guérilla anti-marxiste de la Résistance nationale mozambicaine est devenue le principal parti d’opposition.

http://bit.ly/1ktzg8q


Sénégal : Boko Haram menace de frapper Dakar lors du sommet de la Francophonie

2014-08-10

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/92792

Le mouvement terroriste Boko Haram a, à travers l’un de ses nombreux sites de propagande, proféré des menaces contre le sommet de la Francophonie qui se tiendra à Dakar. Dans un message laconique, ces terroristes disent décider à combattre les mécréants qui souillent la terre des musulmans. Cette information est à prendre au sérieux car un des combattants de Ansar Dine au Mali, Ahmed Oul Amara, tué par les soldats français dans une attaque, avait déclaré que son mouvement dispose d’hommes dans toutes les capitales de la Cedeao. S’il est vrai que les mouvements terroristes de l’Afrique de l’Ouest s’imbriquent et luttent pour les mêmes raisons, les risquent seraient réels. Les autorités françaises, sénégalaises sont donc averties.

http://bit.ly/1vrHumc


Soudan du Sud : Des milliers d'enfants tués ou enlevés pour combattre

2014-08-10

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/92796

Des milliers d'enfants ont été délibérément pris pour cible et tués ou enlevés pour devenir des combattants dans le conflit qui ensanglante depuis près de huit mois le Soudan du Sud, ont expliqué vendredi 8 août des experts de l'Union africaine. Plus de 900 enfants ont été enlevés dans l'état de Jonglei (est), en proie aux combats et des cas de viols de garçons et de filles ont été confirmés. Dans la ville de Bor (est), les corps de 490 enfants ont été découverts dans des fosses communes après des affrontements.

http://bit.ly/1oRe2B2


Soudan du Sud : L’ONU brandit la menace de sanctions

2014-08-10

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/92795

Le Conseil de sécurité de l’Onu a brandi vendredi 8 août la menace de «sanctions ciblées» contre les parties au conflit au Soudan du Sud qui s’obstinent à ne pas respecter les accords conclus. Dans une déclaration unanime, les 15 pays membres du Conseil «exhortent le président Salva Kiir, l’ancien vice-président Riek Machar, et toutes les parties à mettre en oeuvre de toute urgence l’accord de règlement» du 9 mai dernier. Ils «se déclarent prêts à examiner», en concertation avec l’Igad et l’Union africaine, «toutes les mesures, y compris les sanctions ciblées, qu’il faudrait prendre contre ceux dont les agissements menacent la paix, la stabilité et la sécurité au Soudan du Sud, notamment ceux qui font obstacle à l’application des accords en vigueur».

http://bit.ly/1oRdYRK


Tchad : Bras de fer et boules puantes au ministère de la Justice

2014-08-10

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/92797

Le ministre tchadien de la Justice est sous le feu des critiques d'une partie du corps judiciaire qui réclame son départ. Selon son entourage, Me Bechir Madet est victime d'une cabale d'un lobby qui ne supporte pas sa croisade contre la corruption. Les deux syndicats tchadiens de la magistrature, aphones depuis plusieurs mois, sont devenus audibles depuis le 25 juillet. Outrés par ce qu'ils considèrent, venant du ministre de la Justice, Me Bechir Madet, comme une insulte à leur profession, ils ont publié un communiqué demandant le départ du Garde des sceaux, qui se serait rendu coupable "de déclarations sans fondements à l'endroit des magistrats dans les médias", de "dérapages" et "d'ingérences dans les affaires judiciaires". En cause : des sorties du ministre dans la presse contre l’incompétence voire la corruption de certains magistrats. Dans l'entourage du ministre, ces accusations font sourire. On indique que la subite agitation des magistrats est mue par la volonté d'étouffer la publication prochaine d’un rapport de contrôle du ministère de la Moralisation qui mettrait en cause plusieurs responsables du syndicat.

http://bit.ly/1lLbJuW





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