Abonner!

Abonner gratuitement!



DONNEZ!

Pambazuka Press

La verite cover La vérité aux puissants
Une sélection de cartes postales panafricaines

Tajudeen Abdul-Raheem

La mort prématurée du Dr Tajudeen Abdul-Raheem, le jour de la commémoration de la Libération de l'Afrique 2009, a frappé de stupeur le monde panafricain. Cette sélection de cartes postales panafricaines montre quel brillant orfèvre des mots il fut.

Visiter Pambazuka Press

PUBLIÉ PAR FAHAMU

FahamuPambazuka News (Pambazuka signifie levez-vous ou réveillez-vous en Kiswahili) est un outil pour le changement social progressif en Afrique. Pambazuka News est produit par Fahamu, une organisation qui utilise les technologies de la communication et de l’information pour couvrir les besoins des organismes et des mouvements sociaux qui aspirent à un changement social progressif.

Surveillance de l’UA

Ce site a été établi par Fahamu dans le but de réguliérement fournir des informations sur ce qui se passe au sein de l’Union Africaine. Dans l’immédiat, nous téléchargerons réguliérement des informations depuis le sommet de Khartoum à partir du 26 janvier 2006.
Visitez le site de Surveillance de l'Union

Pambazuka Press

Food Rebellions! Food Rebellions! Crisis and the hunger for justice Eric Holt-Giménez & Raj Patel.

Food Rebellions! takes a deep look at the world food crisis and its impact on the global South and under-served communities in the industrial North. While most governments and multilateral organisations offer short-term solutions based on proximate causes, authors Eric Holt-Giménez and Raj Patel unpack the planet's environmentally and economically vulnerable food systems to reveal the root causes of the crisis.

Visit Pambazuka Press

DONNEZ POUR QUE SURVIVE PAMBAZUKA !

Aidez les abonnés africains à recevoir Pambazuka News gratuitement : chaque $5.00 assurent un abonnement d’un an, alors donnez généreusement pour faire en sorte que le meilleur bulletin sur la justice sociale d’Afrique parvienne là ou l’on en a besoin.

Archives

Pambazuka News 269 : Mali : Les fausses perceptions de la «gauche anti-guerre»

Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.

Maintenez Pambazuka libre et indépendant ! Rejoignez maintenant les Amis de Pambazuka

http://www.pambazuka.org/fr/friends.php

Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Plaidoyers & campagnes, 4. Femmes & genre, 5. Droits humains, 6. Réfugiés & migration forcée, 7. Elections & gouvernance, 8. Développement, 9. Éducation, 10. Environnement, 11. Justice Alimentaire, 12. Média & liberté d'expression, 13. Conflits & urgences, 14. Internet & technologie, 15. Cours, séminaires, & ateliers




Sommaire de cette édition

CHRONIQUE : L’intervention Française au Mali et les critiques contre Samir Amine de la « Gauche anti guerre » des pays occidentaux
ANALYSES : La dette à l’égard de Haïti : Réfutation
CAMPAGNES & PLAIDOYERS : Déclaration d'intellectuels et chercheurs sur la destruction des manuscrits de Tombouctou
FEMMES ET GENRE : Maroc : Les mouvements féministes protestent contre le mariage des mineures.
DROITS HUMAINS : Afrique : Mobilisation contre l’excision.
REFUGIES ET MIGRATION FORCEE : Afrique : 18 burkinabé expulsés de Guinée Equatoriale.
ELECTIONS ET GOUVERNANCE : Algérie : Un scrutin décrédibilisé et entaché de fraude.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Les africains paient cher les envois d’argent.
EDUCATION : Gabon : Grève illimitée dans l’enseignement supérieur pour les salaires.
ENVIRONNEMENT : Afrique du sud : Un pêcheur condamné à un an de prison pour meurtre d’un requin blanc.
JUSTICE ALIMENTAIRE : Afrique : Les négligences qui minent le secteur agricole.
MEDIAS ET LIBERTE D’EXPRESSION : Somalie : RSF envoie une lettre ouverte au Premier ministre.
CONFLITS ET URGENCE : Global : Comment la France a payé Aqmi pour libérer ses otages.
INTERNET ET TECHNOLOGIE : Niger : Le pays pourrait être coupé du reste du monde.




Chroniques

L’intervention française au Mali et les critiques contre Samir Amine de la « Gauche anti guerre » des pays occidentaux

Ibrahima Sène

2013-02-14

http://pambazuka.net/fr/category/features/86223

L’intervention militaire de la France est salutaire pour le Mali, la sous région et les intérêts énergétiques de la France au Niger. Elle l’a grandie énormément chez les progressistes africains, mais cela n’enlève en rien de la nature capitaliste et impérialiste de ce pays, même si la « France Afrique » a pris un sacré coup avec l’ « Opération Serval ».

Depuis que le professeur Samir Amine a publié, en janvier 2013, un texte sur le «Mali», des voix se font de plus en plus entendre, en Occident, pour tenter de démontrer son prétendu « renoncement » à ses positions « anti guerres de gauche », et son alignement derrière la « politique néocoloniale » que la France, sous Hollande, serait entrain de mettre en œuvre au Mali, pour y sauver les intérêts de ses entreprises capitalistes et restaurer le pouvoir de sa nébuleuse « France Afrique » dans ce pays !

Parmi celles-ci, l’on peut citer, sans être exhaustif, les réactions de Paul Martial dans son texte, intitulé « Sur le soutien de Samir Amine à l’intervention militaire de la France au Mali » (30 janvier 2013), et celles de « Communauté : les anti - capitalistes », dans leur texte intitulé « Ex-gauche anti guerre en Occident et gauche anti impérialiste au Sud », signé par Bruno Drweski et Jean Pierre Page.

A la lumière de ces critiques, l’on peut se rendre compte que la crise au Mali a montré de façon stupéfiante, à quel degré d’aveuglement idéologique une frange de la gauche peut elle être encore atteinte, alors que l’on espérait qu’on s’en était guéri définitivement, après la chute de la « muraille de Chine », suivie de celle du « mur de Berlin » et de l’effondrement du camp socialiste en Europe de l’Est. Mais rien n’y fait. Elle continue d’analyser les crises, partout dans le monde, du point de vue des visées impérialistes, sans tenir compte des rapports de forces et des enjeux de pouvoirs que comportent ces crises dans les pays concernés par ces visées.

C’est ainsi que ce qui se passait dans les pays de l’Est ne les intéressait pas. Ils ne voyaient dans les problèmes connus dans ces pays que de la subversion impérialiste. Ce sont ces mêmes œillères idéologiques qui sont aujourd’hui portées pour analyser la crise au Mali et l’intervention militaire française dans ce pays, pour n’y voir que la continuation, par le gouvernement socialiste de François Hollande, de la politique néocoloniale française dans ce pays. Pourtant, une simple analyse de la chronologie du déroulement des évènements au Mali, qui ont occasionné cette intervention, aurait pu les aider à faire une lecture plus conforme à l’idéal de gauche dont ils se réclament.

CHRONOLOGIE DES EVENEMENTS

- 24 janvier 2012 : massacre, à Aguel Hok, de 80 soldats maliens, prisonniers de guerre suite au déclenchement d’une rébellion armée au Nord Mali par le Mouvement de Libération Nationale de l’Azawad (Mnla).
- Février : débandade de l’Armée malienne abandonnant le nord du Mali au Mnla, devenu allié de Ansar Dine pour préparer l’indépendance de l’Azawad et manifestations populaires à Bamako et à Ségou, des familles des militaires et des jeunes pour dénoncer l’impuissance du chef de l’Etat, voire sa complicité même.

- 26 février, soit un mois après le déclenchement de la rébellion, voyage de Alain Jupé, ministre français des Affaires étrangères sous Sarkozy, à Bamako, pour convaincre le chef d’Etat malien de ne pas organiser une riposte militaire pour libérer le Nord, mais de privilégier un « dialogue inclusif » pour résoudre la crise par des négociations, tout en gardant le cap sur les préparatifs pour la tenue des élections présidentielles à date échue.

Ainsi, l’agression contre le Mali, la remise en cause de son intégrité territoriale par le Mnla considéré comme mouvement laïc, allié à Ansar Dine, considéré comme « islamistes modérés » et à des jihadistes étrangers (Aqmi et Mujao), ainsi que les traitements inhumains et dégradants qu’ils infligeaient aux populations locales non acquises à leur cause, n’avaient suscité ni en France ni au niveau de la Cedeao, la nécessité d’une intervention militaire au Mali, ou d’une désapprobation quelconque des Usa, et ou des organisations de gauche, en Occident, à plus forte raison, celle des organisations de défense des droits humains.

Donc, rien que ce rappel devrait suffire pour convaincre notre « gauche anti guerre » que ni les intérêts néocoloniaux de la France, ni ceux impérialistes des Etats Unis n’étaient en cause dans cette crise au Mali. A moins de nous faire croire que la France sous Sarkozy n’était plus néocoloniale et les Usa avaient cessé d’être impérialistes !

Ce qui a fait changer d’attitude ces puissances impérialistes dans cette crise au Mali, est venu un mois après la visite de Jupé, et deux mois après le déclenchement de la rébellion.

En effet, le 21 mars, un groupe de jeunes soldats, autour du capitaine Sanogo, renversait le gouvernement du président Amadou Toumani Touré (ATT) et mettait en place un « Comité national » pour redresser l’armée malienne en déconfiture avancée, en vue de la restauration de l’intégrité territoriale du pays, et créer les conditions d’élections libres, démocratiques et transparentes. Les « gardes rouges » du chef de l’Etat déchu, tous formés aux Usa, au même titre que le Capitaine Sanogo, incapables de s’opposer aux putschistes pour restaurer le pouvoir du Président ATT, n’ont trouvé rien d’autre que de rejoindre, pour une bonne partie, les rangs de la rébellion avec armes et bagages, et pour d’autres, lourdement armés, de se retrancher dans un camp militaire près de Bamako, dans l’espoir de restaurer le pouvoir de leur mentor, sous la pression conjuguée, sur les putschistes, de la France, des Usa et de la Cedeao.

La condamnation internationale des putschistes n’a pas tardé, pour avoir osé interrompre le processus électoral qui était en phase finale, pour créer les conditions de libération du Nord de leur pays et mettre fin aux exactions que subissent leurs populations. C’est dans ce but que la Cedeao prit immédiatement des mesures de sanction contre la junte, et décrétait l’embargo contre le Mali, tandis que la France et les USA interrompaient leur coopération militaire, et exigeaient le départ de la junte et la reprise du processus électoral, avant de s’occuper de la crise au Nord Mali. Cette attitude hostile à la junte, fut perçue par la rébellion comme un encouragement à aller plus loin.

C’est ainsi qu’elle proclama immédiatement l’indépendance de l’Azawad. Les touaregs du Mnla et de Ansar Dine, qui ont proclamé l’indépendance de l’Azawad, ne sont pourtant pas représentatifs du peuple touareg qui, lui-même, avec les Arabes et les Bellahs, ne font que 11,6% de la population du Nord Mali qu’ils ont dénommé Azawad. C’est donc une minorité, au nom d’une minorité ethnique, qui s’adjuge le droit de gouverner les peuples du Nord Mali, en remettant aussi en cause le processus électoral, au même titre que les putschistes l’ont fait. Mais aucune sanction contre cette rébellion n’a été prise, alors que tous les efforts ont été entrepris pour empêcher les putschistes de matérialiser leur ambition de libérer le Nord de leur pays. C’est dans ce cadre que la Cedeao avait fait bloquer les armes, pourtant commandées par l’ancien régime, aux ports d’Accra et d’Abidjan.

La libération du Nord Mali et la lutte contre les Jihadistes étaient donc le cadet de leur souci. Ce qui comptait à leurs yeux, c’était de bouter hors du pouvoir les putschistes, pour permettre à leurs hommes liges de revenir au pouvoir à travers des élections qui excluent une partie des citoyens maliens du Nord, laissés sous le contrôle de la rébellion. Ce serait une partition de facto du Mali, entre le sud, où le président élu n’aura aucune légitimité électorale sur un nord, où une nouvelle République est proclamée, dont les populations, exclues des élections, ne peuvent plus être considérées comme des Maliens.

La résistance de la junte contre ce projet de légitimation électorale de la partition du Mali lui conférait un caractère de libération nationale, qui méritait le soutien de la gauche et de tous les démocrates du monde. Mais cette aspiration à la défense de la souveraineté du peuple malien et de l’intégrité de son territoire, était passée inaperçue, du fait que tous les « prophètes en flatteries », qui savent si bien prendre demeure dans les cabinets présidentiels et les chancelleries, et tous les spécialistes français de l'Afrique qui occupent les médias jusqu'à l'assourdissement de masse entretenue par la presse internationale, tous vantaient les mérites du régime ATT comme modèle à suivre. Ils n’ont jamais voulu voir que dans son fond, ce régime n'était qu'un système qui vidait l'État, la République et la démocratie de leur substance éthique, et que le processus électoral pour lequel les grandes puissances et la Cedeao justifient leur hostilité à la junte s’est depuis longtemps discrédité aux yeux des populations, dont l’énormité du taux d’abstention aux élections illustrait cette défiance.

L’attitude au sein de la Cedeao, hostile à la junte au Mali, était incompréhensible par rapport à celle qu’elle affichait face à la junte en Guinée Bissau. En effet, elle avait accepté que la junte de Bissau participe à la transition dans ce pays, pendant qu’elle en exclut totalement la junte malienne ! Cette attitude de « deux poids et deux mesures » ne heurtait pas les républicains et démocrates d’Afrique et du monde, à plus forte raison, la « gauche anti guerre » d’Occident ! Cette attitude de la Cedeao ne peut se comprendre que si l’on considère les enjeux géostratégiques de la crise au Mali.

LES ENJEUX GEOSTRATEGIQUES DE LA CRISE AU MALI

POUR LES USA
Le Nord Mali fait partie du projet du « Grand Orient « des Usa, qui vise à déconnecter l’Afrique du Nord du reste du continent pour la rattacher au Moyen Orient afin d’en faire une même zone géostratégique qui inclue l’Algérie, l’Égypte, l’Iran, l’l'Irak, la Jordanie, le Liban, la Libye, le Maroc, la syrienne, la Tunisie, le Yémen. Le succès de la mise en œuvre de ce projet peut se mesurer par le fait que jusqu’ici, au Moyen Orient, les Usa sont parvenus à substituer la lutte entre « islamistes modérés » que représenterait la Turquie, et « islamistes radicaux » que représenterait l’Iran, à la lutte « pan arabe contre l’impérialisme ». C’est cette substitution qui met les Usa, peu à peu, du côté des « modérés » contre les « radicaux » et les présentent comme un « allié des bons contre les méchants », et la France, y cherche sa place selon les circonstances.

COMMENT LA FRANCE A TENTE DE S’AJUSTER ?
Chirac a refusé de participer à la guerre d’Irak pour tenter, en vain, de mettre en échec ce projet qui voyait en ce pays le premier verrou à faire sauter. Cette attitude de Chirac, dans la pure « tradition d’indépendance gaulliste » vis-à-vis de la géostratégie étasunienne, avait fortement grandi la France aux yeux de la gauche et de l’opinion publique internationale, sans pour autant en faire un pays anti impérialiste. En effet, il s’est abstenu de soutenir militairement le régime de Sadam Hussein, et une fois la guerre déclenchée, il s’est abstenu de le faire diplomatiquement au sein de l’ONU pour exiger la fin de ce qui était perçu comme une agression américaine contre le peuple Irakien. C’est un tel engagement, qu’il n’a pas pris, qui lui aurait donné le « statut d’anti impérialiste » dans cette sale guerre.

De même, Sarkozy avait essayé, dans un premier temps, d’incarner cette tradition en proposant, pour contrer ce projet US, la création de l’ « Union des peuples de la Méditerranée » (Upm), y compris Israël, malgré les réticences de l’Europe et l’hostilité de l’Allemagne. Mais son projet, à cause d’Israël, se heurtait à l’hostilité de la Lybie et aux réticences de l’Algérie alors qu’il bénéficiait du soutien inconditionnel de Ben Ali de Tunisie. C’est la chute de Ben Ali, emporté par le « printemps arabe » sous les applaudissements des Usa, qui a sonné le glas à son projet, et l’a obligé de succomber aux « forces pro – atlantistes de la Droite Française », pour s’aligner sur celui des Usa après leur soutien sans faille dans la crise en Côte d’Ivoire.

Sarkozy se convertit ainsi au projet du « Grand Orient » des Usa, et faisait tout pour ne pas être derrière la Grande Bretagne dans cette alliance stratégique au sein de laquelle la France, depuis Chirac, avait trainé les pieds. D’où son engagement en première ligne dès qu’il a compris que la Lybie, qu’il a tant courtisée dans son projet de l’Upm, était le prochain verrou à faire sauter dans le cadre de la mise en œuvre du projet US du « Grand Orient ».

Dans le cadre de ce projet, la France voyait dans le Mnla, au Mali, un allié majeur pour défendre ses intérêts, non pas ce pays, mais au Niger avec l’uranium, tandis que les Usa tablaient sur des « islamistes modérés », comme en Tunisie et en Egypte, pour y matérialiser son option stratégique. Ce sont les touaregs, laïcs du Mnla et les « islamistes modérés» d’Ansar Dine, lourdement armés en Lybie, qui, sous la pression de la France et des Usa, ont été autorisés par ATT à rentrer au Mali avec armes et bagages. Ce qui était donc en cours au Mali, ce n’était nullement un projet de recolonisation de ce pays par la France sous l’œil bienveillant des Usa, mais bien le projet US du « Grand Orient » en collaboration avec la France sous Sarkozy.

La gauche devrait donc intégrer sérieusement ce projet dans ses analyses sur les crises au Moyen Orient et en Afrique du Nord. Car, quand on ignore ce projet, l’on ne comprend ni celui de Sarkozy de promouvoir l’Upm, encore moins l’évolution de la position française impulsée par Hollande sur le dossier malien.
La Banque mondiale, de son côté, l’a déjà intégré dans sa politique envers l’Afrique et le Moyen Orient, en créant une sous région appelée « Midle Est/North Africa » ou (Mena). Et pour montrer que ce projet est au cœur de la géostratégie des Usa dans cette partie du monde, l’Etat américain a créé au sein de son National Security Council une direction dénommée Direction of Near East and North Africa Affairs », sous la responsabilité de Bruce Riedel, qui est un conseiller, en politique étrangère, du président Barack Obama. Il n’y a, ni en France ni ailleurs chez les puissances occidentales, l’équivalent d’une telle institution de cette importance, à un si haut niveau de l’Etat. Ce projet, au plan militaire, a donné naissance à Africom qui est distinct de l’Otan, pour mieux orienter ses interventions militaires en conformité avec les objectifs du « Grand Orient ».

C’est ainsi que l’Otan cible l’Afrique du Nord et le Moyen Orient, d’où son implication directement en Lybie et en Syrie par le biais de la Turquie, alors qu’Africom n’est destiné que pour le reste du continent africain, afin de « protéger l’accès aux hydrocarbures et autres ressources stratégiques abondantes en Afrique, à protéger la vulnérabilité de ces richesses naturelles, et s’assurer qu’aucune tierce partie comme la Chine, l’Inde, le Japon, ou la Russie n’obtiennent des monopôles ou des traitements de faveur », comme le disait en 2007, un conseiller du Département d’Etat étasunien, Dr J. Peter phamen. (Nile Bowie, Covert Ops in Nigeria : Fertile Ground for Us Sponsored Balkanization, Global Research, 11 avril 2011).

Même au plan économique, ce sont les Usa qui ont les plus gros intérêts au Mali, suivis par la Chine et le Japon, et contrairement à l’opinion ambiante, la France n’est que le quatrième partenaire du Mali. Tant au niveau des importations de ce pays qu’au niveau de ses exportations. C’est ainsi que pour les importations en 2011, avant la crise le premier fournisseur du Mali est les Usa avec 2236 millions de dollars Us, suivis de la Chine avec 1734 millions de dollars Us, du Japon, avec 808 millions de dollars Us. La France pointe loin en quatrième position, avec 689 millions de dollars Us.

De même, le premier destinataire des exportations du Mali est la Chine, avec 1904 millions de dollars, suivie des Usa avec 1497 millions de dollars, du Japon, avec 788 millions de dollars et la France pointe encore loin en quatrième position avec 587 millions de dollars. Donc, croire un seul instant que la France a plus d’intérêts économiques à défendre au Mali que les Usa ou la Chine, qui auraient motivé sa politique vers ce pays, ne repose sur aucun fait, mais relève plutôt d’une vision désincarnée de la politique néocoloniale de la France en Afrique.

POURQUOI LE MALI DANS CE PROJET US ?

Depuis la chute de Khadafi, l’Algérie savait qu’elle était le verrou suivant à faire sauter dans la mise en œuvre de ce projet Us. Elle a usé de tous ses moyens pour résister aux conséquences du « printemps arabe » alors que l’Egypte, qui ne s’y était pas préparée du fait qu’elle n’était pas considérée par les Us comme un verrou pour ce projet, y a succombé. Donc, c’est par l’Azawad qu’il faillait arriver à faire sauter le verrou algérien. Or, l’Algérie avait toujours cherché à isoler le Mnla et, et par la suite Ansar Dine, de ce projet de déstabilisation de son pays, en jouant le rôle de facilitateur pour les réconcilier avec le pouvoir de Bamako dans le but de préserver l’intégrité territoriale de ce pays et éviter l’avènement du « Etat Touareg » à ses frontières. C’était sa stratégie pour isoler Aqmi et le Mujao pour mieux les combattre, et préserver l’intégrité de son propre territoire. C’est ce que certaines analyses superficielles présentaient comme une « un double jeu » algérien dans la crise au Nord Mali.

La position de la France par rapport au projet Us de faire sauter le verrou algérien était ambivalente, du fait que ce pays est le premier partenaire commercial de la France en Afrique et le troisième débouché pour les exportations françaises hors Ocde, de même qu’il joue , au plan politique, un rôle stratégique visant à isoler Aqmi et le Mujao pour mieux les combattre ; ce qui mettrait fin à leur menace sur ses intérêts et sur ses citoyens au Niger .

L’importance stratégique du Mali dans le projet Us se vérifie en jetant un coup d’œil sur sa position géographique. En effet, l’on y découvre que ce pays à des frontières à l’Ouest avec la Mauritanie de 2 237 km, au Nord avec l’ Algérie de 1 376 km, au Nord Est, avec le Burkina Faso de 1 000 km, avec le Niger de 821 km, au Sud, avec la Guinée de 858 km, la Côte d'Ivoire de 532 km et le Sénégal de 419 km.

La rébellion des Touaregs, lourdement armés et venus de Lybie pour constituer un Etat indépendant au Nord du Mali, était donc la voie royale pour couper l’Afrique du Nord du reste du continent, et faire sauter le verrou algérien.

Le coup d’Etat du capitaine Sanogo, le 21 mars, remettait en cause ce processus qui déstabilisait le Mali et favorisait l’irrédentisme au Nord. C’est la raison pour laquelle les Usa, la France et leurs hommes liges qui sont aux commandes de la Cedeao, se sont mis en branle bas de combat pour chasser ce fauteur de trouble impénitent, qualifié d’ « aventurier sans projet », tout en sachant que l’acte de ce « petit soldat » qui contrecarre leur projet est aussi un projet alternatif en mesure de mobiliser, contre eux, les patriotes, républicains, démocrates et les anti impérialistes. Non seulement au Mali, mais aussi dans la sous région, en Afrique, et dans le monde entier. Même après l’acceptation du capitaine Sanogo de la désignation du président de l’Assemblée nationale comme président de transition, pour être en conformité avec la Constitution, la France, les Usa et la Cedeao s’appuyaient sur les anti-putschistes pour maintenir un climat de déstabilisation du Mali, tout en l’empêchant de s’armer pour faire face à la rébellion, afin de créer les conditions de son départ du pouvoir.

Il n’y avait donc pas d’absence, ni de vacance du pouvoir constitutionnel, mais c’est la place que ces militaires putschistes occupaient dans ce pouvoir, avec leur projet alternatif de libération du nord de leur pays, à la place de la tenue d’élection qui exclut une partie de leur peuple vivant au Nord du pays, que la France, les Usa et la Cedeao appuyés par les anti putschistes, ne voulaient pas, et faisaient tout pour les chasser, quitte à envoyer des troupes de la sous région pour leur faire la guerre !

C’est cette guerre - là qui serait néocoloniale et impérialiste. Et le président du Sénégal nouvellement élu, Macky Sall, refusait d’y participer et proposait comme alternative l’envoi, auprès de l’armée malienne, d’un appui en formation et en équipement pour l’aider à libérer le Nord de son pays et restaurer l’intégrité de leur territoire et la souveraineté de leur peuple. Mais curieusement, aucune voix de la « gauche anti guerre » n’a été audible sur cette question durant la période. Au contraire, ce silence indiquait qu’elle a été aussi victime de la propagande officielle relayée par les médias internationaux, sur l’impératif de tenir, d’abord, de nouvelles élections, et ensuite, d’amener le nouveau pouvoir à négocier avec la rébellion. La guerre qui se préparait donc n’était pas dirigée contre la rébellion avec laquelle il fallait négocier, mais contre l’armée malienne dirigée par le capitaine Sanogo qui refuse de légitimer, par la voie des urnes, le projet de partition de son pays.

C’est ce que vient de reconnaître, honteusement, le président sortant de l’Union africaine (Ua), Thomas Yayi Boni, en répondant à la question suivante du journaliste François Clément dans le « Journal du Dimanche » du vendredi 8 février 2013 : « Pourquoi avez-vous mis tant de temps entre mars 2012 et janvier 2013 pour réagir à la mainmise des « jihadistes » sur le Nord Sahel? »

Réponse : « C’est vrai que nous avons perdu du temps. Mais nous avons cru un moment à la bonne foi de ceux qu’on présentait alors comme des rebelles et que la situation était très confuse entre toutes ces bandes armées que sont Aqmi, Le Mujao, Ansar Dine et le Mnla. C’est ce dernier groupe qui a tout de même décidé de proclamer l’indépendance de la République de l’Azawad au Mali. On pensait qu’il y avait une possibilité de dialogue et un retour possible à la démocratie après le putsch du capitaine Sanogo. Finalement, les faits nous ont donné tort, puisque une fois installés ces terroristes ont déclaré la guerre au monde entier. Après quoi, nous avons perdu du temps également pour faire adopter une résolution aux Nations unies du fait de nos divisions entre Africains, mais aussi des divisions qui traversaient la communauté internationale toute entière. Heureusement que la France est intervenue pour faire cavalier seul et stopper les terroristes qui menaçaient de prendre Mopti puis Bamako. Nous devons en tirer les leçons pour nous réorganiser et devenir plus responsables dans la gestion des crises qui affectent notre continent. »

Même dans cet aveu, il a évité de préciser qui a abusé de leur bonne foi en leur présentant la rébellion comme des gens avec qui il était possible de « dialoguer », même en reconnaissant que c’est le Mnla qui a « décidé de proclamer l’indépendance de la République de l’Azawad ». Il reconnaît aussi, qu’ils ont perdu du temps, même après que les « terroristes une fois installés ont déclaré la guerre au monde entier », en évoquant vaguement, pour se justifier, les « divisions entre africains mais aussi des divisions au sein de la communauté internationale » pour faire adopter une résolution à l’ONU, sans préciser les motifs de ces « divisions ».

Il est cependant indéniable que le Sénégal ne voulait pas envoyer des forces combattantes dans le cadre de la Cedeao pour déloger les putschistes, sous prétexte de « restauration de l’ordre républicain », que l’avènement de Madame Zuma à la tête de la Commission de l’Union Africaine, posait des problèmes de pilotage politique de la crise au Mali avec la Cedeao. Mais aussi, le refus de la Chine et de la Russie d’avaliser par le Conseil de Sécurité des Nations Unies, d’envoyer des troupes africaines pour déloger les putschistes, empêchait toute perspective d’actions internationales dans ce sens.

C’est à cet enlisement que Hollande avait décidé de mettre fin, en faisant évoluer la position de la France sur ce dossier, pour proposer de privilégier la libération du Nord Mali sur la reprise du processus électoral, qui passe immanquablement par la chasse des putschistes. Ce revirement de la France, qui conforte les positions des putschistes et du Sénégal, avait pris de court les Usa, la Cedeao et le Président de l’Ua, Thomas Yayi Boni, et les anti putschistes maliens, et rejoignait les positions de la Chine et de la Russie au Conseil de Sécurité, sur le dossier malien.

Hollande prenait donc l’exacte mesure des menaces que cet enlisement faisait courir à la France, sur la sécurité de son approvisionnement en uranium du Niger, et sur la sécurité de ses ressortissants dans ce pays qui ont déjà fait l’objet d’enlèvement par ces groupes terroristes. En effet, au Niger se trouve au cœur de l’Aïr, à Arlit, la mine d’uranium souterraine la plus vaste du monde qui produit 3.000 tonnes de minerai chaque année et dont la capacité sera doublée à partir de 2014. Le Niger est donc un pays éminemment stratégique pour Areva, dont le capital est public à 87%, qui y tire plus du tiers de sa production mondiale (35%). Cette exploitation est indispensable à ce numéro un mondial du nucléaire, pour un pays qui n’a pas d’uranium dans son sol, et à « Electricité De France » (EDF), dont cet uranium alimente plus du tiers de ses centrales nucléaires qui fournissent plus de 70% de l’électricité dans ce pays. Cette exploitation est aussi hautement rentable pour Areva, qui ne verse qu’environ 100 millions d’Euros par an au Niger, contre d’énormes bénéfices, qui, en 2010, atteignaient 883 millions d’euros !

Donc, supposer que la France, premier exportateur d’énergie nucléaire au monde sans avoir d’uranium sur son sol, pouvait laisser pourrir d’avantage la situation au Nord Mali, sans perspectives de solution rapide, serait un aveuglement difficilement qualifiable. Le revirement de la position de Hollande est donc plutôt dictée par les menaces qui pèsent sur les intérêts des entreprises françaises et des ménages français sur leur fourniture en électricité en France même, que sur les intérêts de sa cinquantaine d’entreprises au Mali, qui ont moins à perdre dans ce pays, que les entreprises américaines, chinoises ou japonaises !

Mais ce revirement de la France, auquel s’opposaient fortement les Usa, n’a pu produire au Conseil de Sécurité des Nations unies, qu’un compromis boiteux qui autorise l’action militaire pour aider l’armée malienne à libérer le nord Mali par l’envoi d’une force africaine au Mali, mais aussi l’organisation d’élections pour restaurer l’ordre constitutionnel. Ce compromis concédé par la France aux Usa, qui fixait un calendrier précis pour les élections, et n’en fixait aucun pour l’intervention militaire, était alors perçu par la rébellion, comme un nouvel encouragement à consolider ses acquis sur le terrain pour descendre sur Bamako, ou pour pouvoir négocier en position de force plus avantageuse.

Le Mali retournait ainsi à la situation qui avait motivé le putsch du 21 mars 2012 ; ce qui avait occasionné une nouvelle tension entre le président intérimaire qui acceptait ce compromis bancal et la junte qui la rejetait fermement. L’ombre d’un nouveau coup d’Etait assombrissait le ciel malien, pendant que la rébellion prit Konna, pour s’ouvrir la porte de Mopti, ville stratégique pour la conquête de Bamako, et atout majeur pour les négociations éventuelles dans l’a venir. C’est donc face à cette nouvelle situation que la France, sous prétexte d’appel du président intérimaire, prit la décision d’envoyer l’« Opération Serval », pour contribuer à la libération du Nord Mali au près de l’armée malienne et des autorités de la Transition. C’est cette intervention que la « Gauche anti guerre » en Occident, a taxée d’impérialiste, de néocolonialisme, et de soutien aux suppôts locaux de la Françafrique, en confortant ainsi, dans l’opinion, les positions des Usa, qui voulaient d’abord chasser les putschistes, organiser des élections et amener les nouvelles autorités à négocier la paix avec Ansar Dine, taxé « d’islamiste modéré », qui était parvenu à éjecter le Mnla du Nord Mali, après s’être allié à lui, à Aqmi et au Mujao et au Mujao, pour y chasser l’armée malienne.

L’« Opération Serval », qui réhabilite les autorités de la transition et de l’armée malienne, dans le processus de libération du Nord de ce pays, ne pouvait donc être perçus par les Usa que comme un coup de poignard dans leur dos. Les pays membres de la Cedeao sont ainsi obligés, à leur corps défendant, et sans y être préparés, de quitter leur manœuvre contre la junte, pour s’aligner derrière l’intervention française, afin d’éviter de perdre totalement leur face devant l’opinion africaine et internationale.

Même l’Algérie qui, pour des raisons de sécurité intérieure, refusait toute intervention militaire pour privilégier le dialogue avec le Mnla et Ansar Dine, pour isoler les « islamistes algériens » dans Aqmi et le Mujao, afin de mieux les combattre, a dû réviser sa position devant l’ « Opération Serval ».

D’où sa décision de permettre à la France de survoler son territoire et le sens et la portée de la Déclaration du porte parole de son ministère aux Affaires étrangères, Amar Belani, en ces termes : « C’est une décision souveraine du Mali qui a demandé de l’aide aux puissances amies pour renforcer ses capacités nationales de lutte contre le terrorisme ».

Dans ces nouvelles conditions, le Sénégal qui s’était longtemps refusé d’envoyer des troupes combattantes dans le cadre de la force armée de la Cedeao (Misma), pour ne pas se présenter en « ennemi » aux yeux du peuple malien et de son armée, ne devait plus se contenter de cette position qui l’avait grandi durant la période. D’où sa décision courageuse d’envoyer, auprès de l’armée malienne, des forces combattantes de 500 éléments.

Dès lors qu’il ne s’agissait plus de combattre la « junte » pour ramener l’armée malienne dans les casernes afin de pouvoir « rétablir l’ordre constitutionnel », mais de libérer ce peuple agressé et martyrisé, et de défendre la République démocratique et laïque dans pays, le Sénégal devrait se faire un devoir patriotique de mobiliser ses forces de sécurité et son peuple, pour contribuer à la réalisation de cet objectif, dont dépendent, de beaucoup, sa propre sécurité, sa stabilité et la sauvegarde de ses conquêtes républicaines et démocratiques.

Cependant, le professeur Samir Amine avait bien raison de s’interroger, dans son texte de janvier sur le Mali qui lui a valu tant de critiques infondées, jusqu’où Hollande ira dans cette rupture d’alliance stratégique avec les Usa. C’est pour cette raison que, fragiliser cette rupture au Mali par des considérations idéologiques injustifiées, causées par le refus de prendre en considération la différence stratégique entre Sarkozy et Hollande dans la crise malienne, serait le meilleur moyen d’encourager les « pro – atlantistes », qui font légion dans le Parti socialiste, à reprendre du poil la bête pour arrêter l’ « Opération Serval » avant la libération totale du Nord Mali, sous prétexte de risques d’enlisement de son intervention, non soutenue militairement par les autres grandes puissances.

Ils ont même eu recours, dans cet optique, au rappel des coûts financiers de cette intervention, qui coûterait 1,2 millions d’euros par jour à la France, soit 800 millions d’euros, si l’ « Opération Serval » devait durer un an, en occultant, les bénéfices de 883 millions d’Euros d’Areva, et la sécurité de l’approvisionnement des entreprises et des ménages en France.

Hollande, qui a profité de cette intervention pour déployer des « Forces spéciales au Niger » pour protéger les sites d’Areva, a clairement montré où est l’enjeu véritable de l’ « Opération Serval ».

Le rejet de cette intervention par le secrétariat général de l’Oci, au moment où son président en exercice, le chef de l’Etat du Sénégal, y participe par l’envoi de troupes combattantes, les critiques qui émanent des pays arabes du Golfe et des pays d’Afrique du Nord sous régime islamistes dits « modérés », et l’attitude ambivalente de la Mauritanie, laissent présager un puissant soutien de ceux-ci à la rébellion, pour imposer l’arrêt de cette intervention et l’ouverture de négociations.

C’est dans cette perspective que semble s’orienter maintenant le Mnla, qui vient de déclarer sa volonté d’aider la France à combattre les Islamistes, et non, d’aider le gouvernement de transition pour libérer le Nord. C’est aussi dans cette optique qu’une fraction d’Ansar Dine, le « Mouvement Islamique de l’Azawad » ( Mia) se déclare prête à rompre avec les « terroristes », pour prêter main forte à la France, et non au gouvernement de transition. L’on prépare ainsi, des « interlocuteurs crédibilisés » pour imposer des négociations.
C’est ce risque que font courir au peuple malien, tous ceux qui se mobilisent pour crier à la « néo-colonisation » du Mali, et à indexer comme « valet de la France », ceux qui, comme le Sénégal, ont décidé de s’impliquer, totalement, auprès du gouvernement de transition du Mali et de son armée, ou comme le professeur Samir Amine qui appuie cette intervention. Ils dédouanent, en fait, l’attitude des Usa qui refusent d’appliquer la résolution de l’Onu visant à apporter un soutien logistique à l’armée malienne, et qui se contentent de louer à la France des moyens de transports pour convoyer ses troupes et son matériel au Mali.

De même, ils exonèrent la Cedeao et l’Union africaine, qui traînent les pieds et se réfugient derrière un financement de l’Onu pour éviter d’accomplir leur devoir de solidarité envers le peuple malien agressé, torturé et menacé de partition de son territoire, comme ce fut le cas du Soudan. Une telle réorientation de l’ « Opération Serval » risque de transformer la force drançaise « d’intervention » en une force « d’ interposition », pour permettre la négociation de la partition du Mali, comme moyen de se réconcilier avec la stratégie américaine dans la région. Mais apparemment, Hollande ne veut pas de ce risque, tout en s’inclinant devant les critiques de cette intervention, pour décider de procéder au retrait de ses troupes en mars –avril, alors que le territoire malien n’est pas encore totalement libéré, pour céder la place, non pas à l’armée malienne empêchée de rentrer dans Kidal à la demande du Mnla et du Mia, mais à une force onusienne de maintien de la paix !

Si ce revirement se matérialise, les « pro atlantistes » du Parti socialistes auraient repris le dessus sur les forces de « tradition gaulliste », en alignant la France sur les objectifs stratégiques du « Grand Orient » des Usa, comme Sarkozy le fit après la perte de son allié tunisien et l’appui des Usa à sa reconquête de la Côte d’Ivoire. L’ « Opération Serval », après avoir permis de sécuriser les intérêts Français au Niger, se transformerait ainsi en son contraire, pour céder aux pressions visant, non pas la restauration de l’intégrité territoriale du Mali et la souveraineté de ce peuple, mais sa partition de fait, à la suite de négociations avec la rébellion touareg. C’est dans cette direction que semble maintenant s’inscrire les retrouvailles franco – américaines scellées durant le séjour du vice-président américain Joe Biden à Paris, qui aurait même sollicité l’accord de la France pour installer des « Drones » au Niger !

Ce n’est donc pas le Mali qui est visé par une recolonisation de la France, mais bien le Niger. Le Mali serait menacé d’être transformé non pas en « sahélisan » en référence à la situation en Afghanistan, mais bien en « Goma » de la République démocratique du Congo, avec des forces onusiennes qui serviront de garant à une « République Azawad» autonome, dans un premier temps, et indépendante ultérieurement, sous la houlette du Mnla et du Misma, qui occupent Kidal et qui coopèrent avec l’armée française pour traquer les islamistes radicaux de Ansar Dine, Aqmi et du Mujao. C’est pour cette raison, que les autorités de la transition et de l’armée malienne ont tiré la sonnette d’alarme pour exiger la libération totale de leur territoire afin de restaurer la souveraineté de leur peuple sur leur pays, et le désarmement des rebelles, comme préalables à l’ouverture d’un quelconque dialogue.

L’armée française devrait être interpelée pour qu’elle cesse d’empêcher l’armée nationale du Mali de se déployer sur toute l’étendue du territoire de son pays pour contribuer, à ses côtés, à la libération totale du Nord Mali, avec ou sans les Tchadiens. Le blocage de l’armée malienne à Gao et à Tombouctou laisse présager d’un projet de ligne de démarcation militaire entre ce qui resterait de la République du Mali et la « République de l’Azawad », qui devrait être entérinée par des négociations.

Le prétexte utilisé pour justifier cet acte injustifiable est une insulte à l’intelligence humaine. En effet, il est fondé sur les exactions que l’armée malienne risque d’exercer sur les Touaregs de race blanche pour prendre leur revanche ! Mais où étaient donc cette armée française, le gouvernement français et les organisations de défense des Droits humains, quand le Mnla et Ansar Dine mutilaient, flagellaient publiquement des citoyens maliens et violaient les femmes ? Qui avait parlé d’exactions raciales étant donné que toutes les victimes sont des Noirs ? Est-ce que les Français, à la libération en 1945, avaient épargné les « collabos » et tous ceux qui se sont enrichis en faisant des affaires avec les nazis ? Le gouvernement Français, en guise de représailles, n’avait- il pas nationalisé les grandes entreprises qui collaboraient ? Pourquoi voudrait- on donc qu’il en soit autrement au Mali ? Comment la France peut elle protéger les traitres et les auteurs de traitements inhumains et dégradants pour leur assurer l’impunité ? Ce qui est aussi véritablement scandaleux, c’est la confusion qui est entretenue, par les médias français, entre les rebelles du Mnla et de Ansar Dine avec l’ethnie Touareg, tout en évitant de faire la même confusion en Corse, où les « indépendantistes » sont soigneusement distingués du peuple corse et traqués sans merci. « Vérité d’un côté des Pyrénées, Mensonge au-delà ? »

Une telle inflexion serait le contraire des objectifs pour lesquels le président par intérim avait sollicité l’intervention de la France, et pis encore, un détournement inacceptable de la résolution de l’Onu qui fixe à l’intervention étrangère l’objectif d’aider l’armée malienne à libérer totalement le Nord du pays pour y restaurer la souveraineté du peuple malien. C’est pourquoi il faudrait saluer et soutenir le courage des autorités de transition du Mali, qui viennent de lancer un mandat d’arrêt contre les dirigeants du Mnla et de Ansar Dine pour atteinte à l’intégrité territoire du pays, et pour traitements inhumains et dégradants des citoyens maliens, et pour viols. La France et son armée, la Cedeao, l’Union africaine et l’Union européenne, sont ainsi interpellées, pour aider à arrêter et à juger les auteurs et commanditaires de ces actes lâches et barbares.

L’armée malienne a historiquement montré qu’elle a la capacité militaire de venir à bout de la rébellion, pour peu que les autorités politiques acceptent de s’y mettre, sans recourir à des forces extérieures. C’est ainsi qu’elle a triomphé de la rébellion de mai 1963 à Avril 1964, quand la France utilisait la question Touareg pour déstabiliser le régime de Modibo Keita ; lors de l’attaque de la « caserne de Menaka » en de mars –juin 1990, sous la dictature de Moussa Traoré et lors de la « prise de Kidal et Menaka » en mai 2006, sous le premier mandat de ATT. Ce n’est qu’avec la déliquescence de l’Etat malien, entamé depuis Alpha Oumar Konré, et aggravée sous le second mandat de ATT, que les forces armées maliennes sous équipées et démoralisées par les effets de la corruption et du trafic des drogues, qui n’ont pas épargné sa haute hiérarchie, qu’elle a été incapable de faire face à l’agression de janvier 2012.

La libération du Nord Mali nécessitait donc la restauration rapide de ses capacités en équipement et en en logistique, que la Cedeao, sous injonction de la France sous Sarkozy et des Usa, a empêché en décrétant un embargo sur le pays et en bloquant ses armes commandées dans les ports de Accra et de Guinée Conakry. Et même l’Union africaine, en décidant de contribuer au financement, sur fonds propres, de la « Force africaine » d’appui à l’armée malienne pour libérer le Nord du pays pour 45 millions d’Euros, n’y a réservé que 5 millions pour l’armée malienne !

Ce faisant, l’Union Africaine venait de rater l’opportunité historique de créer autour du Mali, de l’Algérie, de la Mauritanie, du Niger , du Burkina et du Sénégal, une véritable force militaire sous régionale en mesure de prendre le relais de l’ « Opération Serval », et des Forces spéciales françaises déployées au Niger, pour libérer définitivement le Nord Mali, et y assurer une sécurité durable, qui seule pourrait garantir leur indépendance nationale respective, et ouvrir la voie à leur intégration politique et économique, comme un premier pas significatif vers l’Unité Africaine, fortement menacée par le projet étasunien du « Grand Orient ».

Dans cet optique, la contribution de l’Afrique du Sud et de l’Angola au renforcement des capacités militaires de cette force sous régionale permettrait au Nigéria de cesser d’y jouer le « gendarme » à la demande des grandes puissances occidentales, pour se consacrer à l’éradication des « islamistes radicaux » dans son propre pays, comme une contribution majeure à la sécurisation du continent.

Ce sont donc ces considérations, qui sont maintenant à l’ordre du jour, qu’il ne faudrait pas noyer dans des considérations idéologiques fondées sur une vision erronée de la nature de l’ « Opération Serval », qui ont considérablement renforcé le camp de ceux qui sont entrain de pervertir son objet, pour en faire un appendice des Usa dans la mise en œuvre de son projet du « Grand Orient ».

QUELLE EST LA NATURE DE L’ « OPERATION SERVAL » ?

La « gauche anti guerre » a tenté de justifier ses positions contre l’intervention militaire de la France dans la crise au Mali, en invoquant les principes fondateurs de la gauche contre la guerre, pour la coopération et la fraternité entre les peuples. Mais cette position de principe a toujours été appliquée par la gauche selon la nature de la guerre.

En effet, si Lénine avait appelé à lutter contre la guerre 1914 -1918, c’est à partir de la nature de celle-ci qualifiée de « guerre inter impérialiste » pour un nouveau partage politique et économique du monde. C’est pour cela qu’il appelait à refuser de voter, dans les Parlements, les budgets de guerre, et de s’opposer à l’enrôlement des citoyens dans les armées impérialistes, tout en mobilisant le prolétariat pour transformer la « guerre impérialiste » en « révolution socialiste ». Mais il n’en reconnaissait pas moins, qu’il y a des « guerres justes » à soutenir, et des « guerres injustes » à combattre.

C’est fort de ces considérations de principe, que la guerre de 1939 – 1945, qui opposait, certes, des puissances impérialistes pour un nouvel partage du monde, était néanmoins perçues par les forces de gauche, comme une guerre contre le nazisme et la dictature fasciste pour l’indépendance des peuples , la démocratie, et la sauvegarde de l’Union soviétique menacée de démantèlement. Cette guerre avait donc changé de nature puisqu’elle n’était plus perçue comme une guerre exclusivement inter impérialistes. C’est cette perception qui a été au fondement de l’alliance des forces de gauches et des forces de la Droite républicaine et démocratique en Europe, et particulièrement en France, pour s’allier avec des puissances impérialistes, la Grande Bretagne et les Usa, pour libérer la France et l’Europe de l’Ouest, et contribuer à renforcer la résistance de l’Union soviétique, et à la défaite du nazisme et du fascisme en Europe.

En aucun cas, la « gauche anti – guerre » ne s’était opposée à l’intervention armée des Etats Unis, à côté de la Grande Bretagne, pour libérer la France et l’Europe occidentale, sous prétexte qu’elle ne règle pas « les conditions politiques, sociales, et économiques de ces pays », mais elle s’est fortement mobilisée dans la résistance, pour créer des rapports de force en mesure d’imposer, à la fin de la guerre, des grandes avancées économiques et sociales des peuples d’Europe libérée, et d’impulser les luttes pour l’indépendances des peuples colonisés dans le reste du monde. Cette « gauche anti -guerre » ne s’était pas refugiée derrière de considérations faciles, pour faire croire que cette guerre était un « choix ente le nazisme et le fascisme d’un côté, et le capitalisme de l’autre », pour condamner l’intervention Uq et traiter ceux qui la soutiennent d’avoir renoncé à l’idéal anti guerre de la gauche, pour devenir une « gauche – pro –guerre ».

Il est donc étonnant que, dans la guerre au Mali, l’on ait refusé d’analyser sa nature avant de définir une position conforme à notre engagement de gauche, et éviter ainsi de se refugier derrière les principes fondateurs du rejet de la guerre par la gauche, pour condamner l’intervention militaire de la France à côté des Autorités maliennes et de leur armée nationale, afin de contribuer à la libération du Nord ce pays, à la restauration de l’intégrité de leur territoire, et à celle de la souveraineté de leur peuple sur leur propre destin. Surtout, quand on évoque, pour soutenir cette position, que cette « intervention ne règle pas les conditions politiques, sociales et économiques, non seulement au Mali, mais de l’ensemble des pays de la région », ou que cette « crise n’est qu’un choix entre « jihadisme » et capitalisme, ou encore, c’est une « confrontation entre le despotisme oriental et la république démocratique » ou, suprême absurdité, que c’est, « l’insidieuse confrontation entre le Moyen Orient et l’Afrique, autour de la question géostratégique du Sahara».

L’on refuse ainsi de voir dans la guerre au Mali, la question nationale et la souveraineté de ce peuple qui sont en jeu, dans le cadre de la géo stratégie du « Grand Orient » par l’entremise de la lutte entre « islamisme modéré » et « islamisme radical ». C’est cette vison des crises qui est en train de triompher au Moyen Orient, tout en faisant oublier que le « jahadisme » n’a nulle part été l’ennemi du capitalisme et a souvent été une arme stratégique, mise en œuvre par les Usa selon les circonstances. Hier, c’était pour chasser les Soviétiques d’Afganistan, aujourd’hui, c’est pour réaliser son projet du « Grand Orient ».

D’autres justifient leur condamnation de l’intervention armée française en alléguant le retour de Hollande à la politique « France africaine », pour défendre les intérêts économiques des entreprises françaises et stratégiques de l’Etat Français au Mali. Mais comment alors expliquer le refus de la France d’envoyer des troupes en Centrafrique, où les entreprises françaises ont plus d’intérêts à perdre qu’au Mali ? Comment comprendre le refus de prioriser la guerre contre les putschistes maliens pour privilégier la lutte contre la rébellion ? Et surtout, comment comprendre la décision de retirer ses troupes pour laisser la place à une Force sous commandement des Nations Unies ? Comment continuer d’ignorer qu’avec cette intervention, les putschistes sont en place, et les élections se tiendront après la libération complète du Nord Mali ; ce qui est contraire à l’agenda concocté par la France sous Sarkozy, les Usa et la Cedeao ?

L’intervention militaire de la France est incontestablement salutaire pour le Mali, la sous région, et les intérêts énergétiques de la France au Niger. Elle l’a grandie énormément chez les progressistes africains, mais cela n’enlève en rien de la nature capitaliste et impérialiste de ce pays, même si la « France Afrique » a pris un sacré coup avec l’ « Opération Serval ».

C’est donc l’implication totale et sans des réserves des républicains, des démocrates, des panafricanistes et de la gauche, auprès des autorités maliennes de transition et de leur armée nationale, que les rapports de force permettront au peuple malien, à la fin de la guerre, d’engranger des avancées économiques, sociales et politiques substantielles, comme ce fut le cas pour le peuple Français à l’issu de la deuxième guerre mondiale.

Déjà, les inflexions négatives observées dans la mise en œuvre de l’ « Opération Serval », montrent à suffisance, ce que les atermoiements de la gauche peuvent, en affaiblissant le mouvement international de solidarité envers le peuple malien, contribuer à renforcer les forces rétrogrades, néocoloniales et impérialistes, pour transformer cette intervention en moyens de renforcement de leur main mise sur les peuples et les richesses de la sous région.

En avant tous pour libérer le Mali ! Nous sommes tous des Maliens !


CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS



* Ne vous faites pas seulement offrir Pambazuka ! Devenez un Ami de Pambazuka et faites un don MAINTENANT pour aider à maintenir Pambazuka LIBRE et INDEPENDANT ! 
http://www.pambazuka.org/fr/friends.php



** Ibrahima Sène est membre du Parti de l’indépendance et du travail/ Sénégal

*** Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur le site de Pambazuka News


Procès de Hissène Habré : Quand le droit international est du côté des victimes

Jacqueline Moudeïna

2013-02-14

http://pambazuka.net/fr/category/features/86217

L’inauguration d’un tribunal spécial au Sénégal marque un tournant décisif dans la longue campagne des victimes pour traduire en justice Hissène Habré, l’ancien dictateur tchadien. Ce procès, s’il est juste et efficace, constituera un précédent démontrant que les juridictions africaines peuvent rendre elles-mêmes justice pour les crimes commis en Afrique.

Avocate des victimes de Habré depuis 2000 et avec lesquelles je travaille quotidiennement depuis lors, je ne peux que me réjouir de la création des « Chambres africaines extraordinaires » qui viennent mettre fin à ce que l’archevêque Desmond Tutu avait appelé un « interminable feuilleton politico-judiciaire ». Etre victime est un état, un état dans lequel on se morfond sans pouvoir se relever tant qu’on n’a pas obtenu justice. La souffrance ne s’arrête jamais. On y perd sa dignité. La bataille juridique pour obtenir qu’une autorité se charge enfin de juger les crimes de leur ancien bourreau n’a été, pour elles, qu’un long et douloureux chemin de croix. Chaque rebondissement, chaque nouveau retard, chaque méprise, chaque farce politico-juridique diligentée par l’ancien gouvernement sénégalais n’a été que nouvelles blessures pour les victimes. Pendant 22 ans, plus de deux décennies après la chute du régime de Habré, le couteau n’a cessé d’être retourné dans leurs plaies.

L’avocat de Hissène Habré ose maintenant prétendre que cette procédure est téléguidée par l’actuel président tchadien, Idriss Déby Itno, au prix de notre silence sur les exactions commises aujourd’hui au Tchad ou sur les crimes auxquels il aurait participé pendant le régime de Hissène Habré. Je suis la Présidente de l’Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l’Homme (Atpdh) et je passe ma vie à dénoncer les violations de ces droits qui sont commis quotidiennement au Tchad, sous l’actuel régime. Je reçois régulièrement des menaces, je fais souvent l’objet d’intimidations. En 2001, j’ai été personnellement visée, en raison de mon engagement aux côtés des victimes de Habré. Lors d’une marche pacifique en faveur de la démocratie, un détachement de la police a tenté de m’assassiner avec une grenade. Son commandant n’était autre qu’un ancien tortionnaire de l’ère Habré, toujours en activité et contre lequel les victimes avaient lancé une procédure judiciaire auparavant. A ce jour, je souffre toujours dans ma chair des conséquences de cet attentat.

Nous n’avons pas l’intention de ménager Idriss Déby Itno. Il se trouve juste que les preuves montrent clairement que Hissène Habré est le principal responsable des crimes commis pendant sa présidence de 1982 à 1990. C’est Habré qui a créé et qui contrôlait directement la Direction de la documentation et de la sécurité (Dds). Cette police politique lui était « directement subordonnée » et constituait, selon un document de la Dds « l’œil et l’oreille du président de la République ». C’est Habré lui-même qui nommait les directeurs de la Dds par simple décret. Ils provenaient d’ailleurs tous de la même ethnie que lui. Les archives de la Dds ne donnent pas seulement des preuves concernant 1208 décès, mais démontrent que Habré a reçu 1265 communications directes de sa police politique concernant l'état de 898 détenus. Les preuves sont sans appel : si Habré est politiquement responsable de très graves atrocités, il l’est aussi juridiquement. Et qu’on arrête de prétendre que les milliers de documents constituant les archives de la Ddc ont été fabriqués exprès pour la cause. Allons, un peu de sérieux !

La défense de Hissène Habré accuse Idriss Déby Itno d’avoir commis des crimes durant le règne de l’ancien président du Tchad. N’est-ce pas là une incrimination directe de son ancien supérieur hiérarchique, Hissène Habré lui-même ? Pourquoi n’a-t-il rien fait alors pour stopper de telles atrocités ou en punir les auteurs ?

Non, les vrais architectes de ces poursuites sont définitivement les victimes de Hissène Habré, que je représente, et qui luttent depuis si longtemps avec opiniâtreté et persévérance. C’est la décision de la Cour internationale de Justice (Cij) que nul ne peut remettre en cause qui est venue récompenser ce travail. Si le Sénégal a ainsi été condamné en juillet 2012 par la plus haute cour du système des Nations unies, c’est parce que Hissène Habré vit depuis 22 ans au Sénégal sans avoir été jugé ou extradé. La Cij, faut-il le rappeler, a ordonné au Sénégal de juger Hissène Habré « sans autre délai » à défaut de l’extrader.

Accuser le nouveau gouvernement sénégalais de partialité relève de la mauvaise foi. Le Sénégal n’a qu’une seule obligation : juger ou extrader les accusés criminels qui se trouvent sur son territoire. Rien de plus. La juridiction des Chambres africaines, grâce à sa composition internationale et son application du droit international, correspond aux injonctions de la Cour de justice de la Cedeao, saisie par Hissène Habré lui-même, et selon lesquelles le procès devrait se dérouler dans le cadre d’une « procédure spéciale ad hoc à caractère international ».

La défense de Hissène Habré veut nous convaincre que ses droits ne seront pas respectés. Nous voulons la justice, pas la vengeance. Nous ne voulons pas faire subir à Hissène Habré le même traitement que ses victimes ont enduré. C’est pour cette raison d’ailleurs que nous nous étions totalement opposés à son expulsion vers le Tchad annoncée par le président Wade en juillet 2011. Fort heureusement, le Statut des Chambres extraordinaires garantit une application stricte des principes fondamentaux en matière de procès équitable : présomption d’innocence, droit d’interroger ou de faire interroger les témoins à charge et obtenir la comparution et l’interrogatoire des témoins à décharge, etc.

Les conseils de Hissène Habré s’inquiètent encore de la possibilité de mener à bien leur enquête au Tchad. Là encore, l’Union africaine a préparé un projet d’accord de coopération judiciaire entre le Tchad et le Sénégal qui obligera l’Etat tchadien à faciliter toute enquête et à assurer une protection effective de tout témoin sur son territoire, avant, pendant et après sa déposition. Le Sénégal et le Tchad devraient bientôt ratifier cet accord bilatéral.

Le gouvernement actuel du Sénégal vient donc de se conformer aux exigences du droit international. Les Chambres africaines extraordinaires constituent une réponse adéquate à la condamnation de la Cour internationale de Justice tout en respectant l’architecture imposée par la décision de la Cour de Justice de la Cedeao et les standards internationaux. Pendant toutes ces années où Hissène Habré a vécu des jours paisibles, nous étions sûrs d’avoir raison, mais habitués à perdre. Avec la décision de la Cij et la volonté du Sénégal, nous commençons enfin à penser que justice sera rendue. Quel espoir pour les victimes !


CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS



* Ne vous faites pas seulement offrir Pambazuka ! Devenez un Ami de Pambazuka et faites un don MAINTENANT pour aider à maintenir Pambazuka LIBRE et INDEPENDANT ! 
http://www.pambazuka.org/fr/friends.php



** Maître Jacqueline Moudeïna est présidente de l’Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l’Homme. Avocate des victimes du régime Habré depuis 2000, elle est lauréate 2011 de Right Livelihood Award, appelé le « Prix Nobel alternatif ».

*** Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur le site de Pambazuka News


Les enjeux du Forum social mondial de Tunis 2013

Gustave Massiah

2013-02-14

http://pambazuka.net/fr/category/features/86220

Le Fsm à Tunis se tiendra là où la réponse des peuples, à l’accentuation de la crise en 2008 et aux politiques répressives d’austérité, a ouvert un nouveau cycle de luttes et de révolutions. Au-delà des spécificités, elle en avant la justice sociale, mettent en lumière des contradictions sociales entre les couches populaires et les oligarchies et remettent en cause l’hégémonie culturelle nécessaire à la domination des valeurs de la bourgeoisie et des élites dirigeantes.

Le Forum Social Mondial de Tunis (Fsm), du 26 au 30 mars 2013, sera un moment de convergence des mouvements sociaux et citoyens qui inscrivent leur action dans une perspective altermondialiste. En partant des mouvements, il sera l’occasion de penser l’évolution de la situation mondiale et mettra l’accent sur la manière de renforcer le processus au service des mouvements sociaux et citoyens, de leurs mobilisations, de leurs luttes et des alternatives qu’ils portent.

Parmi les enjeux, on peut retenir l’évolution de la situation mondiale, la stratégie des mouvements, l’évolution des printemps arabes, le nouveau cycle de luttes et de révolutions ; l’évolution du processus des forums sociaux mondiaux.

LES MOUVEMENTS ET L’EVOLUTION DE LA SITUATION MONDIALE

Le Fsm de Tunis permettra aux mouvements de confronter, à partir de leurs situations, leurs appréciations de l’évolution de l’état du monde. Malgré la profondeur de la crise, la bourgeoisie financière reste encore au pouvoir et la logique dominante reste celle de la financiarisation. Mais la mondialisation est en train d’évoluer et ses contradictions augmentent. Elle se traduit par une différenciation des situations suivant les régions du monde, une sorte de dérive des continents. Chaque grande région évolue avec des dynamiques propres et l’évolution des mouvements sociaux cherche à s’adapter à ces nouvelles situations. Cette évolution modifie les conditions de la convergence des mouvements.

En Amérique Latine, des régimes « desarrollistas » ou développementalistes, mettent en place des politiques post-néolibérales. Des politiques qui ne sont pas du tout anticapitalistes et qui combinent des gages au marché mondial des capitaux et des politiques sociales avec des redistributions. Elles ont pour conséquence une forme de banalisation de l’altermondialisme et une fragmentation des mouvements sociaux. En Asie, des alliances combinent des bourgeoisies étatiques, nationales et mondialisées. Comme en Amérique Latine, se pose la question sur le rôle des mouvements sociaux des nouvelles puissances qu’on appelle faute de mieux « pays émergents ». Dans ces deux régions, le mouvement social s’organise autour des travailleurs en lutte pour leurs droits et leurs salaires, qui passent des alliances spécifiques avec la bourgeoisie étatique, d’autant que cette dernière contrôle une partie de l’appareil productif.

Au Moyen Orient, le nouveau cycle de luttes et de révolutions débouche sur une période de fortes contradictions. La présence réelle des mouvements est confrontée à l’émergence de forces politiques se référant à l’islam et à l’instrumentalisation des grandes puissances qui cherchent à compenser la chute de leurs alliés dictateurs en jouant des situations. En Afrique, la course aux matières premières et à l’accaparement des terres et la multiplication des conflits et des guerres qui en résulte brouille la dynamique économique réelle et la vivacité des mouvements.

En Amérique du Nord, les nouveaux mouvements, « Occupy » et « carrés rouge »s, sont confrontés à la violence de la réaction des pouvoirs économiques et à la montée des conservatismes inquiétants. En Europe, les mouvements sont confrontés à trois défis principaux : la précarité, la xénophobie, la définition d’un projet européen alternatif. Le premier concerne l’indispensable et très difficile alliance pour les luttes communes entre travailleurs précaires et travailleurs non précaires. Le second concerne la montée des idéologies racistes et xénophobes qui prolifèrent à partir de la peur et des insécurités sociales, écologiques et civiques. Le troisième concerne la définition d’un projet européen alternatif qui se dégagerait du projet européen dominant et de ses impasses et qui traduirait en termes politiques et culturels l’unité du mouvement social européen.

Confrontés à la nouvelle situation et à la vigueur de la réaction conservatrice, les mouvements déploient une très forte combativité et beaucoup d’inventivité. Ils n’ont pas encore redéfinis les nouvelles formes et les priorités qu’ils veulent accorder à la convergence des luttes internationales. Ils sont conscients de son importance et restent présents dans les espaces existants, notamment dans les forums sociaux, sans toujours les investir avec une attention suffisante.

LA STRATEGIE DES MOUVEMENTS

Dans les forums sociaux mondiaux, deux préoccupations sont présentes : la définition de mesures immédiates à imposer par rapport aux conséquences de la crise sur les conditions de vie des couches populaires et la nécessaire définition d’une orientation alternative.

De nombreuses propositions immédiates qui ont été avancées dans le Forums depuis dix ans. Par exemple : la suppression des paradis fiscaux et juridiques ; la taxe sur les transactions financières ; la séparation des banques de dépôts et des banques d’affaires ; la socialisation du secteur financier ; l’interdiction des marchés financiers dérivés ; les redistributions de revenus ; la protection sociale universelle ; etc. Ces propositions ne sont pas révolutionnaires en elle-même. Elles sont reprises aujourd’hui par des économistes de l’establishement et même par certains gouvernements. Mais ces déclarations ne sont pas suivies d’effet car elles nécessitent une rupture avec le dogme néolibéral et la dictature des marchés financiers. Et ce sont toujours ces forces qui sont dominantes et qui n’accepteront pas, sans affrontements, de renoncer à leurs gigantesques privilèges. Dans le Fsm la question posée est de mener les mobilisations à la hauteur des enjeux.

Une orientation alternative s’est dégagée dans les forums sociaux mondiaux. On peut organiser chaque société et le monde autrement que par la logique dominante de la subordination au marché mondial des capitaux. On peut organiser chaque société et le monde à partir de l’accès aux droits pour tous et de l’égalité des droits, du local au planétaire. Les mouvements sociaux préconisent une rupture, celle de la transition sociale, écologique et démocratique. Ils mettent en avant de nouvelles conceptions, de nouvelles manières de produire et de consommer. Citons : les biens communs et les nouvelles formes de propriété, le contrôle de la finance, le buen-vivir et la prospérité sans croissance, la réinvention de la démocratie, les responsabilités communes et différenciées, les services publics fondés sur les droits, etc. Cette rupture est engagée dès aujourd’hui à travers les luttes, car la créativité naît des résistances, et des pratiques concrètes d’émancipation qui, du niveau local au niveau global, préfigurent les alternatives

Entre la question de l’urgence, celle de la dictature du réalisme, et celle de la transformation structurelle, les mouvements sont confrontés à la nécessité de définir une nouvelle pensée stratégique. D’autant que les mouvements sont confrontés à la question très difficile des nouvelles stratégies militaires, celle de la guerre sans fin et de la déstabilisation systématique.

L’EVOLUTION DES PRINTEMPS ARABES

Le Fsm aura lieu en Tunisie. Là où a commencé le nouveau cycle de luttes et de révolutions. Les insurrections méditerranéennes portent une espérance révolutionnaire. Ce qu’il y a de nouveau dans ce cycle de révolutions est en gestation ; il n’est pas prédéterminé. La période amène à ouvrir la discussion publique sur les révolutions et les ruptures. Quelques pistes peuvent être dégagées.

Le temps des révolutions est un temps long et n’est pas linéaire. Les ruptures ne sont pas définitives. Certaines situations sont déviées pour ramener les insurrections populaires à des guerres civiles. Les révoltes populaires contre les régimes dictatoriaux confrontés à des répressions sanglantes ouvrent, de plus, la possibilité à toutes les manœuvres des puissances dominantes et environnantes. Elles rendent plus difficile la perception des enjeux de long terme par rapport aux situations dramatiques.

Au-delà de la démocratisation, étape nécessaire, une orientation alternative à la mondialisation capitaliste est aujourd’hui en gestation. Elle doit répondre aux contradictions sociales, écologiques, géopolitiques, démocratiques. Un autre enjeu majeur est celui d’une nouvelle phase de la décolonisation qui correspondrait au passage de l’indépendance des Etats, qui a caractérisé la première phase de la décolonisation, à l’autodétermination des peuples. Cette nouvelle phase de la décolonisation ne se réduit pas à la montée en puissance des pays dits émergents. Elle se construit dans la convergence des mouvements qui a progressé dans l’espace des Forums sociaux mondiaux. Cette nouvelle phase de la décolonisation va mettre sur le devant de la scène les questions de l’épuisement des ressources naturelles, particulièrement de l’eau, du climat, de la biodiversité, du contrôle des matières premières et de l’accaparement des terres.

Une part de ce qui est nouveau cherche son chemin à l’échelle des régions et n’est visible qu’à l’échelle d’une génération. L’Amérique Latine est sortie des dictatures il y a moins de trente ans. La démocratisation a donné naissance à une période de démocraties bourgeoises. Ces régimes ont mis en place des systèmes de croissances néolibérales, conformes à la logique dominante, et des démocratisations plus ou moins limitées. Et les Etats-Unis sont passés du contrôle des dictatures à des formes de contrôle des démocraties bourgeoises. Mais, dans ce processus, de nouveaux mouvements sociaux et citoyens se sont développés, modifiant la situation dans de nombreux pays et dans la Région et ouvrant la possibilité à de nouvelles évolutions.

Dans la région Maghreb-Machrek, les contradictions vont s’amplifier entre les tentatives de régimes conservateurs et les nouveaux mouvements sociaux et citoyens. Que seront les nouveaux mouvements sociaux et citoyens qui vont se construire dans la nouvelle période. C’est dans cette perspective que se situe la réflexion sur l’évolution de l’islam politique. C’est aussi dans cette situation que la réalité migratoire dans toutes les régions montre l’importance, exacerbée par la crise, du racisme et de la xénophobie dans toutes les sociétés. Les sociétés sont multiples et le rejet de l’étranger met en danger la cohésion de chaque société.

Le Fsm de Tunis permettra l’expression de l’émancipation des peuples de la région : tunisien, marocain, sahraoui, algérien, égyptien, syrien, … Le peuple palestinien sera à l’honneur avec notamment la présentation des conclusions du tribunal Russell sur la Palestine et la marche de clôture du Forum qui lui sera dédiée.
Le nouveau cycle de luttes et de révolutions

Le Fsm à Tunis se tiendra là où la réponse des peuples, à l’accentuation de la crise en 2008 et aux politiques répressives d’austérité, a ouvert un nouveau cycle de luttes et de révolutions. Le vent nouveau parti de Tunis s’est d’abord propagé en Egypte. Il a mis en avant la lutte contre les dictatures et il s’est étendu à toute la région Maghreb-Machrek. Il a traversé la Méditerranée et s’est propagé en Europe du Sud, en Espagne, au Portugal, en Grèce en posant la question de la démocratie réelle. Il a trouvé un nouveau souffle en traversant l’Atlantique à travers les “occupy” Wall Street, London, Montréal. Il prend aujourd’hui des formes plus larges dans de nombreux pays du monde, au Chili, au Canada, au Sénégal, en Croatie, autour de la faillite des systèmes d’éducation et de la généralisation de l’endettement. Le pouvoir économique et le pouvoir politique, à travers leur complicité, ont été désignés comme les responsables de la crise. Ce qui a été démasqué c’est la dictature du pouvoir financier et la « démocratie de basse intensité » qui en résulte.

Au-delà des spécificités, ce nouveau cycle de luttes met en avant la justice sociale, le refus de la misère, des inégalités, de la corruption ; la revendication de systèmes démocratiques qui garantissent les libertés individuelles et collectives, la dignité de chacun ; les contradictions géopolitiques liées à l’hégémonie occidentale ; les contradictions écologiques de plus en plus sensibles. Elles mettent en lumière des contradictions sociales entre les couches populaires et les oligarchies. Elles remettent en cause l’hégémonie culturelle nécessaire à la domination des valeurs de la bourgeoisie et des élites dirigeantes.

Une des questions qui sera discutée à Tunis est celle du rapport entre les nouveaux mouvements et le mouvement altermondialiste. Ces mouvements ne se sont pas organisés dans le mouvement altermondialiste, même si de nombreuses relations ont existé dès le début. Les nouveaux mouvements sociaux ont leur dynamique propre. Les jonctions avec les mouvements plus anciens de l’altermondialisme existent mais elles sont diffuses. Les mouvements plus anciens de l’altermondialisme devront tirer les leçons de leurs avancées et de leurs limites. Et, comme le dit si bien Esther Vivas pour les nouveaux mouvements : « c’est un prologue ».

LA SITUATION EN TUNISIE

L’appréciation du contexte tunisien est nécessaire. Un Forum social mondial n’est pas organisé par rapport aux situations internes mais il ne peut s’en désintéresser et chaque FSM a eu un impact sur la situation politique interne du point de vue des mouvements sociaux. Cette interrogation est très forte en Tunisie où la situation est relativement instable. Elle ne paraît pas pour l’instant remettre en cause la sécurité nécessaire à la tenue du FSM. Les différents courants intéressés par le FSM ont aussi affirmé que celui-ci ne serait pas un enjeu des luttes entre les tendances et un espace d’affrontements sur les questions internes à la Tunisie.

Le Secrétariat tunisien du Fsm 2013 s’inscrit dans le Comité de suivi du Forum social maghrébin qui en élargit l’assise. Ces mouvements tunisiens représentent une base large inscrite dans la société civile tunisienne. Une des questions posées est celle de l’organisation d’un forum inclusif permettant à tous les courants défendant des positions compatibles avec la Charte des principes du FSM d’y participer. Pour que le forum ne soit pas exclusif, il faut laisser jouer la diversité en l’élargissant aux mouvements qui peuvent naître de l’évolution de l’islam politique.

LA SITUATION DU PROCESSUS DES FORUMS SOCIAUX MONDIAUX

Le FSM joue un rôle central dans le processus des forums sociaux. Il est l’occasion d’événements spécifiques qui s’y préparent (Forum mondial science et démocratie, Forum des autorités locales, Forum de parlementaires, Forum syndical, Forum des médias libres,..) et de l’organisation d’activités qui sont directement issus d’autres événements qui ont eu lieu ou qui se préparent (Rio+20, Forum des migrants d’Oujda, Forum Free Palestine, Tribunal Russell sur la Palestine, Forum Irakien, Forum paix et désarmement, Florence+10 sur le mouvement social européen, Forum pan canadien, Forums Paix et désarmement à Sarajevo en 2014, etc.).

Les forums nationaux et régionaux explorent des voies de transformations politiques et ouvrent la question de l’évolution des régimes et des rapports entre les mouvements et les Etats. Des politiques post-néolibérales sont en gestation. Elles ne sont pas anticapitalistes mais elles cherchent des voies d’autonomie par rapport au marché mondial des capitaux et des possibilités de redistribution partielle. Par rapport à la fragmentation du mouvement social dans certaines situations, l’autonomie des mouvements sociaux reste la priorité, y compris dans les négociations et dans le soutien à certains régimes. Les forums thématiques approfondissent l’orientation stratégique, celle de l’égalité des droits et des mobilisations contre la logique du capitalisme. La liste des forums thématiques, régionaux et mondiaux s’allonge ; on en compte une cinquantaine pour la période 2012 à début 2013. Par rapport à la nouvelle période, le Fsm de Tunis amorcera la mutation du processus des forums sociaux mondiaux.


CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS



* Ne vous faites pas seulement offrir Pambazuka ! Devenez un Ami de Pambazuka et faites un don MAINTENANT pour aider à maintenir Pambazuka LIBRE et INDEPENDANT ! 
http://www.pambazuka.org/fr/friends.php



** Gustave Massiah
 est représentant du Crid
 au Conseil International du Fsm

*** Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur le site de Pambazuka News





Commentaires & analyses

La dette à l’égard de Haïti : Réfutation

Elisabeth Nyffenegger

2013-02-14

http://pambazuka.net/fr/category/comment/86222

L’article de Nia Imara paru dans l’édition 268 de Pambazuka News requiert une réfutation tant ses affirmations sont tendancieuses voir carrément mensongères.

Face à des catastrophes de l’amplitude de celle qui a frappé Haïti, ou lors du tsunami qui a dévasté des pays asiatiques, la société civile occidentale se lève comme un seul homme et récolte en un temps record des millions. Des gamins de 7-8- ans entreprennent des petits boulots pour gagner quelques sous qu’ils vont ensuite verser à une organisation caritative. Des vieillards qui vivent chichement d’une petite rente donnent quelque argent par ce que "c’est trop terrible". De même ces désastres suscitent des vocations instantanées et des jeunes, sans expérience le plus souvent, trouvent moyen de récolter suffisamment de fond pour au moins se rendre sur le terrain où le plus souvent ils ne servent qu’à encombrer le tableau, à user de ressources déjà rares à moins qu’ils ne trouvent moyen d’offrir leur services à des organisations expérimentées pourvues des ressources adéquates.

La question de ces organisations qui naissent, vivent et meurent dans les vagues de l’altruisme suscité par des images catastrophiques fait débat depuis longtemps dans la communauté humanitaire. Mais comment les empêcher en l’absence d’une autorité faîtière ayant un pouvoir décisionnel ?

De croire qu’il est possible même avec des moyens considérables de trouver des solutions à tous les problèmes posés par un cataclysme de cette envergure c’est vraiment vivre dans l’illusion. Même si Haïti avait été précédemment un Etat qui fonctionne, la tâche est simplement tellement énorme et les obstacles si nombreux, qu’il est tout à fait impossible de sauver tout le monde et de répondre à tous les besoins. Il est évident que face à une population malade, blessée, prise sous les décombres, déplacées, sans abri, sans nourriture et sans eau, tous les efforts vont être concentrés pour résoudre ces problèmes dans la mesure où l’on touche là des éléments déterminants pour la survie du plus grand nombre.. C’est précisément le rôle de l’action humanitaire : de sauver la vie du plus grand nombre et d’éviter dans toute la mesure du possible des invalidités permanentes Ce qui, en l’occurrence inclut des millions de personnes.

L’action humanitaire requiert l’expertise de chirurgiens, d’anesthésistes, de médecins, d’infirmières, de nutritionnistes, de spécialistes de l’assainissement de l’eau et de l’environnement, des logisticiens qui s’occupent du transport, des hangars, camions, avions, bateaux avec lesquels les diverses marchandises sont acheminées. A cet égard, il est à noter que bien souvent les logisticiens doivent résoudre des casse-tête de taille, lorsque les ponts sont effondrés, les routes et installations portuaires et aéroportuaires endommagées ou même détruites. Des populations restent inévitablement inaccessibles, comme ce fut le cas au Cachemire lorsqu’un tremblement de terre a dévasté des régions montagneuses, qui même avant la catastrophe n’étaient accessibles qu’à dos de mulet


L’amalgame fait par Nia Imara entre la construction d’hôtel par des particuliers et les efforts de reconstruction de la communauté internationale traduit autant d’ignorance que de malveillance.
Si des particuliers peuvent faire ce qu’ils veulent où ils veulent avec leur argent, il n’en va pas de même pour la reconstruction du pays par des organismes internationaux.

La reconstruction intervient seulement après que les besoins essentiels aient été plus ou moins adressés et rares sont les agences qui fournissent ces deux prestations très différentes.

La reconstruction requiert d’autres corps de métier : des ingénieurs en génie civile, des architectes, des ingénieurs agronomes, etc.. Personnel donc entièrement différent de celui des agences humanitaires.

En outre, la reconstruction nécessite la concertation. Et là où l’action humanitaire peut intervenir sans autres formes de procès, parce que les besoins fondamentaux des humains sont universels, il n’en va pas de même pour la reconstruction.

Par exemple dans des régions de typhons, les architectes auraient tendance à vouloir construire des maisons en forme d’igloos parce qu’elles n’offrent que peu de prise aux vents. Mais sont-elles pour autant acceptables à ceux qui y habiteront ? Les populations de bidonville, fruit de l’exode vers les villes, seront-elles réinstallés dans ces mêmes endroits ou bien la population sera-t-elle encouragée à retourner sur ses terres pour y recevoir l’aide de reconstruction/développement. Des populations peuvent revendiquer des terres ce que d’autres peuvent contester. Pour trancher il faut un cadastre qui se trouve peut-être- si tant est qu’il existe- sous les décombres. Au final ce sont là des décisions politiques et si des organismes internationaux devaient prendre des initiatives on aurait tôt fait de les critiquer vertement.

On lit dans l’article de Nia Imara que Oxfam a dépensé plus d’un tiers de son budget de US$96 millions en frais de gestion. C’est quoi en l’occurrence ces frais de gestion ?. Si le propos c’est de dire que cet argent sert le siège d’Oxfam à Oxford pour payer ses secrétaires et photocopies on est dans le ridicule complet. Non seulement Oxfam est une des organisations les plus engagées qui soit, depuis la deuxième guerre mondiale, dans la réduction de la pauvreté mais en plus comme toute organisation sérieuse ses comptes sont soumis à des audits financiers lesquels sont peu susceptibles d’accepter un pareil détournement de fond. Parce que les organisations qui lèvent des fonds ou reçoivent des fonds sont tenues de les dépenser pour la cause pour laquelle ils ont été reçus. En outre ces organisations ont des budgets différents pour la gestion administrative de leur bureau et ceux , dit opérationnels, qui servent le terrain. 32 millions de dollars ! Il est fort probable, que si tant est que ces chiffres soient exacts, ce qui reste à voir, que l’argent à servi à acheminer de la marchandise qu’il a fallu acheter, affréter avions, bateaux, etc. Il est à noter que tant les marchandises, aliments, hôpitaux de campagne, médicaments etc, doivent, dans de telles situations êtres importés, et se paient à des tarifs européens et non haïtiens. Comme les salaires sont de bas salaires européens, payés à des gens qui ont des obligations en Europe aux tarifs européens (à commencer par les impôts !)

De toute façon il appartient au journaliste de faire la preuve qu’il y a malversation puisque c’est ce qui est insinué

Quant à l’éternelle histoire des voitures neuves, que l’on sache donc une fois pour toute, que ces voiture sont en règles générales des donations des grands constructeurs automobiles et que ces véhicules flambants neufs, qui n’ont rien coûté aux agences humanitaires, sont remises à la Croix Rouge locale ou à toute autre organisation susceptible de servir le bien commun, après le départ des internationaux.

A noter encore, qu’en particulier dans les zones de conflits, où il y a lieu d’évacuer des malades, des blessés ou des civils, il y a intérêt à avoir des véhicules qui ne tombent pas en panne et qui ont des amortisseurs fonctionnels.

J’en arrive au morceau de choix. "la Croix Rouge Internationale prévoit de construire un hôtel sur un terrain d’un valeur de 10,5 millions de dollars.

De qui est-ce qu’on parle ?. Il n’y a pas d’organisation de ce nom. Alors de qui s’agit-il ? Du Comité International de la Croix Rouge (Cicr), organisation de droit privé suisse, chargée de l’application des Conventions de Genève ? Ou de la Fédération internationale des croix et croissants rouges, organisme faîtier des Croix et Croissants rouges nationaux ?

Le Cicr ne construit jamais rien et ne possède aucun bien immobilier nulle part au monde. Il ne possède même pas les bâtiments où il a son siège qui est propriété de l’Etat de Genève.

Son action en Haïti a cours depuis des années et consiste à s’occuper des prisons où sont détenus des prisonniers politiques et à maintenir un lieu familial par le biais des messages familiaux. Lors de la catastrophe, il s’est occupé de remettre en état les prisons et d’assurer la survie des prisonniers. Il a aussi contribué à la distribution d’eau potable dans certains quartiers de Port au Prince.

A préciser encore que le budget opérationnel annuel du Cicr se monte à environ 1 milliard de francs suisses pour toutes les activités sur cinq continents, argent fourni par les gouvernements des pays signataires des Conventions de Genève

La Fédération des croix et croissants, qui travaille au travers de Croix rouge nationales - plus ou moins riche- s’est occupée de la coordination des différentes Croix Rouges nationales venues au secours de la Croix rouge haïtienne. Toutes ont contribués à la survie des populations affectées.

Que la Fédération des croix et croissants Rouges puissent détenir un demi milliards de dollars sans rien en faire, on en reste sans voix ! Sachant en particulier qu’elle a généralement mille peine à lever des fonds.

Ces accusations portées contre le mouvement des Croix et Croissants rouges sont calomnieuses et si des grandes sommes d’argent ne sont pas parvenues à destination il serait nettement plus utile de mener une véritable enquête plutôt que répandre des "informations" de deuxième main, de surcroît non vérifiées. Il y a sûrement lieu de poser des questions du côté des Etats-Unis qui avaient engagé d’emblée l’armée- qui dans de telle situation a certainement son utilité mais qui a aussi un coût élevé. Très. On se souviendra peut-être que l’armée américaine avait amené sur les lieux un bateau hôpital fonctionnel de mille lits. Ce qu’aucune organisation civile n’aurait pu faire et qui a certainement sauvé la mise à des grands nombre de personnes.

Que les interventions humanitaires sont perfectibles, à l’instar de toute entreprise humaine, est certain. Mais que ceux qui s’aventurent à les critiquer commencent par se rendre sur le terrain dès le début, mettent les mains dans le cambouis. Ensuite ils seront qualifier pour en faire la critique. Et puis, il leur viendra peut-être aussi à l’idée de parler de l’immense effort de tous ceux qui travaillent sans relâche à sauver la mise à des frères humains, de tous les problèmes et difficultés surmontées et des succès. Plutôt que de se comporter comme des hyènes autour d’une carcasse pourrie.


CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS



* Ne vous faites pas seulement offrir Pambazuka ! Devenez un Ami de Pambazuka et faites un don MAINTENANT pour aider à maintenir Pambazuka LIBRE et INDEPENDANT ! 
http://www.pambazuka.org/fr/friends.php



** Elisabeth Nyffenegger, ancienne déléguée du CICR, ancienne secrétaire générale de la Geneva Foundation to protect health in war

*** Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur le site de Pambazuka News


Les défis de la lutte contre la corruption

Cheikh Tidiane Dièye

2013-02-14

http://pambazuka.net/fr/category/comment/86221

A l’instar d’autres pays, le Sénégal est en train de mettre en place un dispositif de lutte contre la corruption. Cependant, les lois, règlements et institutions anti-corruption mises en place viendront se greffer à des systèmes sociaux qui fonctionnent sur la base de règles et normes sociales qui, sans être de la corruption, entretiennent des airs de ressemblance avec les pratiques corruptives.

La corruption occupe les devants de la scène de manière constante depuis quelques années, comme en témoignent les nombreux colloques, séminaires, ouvrages ou conférences qui lui sont consacrés. Pourtant elle n’est ni un phénomène nouveau ni un phénomène spécifique. Si elle suscite autant de préoccupations, c’est en partie parce qu’il apparaît un peu plus clairement chaque jour que la corruption sape les fondements du développement, surtout dans les économies et les institutions africaines fragiles où elle est devenue systémique.

Si la nécessité de la combattre est un impératif désormais communément admis, la meilleure de façon de s’y prendre fait encore l’objet d’un grand débat au sein des communautés scientifiques, des institutions internationales comme des Etats. De nombreuses pistes ont été explorées, ainsi que des solutions politiques, souvent porteuses d’espoir au début, mais qui se sont révélées par la suite incapables d’enrayer la corruption et d’éviter qu’elle ne se généralise davantage. Plusieurs raisons expliquent cet échec. En suivant l’analyse de Fonbad (1999), je retiens ici quatre parmi celles qui me paraissent les plus importantes : (1) les mesures anti-corruption sont souvent prises à des fins politiques ou politiciennes ; (2) les stratégies anti-corruption ne prennent pas en compte convenablement les valeurs et normes qui traversent les systèmes sociaux dans lesquels elles sont appliquées ; (3) la primauté est donnée à la répression alors que les systèmes de justice pénale (police, justice, etc.) sont eux-mêmes vulnérables à la corruption ; (4) les forces sociales et citoyennes engagées à être des remparts contre la corruption sont encore faibles et dépourvues de moyens.

DES MESURES ANTI-CORRUPTION INEFFICACES ET A DES FINS POLITIQUES

Au Sénégal comme ailleurs en Afrique, les stratégies anti-corruption ont été associées pour l’essentiel à des périodes de changement politique. Il s’agit le plus souvent de discours ou d’initiatives destinés à compromettre l’ancien régime, asseoir la légitimité du nouveau régime et salir la réputation de potentiels rivaux politiques. Ces discours apparaissent en général en période de campagnes électorales et mettent en avant des promesses de transparence et de bonne gouvernance, oubliées sitôt l’élection passée. Dans de tels cas, les élites qui arrivent au pouvoir ne manifestent aucune volonté réelle de combattre la corruption par des mesures efficaces et rigoureuses puisqu’elles découvrent que celle-ci peut être un mode de gouvernance et de gestion du pouvoir ainsi qu’un moyen d’enrichissement personnel rapide et de récompense des alliés politiques.

Les actions en cours au Sénégal semblent démontrer une volonté de rupture par rapport à ce qui était une marque de la plupart des pays africains. Si l’action judiciaire engagée contre les présumés coupables de corruption va jusqu’à son terme et si l’Office nationale anti-corruption, entre autres organes, obtient l’indépendance, les moyens et l’efficacité nécessaire pour accomplir sa mission, alors le Sénégal pourra, dans quelques années, s’enorgueillir d’avoir chassé le « loup de la bergerie » pour parler comme Thomas Jefferson.

LA NON PRISE EN COMPTE DES NORMES ET VALEURS DE LA SOCIETE ET LA FAIBLE LEGITIMITE DE L’ETAT

A l’instar d’autres pays, le Sénégal est en train de mettre en place un dispositif de lutte contre la corruption. Cependant, les lois, règlements et institutions anti-corruption mises en place viendront se greffer à des systèmes sociaux qui fonctionnent sur la base de règles et normes sociales qui, sans être de la corruption, entretiennent des airs de ressemblance avec les pratiques corruptives. Ces logiques sont celle de la négociation et du marchandage, du courtage et de l’intermédiation, du cadeau, du devoir d’entraide en réseau et de la redistribution, entre autres. Ce sont des logiques de la sphère familiale et communautaire qui contiennent en elles-mêmes leurs propres mécanismes de différenciation avec toute pratique illégale, illicite ou répréhensible de la sphère publique lorsqu’elles sont utilisées dans la sphère strictement privée. Aucune confusion ne devrait donc être possible. Mais nous avons tous qu’au Sénégal l’espace du service public de l’Etat est envahi par ces pratiques sociales et familiales qui ont fini de remplacer les normes bureaucratiques légales rationnelles.

En raison de la perception de l’Etat comme corps étranger et de la faible légitimité dont il bénéficie auprès des couches populaires, la conscience collective semble tolérer, voire même encourager, les actions qui consistent à prélever sur l’Etat pour redistribuer aux membres de son groupe. Loin d’être infamants, de tels comportements, vus sous une posture microsociale, sont au contraire valorisés et leurs auteurs sont souvent érigés en modèles par les membres de leur groupe. Si bien que ceux qui formulent les lois et les règlements sont souvent les premiers à les enfreindre au nom de l’éthique du groupe. L’équivoque entretenue entre deux modèles de responsabilité qui s’opposent constitue de nos jours un obstacle majeur à l’élaboration d’un projet commun de société et à l’émergence d’une conscience du bien public et d’une vision de l’Etat comme bien collectif qui surplombe des logiques réticulaires.

Comme le montre Peter Ekeh, dans la cas du Nigeria, l’agent public africain est toujours tiraillé entre le public primordial qui correspond à ses communautés d’appartenance ou d’adhésion (famille, associations, clan, confrérie, etc.) et le public civique qui renvoie à l’Etat et à la communauté nationale vis-à-vis desquels il a une loyauté hypothétique et distendue. Les Sénégalais n’échappent pas à cette nature. J’y reviendrai dans un autre article.

UNE PRIMAUTE A LA REPRESSION ALORS QUE LES SYSTEMES DE JUSTICE PENALE (MINISTERES PUBLICS, POLICE, JUSTICE, ETC.) SONT EUX-MEMES VULNERABLES A LA CORRUPTION

Dans de nombreux pays, un arsenal répressif a été mis en place pour lutter contre la corruption. Les lois et règlements ont souvent été changés et durcis mais force est de constater que les réformes qui se sont limitées à compléter ou à remplacer des dispositions du code pénal ont quasiment toutes échoué. L’expérience a montré que le code pénal seul est un instrument trop rudimentaire pour venir à bout seul de la corruption. En effet, même si la sanction est un élément clé du dispositif anticorruption, ses effets sont souvent amoindris par le manque d’indépendance des structures chargées des enquêtes et des poursuites, l’impunité dont bénéficie certains groupes du fait de leur appartenance à des lobbys puissants politiques ou maraboutiques, ou aux cercles du pouvoir, ainsi que l’insertion des juges eux-mêmes dans des relations sociales qui les soumettent à des obligations autres qu’officielles. Ceci pose donc la question de l’indépendance des juges qui, au-delà de la volonté politique exprimée par l’exécutif, doivent prendre toute leur place en tant qu’acteur de la lutte contre la corruption en refusant de se laisser enfermer dans des logiques communautaires ou liées à l’intérêt personnel.

L’INEXISTENCE OU LA FAIBLESSE DES FORCES SOCIALES ET CITOYENNES CAPABLES DE PORTER LE COMBAT CONTRE LA CORRUPTION

Il est désormais incontestable que le combat contre la corruption ne connaitra pas de victoire majeure sans l’émergence d’une véritable masse critique de citoyens porteurs de valeurs, de progrès, soucieux de la transparence et de la bonne gestion des ressources publiques. Ce citoyen doit être lui-même acteur de la lutte contre la corruption par l’exemplarité de son comportement vis-à-vis du bien commun, mais aussi vis-à-vis de ses autres concitoyens. Conscient du rôle irremplaçable du citoyen responsable dans la construction de la démocratie et le progrès vers le développement économique et social, il doit s’ériger en sentinelle de la bonne gouvernance et exiger des dirigeants, qu’il choisira sur la base du mérite, de la compétence et de l’intégrité, une conduite irréprochable.

Mais le type de citoyen capable de pousser notre société vers les changements et les ruptures nécessaires existe dans des proportions encore trop faibles pour enclencher une véritable dynamique de changement. Il existe certes des frémissements à travers l’émergence de mouvements de citoyens de plus en plus conscients de leur rôle et décidés à agir.


CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS



* Ne vous faites pas seulement offrir Pambazuka ! Devenez un Ami de Pambazuka et faites un don MAINTENANT pour aider à maintenir Pambazuka LIBRE et INDEPENDANT ! 
http://www.pambazuka.org/fr/friends.php



** Cheikh Tidiane DIEYE est Docteur en Etudes du développement

*** Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur le site de Pambazuka News


Congolais contre Congolais, ce mal qui nous cloue!

Mohamed Mboyo Ey'ekula

2013-02-14

http://pambazuka.net/fr/category/comment/86224

Le Congolais est un vrai cas d’école. On le dit amateur de trois choses : femme, ambiance et commérage. Mais, ce que l’on ne dit pas souvent de lui : c'est un pur produit de la psychanalyse. Il est malléable à souhait et son étude donne le reflet d’un enfant gâté qui a mal ‘’à la démesure’’.

De ‘’l’élite’’, si vraiment elle existe, ou du bas peuple, il est le même : il se distingue par un manque criard de foi, de conviction, de discernement et surtout ne sait ni faire usage du temps ni jauger les événements. Tous collabos ? Je me suis posé cette question à juste titre. En somme, elle découle d’un constat amer que j’ai fait en analysant la nature ‘’congolaise’’. Un constat qui est venu après une longue période d’observation des liens, du dialogue et de la pratique politique sur la scène nationale, dans la diaspora et, surtout dans les réseaux sociaux.

Le Congolais est tout sauf responsable dans son engagement à faire et a difficile à maintenir le cap lorsqu’il initie. Car là où d’autres citoyens du monde réussissent à créer une dynamique, le Congolais, lui, étale sans fin ses états d’âme et s’illustre par un narcissisme qui ne laisse guère la place à l’altruisme.Là où l’intérêt général doit être absolument privilégié, le Congolais se vouera corps et âme pour faire paraitre son moi et, pire encore, imposer son ego. En réalité, il s’aime trop au point de se haïr lui-même. Il est sado-maso. Une double personnalité qui n’est pas sans rendre ses actions de réalisations laborieuses. Il se voue lui-même à l’échec. Il initie plus pour impressionner que pour parachever. Ceci explique donc sa grande misère d’aujourd’hui et sa peine à se libérer de l’asservissement mystico-spirituel dans lequel il s’est embourbé. Et les autres d’en tirer profit !

Alors que son pays est en proie à l’apocalypse et que la désolation est le lot quotidien de son être, le Congolais dit et se dédit quand il ne médit. Au lieu de se souder dans l’initiative, il fait et s’évertue à défaire. Il veut et ne veut pas. Bref, il est ‘’radicalement’’ embourbé dans une quête permanente du ‘’bien paraitre’’ tout en oubliant que le ‘’bien faire’’ seul est source des résultats probants ! C’est ce qui explique qu’il s’est engagé dans un combat pour sa propre survie, mais que lui-même torpille chaque jour en jouant à se faire hara kiri.

Au départ, il s’est dit combattant pour changer la face hideuse que donnait son pays : la dictature. Mais, très vite, il s’est empêtré dans des contradictions et des querelles intestines. Résultat de course : son action a connu un parcours en dent de scie, avec de nombreuses dissidences qui lui ont dépouillé d’une certaine crédibilité. Les autres en ont profité et l’ont infiltré au point de prendre les commandes de son espace social et politique. Mais, cette cruelle désillusion est loin de l’assagir : il en est encore à chercher ses marques auxquelles il se démarque au gré des situations. Après avoir perdu le contrôle de son autonomie – dirigé par d’autres- il a juré de se racheter en entrant en résistance.
Mais, comme dans son premier combat, il s’est vite fourvoyé. Il s’est pris à jouer à se tirer sur lui-même plutôt que de viser objectivement son adversaire. Avec rage, il s’est mis à décrédibiliser sa propre initiative. Il s’est mis à s’indexer lui-même sans discernement. Il s’est mis à se traiter lui-même de tous les noms d’oiseaux et, pour meubler son temps, à chercher sans cesse le diable en lui au lieu de se focaliser sur le diable en face de lui, beaucoup plus visible. Misère! De combattant et résistant, il s’est mis à se nommer collabo. Tshisekedi, Ngbanda, Monsieur X et Madame Y, tout le monde à ses yeux a pris le portrait du collabo.

Un portrait qu’il a d’ailleurs du mal à cadrer tant sa compréhension de ce vocable relève de la maladie : tellement terre-à-terre et fantaisiste. Il s’est donc perdu en voulant imiter une révolution que les autres ont réussi avec brio car cohérente et déterminée. Parce que, simplement, il a voulu axer son action sur l’unanimisme et la pensée unique, tout le contraire du fondement qui justifie son propre combat. Avec des antivaleurs, le Congolais évolue. Il combat la dictature tout en s’imposant une ligne messianique qui traque la liberté d’expression et le droit à la différence. Il veut être uni tout en se particularisant et en se distinguant en son propre sein. Pour renforcer ses lignes, il distend en écartant tout celui qui ne reflète pas. Tout le monde doit être assujetti à sa logique sinon il voue aux gémonies. Il est lui-même et son contraire, mais il en raffole. Surtout n’essayez pas de l’amener à la raison.

Et, donc, comme une malédiction, il avance chaque jour et inexorablement vers la voie de sa chute. Et tant qu’il ne cessera pas de se combattre, il est fort à parier qu’il sera prisonnier à jamais de ses propres pulsions.

CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS



* Ne vous faites pas seulement offrir Pambazuka ! Devenez un Ami de Pambazuka et faites un don MAINTENANT pour aider à maintenir Pambazuka LIBRE et INDEPENDANT ! 
http://www.pambazuka.org/fr/friends.php



** Mohamed Mboyo Ey'ekula est journaliste congolais

*** Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur le site de Pambazuka News





Plaidoyers & campagnes

Déclaration d'intellectuels et chercheurs sur la destruction des manuscrits de Tombouctou

Ebrima Sall et Mamadou Diawara

2013-02-14

http://pambazuka.net/fr/category/advocacy/86219

La destruction des manuscrits de Tombouctou s’inscrit dans la longue histoire de destruction des bibliothèques dont le continent africain n’a pas l’exclusivité. Elle est la manifestation d’un désir d’effacement d’une mémoire intellectuelle et culturelle. Cette destruction est aussi l’effet d’une géopolitique où l’Afrique est au cœur de nouveaux pillages, de nouvelles prédations, et de nouvelles guerres.

Nous, intellectuels africains et de la diaspora et leurs collègues venant d’Asie, des Amériques et d’Europe réunis à Dakar dans le cadre du Symposium « La bibliothèque coloniale en débat » protestons avec force contre la destruction, le saccage et l’incendie de manuscrits anciens abrités par l’institut Ahmed Baba dans la ville de Tombouctou.

Venant s’ajouter à la perte de nombreuses vies humaines et aux innombrables brutalités qui ont accompagné le conflit au Mali, cet acte consacre la destruction de ressources intellectuelles sans prix, accumulées au cours des âges et conservées à travers les générations. Il est une grave blessure à la mémoire, à l’esprit, et à l’être africain et à celui de l’humanité toute entière.

Cet acte s’inscrit dans la longue histoire de destruction des bibliothèques dont le continent africain n’a pas l’exclusivité. Il est la manifestation d’un désir systématique d’effacement d’une mémoire intellectuelle et culturelle qui avait débuté dans le nord du Mali avec la destruction de mausolées et de sites historiques. Cette destruction est aussi l’effet d’une géopolitique où l’Afrique est au cœur de nouveaux pillages, de nouvelles prédations, et de nouvelles guerres.

Nous condamnons cet acte et pleurons cette perte. Alors que nous discutons de la « bibliothèque coloniale » et de la « bibliothèque africaine », la destruction de ces manuscrits nous rappelle à quel point la préservation et la transmission du savoir est une priorité et un droit, et toute atteinte contre ce droit un crime.

Nous exigeons des gouvernements africains non plus des promesses mais des actions concrètes et urgentes dédiées à la sauvegarde des bibliothèques, des manuscrits et autres créations de l’esprit avant qu’il ne soit trop tard et qu’il ne leur reste que des lamentations trop souvent hypocrites. La guerre cible d’abord les peuples mais elle est aussi toujours et partout une menace pour les livres, les bibliothèques, et la culture.

Au nom des participants

CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS



* Ne vous faites pas seulement offrir Pambazuka ! Devenez un Ami de Pambazuka et faites un don MAINTENANT pour aider à maintenir Pambazuka LIBRE et INDEPENDANT ! 
http://www.pambazuka.org/fr/friends.php



** Dr. Ebrima Sall est secrétaire exécutif du Codesria ; Prof. Mamadou Diawara est Directeur Point Sud

*** Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur le site de Pambazuka News


Mobilisation pour condamner l’assassinat de Chokri Belaid

2013-02-14

http://pambazuka.net/fr/category/advocacy/86218

L’assassinat de Chokri Belaid en Tunisie vise à faire taire ceux et celles qui luttent pour la dignité, la liberté et la justice sociale, il vise à créer un climat de peur et de haine et faire basculer la Tunisie dans la violence. Les organisations engagées dans les préparatifs du Forum social mondial condamnent

Nous, organisations signataires engagés dans les préparatifs du Forum social mondial qui se tiendra en mars 2013 à Tunis, sommes consternés et révoltés par l’assassinat de Chokri Belaid, leader politique qui a consacré sa vie à lutter pour la démocratie, la liberté et la justice sociale.

Nous exprimons nos condoléances à la famille du défunt, à ses compagnons de lutte, aux démocrates tunisiens, à ses amis, au peuple tunisien pour la perte d’un homme qui n’a eu cesse de les défendre.

Ce crime odieux intervient après deux années du déclenchement des révolutions en Tunisie et dans la région et à moins de deux mois de la tenue du Fsm 2013 à Tunis.

Cet assassinat vise à faire taire ceux et celles qui luttent pour la dignité, la liberté et la justice sociale, il vise à créer un climat de peur et de haine et faire basculer la Tunisie dans la violence.

Un tel acte ne pourra enrayer ni arrêter le processus engagé par les démocrates tunisiens avec qui nous sommes solidaires. Nous sommes convaincus que les forces démocratiques tunisiennes sauront garder la forte et inébranlable conviction et choix de la résolution pacifique des conflits pour parfaire leur processus démocratique.

Nous appelons les autorités tunisiennes à diligenter d’urgence une enquête impartiale pour déterminer les auteurs de cet assassinat et de tout mettre en œuvre pour que cet acte ne reste pas impuni et ne se reproduise plus.

Nous sommes plus que jamais convaincus de la nécessité d’une mobilisation internationale pour la réussite du Fsm 2013 pour en faire un moment fort de soutien au processus démocratique en Tunisie.


CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS



* Ne vous faites pas seulement offrir Pambazuka ! Devenez un Ami de Pambazuka et faites un don MAINTENANT pour aider à maintenir Pambazuka LIBRE et INDEPENDANT ! 
http://www.pambazuka.org/fr/friends.php



*** Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur le site de Pambazuka News





Femmes & genre

Maroc : Les mouvements féministes protestent contre le mariage des mineures

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/wgender/86175

La Coalition Printemps féministe et celle du Printemps de la dignité ont tenu une conférence de presse à Rabat pour appeler à l’annulation immédiate de la proposition de modification de la loi 03.70 approuvée par la Chambre des conseillers et qui vise à réviser les articles 20, 21 et 22 du Code de la famille dans le but de fixer l’âge minimum du mariage à 16 ans. Pour ces associations, cette proposition de revoir l’âge de mariage vient en contradiction avec toutes les lois nationales qui reconnaissent l’âge de la majorité à 18 ans. Une telle modification représenterait même «une violation de la Convention des droits de l’enfant qui a été ratifiée par le Maroc.





Droits humains

Afrique : Mobilisation contre l'excision

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/rights/86151

A l'occasion de la Journée internationale de tolérance zéro face aux mutilations génitales féminines, le 6 février 2013, l'Organisation jeunesse africaine interpelle les jeunes de tous les pays afin qu'ils usent de leur tact et de leur détermination pour protéger les filles et les jeunes femmes et mettre un terme au cycle infernal de leur excision.

http://bit.ly/UFKutX


Algérie : Un pays où l'on peut dire tout et n'importe quoi

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/rights/86166

La prise d'otage d'In Amenas, en Algérie, a laissé de nombreuses questions sans réponse. Mais cela semble la règle dans ce pays où le mot transparence ne veut rien dire. Pour qui suit et essaie de comprendre les affaires algériennes, qu’elles soient politiques, économiques et bien entendu sécuritaires, il y a une réalité saisissante qui s’est encore manifestée après l’attaque du site gazier de Tiguentourine, près d'In Amenas, le 16 janvier 2013. Le constat est simple: quand intervient un événement majeur, on ne sait jamais ce qui se passe exactement. Et, plus grave encore, il est presque certain que l’on ne saura jamais ce qui s’est vraiment passé.

http://bit.ly/11EHobp


Bénin : Seize enfants béninois en partance pour le Nigeria interceptés à Natitingou

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/rights/86169

La police béninoise a intercepté, mercredi 6 février à Natitingou, ville située à environ 500 km au nord-ouest de Cotonou, 16 enfants béninois, dont dix filles et six garçons, en partance pour le Nigeria, où ils seront destinés aux travaux domestiques et aux petits métiers. Ils ont été retournés à leurs parents respectifs, alors que les convoyeurs, au nombre de quatre ont été présentés au procureur de la République du Tribunal de première instance de Natitingou. Le Bénin est considéré depuis quelques années comme une plaque tournante du phénomène du trafic des enfants en Afrique.

http://bit.ly/XBNeF2


Côte d’Ivoire : Le cauchemar se poursuit pour les hommes de Gbagbo

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/rights/86161

Deux semaines après l’arrestation de Charles Blé Goudé, ex-leader des Jeunes du Front Populaire Ivoirien (FPI), la justice ghanéenne vient d’arrêter et d’extrader deux anciens collaborateurs de Laurent Gbagbo. Les anciens collaborateurs de l’ancien président tombent petit à petit dans les filets de la justice. Il s’agit de Jean-Noël Abehi, ex-patron de l’escadron Blindé d’Agban et Jean-Yves Dibopieu, ex-secrétaire général de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire. Le Ghana, pays refuge des anciens amis et ministres de Laurent Gbagbo, a changé de position depuis l’élection, le 7 décembre dernier, du président John Bramani qui souhaite renforcer ses relations avec son homologue Alassane Ouattara.

http://bit.ly/12lwEuh


Egypte : Sécurité renforcée pour des opposants menacés de mort

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/rights/86148

Les autorités égyptiennes ont renforcé la protection de deux figures de l'opposition après la "fatwa" édictée contre eux. Sont notamment visés Mohamed El-Baradei, prix Nobel de la paix, et Hamdine Sabahi, ex-candidat à la présidence. Cette décision a été prise après la publication d'une fatwa par un religieux radical, Mahmoud Chaabane. Ce dernier a appelé à tuer les dirigeants du Front national du salut, principale coalition de l'opposition laïque au président islamiste Mohamed Morsi.

http://f24.my/WZwo4P


Global : Israël stérilisait des immigrantes juives éthiopiennes

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/rights/86181

Après des années de polémique, le ministère israélien de la Santé a reconnu avoir contraint des Éthiopiennes juives à prendre un contraceptif avant de les autoriser à immigrer. Sans les informer des risques. À aucun moment ces immigrantes n'ont été alertées des risques encourus en cas d'usage prolongé du Depo-Provera (ostéoporose et naissances prématurées notamment). Certaines d'entre elles ont préféré ne rien dévoiler à leur époux, de crainte d'éveiller sa colère. Pendant de longues années, l'État hébreu a nié en bloc les accusations portées à son encontre. Secouée par ces révélations, l'Association pour les droits civiques en Israël (Acri) a alors exigé des explications du gouvernement.

http://bit.ly/V1tKeq


Libye : La CPI réclame l'ex-chef des services secrets de Kadhafi

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/rights/86194

La Cour pénale internationale (CPI) a demandé au gouvernement libyen de remettre Abdallah Senoussi, l'ancien chef du renseignement, afin qu'il soit jugé sur des accusations de crimes contre l'humanité, ont rapporté vendredi 8 février les médias locaux. La cour basée à La Haye a également demandé à la Libye de permettre à Ben Emmerson, un avocat britannique désigné par la CPI de défendre Senoussi, qui est également le beau frère du défunt leader Mouammar Kadhafi. Le porte-parole du procureur général libyen Taha Barra, a déclaré que la Libye ne souhaite pas extrader M. Senoussi parce que la justice libyenne est capable de le juger de manière équitable.

http://bit.ly/XhDYHT


Rd Congo : L'ex-milicien Ngudjolo demande l'asile aux Pays-Bas

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/rights/86195

L'ex-chef de milice congolais Mathieu Ngudjolo Chui, acquitté le 18 décembre par la Cour pénale internationale de crimes commis en RDC, a demandé l'asile aux Pays-Bas, où il est détenu dans un centre pour demandeurs d'asile. Il a dès lors été placé en détention dans un centre pour demandeurs d'asile proche de l'aéroport. La Cpi avait acquitté M. Ngudjolo le 18 décembre, l'accusation n'ayant pu prouver qu'il avait dirigé l'attaque d'un village de République démocratique du Congo ayant fait plus de 200 morts en 2003, mais le procureur a interjeté appel.

http://bit.ly/U5hSsm


Rwanda : Kigali menace de fermer la porte aux observateurs du TPIR

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/rights/86152

Kigali a accusé jeudi 7 février le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) de pratiquer « la politique de deux poids, deux mesures », et menacé de chasser les observateurs désignés par cette institution pour faire le monitoring d'une affaire renvoyée devant la justice rwandaise. Le Rwanda exige que la France, à laquelle le TPIR a confié deux affaires fin 2007, fasse également l'objet d'une surveillance de la part du tribunal international. Le TPIR ou, après sa fermeture, le Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI), se réserve le droit de reprendre une affaire transférée à un pays, si les conditions d'un procès équitable ne sont réunies.

http://bit.ly/XxcDOd


Sénégal : Inauguration des chambres extraordinaires qui devront juger Habré

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/rights/86176

Les chambres africaines extraordinaires chargées de juger Hissène Habré au sein du système judiciaire sénégalais ont été officiellement inaugurées le vendredi 8 février 2013 à Dakar. Le procès en tant que tel n'est pas pour tout de suite. Une instruction de 15 mois doit démarrer prochainement. Mais pour les victimes de l'ancien président tchadien - réfugié au Sénégal depuis la chute de son régime en 1990 -, une étape importante est sur le point d'être franchie, après treize ans de feuilleton politico-judiciaire à rebondissements.

http://bit.ly/VPq5xu


Sénégal : Un procès médiatique pour avertir tous les dictateurs africains

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/rights/86177

Le combat de la communication a débuté depuis longtemps autour de l’affaire Hissène Habré. Les choses s’emballent avec la cérémonie de lancement, le 8 février, des activités des Chambres africaines extraordinaires créées au sein des juridictions sénégalaises, pour juger Habré. C’est le même jour choisi par le Comité de Pilotage du Comité international pour le jugement équitable de Hissène Habré pour faire face à la presse sénégalaise. Tension entre des journalistes et des intervenants au cours de ce point de presse montre déjà des perspectives houleuses autour de ce procès.

http://bit.ly/126l0YI


Sénégal : Une justice malade

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/rights/86200

La justice sénégalaise n'en finit pas de se démener comme un beau diable et tente de reprendre la main. Objectif principal : faire oublier ses manquements liés aux actes qu'elle avait posés, ou omis de poser, quand l'ancien régime d'Abdoulaye Wade poussait des membres de ce (naguère) prestigieux corps à prendre des décisions douteuses au plan juridique et surtout moral. Dans ce contexte d'alors, encore présent dans les mémoires, certains d'entre eux avaient même validé, contre toute norme éthique, la candidature à un troisième mandat de l'autocrate déclinant.

http://bit.ly/126m6Ux





Réfugiés & migration forcée

Afrique : 18 Burkinabè expulsés de Guinée équatoriale

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/refugees/86171

Quelque 250 étrangers viennent d'être expulsés de Guinée équatoriale. Parmi eux, 18 burkinabè ont été déversés dans la ville de Kye-ossi frontalière avec le Cameroun, le Gabon et la Guinée Equatoriale. Les ressortissants camerounais et Ouest africains résidant en Guinée-Equatoriale sont pourchassés depuis quelques jours par la police qui les soupçonne d'être responsables du décès d'une dame. Les victimes affirment que les autorités Équato-guinéennes disent qu'ils sont entrés dans leur pays de façon illégale en passant par la ville camerounaise. Une position que ne partagent pas les refoulés dont la majorité avouent être entrée en Guinée par avion en provenance de leur pays d'origine, munis de leurs papiers.

http://bit.ly/WTgpEl


Global : De Tunis à Rome, l'odyssée des familles de migrants pour la vérité

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/refugees/86165

En 2011, 236 jeunes migrants clandestins tunisiens disparaissent près de l'île italienne de Lampedusa. Convaincus qu'ils sont arrivés sains et saufs en Europe, leurs familles se sont lancées sur leurs traces. Comme des dizaines de milliers de Tunisiens —24.769 migrants en provenance de Tunisie ont débarqué à Lampedusa entre janvier et juillet 2011, selon le ministère italien de l’Intérieur— ils n’ont plus jamais donné de nouvelles.

http://bit.ly/XRbaUV


Global : Un réseau de faussaires algériens démantelé en France

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/refugees/86168

Moyennant 2000 à 4000 euros, plusieurs jeunes Algériens ont réussi à atteindre le sol français et nombre d’autre pays européens grâce à de vraies fausses cartes d’identité françaises qu’ils ont pu obtenir auprès d’un réseau de faussaires nationaux établis dans l’hexagone depuis des années. Identifiés puis localisés à Paris, dans le Val-de-Marne, Ivry-sur-Seine et Vitry-sur-Seine, ces derniers ont été interpelés par la police. Parmi les interpellés, l’organisateur du réseau et le «transporteur».

http://bit.ly/VaD8w9


Libye : La longue marche des travailleurs illégaux subsahariens

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/refugees/86186

Les Africains subsahariens continuent d'arriver en masse en Libye pour travailler. Pourtant, les Noirs sont toujours considérés comme des anciens mercenaires à la solde de Kadhafi. L’ancien guide ouvrait ou fermait le robinet migratoire au gré de ses relations avec l’Occident. Kadhafi n’est plus, mais les raisons de l’immigration des Africains du Ghana, du Nigeria, du Niger ou encore du Tchad sont les mêmes: pauvreté et insécurité. Et la Libye, avant comme après la révolution, continue de représenter un eldorado financier. Une journée complète de travail peut rapporter jusqu’à 50 dinars (environ 30 euros), mais ces journées se font rares depuis la fin de la révolution, car beaucoup de chantiers restent au point mort.

http://bit.ly/YR09nr


Rd Congo : Le nombre de réfugiés fuyant la Centrafrique augmente

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/refugees/86188

Le jeudi 7 février, 2.325 personnes, dont 172 hommes, 347 femmes et 1.806 enfants, ont quitté par bateau la localité centrafricaine de Mobay-Mbonga pour regagner celle congolaise de Mobay-Mbongo. Mobay-Mbanga est une localité proche de plusieurs positions du mouvement rebelle Séléka, et notamment de Bambari, une ville stratégique aurifère du centre de la Centrafrique. D'après le commissaire du Nord-Ubangi, qui partage 800 kilomètres de frontière avec la Centrafrique, les tirs de jeudi ont rapidement cessé mais c'est plutôt la peur de l'inconnu" qui a poussé les habitants à trouver refuge en Rdc, chez des proches ou des religieuses.

http://bit.ly/14XBdPJ





Elections & gouvernance

Algérie : Un scrutin décrédibilisé et entaché de fraude

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/elections/86167

La Commission nationale indépendante de surveillance des élections locales (Cnisel) a rendu, enfin, son rapport. Un rapport signé par une quarantaine de partis, exception faite de quelques formations qui ont émis des réserves quant à certains points. Presque 3 mois après la tenue de ces élections, la commission que préside Mohamed Seddiki du parti AHD54, relève une cinquantaine de dépassements qui dépassements entachent le scrutin d’une fraude massive et enlèvent toute crédibilité et transparence au processus.

http://bit.ly/VPpRXc


Bénin : Le silence approbateur de la classe politique

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/elections/86170

Au Bénin, on a l’impression que la classe politique a la queue dans les jambes. Pour ne pas dire qu’elle est en train de perdre ses repères, elle observe un silence inquiétant sur des sujets d’actualité qui l’auraient pu l’approcher un peu plus du peuple. Tout d’abord, il y a le problème de l’incertitude sur la tenue à bonne date des prochaines élections communales et municipales. En dehors de la guerre entre opposants et mouvanciers à l’Assemblée nationale autour du nombre de postes du Comité d’orientation de supervision (Cos) de la Lépi, aucun parti politique ne se préoccupe de la question.

http://bit.ly/Z57rYK


Centrafrique : La rébellion participera au gouvernement d'union nationale

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/elections/86163

La coalition rebelle du Séléka a finalement décidé de participer au gouvernement d'union nationale en Centrafrique, formé après les accords de paix qui ont mis fin le mois dernier à son offensive contre le pouvoir du président François Bozizé, a déclaré mercredi 6 février un de ses dirigeants, le général Mohamed Moussa Dhaffane. Depuis l'annonce de la composition de la nouvelle équipe dirigée par l'opposant Nicolas Tiangaye, la rébellion hésitait sur l'attitude à adopter. Elle accuse notamment le président Bozizé de ne pas avoir joué le jeu en ayant réussi à obtenir des ministres délégués fragilisant le pouvoir de chaque ministre.

http://bit.ly/Y4rkZ8


Côte d’Ivoire : Des surprises attendent les candidats aux municipales et régionales

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/elections/86174

Depuis le 10 janvier dernier, suite au retard accusé par les postulants au dépôt des dossiers de candidature, la date des élections municipales et régionales de Côte d’Ivoire, a été reportée sine die. Ni les candidats, ni même la Commission électorale indépendante), ne savent la nouvelle date du scrutin. En attendant, des surprises attendent les candidats. « Qui veut aller loin ménage sa monture », dit l’adage. Mais si l’on ne sait pas qu’on va loin, ou alors si l’itinéraire initialement tracé semblait plus court, comment peut-on prendre la peine de ménager sa monture ?

http://bit.ly/12FUW6G


Kenya : Risques de violences "dangereusement élevés"

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/elections/86189

Selon Human Rights Watch, "les causes sous-jacentes de la violence électorale passée restent présentes et, dans certaines parties du pays, les tensions se sont accrues" conduisant le Kenya "vers une autre élection où le risque de violences et de violations des droits de l'Homme demeure dangereusement élevé". "La violence n'est pas inévitable, mais les signaux d'alerte sont trop lumineux pour pouvoir être ignorés", a insisté le directeur Afrique de Hrw dans un communiqué. Selon l'ONG, le gouvernement kényan "ne s'est pas attaqué aux racines de la violence politique passée, telles les abus et la corruption de la police, les hommes politiques attisant les tensions inter-ethniques et la quasi-totale impunité des auteurs de crimes graves".

http://bit.ly/VIy3sc


Madagascar : Demande à l'UA de lever des sanctions contre 109 personnalités

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/elections/86154

En mars 2010, l'UA a pris des sanctions à l'encontre du président de la transition malgache Andry Rajoelina et d'autres personnalités malgaches de la transition portant sur le refus de visas, le gel des avoirs dans les établissements bancaires extérieurs et le refus d'accréditation à des réunions internationales, pour "entrave au processus de sortie de crise". Dans un communiqué, la présidence de la transition malgache demande à la Commission de l'Union d’appeler à une réunion pour "évaluer la situation et prendre les mesures requises".

http://bit.ly/VPblDW


Madagascar : L'indépendance de la CENIT saluée par les observateurs

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/elections/86158

L'indépendance de la Commission électorale nationale indépendante pour la transition (CENIT), dans sa décision d'actualiser le calendrier électoral malgache, a été saluée par les observateurs politiques malgré les critiques. Cette décision de révision a été prise pour tenir compte des retards enregistrés dans la mise en place de la machinerie pré-électorale et des conditionnalités de mise en oeuvre du Programme d'appui au cycle électoral à Madagascar (PACEM) et notamment du respect des délais légaux imposés par le code électoral malgache. La date du premier tour de la présidentielle est désormais fixée au 24 juillet 2013, le deuxième tour de la présidentielle et les élections législatives auront lieu le 25 septembre et les élections communales le 23 octobre 2013.

http://bit.ly/126kj1L


Sénégal : Dakar renoue avec l'Iran d'Ahmadinejad

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/elections/86164

Entre Macky Sall et Mahmoud Ahmedinejad une ligne directe est de nouveau installée. Les deux présidents sénégalais et iranien ont décidé, le 6 février au Caire, en Égypte, de rétablir les relations diplomatiques entre le Sénégal et l’Iran, rompues il y a deux ans, et de rouvrir leurs ambassades respectives à Dakar et à Téhéran. Le gouvernement sénégalais avait rompu ses relations diplomatiques avec l’Iran, en février 2011. Cette décision faisait suite à la fameuse cargaison d’armes découverte au Nigeria en octobre 2010, qui devait parvenir aux indépendantistes du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance, en transitant par la Gambie, selon les autorités sénégalaises.

http://bit.ly/11rPepH


Tunisie : Le Premier ministre annonce la formation d'un gouvernement de technocrates

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/elections/86155

Le Premier ministre tunisien Hamadi Jebali a annoncé la formation d'un gouvernement de technocrates "sans appartenances politiques". Une décision qui intervient dans un contexte de crise suscitée par l'assassinat de l'opposant Chokri Belaïd le 5 février 2013. Selon lui, cette décision était arrêtée avant cet assassinat. Jebali ne fixe cependant pas de date pour l’annonce de la liste des nouveaux ministres, laquelle devra être confirmée par l'Assemblée nationale constituante. Depuis des mois, la troïka au pouvoir ne parvenait pas à s’entendre sur la distribution des ministères régaliens.

http://bit.ly/11B6CII


Zimbabwé : 600.000 dollars pour célébrer l’anniversaire de Mugabe

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/elections/86190

Des sources proches du gouvernement zimbabwéen ont indiqué, jeudi à 7 février à Harare, que les actions visant à rassembler les fonds requis pour l’anniversaire du président qui doit être célébré le 23 février au stade Chipadze de Bindura sont actuellement en cours dans les dix provinces du pays. L’anniversaire qui sera célébré sous le thème ‘’La Jeunesse pour l’indigénisation, l’autonomisation, le développement et la création d’emplois » devrait mobiliser quelque 60.000 personnes et coûter 600 000 dollars. Mugabe est âgé de 88 ans.

http://oran.ge/Y5SXCW





Développement

Afrique : Les Africains paient cher les envois d'argent

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/development/86172

Quelque 30 millions d’émigrés africains ont envoyé une valeur de 60 milliards de dollars à 120 millions de bénéficiaires au cours de l’année 2012, selon la Banque mondiale (BM) qui souligne toutefois le coût onéreux de ces transferts d’argent sur le continent. La BM invite les décideurs et les opérateurs à ramener le coût des transferts à 5% du montant transféré par rapport au niveau moyen actuel de 12,4% afin de «restituer 4 milliards de dollars aux migrants africains et à leurs familles». «Le coût de ces transferts est tel que les sommes envoyées n’ont pas tout l’impact qu’elles pourraient avoir», estime l’institution financière internationale qui note qu’en Afrique, les ménages dépendent de cet argent pour leur survie, leur santé, leur éducation et leur quotidien.

http://bit.ly/XBNjIM


Burkina Faso : Désormais exportateur minier de poids

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/development/86184

Trois ans après avoir détrôné le coton à la place du premier produit d’exportation du Burkina Faso, l’or vient de conforter sa place avec une production s’élevant à 30 tonnes au cours de l’année dernière. Selon un communiqué de la primature, l’exportation de l’or a rapporté au pays près de 1,5 milliards de dollars. Ainsi, le métal précieux représente aujourd’hui 5% de la richesse nationale du pays. Le Burkina s’impose progressivement comme un exportateur minier à ne pas négliger. Il y a moins de 15 ans, Ouagadougou peinait à entrevoir la tonne de production sur l’année et aujourd’hui cette production connaît une croissance fulgurante.

http://bit.ly/VaDtiD


Maroc : 133 entreprises fermées et 8.232 travailleurs licenciés en 2012

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/development/86193

133 entreprises marocaines ont été fermées, 101 opérations de compressions d'effectifs et 8.232 travailleurs ont été licenciés entre janvier 2011 et septembre 2012 sous l'effet de la crise économique qui a touché le Maroc, selon le ministère marocain de l'Emploi et de la Formation professionnelle. Les fermetures d'entreprises ainsi que les compressions d'effectifs ont touché surtout les petites structures appartenant au secteur de l'industrie du textile et cuir et les services, ajoute la même source.

http://bit.ly/X2agnu


Maroc : Début de chantier pour le plus grand parc éolien d'Afrique

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/development/86182

L'énergéticien français GDF Suez vient d'annoncer le lancement de la construction du parc éolien de Tarfaya au Maroc, d'une puissance de 300 MW. Ce projet, le plus vaste dans l'éolien en Afrique, est développé dans le cadre d'un partenariat avec la société marocaine Nareva. Inquiet de la dégradation économique sur ses marchés traditionnels, le groupe français veut consacrer une part grandissante de ses investissements aux pays à forte croissance. Ces derniers devraient représenter 40 à 50% du budget d’investissement du groupe, contre environ un tiers actuellement.

http://bit.ly/YR03fN





Éducation

Gabon : Grève illimitée dans l'enseignement supérieur pour les salaires

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/education/86197

Les enseignants du supérieur du Gabon, qui réclament une revalorisation de leurs salaires, ont entamé une grève illimitée lundi 4 février, a annoncé le président du Syndicat national des enseignants et chercheurs gabonais. Leur revendication porte sur la revalorisation des salaires des enseignants du supérieur. Selon le président du syndicat, "le mouvement est actuellement suivi par quasiment 100% " des 1140 enseignants et chercheurs de l'enseignement supérieur au Gabon.

http://bit.ly/WVe5xl


Mali : Les élèves reprennent les cours

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/education/86160

Les écoles étaient fermées depuis le 10 janvier dernier à Gao, début de l'offensive rebelle vers le sud du Mali. La ville a souffert de 10 mois d'occupation par des groupes armés qui avaient imposé une application radicale de la sharia, la loi islamique. Une bonne partie de ses 70.000 habitants l'avaient quittée. Le lundi 4 février, les établissements scolaires publics et privés ont commencé à recevoir à nouveau les élèves, même si beaucoup d'entre eux ne sont toujours pas revenus en ville.

http://bbc.in/Vz2HUK





Environnement

Afrique du Sud : Un pêcheur condamné à un an de prison pour le meurtre d’un requin blanc

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/environment/86198

Une première historique pour la justice sud-africaine : un homme fut condamné à un an de prison ferme pour avoir abattu un grand requin blanc, une espèce protégée en Afrique du Sud. Depuis l’instauration de la loi en 1992 interdisant le braconnage des grands requins blancs en Afrique du Sud, jamais personne n’avait été interpellé. C’est seulement ce lundi 4 février que la justice a tranchée et à appliquer strictement la loi. Actuellement, on ne dénombre plus que 1 200 grands requins blancs aux larges des côtes sud-africaines, c’est une menace extrêmement menacée à cause des pêcheurs qui vendent la peau, la chair, les dents ainsi que l’huile de foie du requin.

http://bit.ly/126m1Ae


Côte d’Ivoire : Le Probo koala, détruit

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/environment/86173

Le cargo à l'origine du déversement de déchets toxiques à Abidjan en 2006, et qui avait causé la mort de plusieurs centaines de personnes, selon la justice ivoirienne, "va être détruit très prochainement en Chine". Le cargo à l'origine du déversement de déchets toxiques à Abidjan en 2006, et qui avait causé la mort de plusieurs centaines de personnes, selon la justice ivoirienne, "va être détruit très prochainement en Chine". En décembre 2011, la Cour d'appel d'Amsterdam avait, en appel, condamné Trafigura, estimant que l'affréteur avait "manqué à son obligation de révéler le caractère dangereux des déchets" et avait "exporté illégalement les déchets vers la Côte d'Ivoire".

http://bit.ly/XVz4i5


Gabon : 11.000 éléphants tués depuis 2004

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/environment/86157

"Plus de 11.000 éléphants ont été tués depuis 2004" dans le seul parc national de Minkébé (nord Gabon), selon un communiqué de la Wildlife conservation society (WCS). Le 22 janvier, les autorités gabonaises avaient saisi 170 kg d'ivoire dans le port de Libreville, qui devaient être convoyés au Bénin." Avec le prix de l'ivoire qui ne cesse d'augmenter chaque année sur le marché noir asiatique - plus de 1.000.000 FCFA (1.500 euros) le kilo actuellement - le pays, devient la cible de tous les braconniers de la pire espèce en Afrique centrale", soulignait alors un communiqué de la présidence.

http://bit.ly/YlFaHp


Gabon : Le nouveau repaire pour les braconniers d'éléphants

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/environment/86196

Le Gabon, qui accueille plus de la moitié des éléphants de forêt d'Afrique et avait la réputation d'être un pays «stable» pour la faune sauvage, est devenu une nouvelle cible des réseaux de braconniers avec le massacre d'environ 20.000 pachydermes en 10 ans. Depuis 2004, 11.000 pachydermes ont été tués dans le seul parc national de Minkébé (extrême nord) et «environ 10.000 autres» ont disparu dans le reste du pays. Le Gabon, qui représente 13% de la forêt tropicale africaine, accueille plus de la moitié des éléphants de forêt d'Afrique (plus petits que ceux de savane), dont la population totale est estimée à environ 80 000.

http://bit.ly/126mXjc


Sierra Leone : L’extraction du sable menace les habitations et l’économie

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/environment/86180

L’extraction effrénée du sable sur les plages situées à quelques kilomètres de la capitale de Sierra Leone, Freetown, a un effet dévastateur sur le littoral, détruisant les habitations et réduisant à néant les espoirs d’un retour du tourisme. Le directeur de l’Agence pour la protection de l’environnement de Sierra Leone, s’inquiète de la vitesse à laquelle les plages sont vidées de leur sable.

http://bit.ly/VPc0Wa





Justice Alimentaire

Afrique : Les négligences qui minent le secteur agricole

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/food/86183

Près de 40% de la population africaine habite désormais les villes et pourtant plus de 60% de la population active en Afrique travaille et vit de la terre. Environ 34% de la valeur ajoutée sur le continent concerne le secteur agricole. Aussi, le continent noir importe en moyenne pour près de 50 milliards de dollars en nourriture chaque année. Cette somme représente l’équivalent de l’aide publique au développement que reçoit le continent. Jusque là, les dirigeants africains ainsi que les bailleurs de fonds internationaux ont longtemps négligé l’industrie agricole de l’Afrique. Le manque à gagner socio-économique de cette négligence reste considérable. Sur les 30 dernières années, la production alimentaire a connu une maigre croissance d’à peine 0.06%, tandis que les importations de nourriture affichent une croissance d’environ 3,4%.

http://bit.ly/WZgk3h


Rd Congo : Près de 3,5 millions de personnes en insécurité alimentaire dans le Sud-Kivu

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/food/86156

Selon une enquête menée conjointement fin 2012 par le ministère provincial de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Elevage, le Programme alimentaire mondial et l'Organisation des Nations unies pour l'Alimentation et l'Agriculture, quelques 3,5 millions de personnes sont en insécurité alimentaire dans la province du Sud- Kivu, a indiqué mercredi 6 février le chargé de l'Information publique du Bureau de la Coordination des Affaires humanitaires. Au cours de cette année, la communauté humanitaire a besoin d'environ 892 millions de dollars afin de répondre efficacement aux besoins de la population vulnérable.

http://bit.ly/12lwiDO





Média & liberté d'expression

Somalie : RSF envoie une lettre ouverte au Premier ministre

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/media/86179

Le 7 février 2012, Reporters sans frontières a adressé une lettre ouverte au Premier ministre de Somalie, Abdi Farah Shirdon. L’organisation demande la dépénalisation des délits de presse et la protection des journalistes. Avec 18 journalistes tués en 2012, la Somalie est le pays le plus meurtrier d’Afrique pour les journalistes. La Somalie a perdu onze places au classement 2013 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, et se positionne désormais en 175e position, sur 179 Etats.

http://bit.ly/11SVTbM





Conflits & urgences

Global : Comment la France a payé Aqmi pour libérer ses otages

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/conflict/86185

Dix-sept millions de dollars. C’est la rondelette somme qu’a déboursé la France pour la libération de ses otages au Sahel en 2010. Dans une interview exclusive accordée à iTélé le 8 février, l’ex-ambassadrice des Etats-Unis à Bamako, Vicki J. Huddleston a lâché le morceau. Le gouvernement français n’a jamais reconnu avoir négocié avec les terroristes d’Aqmi. Mais la diplomate assure que si les Etats-Unis et la Grande Bretagne ne paient jamais de rançon, d’autres pays comme l’Allemagne ou la France y ont recours. Et de poursuivre : «Les rançons, comme toutes les rançons, ont été payées indirectement. Elles ont terminé entre les mains du gouvernement malien et ensuite elles sont retournées, du moins une partie, aux salafistes. (…) Je suppose que la plupart des gens étaient au courant, notamment l'Algérie».

http://bit.ly/12AnKNX


Global : Retrait des troupes françaises du Mali dès mars

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/conflict/86162

D'après le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, les forces françaises engagées dans l'opération Serval - lancée le 11 janvier - commenceront à plier bagage à partir du mois du mars. «La France n'a pas vocation à rester durablement au Mali. Ce sont les Africains et les Maliens eux-mêmes qui doivent être les garants de la sécurité, de l'intégrité territoriale et de la souveraineté de ce pays», a répété le ministre, évoquant un « passage de relais » à la Misma, la force ouest-africaine pour le Mali.

http://bit.ly/14Ri9Cv


Global : Washington critique la politique anti-terroriste de la France

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/conflict/86147

L’ancienne ambassadrice américaine au Mali de 2002 à 2005, Vicki J. Huddleston a affirmé que la France aurait payé une rançon de 17 millions de dollars à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) pour faire libérer quatre otages français capturés en 2010 au Niger. Le problème est qu’ils n’ont toujours pas été libérés et seraient même actuellement détenus dans les zones montagneuses du Nord-Mali. Contactés, plusieurs spécialistes du Mali expliquent les contradictions d’une telle information.

http://bit.ly/XBLzPV


Mali : Bamako s’oppose à l'envoi d'une force onusienne

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/conflict/86159

Le ministre malien des Affaires étrangères rejette l’idée d’envoyer des forces onusiennes au Mali. Tiéman Coulibaly réagit ainsi aux propos du vice-président américain Joe Biden favorable à la constitution d'une force de maintien de la paix pour le Mali sous l'autorité des Nations Unies. Selon lui, ‘’le Mali n’a pas de conflit post-électoral, nous n’avons pas de guerre civile, nous avons simplement des forces narco--djihadistes qui ont décidé de détruire notre république’’. Les casques bleus sont des forces d’interposition. Tiéman Coulibaly ne voit pas la nécessité de déployer une force entre les Maliens.

http://bbc.in/Xe84Kq


Mali : Dans la maison du djihadiste Mokhtar Belmokhtar

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/conflict/86192

C'est le terroriste le plus recherché du continent africain. Mokhtar Belmokhtar, "l'émir du Sahel ", a pendant près d'un an imposé aux Maliens du Nord sa vision de la "charia totale". C'est lui, aussi, qui a revendiqué, le 16 janvier, la sanglante prise d'otages en Algérie. Enquête à Gao, la ville où il avait établi son quartier général.

http://bit.ly/UObdEy


Mali : Gao dans la peur des attentats-suicide

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/conflict/86153

A Gao, les lendemains de fête sont difficiles. Après avoir été libérée le 26 janvier, la grande ville du nord-est malien vit désormais dans la peur des attaques isolées. Vendredi 8 février, à l’aube, un kamikaze armé d’une ceinture d’explosifs et se déplaçant en moto a commis un attentat-suicide au niveau d’un check-point gardé par des soldats maliens, à l’entrée nord de la ville. Le kamikaze, dont le corps a été déchiqueté, est mort. Cet attentat (le premier depuis le début de l’intervention française au Mali) a été revendiqué par le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao). Depuis, les habitants de la ville s’inquiètent.

http://bit.ly/12FTHVj


Nigeria : Neuf personnes abattues dans des cliniques où on vaccinait contre la polio

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/conflict/86187

Neuf personnes ont été tuées dans deux attaques distinctes menées par des hommes armés contre deux dispensaires où des personnels chargés de l'immunisation contre la polio se préparaient à sortir pour mener une campagne de vaccination. Un responsable religieux local avait dénoncé les campagnes de vaccination et plusieurs programmes de radios locales ont répété les théories selon lesquelles les vaccinations sont un complot de l'Occident pour nuire aux musulmans. Depuis 2003, la ville de Kano est particulièrement frappée par le virus de la polio en raison notamment de la suspension pendant 13 mois du programme d'immunisation.

http://bit.ly/14XBe62


Tunisie : Qui se cache derrière les ligues de protection de la révolution ?

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/conflict/86191

Milices islamistes issues des comités de quartier de l'après-Ben Ali, les ligues de protection de la révolution sont à nouveau accusés d'attiser la montée de la violence politique en Tunisie, au lendemain du meurtre de l'opposant Chokri Belaïd. Au lendemain du meurtre par balle de l'opposant Chokri Belaïd, figure du Front populaire tunisien, et à l'orée d'une nouvelle crise politique, les regards se tournent vers ces milices islamistes. Si les commanditaires de l'assassinat demeurent inconnus, les opposants au pouvoir accusent les ligues d'alimenter la violence politique en Tunisie. Et de servir de bras armé à Ennahda, le parti au pouvoir.

http://bit.ly/11Psorl


Rd Congo : Un Kabila veut chasser un autre

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/conflict/86178

Les 19 ressortissants congolais arrêtés le mardi 5 février 2013 dans la province de Limpopo, en Afrique du Sud, et identifiés comme des rebelles impliqués dans les préparatifs d’un coup d’Etat en République Démocratique du Congo, ont comparu hier jeudi 7 février devant un tribunal de Pretoria. Mais, la grande surprise du jour, c’était d’apprendre que le cerveau-moteur du complot visant le renversement des institutions politiques en République Démocratique du Congo n’est personne d’autre qu’Etienne Kabila Taratibu. Ce dernier, rappelle-t-on, a toujours revendiqué le statut de fils aîné de Mzee Laurent Désiré Kabila, le défunt père de l’actuel chef de l’Etat, Joseph Kabila, et ancien président de la République.

http://bit.ly/Xxd5w4





Internet & technologie

Niger : Le pays pourrait être coupé du reste du monde

2013-02-11

http://pambazuka.net/fr/category/internet/86199

Le Niger pourrait être coupé du reste du monde dans les prochains jours en raison d'un contentieux financier avec Intelsat, le premier fournisseur mondial de services par satellite. Selon une source proche du dossier, Intelsat réclame a l'Etat du Niger le paiement d'une facture de 7 millions de dollars. Intelsat aurait donc mis en demeure le Niger pour apurer sa créance, faute de quoi " les communications vers l'extérieur " du Niger seront suspendus.

http://bit.ly/U5hdHz





Cours, séminaires, & ateliers

Colloque francophone international sur les inégalités sociales de santé en Afrique

2013-02-14

http://pambazuka.net/fr/category/courses/86216

Un colloque francophone international sur les inégalités sociales de santé en Afrique, « quelles stratégies contre les inégalités et iniquités de santé en Afrique et dans les pays en développement ? » se tiendra du 21 mai au 23 mai 2013 à Dakar au Sénégal. Ce colloque est à l’initiative de l’ONG sénégalaise Action et Développement et de partenaires internationaux.
Ce colloque a lieu dans une période où la lutte contre les inégalités sociales de santé pour plus d’équité en santé constitue une priorité de santé publique partout dans le monde et particulièrement en Afrique francophone.

www.colloqueiss2013.org





/\/\//\/\/\//\/\/\//\/\/\//\/\/\//\/\/\//\/\/\//\/\/\//\/\/\//\


Fahamu – Réseaux pour la Justice Sociale
www.fahamu.org/

© Sauf indication contraire, tous les contenus publiés ici le sont avec autorisation sous les termes de la licence « Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Pas de Modification 3.0 Unported »

Pambazuka News, le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique. Il fournit des commentaires et des analyses approfondies sur la politique, les sujets d’actualité, le développement, les droits humains, les réfugiés, les questions de genre et la culture en Afrique.

Pour nous lire sur Internet, consultez le site www.pambazuka.org

Si vous ne souhaitez plus figurer sur la liste de nos abonnés, veuillez écrire à editor@pambazuka.org et votre adresse sera aussitôt retirée.

Pour les détails supplémentaires: www.pambazuka.org/fr/about.php

Pambazuka news peut être visionné en ligne: www.pambazuka.org/fr/

Le RSS est disponible sur www.pambazuka.org/fr/newsfeed.php

Pambazuka News est publié grâce au soutien d’un certain nombre de bailleurs de fonds dont les coordonnées peuvent être obtenues en passant par l’adresse www.pambazuka.org/fr/about.php

Pour VOUS ABONNER ou VOUS DESABONNER, allez sur:
pambazuka.gn.apc.org/cgi-bin/mailman/listinfo/pambazuka-news-fr

ou envoyez un message à editor@pambazuka.org avec le mot ABONNER ou DESABONNER dans la case réservée à l’objet selon le cas.

Les points de vue exprimés ici sont ceux des auteurs eux-mêmes et ils ne représentent pas nécessairement ceux de Pambazuka News ou Fahamu.

ISSN 1753-6847

ISSN 1753-6839 Pambazuka News English Edition http://www.pambazuka.org/en/

ISSN 1753-6847 Pambazuka News en Français http://www.pambazuka.org/fr/

ISSN 1757-6504 Pambazuka News em Português http://www.pambazuka.org/pt/

© 2009 Fahamu - http://www.fahamu.org/