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La verite cover La vérité aux puissants
Une sélection de cartes postales panafricaines

Tajudeen Abdul-Raheem

La mort prématurée du Dr Tajudeen Abdul-Raheem, le jour de la commémoration de la Libération de l'Afrique 2009, a frappé de stupeur le monde panafricain. Cette sélection de cartes postales panafricaines montre quel brillant orfèvre des mots il fut.

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PUBLIÉ PAR FAHAMU

FahamuPambazuka News (Pambazuka signifie levez-vous ou réveillez-vous en Kiswahili) est un outil pour le changement social progressif en Afrique. Pambazuka News est produit par Fahamu, une organisation qui utilise les technologies de la communication et de l’information pour couvrir les besoins des organismes et des mouvements sociaux qui aspirent à un changement social progressif.

Surveillance de l’UA

Ce site a été établi par Fahamu dans le but de réguliérement fournir des informations sur ce qui se passe au sein de l’Union Africaine. Dans l’immédiat, nous téléchargerons réguliérement des informations depuis le sommet de Khartoum à partir du 26 janvier 2006.
Visitez le site de Surveillance de l'Union

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Food Rebellions! Food Rebellions! Crisis and the hunger for justice Eric Holt-Giménez & Raj Patel.

Food Rebellions! takes a deep look at the world food crisis and its impact on the global South and under-served communities in the industrial North. While most governments and multilateral organisations offer short-term solutions based on proximate causes, authors Eric Holt-Giménez and Raj Patel unpack the planet's environmentally and economically vulnerable food systems to reveal the root causes of the crisis.

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Pambazuka News 263 : Logique de guerre et désastre pour le Mali - Accaparement des terres et résistance

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Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Chroniques, 2. Plaidoyers & campagnes, 3. Arts & livres, 4. Femmes & genre, 5. Droits humains, 6. Réfugiés & migration forcée, 7. Elections & gouvernance, 8. Corruption, 9. Développement, 10. Santé & VIH/SIDA, 11. Éducation, 12. Racisme & xénophobie, 13. Média & liberté d'expression, 14. Conflits & urgences, 15. Internet & technologie




Sommaire de cette édition

CHRONIQUE : Femmes du Mali : Disons «Non !» à la guerre par procuration.
PLAIDOYERS & CAMPAGNES : Lettre de footballeurs à l'Uefa : Contre la tenue de l'Euro 2013 Espoirs en Israël
DROITS HUMAINS : Algérie : Une brigade pour traquer les grosses fortunes.
REFUGIES ET MIGRATION FORCEE : Erythrée : Viols, kidnappings et torture, le prix à payer pour quitter le pays.
ELECTIONS ET GOUVERNANCE : Afrique : Le Niger et le Nigéria font «patrouilles communes».
CORRUPTION : Global : Dubaï collabore avec le Sénégal dans la traque des biens mal acquis.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Mise en garde contre un abandon «précipité» du franc Cfa.
SANTE ET VIH SIDA : Afrique : Un vaccin antipaludique efficace chez les nourrissons.
EDUCATION : Sénégal : L’université de Dakar dans l’œil du cyclone.
LGBTI : Nigéria : Projet de loi contre l’homosexualité.
TERRE ET DROITS FONCIERS : Afrique : 70% des Africains de l’ouest vivent dans des taudis.
MEDIAS ET LIBERTE D’EXPRESSION : Burundi : Prison à vie requise en appel contre un journaliste.
CONFLITS ET URGENCE : Afrique : Les insinuations du président du Niger sur la crise malienne.




Chroniques

Femmes du Mali : Disons «Non !» à la guerre par procuration

Aminata Traoré et Nathalie M’dela-Mounier

2012-12-04

http://pambazuka.net/fr/category/features/85674

De la situation dramatique du Mali, il ressort une réalité terrible qui se vérifie dans d’autres pays en conflit : l’instrumentalisation des violences faites aux femmes pour justifier l’ingérence et les guerres de convoitise des richesses de leurs pays. Les femmes africaines doivent le savoir et le faire savoir.

Femmes du Mali : Disons «Non !» à la guerre par procuration

” Le poisson se trompe s’il croit que le pêcheur est venu pour le nourrir.” Karamoko Bamba (Mouvement Nko)

“Nous ne voulons plus qu’on ignore que, sous nos foulards colorés, nous ne dissimulons pas seulement, d’un geste rapide, les serpents indomptés de nos noires ou blanches chevelures tressées, serrées, mais des idées.” L’Afrique mutilée.“


Autant l’amputation du Mali des deux tiers de son territoire et l’imposition de la charia aux populations des régions occupées sont humainement inacceptables, autant l’instrumentalisation de cette situation, dont le sort réservé aux femmes, est moralement indéfendable et politiquement intolérable.

Nous avons, de ce fait, nous femmes du Mali, un rôle historique à jouer, ici et maintenant, dans la défense de nos droits humains contre trois formes de fondamentalisme : le religieux à travers l’islam radical, l’économique à travers le tout marché, le politique à travers la démocratie formelle, corrompue et corruptrice.

Nous invitons toutes celles et tous ceux qui, dans notre pays, en Afrique et ailleurs, se sentent concernés par notre libération de ces fondamentalismes à joindre leurs voix aux nôtres pour dire “Non” à la guerre par procuration qui se profile à l’horizon. Les arguments suivants justifient ce refus.

LE DENI DE DEMOCRATIE

La demande de déploiement de troupes africaines au nord du Mali, transmise par la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et l’Union Africaine (Ua) aux Nations Unies, repose sur un diagnostic délibérément biaisé et illégitime. Il n’est fondé sur aucune concertation nationale digne de ce nom, ni au sommet, ni à la base. Ce diagnostic exclut par ailleurs la lourde responsabilité morale et politique des nations, celles qui ont violé la résolution 1973 du Conseil de Sécurité en transformant la protection de la ville libyenne de Ben Ghazi en mandat de renverser le régime de Mouammar Kadhafi et de le tuer. La coalition des séparatistes du Mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla), de Al Qaeda au Maghreb Islamique (Aqmi) et de ses alliés qui a vaincu une armée malienne démotivée et désorganisée doit également cette victoire militaire aux arsenaux issus du conflit libyen.

Le même Conseil de Sécurité va-t-il approuver, dans les jours à venir le plan d’intervention militaire que les chefs d’Etat africains ont approuvé en prétendant corriger ainsi les conséquences d’une guerre injuste par une guerre tout aussi injuste ? Marginalisée et humiliée dans la gestion de la crise “libyenne”, l’Union Africaine peut-elle, doit-elle se lancer dans cette aventure au Mali sans méditer les enseignements de la chute du régime de Mouammar Kadhafi ? Où est la cohérence dans la conduite des affaires du continent par les dirigeants africains, dont la plupart s’était opposé en vain à l’intervention de l’Otan en Libye, lorsqu’ils s’accordent sur la nécessité d’un déploiement de forces militaires au Mali, aux conséquences incalculables.

L’EXTREME VULNERABILITE DES FEMMES DANS LES ZONES EN CONFLIT

L’international Crisis Group prévient, à juste titre, que « dans le contexte actuel, une offensive de l’armée malienne appuyée par des forces de la Cedeao et/ou d’autres forces a toutes les chances de provoquer davantage de victimes civiles au Nord, d’aggraver l’insécurité et les conditions économiques et sociales dans l’ensemble du pays, de radicaliser les communautés ethniques, de favoriser l’expression violente de tous les groupes extrémistes et, enfin, d’entraîner l’ensemble de la région dans un conflit multiforme sans ligne de front dans le Sahara ». (« Le Mali : Éviter l’escalade » International Crisis Group – http://www.crisisgroup.org/fr- 18 juillet 2012).

Ces conséquences revêtent une gravité particulière pour les femmes. Leur vulnérabilité qui est sur toutes les lèvres, devrait être présente dans tous les esprits lors des prises de décisions, et dissuasive quand la guerre peut être évitée. Elle peut l’être. Elle doit l’être, au Mali.

Rappelons que les cas de viols que nous déplorons dans les zones occupées du Nord de notre pays risquent de se multiplier avec le déploiement de plusieurs milliers de soldats. A ce risque, il faut ajouter celui d’une prostitution plus ou moins déguisée qui se développe généralement dans les zones de grande précarité et par conséquent les risques de propagation du Vih/sida. Le plan d’intervention militaire sur lequel le Conseil de sécurité va se pencher prévoit-il des moyens de mettre réellement les femmes et les fillettes du Mali à l’abri de ce type de situation désastreuse ?

Rappelons également que sur l’ensemble du territoire les sanctions économiques imposées par la communauté internationale au peuple malien au nom du retour à un ordre constitutionnel discrédité affectent considérablement les groupes vulnérables. Les femmes du fait de la division sexuelle des tâches sont confrontées au niveau domestique à l’énorme difficulté d’approvisionnement des familles en eau, nourriture, énergie domestique, médicaments. Cette lutte quotidienne et interminable pour la survie est déjà en soi une guerre. Dans ces circonstances de précarité et de vulnérabilité des populations, et des femmes en particulier, l’option militaire en préparation est un remède qui à toutes les chances d’être pire que le mal alors qu’une alternative pacifique, émanant de la société malienne, civile, politique et militaire, sera constructive.

DES INCOHERENCES DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE

Chacun des puissants représentants de la « communauté internationale » ainsi que la Cedeao et l’Union africaine ont prononcé des mots à propos de nos maudits maux de femmes en situation de conflit.

A tout seigneur tout honneur, le président français, François Hollande, qui joue le rôle de chef de file dans la défense de l’option militaire, a souligné la souffrance des femmes « premières victimes des violences des guerres » (Kinshasa – Quatorzième sommet de l’Organisation Internationale de la Francophonie). Et pourtant, il a déclaré le 26 septembre 2012, à New York, lors de la réunion spéciale sur le Sahel, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies : “Je sais qu’il peut y avoir une tentation de mener des négociations. Négocier avec des groupes terroristes ? Il ne peut en être question. Toute perte de temps, tout processus qui s’éterniserait ne pourrait faire que le jeu des terroristes”.

”Il faut savoir terminer une guerre”, semblent dire les présidents américains et français. « La guerre d’Afghanistan s’est prolongée au-delà de la mission initiale. Elle attise la rébellion autant qu’elle permet de la combattre. Il est temps de mettre fin en bon ordre à cette intervention et j’en prends ici l’engagement», déclara le candidat François Hollande, dans son discours d’investiture à l’élection présidentielle.

La secrétaire d’Etat américaine aux Affaires étrangères, Hillary Clinton, dont l’escale du 29 octobre 2012 à Alger, avait en partie pour objet de convaincre le président Abdelaziz Bouteflika de rejoindre le camp de la guerre, s’était adressée aux chefs d’Etat africains réunis à Addis-Abeba en ces termes : « En République démocratique du Congo, la poursuite des actes de violences contre les femmes et les filles et les activités des groupes armés dans la région orientale du pays, sont pour nous une source constante de préoccupation. L’Union africaine et les Nations Unies ne doivent épargner aucun effort en vue d’aider la Rdc à réagir à ces crises sécuritaires incessantes ».

L’initiative du secrétaire des Nations unies, Ban Ki Moon, intitulée « Unis pour mettre fin à la violence contre les femmes », lancée le 25 janvier 2008, accorde une attention particulière aux femmes de l’Afrique de l’Ouest. C’était avant les guerres en Côte d’Ivoire et en Libye qui ont largement compromis la réalisation des objectifs assignés à cette initiative. Nous comprenons sa réserve quant au déploiement militaire et espérons qu’il ne soutiendra pas le plan d’intervention des chefs d’États de la Cedeao. La guerre, rappelons-le, est une violence extrême contre les populations civiles, dont les femmes. Elle ne peut que nous éloigner des objectifs visés par cette initiative.

Pourquoi les puissants de ce monde qui se préoccupent tant du sort des femmes africaines ne nous disent pas la vérité sur les enjeux miniers, pétroliers et géostratégiques des guerres.

La présidente de la Commission de l’Ua, Nkosazana Dlamini-Zuma, pour sa part, souligne qu’“il est crucial que les femmes contribuent à, et s’impliquent activement dans la recherche d’une solution au conflit. Leurs voix doivent être entendues dans les efforts visant à promouvoir et à consolider la démocratie dans leur pays. A cette fin, vous pouvez, sans aucun doute, compter sur le soutien de l’Union Africaine, ainsi que sur mon engagement personnel. » (Réunion du groupe de soutien et de suivi de la situation au Mali – 19 novembre 2012)

La nomination, pour la première fois, d’une femme à ce poste pourrait être un facteur véritable d’émancipation politique pour les femmes et donc de libération du continent, si Nkosazana Dlamini-Zuma accepte d’élargir la base du débat sur les femmes africaines en y intégrant les enjeux globaux qui nous sont dissimulées.

NOTRE TRISTE STATUT D’OTAGES

Le Mali est un pays à la fois agressé, humilié et pris en otage par des acteurs politiques et institutionnels qui n’ont aucun compte à nous rendre, à commencer par la Cedeao. L’une des traductions de cette réalité est l’énorme pression exercée sur ce qui reste de l’État malien. Le président par intérim, Dioncounda Traoré, est le premier des otages maliens. S’il a cru devoir rappeler, le 19 octobre 2012, lors de la réunion du groupe de soutien et de suivi de la situation de notre pays, qu’il n’est pas un président pris en otage, c’est précisément parce qu’il l’est. Sinon il n’aurait pas répété à trois reprises, le 21 septembre 2012, la veille de l’anniversaire de l’indépendance de notre pays qu’il a privilégie le dialogue et la concertation, et demandé aux Nations Unies, trois jours plus tard, une intervention militaire internationale immédiate. « J’ai conscience d’être le président d’un pays en guerre mais le premier choix est le dialogue et la négociation. Le deuxième choix est le dialogue et la négociation et », insiste-t-il « le troisième choix demeure le dialogue et la négociation. Nous ferons la guerre si nous n’avons pas d’autre choix…», a-t-il déclaré dans son discours à la nation avant de changer d’avis.

Au-delà du président intérimaire, nous sommes tous des otages prisonniers d’un système économique et politique inégalitaire et injuste qui excelle dans l’art de briser les résistances à coup de chantage au financement. La suppression de l’aide extérieur se traduit cette année 2012 par un manque à gagner de 429 milliards de francs Cfa. La quasi totalité des investissements publics est suspendue. La fermeture de nombreuses entreprises a occasionné licenciements et chômage technique pour des dizaines de milliers de travailleurs alors que les prix des denrées alimentaires continuent de flamber. Les pertes les plus importantes sont enregistrées dans les secteurs du bâtiment et des travaux publics. Le tourisme, l’artisanat, l’hôtellerie et la restauration, qui subissaient depuis 2008 les conséquences de l’inscription du Mali sur la liste des pays à risques, sont gravement affectés alors qu’ils constituaient des sources de revenus substantiels pour les régions aujourd’hui occupées, notamment celle de Tombouctou.

Référence est faite au statut d’otage non point pour dédramatiser l’épreuve insupportable des otages européens et de leurs familles mais pour rappeler l’égale gravité de la situation de tous les êtres humains piégés dans des systèmes dont ils ne sont pas personnellement responsables. La question est toutefois de savoir comment agir de telle sorte que notre pays retrouve son intégrité territoriale et la paix, et que les six Français détenus par Aqmi retrouvent leurs familles sains et saufs, sans que ces libérations n’ouvrent la voie à une intervention militaire qui mettrait en péril la vie des centaines de milliers d’habitants du Nord Mali qui sont autant d’otages.

LA GUERRE PAR PROCURATION

Le choix de la guerre se nourrit d’une connaissance insuffisante des véritables enjeux. Jacques Attali donne à ceux qui veulent s’en saisir une clef de lecture qui prouve, s’il en était besoin, que l’intervention militaire envisagée est une guerre par procuration. Selon lui, la France doit agir «…parce que cette région (le Sahel) peut devenir une base arrière de formation de terroristes et de kamikazes qui viendront s’attaquer aux intérêts occidentaux un peu partout dans la région ; et même, par de multiples moyens de passage, en Europe. Ils ne sont encore que quelques centaines ; si rien n’est fait, ils seront bientôt plusieurs milliers, venus du Pakistan, d’Indonésie et d’Amérique Latine. Et les gisements d’uranium du Niger, essentiels à la France, ne sont pas loin. » (Blog Attali. 28 mai 2012.)

La distribution des rôles entre la France, la Cedeao, l’Union africaine, l’Europe et l’Onu est clarifiée. La Cedeao dont de nombreux Maliens et Africains ne comprenaient pas jusqu’ici le jeu trouble est en mission au Mali. Selon Jacques Attali, l’organisation sous régionale devait agir « pour redonner aux autorités civiles les moyens de décider, sans peur, de rétablir la sécurité, de restructurer l’appareil militaire et de faire redémarrer l’activité économique ; au Nord, pour mettre fin à cette sécession, il faudra une action militaire sur le terrain, avec un appui logistique à distance, des moyens d’observation, des drones et une capacité d’encadrement stratégique.

Qui peut faire tout cela ? Evidemment pas le gouvernement malien tout seul, qui n’a ni armes ni autorité. Pas non plus la Cedeao qui n’a pas les moyens militaires suffisants pour assurer l’ensemble de l’action nécessaire et qui ne peut même pas espérer en recevoir la demande du gouvernement malien, sous influence de forces incertaines. Pas non plus l’Union africaine, en tout cas pas seule. Alors qui ? L’Onu ? L’Otan ? La question va se poser très vite. Elle est, à présent, posée. Là encore, l’Europe devrait évidemment être unie et se mettre en situation de décider et d’agir. Elle ne l’est pas. Or, si les médiations actuelles échouent, il sera bientôt nécessaire de réfléchir à mettre en place une coalition du type de celle qui a fonctionné en Afghanistan. Avant qu’un équivalent du 11 septembre 2001 ne vienne l’imposer »(Le Blog de Jacques Attali : le 28 mai 2012)

Tout est donc clair. La guerre envisagée au Mali s’inscrirait dans le prolongement de celle de l’Afghanistan, d’où la France et les États Unis se retirent progressivement après onze années de combats et de lourdes pertes en hommes, en matériel et finance. Le Sahel étant la zone d’influence de la France, celle-ci prend la direction des affaires concernant le Mali et sous-traite la violence militaire à la Cedeao. Ce transfert fait politiquement correct pour ne pas être accusé de colonialisme et d’impérialisme, mais aussi pour réduire le coût de la guerre et ne pas enregistrer d’autres pertes en vies humaines. Les opinions publiques occidentales tolèrent de moins en moins que leurs ressortissants meurent dans la défense de « nos » causes. Ainsi, au même titre que les tirailleurs sénégalais, les troupes africaines sont appelées à prêter main forte à la France.

LA MONDIALISATION DES MAUX ET DES RESEAUX

Le radicalisme religieux n’a pas besoin, dans un tel contexte, du nord du Mali pour se répandre en Afrique de l’Ouest et dans le monde. L’économie mondialisée sur la base de l’injustice et des inégalités est une machine à broyer les économies locales, les sociétés et les cultures qui lui offrent le terreau nécessaire. De la mer rouge à l’Atlantique, de l’Afghanistan au Nigeria, de Toulouse, où Mohamed Merah a agi et a été abattu, à Tombouctou, les enjeux sont à la fois idéologiques, civilisationnels, identitaires, mais aussi économiques, politiques et géostratégiques. Les acteurs et les forces en présence sont à peu près les mêmes, avec des variantes locales à manipuler telle que la rébellion touareg au Mali.

Par ailleurs, Afghans, Pakistanais, Algériens et autres prêcheurs ne sont pas de nouveaux venus au Mali. Ils ont fait leur apparition dans les mosquées à partir de la décennie 90, au moment où les conséquences sociales et humaines dramatiques des Programmes d’ ajustement structurel (Pas) sur l’emploi, le revenu et le lien social commençaient à se faire sentir.

LA PERSPECTIVE « BADENYA » COMME ALTERNATIVE A LA GUERRE

Des femmes maliennes et africaines bien imprégnées des enjeux et des rouages mortifères de la mondialisation néolibérale n’en cautionnent pas les guerres. Aux valeurs guerrières et prédatrices de l’ordre économique dominant, nous opposons des valeurs pacifistes, qui nous réconcilient les uns avec les autres, ainsi qu’avec le reste du monde. Badenya (enfants de la mère) est l’une de ces valeurs que nous nous devons, femmes du Mali, de cultiver d’avantage et d’opposer à la valeur masculine fadenya (les enfants du père) qui dans sa version ultralibérale autorise la course effrénée et fratricide au profit, au point de brader des entreprises publiques rentables, de céder des terres agricoles aux dominants et d’accepter la partition du territoire national.

Profondément ancré dans la perspective badenya, notre refus de la guerre plonge ses racines dans une conception de la procréation selon laquelle mettre un enfant au monde est déjà une manière de monter au front (musokele). Et trop nombreuses sont celles qui parmi nous périssent en enfantant. Nous bataillons jour après jour contre la faim, la pauvreté, la maladie, pour que chaque enfant grandisse, travaille, s’assume et assume sa part de responsabilité.

Aussi, en chaque soldat, comme en chaque rebelle et en chaque nouveau converti au djihadisme qui vont s’affronter en cas de guerre, chacune de nous reconnaît un frère, un fils, un neveu, un cousin. Hier, ils étaient en quête d’un statut social à travers l’emploi, le revenu ou alors un visa. Ce fut souvent en vain… A présent, ils ont entre leurs mains tremblantes des armes de guerre.

La lucidité et la maturité politique devront être nos armes dans ce monde sans foi ni loi. Il n’y a aucune raison que le Mali s’engage sur un terrain où la France et les États Unis d’Amérique reculent, en dépit de la puissance de feu de l’Otan.

A l’économie de la guerre, nous femmes du Mali opposons l’économie de la vie en faisant de la transition en cours une occasion historique de relever le triple défi du savoir, de la citoyenneté et du dialogue. Les évolutions en cours sur le terrain, dont la volonté de négociation d’Ansar Dine et du Mnla, la modification constante des rapports de force ainsi que des stratégies et des interactions entre les différents groupes présents, doivent être examinées avec l’attention nécessaire de manière, non seulement à éviter une guerre potentiellement tragique mais aussi à écarter les écueils des accords passés.
Les concertations nationales envisagées depuis des mois doivent se tenir enfin, permettant à la société malienne dans son ensemble de se retrouver et de définir elle-même les bases et les conditions d’une solution concertée (et non imposée) au conflit présent. Nous, femmes du Mali, y contribuerons pleinement, comme demain nous contribuerons à la refondation de la démocratie dans notre pays selon des valeurs de société et de culture qui nous sont familières.

Il s’agit, en somme, de crédibiliser, de renforcer la capacité d’analyse, d’anticipation et de proposition de la société malienne, civile, politique et militaire.

Nous demandons à toutes celles et à tous ceux qui partagent notre approche d’interpeller immédiatement les principaux acteurs de la communauté internationale, par écrit ou sous toutes autres formes d’expression, en plaidant pour que le Conseil de Sécurité n’adopte pas une résolution autorisant le déploiement de milliers de soldats au Mali.

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Tunisie : Soulèvement à Siliana - Une population contre le népotisme et la marginalisation !

2012-12-04

http://pambazuka.net/fr/category/features/85673

Le peuple et la jeunesse de Tunisie qui ont fait la révolution et porté au pouvoir les forces politiques actuelles, constatant jour après jour leur incurie dans la gestion des affaires du pays, expriment leur mécontentement de ne rien voir venir pour améliorer leur situation, et veulent le faire savoir.

Depuis plusieurs jours, dans la ville de Siliana (région centre-ouest de la Tunisie), un bras de fer est engagé entre la population, soutenue et encadrée par la centrale syndicale Ugtt, et le gouverneur régional Ahmed Ezzine Mahjoubi, nommé par le parti Ennahdha. La population, ayant constaté depuis plusieurs mois l’incapacité de ce gouverneur à traiter leurs problèmes et ceux de la région autrement que par l’incompétence et le mépris, a fini par s’en lasser et demande sa démission et son remplacement.

Ce bras de fer, depuis trois jours déjà, a pris un tour dramatique : 200 à 300 blessés par des tirs de munitions à grenailles, et de nombreuses arrestations. Les capacités d’accueil du petit hôpital régional sont complètement saturées, et le personnel soignant est débordé, à tel point que plusieurs forces de la société civile et politique appellent le personnel médical des autres régions à la solidarité et au volontariat.

Rassemblements, manifestations, sit-in et révoltes sont devenus les seuls moyens dont disposent les Tunisiennes et Tunisiens pour signaler la précarité de leurs situations et la marginalisation de leur région, particulièrement les régions déshéritées à l’origine de la révolution du 14 janvier 2011. Le gouvernement de la Troïka, dominé par le parti Ennahdha, répond à ces sollicitations par toutes sortes d’incriminations fallacieuses, allant jusqu’à accuser les citoyens et militants contestataires d’être « à la solde du régime déchu », d’être des « contre-révolutionnaires » et des « ennemis du processus démocratique » dans le pays, afin de justifier les campagnes de répression qu’il mène contre ces mouvements par les forces de l’ordre et/ou les milices à sa solde.

Ce soulèvement populaire à Siliana après ceux de Sidi-Bouzid, Gafsa, Béja et d’autres régions de la Tunisie apporte un démenti cinglant à toutes ces allégations. Le peuple et sa jeunesse qui ont fait la révolution et porté au pouvoir les forces politiques qui nous gouvernent, constatant jour après jour leur incurie dans la gestion des affaires du pays, expriment leur mécontentement de ne rien voir venir pour améliorer leur situation, et veulent le faire savoir de manière pacifique. Les forces qui détiennent le pouvoir dans le contexte de transition en Tunisie, constatant cette perte de confiance et mues par un désir ardent de rester en place, tentent désespérément de masquer leur incompétence en utilisant la répression, le pourrissement des situations et la division des forces de la démocratie et du progrès.

Nous, militantes et militants, membres d’associations et/ou d’organisations politiques tunisiennes à l’étranger :

- affirmons notre soutien total aux revendications légitimes de la population de Siliana contre le népotisme et les nominations partisanes sans critères objectifs de compétences ; 


- réaffirmons notre soutien à l’Ugtt, et dénonçons toutes les tentatives qui cherchent à lui nuire dans le but évident de l’empêcher de jouer pleinement son rôle ; 


- exigeons l’arrêt immédiat de la répression, la libération des détenus, et demandons au gouvernement provisoire de recourir plutôt au dialogue pour trouver les solutions adéquates aux vrais problèmes et revendications de la population ; 


- demandons l’évacuation de la ville de Siliana par les unités de répression dépêchées par le gouvernement et leur remplacement par des unités médicales et sanitaires pour soigner les blessés et secourir les traumatisés ; 


- demandons aux forces démocratiques et progressistes en France et dans le monde de se joindre à ce mouvement de solidarité avec la population de Siliana et de soutenir les luttes du peuple tunisien pour accéder à la démocratie et pour la liberté et la dignité. 
 appelons à un :

Rassemblement de solidarité et de soutien à la population de Siliana : Mardi 4 décembre 2012, de 18h30 à 20h30 place de la Fontaine des Innocents, Paris 75001 Métro : Châtelet ou les Halles

PREMIERS SIGNATAIRES
Les associations :
Association Démocratique des Tunisiens en France - ADTF 

Association des Tunisiens en France - ATF 

Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens - UTIT-IDF 
 AIDDA 

Collectif 3C 
 Ideal 92 

Fédération des Tunisiens Citoyens des deux Rives - FTCR 

Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie - CRLDHT 

Réseau Euro Maghrébin Citoyenneté et Culture - REMCC 

Mouvement Citoyen des Tunisiens en France - MCTF 

Association des Travailleurs Maghrébins en France - ATMF 

Association des Marocains en France -AMF 

Manifeste des Libertés 
 Association Vérité et Justice Farhat Hached - AVJFH 

Association des Tunisiens du Nord en France - ATNF (Lille) 

Union des Tunisiens pour une Action Citoyenne - UTAC 

Dynamique Citoyenne des Tunisiens à l’Étranger - DTCE 

Vérité et Justice Pour l’Algérie - VJPA 

Association pour les Droits de l’Homme au Maroc - ASDHOM 

Elamal (Roanne) 
 Cercle des Tunisiens des Deux Rives - CTDR (Nimes) 
Agir pour le Changement et la démocratie en Algérie - ACDA 

Ligue des Droits de l’Homme - LDH 

Le Mouvement contre la Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples - MRAP 

Cedetim

Les organisations politiques :
Fédération Aljoumhouri France Nord (Tunisie) 

PTT-7ème Congrès 

El Massar France 

Nida Tounes 
 Ettakattol France Nord

Avec le soutien de :
Syndicats :
Confédération Générale du Travail - CGT 

Force Ouvrières - FO-CGT 

Fédération Syndicale Unitaire - FSU 

Solidaires - SUD

Les partis politiques :
Partis Communiste Français - PCF 

Les Alternatifs 
 Europe Ecologie les Verts - EELV 

Nouveau Parti Anti-capitaliste - NPA 

Fédération pour une Alternative Sociale et Écologique FASE 

Parti du Gauche - PG


Madagascar : Soutien aux éleveurs et leur patrimoine contre l’accaparement des terres par la société Tozzi Green

Mamy Rakotondrainibe

2012-12-03

http://pambazuka.net/fr/category/features/85668

Ce qui arrive dans l’Ihorombe interpelle tous les citoyens car la surface concernée y est la plus importante connue dans le cadre de l’opacité qui règne sur les transactions foncières et l’accaparement de terres à Madagascar actuellement. Surveiller ce qui s’y passe et refuser tout ce qui est inacceptable pour ne pas créer de précédent devient un enjeu d’envergure nationale - voire internationale -, en plus de la défense des droits d’usage et de la culture des populations de la région.

La société italienne Tozzi Green, une filiale du groupe italien Tozzi Renewable Energy, cultive essentiellement du jatropha, un agrocarburant, sur le plateau d’Ihorombe dans le Centre Sud de Madagascar et vise une surface de 100 000 ha. Cette société déclare qu’elle s’installe dans cette zone avec l’accord des populations : quelles populations exactement ont été consultées et ont donné leur accord ? Les autorités locales ? Quelques notables des villages ?

PLAINTES ET REVENDICATIONS DES POPULATIONS LOCALES

Le 16 novembre dernier, dix représentants de neuf villages situés dans les communes de Satrokala, Andiolava, Ambatolahy et Ihosy, région d’Ihorombe sont venus à Antananarivo et ont tenu une conférence de presse pour manifester leur opposition à cette exploitation et pour « exprimer leur détresse ». Ils se sont déplacés pour faire connaître leurs plaintes car les droits des habitants ont été piétinés. « Nous n’avons plus aucune prise sur nos terres, des personnes étrangères à nos mœurs y imposent leurs lois. Elles ont étendu progressivement la surface de leurs cultures et utilisent aussi nos terres maintenant. Nous, petits paysans, sommes obligés de partir car ce sont des gens munis d’armes qui nous expulsent de nos terres. La perte de l’herbe où les zébus pouvaient brouter a entraîné le décès du bétail sur place. Ils ont détruit les tombes de nos ancêtres. Les lieux sacrés ont déjà tous été détruits par les tracteurs ». Ils sont complètement désemparés actuellement car ils sentent qu’ils ressemblent à des œufs qui affrontent des rochers dans cette situation, et font appel à l’Etat central […], la plupart des habitants partent en exode et deviennent quasiment des sinistrés. Face à la confiscation de leurs terres, les fokonolona (communautés de base) ont souligné que « les conséquences de l’accaparement de nos terres par Tozzi Green auront des conséquences graves ». Les populations ont faim et les coutumes des Bara sont bafouées ». (1)

Les réactions des medias à cette conférence de presse ont été diverses : certains n’en ont pas parlé, d’autres l’ont relatée sans citer le nom de la société incriminée, quelques-uns l’ont rapportée en accusant les représentants des villageois d’être des complices des dahalo (bandits, voleurs de zébus).

Par ailleurs, le 18 novembre, 350 habitants de 17 Fokontany de la commune d’Ambatolahy ont signé une pétition qu’ils ont adressée aux autorités locales et nationales pour leur demander d’intervenir afin d’empêcher l’extension des plantations et d’éviter les expulsions qu’ils risquent de subir dans les zones convoitées par Tozzi Green et par la société indienne Landmark.

Ces plaintes rejoignent les propos et revendications des habitants des villages de Satrokala, Andiolava, Soatambary et Ambatolahy dont le Collectif Tany a reçu des témoignages. Ils ont dit avoir hérité des terres de leurs arrière-grands-parents qui avaient cultivé là selon les coutumes ancestrales. Ces terrains ne sont pas titrés et bornés mais constituent des possessions familiales coutumières depuis plusieurs générations. Ces terres renferment aussi l’histoire de leurs ancêtres. Si l’Etat les leur prend de force, ils seront perdus, leurs descendants seront décimés car ces terres sont des zones de pâturages de leur bétail et les revenus provenant de l’élevage de zébus leur procurent leur nourriture et remplacent leur salaire. C’est grâce à cela qu’ils ont pu envoyer leurs enfants à l’école. Certains champs de cultures sont devenus inutilisables. Le labour des terres par les tracteurs a rendu impossible le passage des zébus à travers les champs. Le jatropha n’est comestible ni pour les zébus, ni pour les enfants ni pour les familles, disent-ils. Ils demandent donc à l’Etat d’avoir pitié d’eux et de les protéger.

Certains villageois ont accepté les demandes de la société, ont-ils ajouté, et ceux qui ont résisté ont reçu des menaces. On leur aurait promis différentes compensations dont ils n’ont pas vu l’effectivité. Ils parlent tous de la nécessité de défendre leurs droits, leurs terres, leur source de revenu traditionnelle, leur patrimoine culturel.

LES PRINCIPALES VICTIMES SONT LES ELEVEURS DE ZEBUS DES ZONES PASTORALES

En effet, une grande partie de la population du plateau d’Ihorombe est constituée par les éleveurs Bara et les grands espaces à perte de vue que certains citadins considèrent comme des zones inoccupées sont les zones de pâturage de leurs zébus. Certains pays respectent et gèrent parcimonieusement ces zones pastorales à travers une Charte ou un Code Rural mais les dirigeants et décideurs malgaches successifs les ont négligées. Que la société Tozzi Green et ses cadres méprisent la culture traditionnelle des populations, on pourrait ne pas s’en étonner, mais il est inconcevable que les autorités locales et centrales ne les protègent pas car des responsables de l’Etat malgache avaient ratifié le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. (2)

Actuellement, sur les 8 000 ha déjà accordés, 2 000 ha seraient exploités, « le projet enregistre 170 employés permanents et environ 2 000 mains-d’œuvre saisonnières dont plus de 50% sont originaires de la région Ihorombe » rapporte un journal (3) suite à la campagne de promotion de Tozzi Green. Les bénéfices en termes d’emploi sont minimes par rapport aux dégâts économiques, sociaux et culturels.


DE NOMBREUSES QUESTIONS SUR LES TRANSACTIONS ET LES ENGAGEMENTS

La société Tozzi Green aurait loué le terrain des pépinières à des particuliers et contracté un bail emphytéotique avec l’administration, la durée de ce bail citée dans les articles de presse est quelquefois de 25 ans, d’autres fois de 35 ans. Une transparence et une mise à disposition de tous les citoyens de toutes les clauses du bail s’avèrent nécessaire. Sur combien d’hectares portent les contrats actuels ? Comment sont formulées les procédures et les conditions d’extensions progressives de la mise à disposition des terres pour la société ? Quels critères sont utilisés par le Comité de Pilotage (4) pour évaluer les réalisations et décider d’approuver une nouvelle extension ? Que cache l’incongruité « 2 000 ha toujours en phase d’essai » ? (5) Les citoyens doivent être informés du contenu intégral des contrats : quelles autorités les ont signées, quelles compensations y sont prévues ? Quel sort y est réservé aux populations qui vivent sur ces terres selon le droit coutumier ? ..…

Le plateau d’Ihorombe, de 2 000 000 ha, va-t-il être accordé en totalité ou en grande partie à Tozzi Green ou à d’autres sociétés d’agro-business ? Quelles surfaces vont être prévues pour les paysans et leurs descendants pour le développement de leur agriculture familiale et de leur élevage extensif ? Une information éclairée des communautés concernées et la prise en compte de leurs pratiques et des intérêts des populations par les divers responsables de l’Etat pour améliorer réellement le bien-être de la majorité des Malgaches nous semblent indispensables pour aboutir à un développement équitable et durable.

Ces questions intéressent au plus haut point non seulement les autorités centrales et locales, les notables et populations des différents villages concernés mais également l’ensemble des citoyens de toutes les régions de l’île. Ce qui arrive dans l’Ihorombe interpelle tous les citoyens car la surface concernée y est la plus importante connue dans le cadre de l’opacité qui règne sur les transactions foncières et l’accaparement de terres à Madagascar actuellement. Surveiller ce qui s’y passe et refuser tout ce qui est inacceptable pour ne pas créer de précédent devient un enjeu d’envergure nationale - voire internationale -, en plus de la défense des droits d’usage et de la culture des populations de la région.

Une vigilance sur les produits du sous-sol très riche de cette zone s’impose également. Les communautés d’éleveurs se mobilisent et sollicitent une meilleure considération des dirigeants de l’Etat. Au mois d’octobre 2012, après un voyage en Europe, une haute autorité de l’Etat chargée du foncier est passée dans l’Ihorombe pour réceptionner une voiture tout-terrain et des ordinateurs destinés aux services des Domaines et de la Topographie « résultat d’une collaboration avec Tozzi Green » (6). Le passage de cette haute autorité dans la région aurait-elle coïncidé avec une nouvelle extension des zones attribuées à Tozzi Green et accru l’inquiétude légitime des populations ?

Lorsque par ailleurs la communication puissante de Tozzi Green annonce la mise en place par cette société à Satrokala d’un Bif -Birao Ifoton’ny Fananan-tany, guichet foncier - qui va gérer la délivrance de certificats fonciers sur les propriétés privés non titrées (4) -, l’on ne peut qu’être indigné par le conflit d’intérêts qui est en train de monter en puissance au niveau de la gestion des terres dans la région avec la bénédiction des autorités centrales.

Soutenons les populations qui défendent leur patrimoine !

Non à l’intimidation des citoyens de l’Ihorombe qui ont osé demander l’arrêt de l’extension des terres accordées à la société Tozzi Green !

Réitérons avec insistance la demande de transparence totale sur le contenu des contrats signés par l’Etat car ils engagent et brident l’avenir des générations présentes et futures !

Il est temps d’arrêter l’accaparement des terres à Madagascar !



Paris, le 27 novembre 2012


NOTES
(1) Traduction libre de l’article ‘Ihorombe - Fasana sy trano maro noravan’ny Tozzi Green’ paru dans Inona ny Vaovao n°1031.
(2) http://www2.ohchr.org/french/law/cescr.htm
(3) http://www.midi-madagasikara.mg/index.php/component/content/article/4-economie/9352-biocarburant--la-production-de-tozzi-green-ecoulee-sur-le-marche-local
(4) http://www.midi-madagasikara.mg/index.php/component/content/article/4-economie/2388-agriculture--100-000ha-de-terrain-pour-tozzi-green-en-negociation
(5) http://matv.mg/?p=8345
(6) http://www.lagazette-dgi.com/index.php?option=com_content&view=article&id=26020:vpdat-en-deplacement-dans-lihorombe&catid=45:newsflash&Itemid=58


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** Mamy Rakotondrainibe - Pour Le Collectif pour la défense des terres malgaches – Tany

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Africités : "Construire l'Afrique à partir de ses territoires : quels défis pour les collectivités locales ?"

Mike Davies

2012-12-03

http://pambazuka.net/fr/category/features/85666

Sous le néolibéralisme, la terre est principalement perçue comme une marchandise à exploiter et on lui a retirée tout son sens de "bien public". Les contraintes territoriales urbaines et l'accaparement des terres conduisent souvent à la spéculation ou aux "nettoyages urbains", entraînant l'expulsion des plus pauvres, généralement vers la périphérie, loin des infrastructures et des opportunités sociales et économiques.

Organisé tous les trois ans par Cités et gouvernements locaux unis d’Afrique (Cglua), Africités rassemble des ministres, des gouvernements locaux, des maires, des fonctionnaires et des chefs traditionnels ainsi que des syndicats, des universitaires, des Ong et des Osc. Africités VI aura lieu à Dakar du 4 au 8 décembre 2012 avec plus de 5000 délégués de tout le continent, mais aussi des maires d'Amérique latine, de Chine et de Turquie.

Africités est une occasion importante pour les mouvements sociaux d'observer et de s'engager avec les représentants des collectivités locales et centrales. Il est important d'y participer pour plusieurs raisons. Premièrement, pour s'assurer que des voix alternatives de nos communautés soient entendues. Deuxièmement, pour être présent, de sorte que ces voix soient prises en considération quand des politiques sont formulées et, troisièmement, pour comprendre les dynamiques régionales, continentales et internationales qui sont à la base des réseaux de pouvoir qui contrôlent nos sociétés et nos vies.

Compte tenu de la tendance croissante au sein des organismes internationaux pour limiter les voix des communautés à celles filtrées à travers quelques réseaux, Ong, et Osc qui fonctionnent avec des paramètres restreints, il est également impératif de s'ouvrir à d'autres approches et d'autres organisations qui vont donner une perspective différente aux défis auxquels font face les communautés, tant sur leurs causes que sur les solutions possibles. Il s'agit de la base de leur convergence vers la Voie urbaine et communautaire, proposition de travail clairement issue de l'Assemblée mondiale des habitants (Fsm Dakar 2011), comme un des piliers pour un Pacte social urbain alternatif fondé sur les Droits de l'homme et de l'environnement, ainsi que sur la responsabilité des habitants en tant que créateurs et co-dirigeants des villes et villages, et non comme simples clients-utilisateurs des territoires.

Seize sessions thématiques apporteront au moins cinq propositions à étudier au cours des réunions politiques de Cglua. Celles qui seront adoptées feront partie du programme politique obligatoire d'action de l'organisation pour les années suivantes. Votre participation aidera à remettre une proposition pragmatique et progressive qui aura un réel impact sur le développement d'une administration locale démocratique et participative dans nos pays.

L'Alliance Internationale des Habitants, un réseau mondial d'organisations d'habitants et un des principaux organisateurs de l'Assemblée mondiale des habitants, a été invitée par le secrétaire général d'Africités pour organiser une session thématique sur les Associations d'habitants. Elle durera trois heures : une heure pour les présentations, 90 minutes pour la discussion et 30 minutes pour l'adoption des résolutions. Le groupe d'experts sera composé d'un président, un coordinateur/animateur, un rapporteur et d'un maximum de quatre "intervenants, comprenant un maire africain, un maire d'un autre continent, un représentant d'une institution, association ou entreprise et un expert du sujet abordé". Les résolutions seront rassemblées dans une recommandation "adressée principalement aux maires, ministres, institutions de l'Union Africaine et aux partenaires de coopération."

Les associations d'habitants (également appelés associations de résidents) sont un phénomène important et croissant sur le continent par lequel les populations urbaines se réunissent pour relever les défis auxquels elles font face dans les villes. Ces organisations offrent un certain nombre de possibilités pour créer une interface entre les élus, les fonctionnaires et les citoyens, et cette session thématique vise à fournir une plate-forme pour le dialogue entre les représentants de ces trois groupes, pour échanger des expériences et élaborer des recommandations afin d'améliorer le développement de ces associations.

Les politiques de logement urbain sont un facteur fondamental pour déterminer la nature de nos villes. Sous le néolibéralisme, la terre est principalement perçue comme une marchandise à être exploitée et on lui a retirée tout son sens de "bien public". Les contraintes territoriales urbaines et l'accaparement des terres conduisent souvent à la spéculation ou aux "nettoyages urbains" entraînant l'expulsion des plus pauvres, généralement vers la périphérie, loin des infrastructures et des opportunités sociales et économiques. Les associations d'habitants sont devenues un des principaux moyens de résistance des communautés face à ces expulsions. Il est donc important de souligner les luttes pour des politiques de logement humaines comprenant l'élaboration d'un pacte social urbain qui constituera une alternative au modèle néolibéral.

Des programmes tels que la "Campagne zéro expulsions" et l'utilisation des mécanismes d'échange de dette pour "Les Fonds populaires pour le logement ", impliquant des organisations d'habitants et des autorités locales, offrent des solutions alternatives pratiques pour les responsables politiques progressistes afin d'aboutir à des politiques démocratiques traitant la crise urbaine. A cet égard, l'appel du Forum social urbain "Défendons les biens communs pour le futur des villes et territoires " apporte une perspective fondamentale.

La complète et véritable démocratisation des États africains ne peut aboutir qu'à travers une approche systématique en partant de la base, qui valorise et encourage la participation des citoyens aux processus politiques. Éduquer et donner les moyens aux citoyens de s'engager en étant informés et responsables permettra d'éviter les résultats perturbateurs d'une politique populiste et réactive qui sape la stabilité et l'harmonie de la société. Les mouvements sociaux sont un aspect fondamental de ce processus et sont la dynamique de base pour promouvoir une véritable démocratisation. Le défi pour les autorités au niveau local et national est de s'engager avec les mouvements sociaux et les associations d'une manière qui soit respectueuse et productive, et éviter le paternalisme ou la cooptation. Le défi pour les mouvements sociaux est de savoir comment s'engager avec les autorités d'une manière productive et respectueuse tout en conservant leur indépendance et leur capacité d'analyses critiques. Des méthodologies d'engagement seront seulement identifiées par le dialogue et l'échange d'idées et d'expériences.

Les États africains sortent de l'ère post-coloniale, sont majeurs et deviennent de plus en plus sophistiqués et complexes. L'époque du "Big Man" se termine et l'idée qu'une seule personne puisse gérer la complexité d'un gouvernement moderne est de plus en plus intenable : le processus décisionnel doit être délégué si les Etats veulent gérer les multiples demandes de populations toujours croissantes. La décentralisation du pouvoir aux autorités provinciales et locales est importante mais comporte beaucoup de risques, tels que le régionalisme, la fragmentation, l'inefficacité, la corruption, etc. Plusieurs de ces phénomènes négatifs existent déjà dans des Etats centralisés, les défis résultant de la décentralisation ne sont donc pas entièrement nouveaux. Si la décentralisation inclut la prise de pouvoir des communautés locales pour formuler et traiter les problèmes qu'elles considèrent comme importants et pour surveiller les activités des autorités locales, plusieurs de ces problèmes peuvent être surmontés.

La démocratie représentative est devenue synonyme d'élections périodiques, entre lesquelles les représentants élus ont souvent peu ou pas de contact avec leurs électeurs. Des mesures constitutionnelles pour améliorer la responsabilité ont été instituées dans des pays comme le Kenya, mais le mécanisme le plus efficace pour assurer la responsabilisation réside dans des mouvements sociaux organisés et forts qui demandent des comptes à leurs représentants élus.

La Session Thématique se penchera sur des exemples d'interactions entre résidents, autorités locales et nationales à travers le continent pour voir comment ces trois facteurs se développent en Afrique.

Nous estimons donc qu'Africités VI est une occasion cruciale pour que les voix des mouvements sociaux soient entendues sur tout le continent. Pour cela, nous lançons un appel à manifestations d'intérêt à nos partenaires et autres associations d'habitants, réseaux et mouvements sociaux.

PROGRAMME D'AFRICITES 2012
Thème : "Construire l'Afrique à partir de ses territoires : quels défis pour les collectivités locales ?"
4-5 décembre [jours 1 & 2] : sessions thématiques
6 décembre [jour 3] : sessions spéciales
7 et 8 décembre [jours 4 & 5] : réunions politiques


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** Mike Davies est responsable par intérim de l’Alliance Internationale des Habitants – Afrique australe

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Disparition Meles Zenawi : Cet ami qu’Angela Merkel a perdu

2012-12-03

http://pambazuka.net/fr/category/features/85667

Si l’on ne réussit pas à stabiliser le plus vite possible le régime post Meles, Berlin et ses alliés occidentaux en Afrique de l’Est pourraient se trouver devant un gigantesque champ de ruines

C’est avec beaucoup d’appréhension que les politiciens spécialistes des Affaires étrangères berlinois et occidentaux en général observent l’évolution en Éthiopie après la mort de Meles Zenawi. La Chancelière Angela Merkel a déclaré: « En la personne de Meles Zenawi, longtemps premier Ministre d’Éthiopie, l’Allemagne a perdu ‘un ami’.» Et de fait, Meles, dont le régime était bien connu pour ses pratiques répressives brutales, a, durant ces dernières années, fidèlement soutenu les projets germano-Us en Afrique de l’Est, par exemple en effectuant des opérations militaires en Somalie ou en jouant les médiateurs entre le Soudan et le Sud-Soudan. En conséquence il a joui d’un soutien tout aussi fidèle de la part des puissances occidentales, en dépit de protestations indignées de diverses organisations de défense des droits humains.

Le règne autoritaire et personnel de Meles a fait place, après sa mort, à un vide politique qui menace de précipiter l’Éthiopie dans une spirale infernale où l’escalade de la répression répondra à l’aggravation des troubles d’après une mise en garde de l’International Crisis Group, un think tank occidental aux ramifications multinationales. Seraient également concernées les interventions éthiopiennes en Afrique de l’Est et donc le rôle de relais régional des intérêts occidentaux que joue ce pays.

DES INTERETS REGIONAUX

En la personne de Meles Zenawi (…) l’Allemagne a perdu ‘un ami’, si l’on en croit les condoléances de la chancelière Merkel au dauphin de Meles, Hailemariam Dessalegn. Il aurait éminemment contribué « à approfondir l’amitié germano-éthiopienne et à intensifier les échanges entre nos deux pays » écrit la chancelière. « Et nous lui en sommes reconnaissants. » Sa mort serait « une grande perte pour le peuple éthiopien. » (1)

La raison de tous ces éloges ? Les importants services qu’a rendus le défunt en intervenant plusieurs fois dans la Corne de l’Afrique dans le sens des intérêts américano-allemands. Il envoyé à plusieurs reprises des troupes en Somalie pour y combattre des forces issues de divers courants islamistes ; et à l’heure actuelle des troupes éthiopiennes sont toujours stationnées dans ce pays. (2) En outre Meles a joué les médiateurs pour faciliter les négociations avec Khartoum relatives à la sécession du Sud-Soudan et fourni des troupes pour éviter une guerre entre le Nord et le Sud-Soudan. (3) C’est pourquoi depuis des années Berlin considère l’Éthiopie de Meles, hautement coopérative avec l’Occident, comme la «puissance régionale hégémonique » en Afrique de l’Est. (4)

VICTIME DE LA TORTURE SOUS MELES ZENAWI

Le régime de Meles, à qui Berlin accorde en échange de ses services une aide au développement considérable et quelques autres avantages incluant même un soutien militaire, (5) s’attire depuis longtemps les critiques des défenseurs des droits humains. Par exemple, la répression sanglante de la contestation, en 2005, d’élections sans doute truquées, a fait la une des journaux du monde entier ; il y eut environ 200 morts et 20 000 opposants réels ou prétendus au régime furent envoyés en camp. Aux élections de 2010 le régime prit les devants - il réussit à obtenir 99,6% des sièges au parlement.

La répression ne touche pas seulement les organisations politiques, mais aussi les médias du pays : des journalistes récalcitrants sont régulièrement condamnés à plusieurs années de prison. Les troubles provoqués par des couches marginalisées de la population, dont quelques minorités linguistiques, sont sans cesse brutalement réprimés. Parfois Berlin, pour conserver ses apparences de défenseur des droits humains, réagit verbalement à la répression en Éthiopie, mais sans en tirer la moindre conséquence. « L’Éthiopie doit garantir la liberté de la presse et le droit à la libre expression », (6) a déclaré début janvier le chargé des droits humains au sein du gouvernement fédéral après une sentence particulièrement sévère contre des journalistes. Quelques semaines auparavant, Berlin avait accordé à Addis-Abeba une augmentation de 14 millions d’euros d’aide au développement - la portant ainsi à 122, 75 millions d’euros sur 3 ans.

ESCALADE A L’INTERIEUR DU PAYS

La coopération sans problème avec le régime répressif de Meles menace maintenant d’avoir un effet boomerang, selon la mise en garde de l’International Crisis Group. Le régime de Meles était complètement personnel, il ne s’était pas préparé de successeur. Ce qui implique que le futur régime risque d’être beaucoup plus faible. La majorité des opposants politiques est certes en prison ou en exil ; cependant il faudrait compter avec des luttes de pouvoirs internes à l’establishment ou sans doute des troubles sociaux.

Le régime a montré des signes de nervosité croissante depuis que Meles, à partir du début de l’été, a été de plus en plus souvent empêché par sa maladie. Par exemple la répression brutale de la contestation musulmane, avec des attaques contre des mosquées ou l’assassinat de personnes venues prier, ou encore l’interdiction du dernier journal privé en langue amharique qui avait voulu parler de la contestation islamique. D’après l’International Crisis Group, le danger d’une escalade des tensions, éventuellement entre confessions diverses, est tout à fait « réel ». (7)

ESCALADE A L’EXTERIEUR

Selon l’International Crisis Group, l’éventualité qu’à l’avenir les tensions, voire les troubles intérieurs restreignent fortement l’aide que l’Éthiopie apporte à l’Occident est elle aussi bien réelle. On ne peut exclure tout à fait qu’en cas de montée de la contestation, le régime d’Addis-Abeba joue l’escalade dans le conflit touchant la frontière avec l’Érythrée, afin de détourner les tensions internes vers un ennemi extérieur ; durant les six premiers mois de l’année il y a eu des signes dans cette direction.

À l’inverse il est possible que l’Érythrée mette à profit la faiblesse de l’Éthiopie pour engager elle-même de nouvelles opérations militaires sur la frontière, ou accentue son soutien aux rebelles chez sa voisine. Dans les deux cas l’Occident doit compter qu’Addis-Abeba retire ses troupes de Somalie ou du Soudan, voire des deux pays. C’est surtout la paix au Soudan qui serait alors encore davantage fragilisée. Il n’est pas exclu en outre, si les troubles s’accentuaient, que des rebelles éthiopiens concluent des alliances avec des milices somaliennes ou autres regroupements du même type, capables de faire basculer l’Afrique de l’Est dans une escalade parfaitement incalculable. (8)

UN CHAMP DE RUINES

Si l’on ne réussit pas à stabiliser le plus vite possible le régime qui succédera à Meles, Berlin et ses alliés occidentaux en Afrique de l’Est pourraient se trouver devant un gigantesque champ de ruines : les projets d’hégémonie - depuis les efforts pour placer la Somalie sous un contrôle favorable aux intérêts occidentaux (9) jusqu’à la sécession du Sud-Soudan (10) pourraient, si l’Éthiopie lâchait l’Occident en raison de troubles intérieurs, être complètement ébranlés. L’International Crisis Group conseille donc un rapide changement de cap: il faudrait abolir les lois les plus répressives, pour canaliser les troubles sociaux vers des contestations contrôlables, et implique l’opposition pour éviter sa radicalisation. Malheureusement personne, dans les cercles dirigeants éthiopiens, ne semble prêt à s’engager en faveur d’un tel projet. (11) Il faudrait plutôt s’attendre à une aggravation de la répression - d’autant plus que les puissances occidentales l’ont jusqu’ici tolérée sans problème.


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** Source : German-Foreign-Policy.com – Texte traduit par Michèle Mialane

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Notes:
[1] La Chancelière Angela Merkel a envoyé au Premier Ministre par intérim de la République Démocratique d’Éthiopie, Hailemariam Dessalegn, le message de condoléances suivant: bundespresseportal.de 22.08.2012


[2] Cf.Interessen der Supermächte (Intérêts des superpuissances etOrdnungsmächte (Puissances de l’ordre (établi) ?


[3] Cf. Statthalter des Westens (Les valets de l’>Occident)


[4] Cf. Regionale Hegemonialmacht (Grande puissance régionale)


[5] Cf. Militär für Afrika (I) Des militaires pour l’Afrique et Diktatorenhilfe (Aider les dictateurs)


[6] Le chargé des droits humains est sidéré par la sentence


[7], [8] International Crisis Group: Ethiopia After Meles, Africa Briefing No 89, 22.08.2012


[9] Cf. Strandkrieg, Mit U-Booten gegen Piraten (Guerre du littoral, des sous-marins contre les pirates et Strandkrieg (II) (Guerre littorale II)


[10] Cf. Englisch statt Arabisch (Parler anglais au lieu d’arabe) et Am Rande des Krieges (La guerre menace)


[11] International Crisis Group: Ethiopia After Meles, Africa Briefing No 89, 22.08.2012


Enseignement de l’histoire et formation citoyenne

Pourquoi ne repenserait-on pas l’enseignement de l’histoire dans les lycées ?

Jean-Pierre Domenichini

2012-12-04

http://pambazuka.net/fr/category/features/85672

Tous les pays qui veulent émerger dans notre siècle l’ont constaté : la connaissance du passé est une clé fondamentale pour la maîtrise de l’avenir et le gage même d’un développement, même économique. C’est aussi vrai en politique et dans le monde des idées. Peut-on prévoir ce que sera Madagascar en 2050 ? Non seulement on le peut si on le veut, mais rien ne se fera si cet avenir n’est pas pensé dès à présent et si les décisions ne sont pas prises dès aujourd’hui par ceux que l’on dit être nos « responsables ».

« Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis », Ernest Renan, Qu’est-ce qu’une nation ?, 1882.

Comme l’Académie ne nous accorde qu’une portion congrue de temps, ce n’est qu’en quelques mots que je vais essayer de vous faire part de l’expérience que je viens de faire en acceptant d’enseigner bénévolement l’histoire dans les classes de seconde au lycée d’Andramasina. Je travaillais déjà régulièrement avec le lycée depuis 2005, comme je vous l’ai déjà exposé le 8 mars dernier. (1) En janvier 2010, j’appris qu’il manquait un professeur d’histoire au lycée. Je proposai d’assurer un cours d’histoire dans les classes de seconde et mon offre fut acceptée. Quand le lycée avait été construit il y a quelque vingt-cinq ans, la famille avait fourni du mobilier. Je ne pensais pas qu’un jour, je ferais partie du mobilier non permanent. En novembre 2011, il apparut à la demande des élèves qu’outre les trois classes de seconde, il serait bon qu’en janvier, j’enseigne également dans les trois classes de première. Le projet fut heureusement abandonné, mais j’avais eu le temps de réfléchir sur les programmes officiels des trois niveaux du lycée et de me préparer à ce que pourrait être un enseignement à ces niveaux.

UNE SURPRENANTE OUVERTURE AU MONDE

Comme tout professeur, je suppose, je me suis d’abord enquis des programmes officiels de seconde dont je crois me souvenir les avoir lus tels il y a quelque trois décennies. J’y ai donc appris ou réappris les objectifs de la matière – objectifs sans doute tirés des notes d’un cours de didactique et de sciences pédagogiques professé aux antipodes. Ils voudraient former à la discipline historique – ce qui me semble bien prétentieux avec un horaire de deux heures hebdomadaires, des élèves qui n’ont aucun manuel et des lycées qui n’ont aucun moyen pour multiplier des documents et les distribuer aux élèves – et prévoir une ouverture au monde.

Mais, en nos temps de globalisation, je ne pouvais que me demander de quel monde il s’agissait. Sur l’Afrique qui tenait une grande place dans les programmes de la Première République entre 1965 et 1972 – je les ai d’abord enseignés puis ai conçu de la documentation à destination des enseignants –, il n’y avait rien. (2) Rien non plus sur l’Asie ni sur l’ancienneté de la présence humaine en ce continent, ni sur ses pôles de développement du IVe au IIe millénaire avant l’ère chrétienne, ni sur ce berceau des religions et des philosophies – si on le sait pour le taoïsme, le confucianisme et le bouddhisme, on oublie le plus souvent que la philosophie grecque commença au Proche-Orient. (3) Rien évidemment sur l’Asie du Sud-Est (4) dont chacun devrait pourtant savoir que c’est de cette région que notre pays tire la majeure partie de son identité commune. Rien donc qui ferait rêver nos lycéens à cette formidable épopée marine qui conduisit les Malgaches dans la Grande Île et, sur le modèle des isa betsileo (5) – si on le leur faisait étudier comme on le fait ailleurs de la Chanson de Roland –, leur suggérerait d’en composer une chanson de geste.

En classe de seconde, les programmes officiels se veulent être une « introduction à l’étude du xxe siècle ». Mais à quel monde ouvrir les élèves ? La nature des programmes nous l’indique explicitement. En dehors d’un tout petit dixième du temps consacré au monde musulman, le programme ne concerne que les Européens, soit « les fondements historiques et l’évolution de la civilisation du monde occidental » en allant des héritages gréco-romains jusqu’aux révolutions industrielles, soit, pour une portion plus petite, à la présence et à l’influence européenne à Madagascar du xvie siècle à la « perte de l’indépendance ».

Suivant en cela les conceptions du xixe siècle et de l’époque coloniale, l’histoire officielle de Madagascar reste une annexe de l’histoire de l’Europe – celle-ci restant le centre qui aurait impulsé et impulserait toujours les « progrès » de l’ensemble du monde et, selon Hegel, aurait fait entrer l’Afrique dans l’histoire. Elle ordonne de traiter positivement du règne de Radama Ier posé comme une « phase d’ouverture » et négativement du règne de Ranavalona Ire posé comme une « phase de répulsion ». Le règne de Radama II, qui fut pourtant si catastrophique pour le pays, doit lui aussi être traité positivement, puisqu’il est donné comme une « nouvelle phase d’ouverture ».

Je me permettrai d’oser dire qu’après cinquante ans d’Indépendance, loin de contribuer à la formation de citoyens malgaches, l’histoire enseignée en suivant les programmes officiels – centrant le monde dans la Méditerranée antique, l’Europe du Moyen-Âge chrétien et de la Renaissance – formate de parfaits futurs petits néocolonisés. Et que les programmes se sont contentés de faire un copier-coller de ce qui a été prévu pour d’autres terres et d’autres cieux. Ils montrent aussi que nos spécialistes de didactique n’ont ni peu, ni beaucoup, ni passionnément réfléchi à la place de cette discipline dans la formation et la construction de ce qu’est une nation. Ou aussi bien qu’ils n’ont pas été écoutés par les « responsables ». Pour y penser, l’on ne peut s’empêcher de se référer à ce que font les « vieilles » nations et aux réflexions que l’on peut lire aujourd’hui.

LES HISTOIRES NATIONALES

Si l’on compare les enseignements de l’histoire dans les vieilles nations, l’on ne peut que constater qu’il ne peut exister une seule histoire avec un seul manuel qui serait traduit dans les différentes langues. Il y a quelques décennies, les professeurs français d’histoire et géographie s’étaient inquiétés du contenu des manuels allemands, contenu que, pour des périodes parallèles, ils ne comprenaient ni n’admettaient. Bruxelles décida alors de faire concevoir un manuel d’histoire de l’Europe utilisable par tous les pays de l’Union Européenne. Je ne sais ce qu’il advint de ce projet. S’il avait abouti, il n’aurait pu entrer en service qu’en s’ajoutant aux manuels précédents.

Si l’on se focalise sur l’évolution de la science historique en France, on peut discerner que son existence est étroitement liée à l’évolution politique, à celle des idées et des esprits suivant en cela l’air du temps. Pendant longtemps, l’histoire enseignée fut celle des rois et des personnages illustres dans un cadre déterministe providentiel et une identité chrétienne et plus précisément catholique. A côté de l’histoire de Clovis baptisé et sacré à Reims un jour de Noël (fin ve siècle), des Carolingiens avec Charlemagne consacré empereur par le Pape à Rome (800) et des Capétiens depuis 987, existait une abondante hagiographie qui, au xxe siècle fut même traduite en malgache et imprimée : deux gros volumes de textes avec l’histoire d’un saint – éventuellement d’un bienheureux pour deux des jours – pour 126 jours de l’année – d’Odilon de Cluny pour le 1er janvier à Thomas Becket pour le 29 décembre (6). A l’égal des princes, les saints étaient de ces personnages illustres que l’Église offrait encore comme des modèles à ses fidèles.

Puis vint au XIXe siècle le temps des nations. Ce fut alors l’Histoire de la France de Jules Michelet (1798-1874) qui, avec sa sensibilité romantique, revécut l’histoire tout en l’écrivant et présenta la France « comme une âme et comme une personne ». Si on lui reprocha de ne pas toujours respecter la vérité historique, son histoire, celle du peuple de France, répondait déjà à « la volonté de vivre ensemble » proclamée peu après (1882) par Ernest Renan comme sa meilleure définition.

Suivit alors l’Histoire de France d’Ernest Lavisse (1842-1922) qui, avec le positivisme de l’époque et sur le modèle de la recherche germanique, installa solidement la recherche, la vérification archivistique et documentaire et l’enseignement de cette discipline dans l’institution universitaire. Les manuels scolaires qu’il publia (7) plus tard illustrés avec des reproductions adaptées des toiles du Musée Louis-Philippe (8) – Vercingétorix à Alésia, Saint-Louis rendant la justice sous le chêne de Vincennes, Duguesclin mourant, Jeanne d’Arc au bûcher, la bataille de Valmy que l’on voyait aussi sur les boîtes de plumes Sergent-Major de mon enfance, et bien d’autres – vont faire naître une culture historique populaire. Y contribua aussi Le Tour de la France par deux enfants, livre de lecture pour le cours moyen, qui faisait vivre une géographie sociale et historique ; publié pour la première fois en 1877, il était encore utilisé, quand j’étais à l’école primaire. De la préface qu’il faudrait retenir en son entier et que je donne en annexe, retenons-en au moins la première phrase : « La connaissance de la patrie est le fondement de toute véritable instruction civique ». (9)

Il faudrait enfin ne pas oublier l’école des Annales qui s’appuyait sur les sciences humaines, intégrait la géohistoire et acculturait en les assouplissant les concepts marxistes. A l’origine de cette école, je veux rappeler la thèse de Marc Bloch sur Les Rois thaumaturges, lesquels, une fois par an, guérissaient des écrouelles avec des guérisons qui furent à l’époque constatées. Par cette étude « sur le caractère surnaturel attribué à la puissance royale », Marc Bloch, grand maître dans le métier, faisait entrer l’anthropologie dans les travaux historiens.

Madagascar n’a pas eu, comme la France, la chance d’avoir un Michelet, ni un Lavisse. Depuis l’Indépendance, la République, la première comme les suivantes, ne chercha pas et ne trouva pas non plus un Jules Ferry malgache qui aurait donné un sens à son enseignement dans les écoles, aurait créé une culture historique populaire – celle des élèves qui avaient été scolarisés – et aurait contribué à la construction d’une nation.

UNE HISTOIRE NATIONALE MALGACHE ?

Avec plus ou moins de réussite et dans l’esprit de l’époque, missionnaires, officiers et fonctionnaires apportèrent leurs contributions à la connaissance de l’histoire de Madagascar. Malgré toutes les oppositions des services du haut-commissaire, la création de l’Université de Madagascar par Michel Alliot, premier directeur de l’enseignement supérieur, (10) aboutit normalement à la création d’un département d’études historiques. On pouvait alors espérer une histoire qui aurait rompu avec le discours colonial et aurait permis de mieux comprendre le mouvement de l’histoire sur le long terme.

Or, des coopérants qui enseignèrent l’histoire à l’École Normale de Mahamasina et à la Fondation Charles de Gaulle après la création de l’Université, tous y arrivèrent par le hasard d’un poste nouveau qui y avait été créé et par le fait d’une nomination administrative. L’initiative de deux de ces coopérants avait toutefois abouti dès les années 60 à la création d’une licence d’Histoire de Madagascar et des Pays de l’océan Indien, qui peina à obtenir la reconnaissance de l’Université française. (11) Mais aucun, à ce que je sache, ne s’était auparavant intéressé à Madagascar et n’avait entrepris une recherche sur un sujet malgache, lequel ne fut choisi qu’une fois en poste à Tananarive. Ne sachant pas le malgache, tous avaient besoin, comme dans la recherche administrative orstomienne, de traducteurs et d’interprètes indigènes, lesquels n’avaient pas – ou pas encore – la culture historique donnant parfait accès aux sources et donc fournissaient les traductions attendues ou espérées. J’ai même connu à Paris un enseignant nommé à l’École Normale qui, avant de rejoindre son poste, consultait en milieu étudiant pour savoir les travaux qu’il allait proposer à ses étudiants tananariviens sur des sujets malgaches.

Bons techniciens d’une discipline où les historiens ne seraient d’aucun temps ni d’aucun pays et leur science universelle, mais n’étant pas apatrides, ils ont imposé les critères respectés en France. L’historien ne s’occupe pas de l’histoire qu’il voyait faire – de l’histoire du présent –, mais seulement du passé bien révolu pour lesquels existaient des archives ouvertes, c’est-à-dire ayant plus de cinquante ans d’âge. Outre qu’elle était un sujet tabou, l’insurrection – ou les insurrections (12) – de 1947 entrait bien dans cette période interdite. (13) Beaucoup plus tard, le sujet de maîtrise que voulait faire un étudiant sur la Jiny de Monja Jaona en recueillant les témoignages des survivants (1981), ou cet autre sur 1947 dans la région de Vavatenina (1988) furent toutefois, après discussions, accepté par un directeur de recherche.

Dans un premier temps, malgré Jan Vansina, (14) Yves Person (15) et Henri Moniot, (16) je ne vois guère de travaux universitaires faits à partir de la seule tradition orale. Cela limitait le domaine de recherche éventuelle à la seule période contemporaine selon le découpage français de la chronologie. Quant aux maîtrises sur la période royale, bien peu aboutirent : les étudiants ayant obtenu un sujet se trouvaient aussitôt ligotés par un plan imposé en trois parties et neuf sous-parties inspiré des Annales Esc. S’ils travaillèrent beaucoup sur les archives et même s’ils y firent des trouvailles intéressantes, ils n’y trouvaient pas de quoi remplir les neufs tiroirs imposés. Sans doute bon spécialiste de l’enseignement secondaire, le directeur du travail n’avait pas l’habitude de la recherche et manquait manifestement d’un peu de génie imaginatif.

Quant aux « temps obscurs » de l’histoire de Madagascar, ils étaient abandonnés à cette science ancillaire qu’est l’archéologie. Encore faut-il bien noter que, dans les années 60 et jusqu’en 1973, elle fut fort mal servie par un responsable définitivement persuadé que le début du peuplement datait du xe siècle de l’ère chrétienne et n’était en rien enclin à chercher à défricher la période ancienne et à remonter plus loin dans le passé. Je me souviens qu’ayant obtenu pour Sarodrano, un site côtier au sud de Tuléar, une datation au C14 donnant 2000 ans B.P., il avait péremptoirement conclu que c’était une erreur du laboratoire japonais ! Pour le deuxième volume de l’Histoire générale de l’Afrique qu’avait entrepris l’Unesco, il réussit même l’exploit d’écrire tout un chapitre pour dire qu’il n’y avait rien à dire sur Madagascar avant le viie siècle. (17)

L’arrivée aux manettes de la première génération d’historiens et de jeunes chercheurs malgaches dans les années 70 allait donner une bonne impulsion à la recherche mobilisée par un directeur de département dynamique. Organisation de colloques se donnant pour but de faire naître toutes les régions à l’histoire, publication d’une revue scientifique Omaly sy Anio, publication aussi des premiers mémoires de maîtrise soutenus à Ankatso dans les années 60, les bases étaient heureusement posées pour la création d’une culture historique populaire. N’ayant plus les mêmes budgets qu’en ses débuts, l’archéologie entreprit aussi son développement surtout dans la région de Tananarive et publia même un temps une lettre d’information sur les travaux effectués. (18)

Les recherches en tradition orale produisirent également un certain nombre de travaux qui donnèrent du sérieux à des tantara amateurs ou qui firent émerger une histoire événementielle ou culturelle des régions touchées jusqu’alors par la seule ethnographie. L’on pouvait alors découvrir l’histoire des Vezo, présentés habituellement comme des « semi-nomades marins », celle du royaume de l’Onilahy au nord du pays mahafale, celle des Betsileo, de leurs sites anciens et de leurs dynasties, celle des Tsimihety et de leurs seigneurs Antevoholava d’Andohan’Androna, celle des Betsimisaraka avec leur organisation, leurs rites et la structure sociale de leurs terroirs… Quelques-uns de ces travaux aboutirent à des doctorats soutenus notamment à Paris.

Le mouvement fut rapidement stoppé. Dans l’administration malgache, le parti colonial ne l’avait jamais vraiment apprécié. A titre symbolique et comme toute la corporation s’en souvient, je rappellerai qu’à l’époque du socialisme ratsirakien, l’inamovible ministre de l’Enseignement Supérieur se refusa toujours à venir ouvrir les colloques régionaux et qu’il refusa aussi bien de donner le moindre franc Fmg pour leur tenue et pour la publication des actes, laissant demander – mangataka, dit-on, en malgache pour demander mais aussi pour mendier – les quelques moyens nécessaires auprès des uns et des autres. Malgré son malgacho-malgachisme déjà ambiant, l’État, bon élève du marxisme, pensait sans doute que l’histoire n’était qu’une vulgaire superstructure évoluant avec la base économique et ne faisant que la refléter. Il ne fit rien pour aider à la création d’une conscience historique populaire. Rares sont les travaux universitaires qui ont débouché dans l’édition et la mise à disposition d’un public qu’ils auraient aidé à connaître et comprendre l’histoire nationale.

Péché actuel du mandarinat, les recherches qui sont faites, tant dans les Universités qu’à l’Ens, le sont le plus souvent au seul profit des enseignants qui les ont dirigées et ne sont pas publiées sous une forme économique pour un public plus large et notamment pour les professeurs d’histoire. Étant entendu que l’ethnographie était une science coloniale que, dans une optique révolutionnaire, devait remplacer la sociologie, l’anthropologie historique n’y trouva pas place, et les articles anthropologiques de quelques historiens furent publiés à l’extérieur. L’on ne chercha pas non plus, dans l’orientation proposée par Hubert Deschamps, à décrire, comprendre et situer dans l’histoire culturelle les coutumes malgaches et les religions ayant cours dans le pays.

L’histoire de Madagascar conçue par la science coloniale et néocoloniale continue donc à innerver la culture scolaire. (19) Elle ne pouvait servir au développement. Le nouveau concept de «développement humain», par l’attention qu’il exige de porter aux hommes, aurait pu permettre l’éclosion d’une Histoire nouvelle, laquelle aurait pu alors aider au développement. Je ne reviendrai pas sur les analyses que j’ai faites pour un colloque de l’Académie en 1991 (20) et qui n’ont rien perdu de leur actualité. Il est regrettable que ces colloques soient le plus souvent restés confinés dans le domaine de la littérature grise. Je sais que le budget prévu pour la publication des actes du colloque de juillet 1992 (21) avait disparu au moment où l’on en avait besoin. Il existe toujours, à l’intérieur de l’administration, un parti colonial tout à fait efficace pour s’opposer au changement et surtout au changement des idées.

L’ENSEIGNEMENT EN CLASSE DE SECONDE AU LYCÉE D’ANDRAMASINA

Mon expérience de la pédagogie à Madagascar remonte au temps de la Ire République, à une époque où Itpkl. Laurent Botokeky, Ministre des Affaires Culturelles, n’était pas insensible aux problèmes réels de l’enseignement du pays, (22) mais sa marge de manœuvre était très étroite. Pour le moindre changement, il aurait fallu chaque fois en convaincre la Coopération. Je me souviens qu’avec Claude Chalmeau, nous avions pourtant travaillé à une forme de malgachisation de l’enseignement dans les écoles primaires conventionnées que fréquentait une majorité d’élèves français, comme de remplacer l’étude de la cerise (Prunus sp.) en sciences naturelles par celle de la banane, etc. Je me souviens aussi d’avoir eu à rédiger les instructions pour l’enseignement de l’histoire et de la géographie dans l’enseignement secondaire. D’avoir été en même temps secrétaire permanent de la commission sur l’intégration de la sociologie à l’enseignement de l’histoire et de la géographie – impulsée par les coopérants développeurs et sociologues de l’École nationale de promotion sociale (Enps) – qui, après 1972, aboutit à ce monstre disciplinaire imaginé par les révolutionnaires qu’est la tajefia.

J’en avais retenu le droit que possède tout enseignant d’interpréter les programmes officiels et, en mettant Madagascar au centre de mon enseignement, d’ouvrir en 2010 les élèves du Lycée d’Andramasina au monde de la science et au monde malgache.

Pour contrer toutes les formes de racisme que l’on peut rencontrer, il fallait décrire ce que fut l’apparition de l’homme telle que les mythes (la Genèse biblique, les mythes malgaches, un mythe éthiopien – j’aurais pu en choisir d’autres tant il y en a), et telle que la science nous l’a reconstruite. Le temps court du mythe doit être corrigé par le temps long de la science et passer des six jours de la Genèse à des milliards d’années pour arriver à Toumai et encore à des millions d’années pour arriver à l’Homo sapiens. La lente maturation des Homo (la reconstitution d’Ardipithecus ramidus (23) a beaucoup intéressé mon petit public en 2010) autant que la diffusion de l’Homo sapiens à la surface de la terre. Enfin, la naissance des différentes civilisations.

Pour corriger tout ce qui a été dit sur Madagascar – son histoire inscrite dans une chronologie courte qui, comme une poubelle, se remplit peu à peu d’apports étrangers qui auraient lentement fait avancer les sauvages malgaches vers la civilisation –, il faut remonter dans la plus lointaine époque possible, c’est-à-dire à l’époque de la transgression flandrienne (ixe millénaire avant l’ère chrétienne), montrer que les grands ancêtres (razandrazana) furent les premiers navigateurs de l’humanité et montrer avec une carte du monde austronésien comment, partant de l’île de Taiwan et du sud-est de la Chine, ils peuplèrent les îles du Pacifique et de l’Océan Indien, et inventèrent en Asie du Sud-Est un néolithique particulier différent notamment du néolithique proche-oriental et du néolithique américain.

Étant en Imerina, j’accorde à celle-ci une place particulière avec le site d’Ambohimanana (ixe-xe siècle) qui donne un tout autre éclairage sur l’histoire de la région et évite de continuer à répandre des idées fausses comme l’invention du fer par Andriamanelo et la domestication du zébu par Ralambo sans prendre la peine d’expliquer l’idéologie qui les fonde. Puis l’influence arabe en Ankova avec l’adoption du calendrier lunaire arabe, de la semaine, en remplacement de l’année lunaire utilisée par des sociétés agricoles, et bien d’autres emprunts.

En dehors d’Imerina, le professeur pourrait développer la connaissance de la région où il enseigne avec, par exemple, l’archéologie du pays betsileo et l’histoire des principautés du Lalangina, de la Matsiatra et de l’Homatsazo pour le sud de la région ou celle du Manandriana pour le nord. Mais il ne faudrait négliger ni le modèle sakalava qui toutefois ne constitue pas un empire, comme le prétend un excès de vocabulaire, mais une sorte de fédération de principautés liées par la parenté de leurs princes. Ni négliger la dynastie d’Alasora avec la constitution de l’Imerina (roa-toko sous Ralambo, efa-toko sous Andriamasinavalona et enin-toko sous Andrianampoinimerina), parce qu’elle est à l’origine du Royaume de Madagascar au xixe siècle.

Le xixe siècle est plus facile à traiter. Entre propositions anglaises et prétentions françaises, la politique d’unification de Radama Ier. La revendication souverainiste de Ranavalona Ire, la plus grande reine de ce siècle qui aurait voulu industrialiser le pays et qui dut subir deux agressions en 1829 et en 1845. La politique déraisonnable de Radama II, victime des mauvais conseils de ses amis français civilisateurs. Le règne réparateur de Rasoherina. Le système précolonial de Ranavalona II, avec la conversion au christianisme et la relative dépendance à l’égard des missionnaires. Le succès des revendications françaises sous Ranavalona III.

Pour les deux premiers règnes et l’échec de Radama II, il faudrait bien expliquer ce qu’était le système politique malgache. L’Andriamanjaka n’était pas sur la terre, comme Louis XIV, « ministre de Dieu », c'est-à-dire son serviteur, à qui il aurait à rendre des comptes quand il aurait quitté ce monde. Ni comme le pape qui, au Moyen-Âge, s’intitulait « serviteur des serviteurs de Dieu ». Partant du modèle des royautés européennes, Thomas More avait pu écrire que « c’est du prince que ruissellent sur le peuple entier, comme d’une source intarissable, les biens et les maux », (24) dont on comprend bien toute l’ambigüité ; son analyse de la fonction de prince ne mettait pas celle de servir parmi les mots du pouvoir.

A Madagascar, le modèle est différent. L’Andriamanjaka est descendant de Dieu et dieu lui-même, et à ce titre, titulaire d’une royauté universelle indisponible. Même si son pouvoir pratique ne concernait qu’une petite partie de cette terre, il ne pouvait rien en céder. (25) S’il était l’Andriamanitra qui choisit (Andriamanitra mifidy) et l’Andriamanitra qui décide (Andriamanitra mandidy), il n’était en rien un monarque absolu sur le modèle du despotisme éclairé du xviiie siècle en Europe. Il était en fait celui vers qui convergeaient les décisions prises aux différents niveaux du peuple, celui qui les examinait et décidait si elles étaient conformes aux impératifs du contrat social selon la tradition. En somme, il était à lui-seul à la fois conseil constitutionnel et chambre d’enregistrement. Il était le dieu dont on peut attendre des bénédictions et que l’on rend responsable des maux qui frappent le monde terrestre. Cela est vrai dans toutes les principautés et royaumes de l’île.

DE L’URGENCE D’UNE RÉFORME

Une réforme de l’enseignement de l’histoire répond à plusieurs besoins. Dans le désordre politique et psychologique créé par le coup d’État de 2009, la demande fut faite de restaurer l’instruction civique. Sans doute n’est-ce pas inutile, mais celle-ci décrivait les institutions et leur fonctionnement et l’on peut se demander si elle ne provoqua pas l’apparition de constitutionnalistes au petit pied qui font le malheur de ce pays – chacun voyant dans sa Constitution un avenir radieux jusqu’à sa condamnation à la crise suivante. Plus que l’instruction civique, ce qui est nécessaire, c’est l’éducation civique par une histoire nationale qui fonde le vivre ensemble. Cette histoire nationale doit :

1. — MAINTENIR UNE SOCIÉTÉ MALGACHE RÉUNIE - Toute société, résultat d’une expérience multimillénaire, ne tend pas à disparaître, mais à inculquer à chacun de ses jeunes membres, outre la langue, « des valeurs, un imaginaire partagé, des représentations collectives, des idéaux et idéologies, tout ce que l’on désigne couramment par "culture" ». (26) C’est ce qui fait le ciment du lien social qui transcende les générations.

Or cette société est bien mal en point avec un premier fossé entre une minorité d’occidentalisés ayant des attaches outre-mer depuis moins de deux siècles et une majorité populaire à culture multimillénaire dans les campagnes peu touchées par le christianisme et les écoles. A cette première dichotomie s’en ajoute une seconde, celle provoquée par la sururbanisation. Comme le montre l’évolution de la capitale, des flots de jeunes ruraux viennent s’installer en ville, à un âge où ils n’ont pas encore été bien initiés aux codes et valeurs qui constituent la société malgache dans le monde rural. Affectivement attachés à leur milieu d’origine, ils risquent alors de succomber à cette culture malgache de pacotille que, sous prétexte de tradition, leur proposent des charlatans et de faux ombiasy ou aussi bien, dans un désir d’ouverture à une forme d’universalisme, aux offres alléchantes des sectes pseudo- ou para-chrétiennes. Quant à l’éducation que les parents y donnent à leurs enfants, elle est réduite au minimum, ceux-ci étant absorbés par la recherche des quelques ressources permettant leur survie.

Dans ce nouveau milieu citadin, mais aussi souvent à la campagne, les parents aujourd’hui abandonnent à l’institution scolaire non seulement l’instruction, mais souvent aussi l’éducation de leur progéniture. Un fait significatif de l’accélération du phénomène : quand, il y a vingt ou trente ans, je demandais à mes étudiants de licence de mettre par écrit un conte (angano) ou une histoire (tantara), j’en obtenais aussitôt une abondante moisson. Aujourd’hui, aucun de mes étudiants n’a jamais entendu une grand-mère ou une mère leur en raconter. Entre les deux périodes, l’on doit noter une différence. Dans la première, mes étudiants venaient des huit côtés de l’île; aujourd’hui, ce sont des Tananariviens. L’on peut se demander si, à l’avenir et au moins pendant un certain temps, les dépositaires de la culture malgache ne seront pas les originaires de la périphérie, alors que ceux de la capitale formeraient un groupe de déculturés – malgachement s’entend.

On comprend dès lors ce que sont les responsabilités de l’institution scolaire et universitaire. La royauté au xixe siècle avait réalisé une grande partie de l’unification politique. La République au xxie siècle se doit de maintenir l’unité culturelle.

2. — EFFACER LE TRAUMATISME COLONIAL - Ce devrait être là l’un des buts d’une réforme des programmes menée par un ministère voulant donner un sens à l’enseignement de l’histoire dans la construction d’une identité nationale. Je l’ai dit, les programmes actuels, correspondant à l’histoire écrite par les vainqueurs, tendent à former de bons petits néocolonisés dans le cadre d’un empire multiethnique par sa constitution. C’est ce qu’ils ont fait depuis des décennies, ce sont eux qui ont formé nos politiciens actuels. L’on comprend mieux dès lors que, dans la crise politique que nous vivons, toute chose qui serait à charge pour le pays, soit attribuée quasi unanimement à la France et, comme dans le De viris illustribus de l’histoire classique, aurait pour cause bien visible la personne de son Ambassadeur à Antananarivo, Jean-Marc Châtaignier, alors que la Françafrique, qui commanderait la politique malgache, en serait la « main invisible ».

Comme ils ne connaissent pas l’histoire nationale, nos politiciens, mais aussi nombre de nos diplômés, ne se sont pas encore intellectuellement décolonisés et réagissent comme ils l’auraient fait au temps du totalitarisme de la période coloniale (27) : la France et son Gouverneur Général, en l’occurrence aujourd’hui son Ambassadeur, seraient toujours responsables de tous les maux qui frappent Madagascar. (28)

Événement majeur, la conquête coloniale et l’annexion de 1896 nièrent toute souveraineté malgache. En l’absence d’idées nouvelles qui donneraient un sens au concept d’Indépendance, nous vivons dans l’éternité de l’événement colonial. Le monde vécu de l’univers malgache, surtout urbain et occidentalisé, est toujours installé dans cette période. L’on n’a pas encore compris, par exemple, que participer aux institutions de la francophonie – qui n’est pas une marque d’infamie, mais un legs irrépréhensible de l’histoire –, ce n’est plus être simplement une province de l’Empire français en rose sur les globes et planisphères de l’époque.

3. — RETROUVER SON HISTOIRE POUR VIVRE SON PRÉSENT - Retrouver son identité, c’est bien sûr maîtriser sa langue. Tout le monde en convient à l’exception des membres du parti administratif colonial, comme l’a montré la décision d’un ministre nouvellement nommé qui, par circulaire sur la langue d’enseignement, annula les décisions de la loi sur l’enseignement qui venait d’être votée sous la présidence d’Albert Zafy et le ministère de Fulgence Fanony. L’on se souvient de la maxime

Andrianiko ny teniko,
Ny tenin’ny hafa no feheziko,

servant d’oriflamme aux Roa Andron’ny Teny Malagasy qu’organisait Bakoly D.-Ramiaramanana dans ces mêmes années 90. Retrouver son identité, c’est aussi bien sûr retrouver son histoire. Sur le modèle de la langue, on peut tout aussi bien dire :

Andrianiko ny tantarandrazako,
Ny tantaran’ny hafa no feheziko.

« L’histoire des pays du tiers-monde, constate Pierre Nora, fait-elle autre chose que reproduire fidèlement les étapes de la colonisation et de la décolonisation? » (29) L’on ne peut évidemment s’en contenter. À Madagascar, l’on peut faire l’économie de l’homme des cavernes et de Cro-Magnon, car les premiers colons étaient déjà des agriculteurs et des métallurgistes. Par contre, pour bien comprendre l’histoire sur le long terme, l’on ne peut accepter de la mutiler en partant de Diego Dias en 1500, voire à Marco Polo (Le Devisement du Monde, 1298), comme on l’a appris à tous les élèves qui arrivent en seconde. Ils n’ont pas « découvert » Madagascar, Marco Polo n’en parlant d’ailleurs que par ouï-dire. Comme l’Amérique a été découverte par les Amérindiens venus d’Asie il y a quelques dizaines de milliers d’années, la Grande Île, île alors inhabitée et humainement déserte, le fut vraisemblablement par des commerçants austronésiens fréquentant les réseaux commerciaux de l’Océan Indien, et sans doute ensuite explorée par les premiers colons eux-mêmes venus s’établir dans le pays.

Il faut donc remonter aux Razandrazana du temps du Faharazandrazanina en Extrême-Orient et en Asie du Sud-Est. Et, pour toute la Grande Île, présenter les institutions austronésiennes comme la dation du nom (ala volon-jaza) et les secondes funérailles (famadihana, okatr’arana, asa lolo…) comme garantes d’une continuité historique que ne peut assurer un récit continu centré sur des individualités nommées et connues, car nous demeurons – et demeurerons – bien évidemment incapables de dire le nom du premier Malgache qui commandait le bateau, qui vit Madagascar et qui fut le premier à y mettre pied à terre, ni le nom de son bateau, ni précisément le lieu, ni exactement la date. Penser les Razandrazana par delà les hommes illustres mais oubliés de cette époque, c’est fonder une légitimité nationale indépendante des seules dernières dynasties royales, lesquelles ont occulté les dynasties anciennes.

Cette histoire ne peut être qu’une histoire plurielle dans laquelle chaque région ou chaque population régionale serait présente. La collection d’Omaly sy Anio y serait une revue-source indispensable. Il y apparaîtrait une unité ancienne au fondement de la diversité actuelle – une unité culturelle dans la diversité de ses réalisations actuelles. On peut paraphraser l’historien Dominique Borne, (30) qui parlait de le France, et dire qu’il faut «"faire Madagascar" avec tous, pour comprendre et habiter un Madagascar pluriel, il est indispensable de construire une histoire qui enracine les diversités». A défaut d’une Bozy avec des dokodoko et chapeautée d’un satrobory comme bonnet phrygien, l’Indépendance ne peut se limiter au tracé d’une carte de la Grande Île en béton armé, celle des monuments qui veulent rappeler un moment de l’histoire dans toutes les villes et petites bourgades du pays. Plus que les contours insulaires, l’Indépendance devrait faire connaître tous les hommes qui y vivent. L’on se plaît alors à penser à un Tour de Madagascar par deux enfants en malgache et bien illustré qui serait le livre de lecture de toutes les écoles primaires et en présenterait la variété et les richesses : la variété des paysages, la variété des régions, celle de la flore et de la faune, mais aussi celle des hommes. Et les richesses de ses minéraux, les richesses des techniques de mise en valeur, les richesses de son artisanat. La variété et la richesse de son histoire. Un livre de lecture pour « présenter la patrie sous ses traits les plus nobles, et la leur montrer grande par l’honneur, par le travail, par le respect religieux du devoir et de la justice ». (31) Je me permettrais, en notre temps de mensonge et de mauvaise foi, d’y ajouter le respect religieux de la parole donnée, si importante dans toute société de l’oralité.

DES MOYENS À METTRE EN ŒUVRE

A constater que cette orientation de l’enseignement avec ses insuffisances et ses imperfections – qui sont aussi mes insuffisances et mes imperfections – intéresse vraiment les lycéens d’Andramasina, comme en témoignent même les retours provenant des parents d’élèves, je pense que c’est un programme qui pourrait être essayé sur un plus grand nombre de lycées avec des professeurs volontaires. Ce n’est alors qu’après un bilan sérieux, il serait possible d’envisager son avenir. Mais l’on peut poser qu’il contribuerait mieux que l’actuel programme à la formation du citoyen malgache de demain. Il pourrait satisfaire au besoin d’histoire nationale que ressentent, quand ils travaillent déjà ou quand ils arrivent à la retraite, d’anciens ambassadeurs, des ingénieurs, des pilotes de Boeing ou d’Airbus qui m’en ont parlé.

Je ne poserai pas la question de savoir si une telle réforme est possible. Elle apparaîtra nécessaire à tous ceux qui préfèrent l’intérêt supérieur de la nation et de son avenir plutôt que l’intérêt privé de leur ration et du seul avenir de leur compte bancaire. Ce n’est pas un vocabulaire que j’invente, je le reprends des analyses politiques faites depuis le coup d’État de mars 2009.

Promulguer immédiatement un décret ou un arrêté ministériel serait la meilleure façon de faire avorter cette réforme, car elle serait aussitôt remise en cause par le ministre suivant. Pour y conduire, il est donc préalablement indispensable :

● d’étendre une expérimentation à plusieurs lycées où les professeurs seraient volontaires, en la soutenant par une action de formation en relation avec les enseignants de l’Université et de l’Ens.

● de diffuser, auprès de tous les enseignants d’histoire et de géographie en lycée, une documentation scientifique ou pédagogique par un organisme léger comme l’était le Centre d’Action Pédagogique du temps de la Ire République. Il serait nécessaire aussi de diffuser toute une documentation sur la Vvs, Ralaimongo, et 1947 (classe de première) pour éviter que des professeurs dépourvus n’envoient leurs élèves faire des enquêtes personnelles impossibles et aléatoires.

● d’envisager un nouveau programme pour les niveaux d’enseignement antérieurs, notamment pour l’enseignement primaire qui doit tenir une place de premier plan dans la formation d’une nation malgache. La science a montré la plasticité cérébrale et le fait que les apprentissages modifient l’activité du cerveau. La socialisation des individus, pour être efficace sur le long terme, doit commencer avec l’enseignement primaire. Toute erreur peut avoir des répercussions malheureuses sur tout le corps social des décennies à venir.

● de mettre fin à ce que fut la lutte contre les superstitions et les soatoavina malagasy. Abandonner l’idéologie du Fandrosoana ou du Fampandrosoana pour celle du Fahendrena, chère à Ranavalona ii en attendant de passer, dans l’avenir, à celle du Firosoana. Après le Moyen-Âge colonial, c’est vers une véritable Renaissance qu’il faut tendre – une Renaissance qui trouverait ses racines chez les Anciens qu’ici nous appelons Ntaolo et qui, par l’histoire culturelle, redonnerait leur place aux principales constantes toujours vivantes de leur civilisation. Une Renaissance qui fonderait une modernité malgache pacifique, qui déprivilégierait les individus dits « progressistes », sources des coups d’État et des dictatures messianiques, et qui rendrait toute sa légitimité à la communauté du peuple.

● de corriger tout ce qui, dans la christianisation, portait atteinte au statut de la femme en en faisant un « mobilier fragile » (fanaka malemy), tout autant que tout ce qui relève manifestement d’une intolérance ancienne. A cet égard, il faut combattre les effets encore vivants des guerres qu’ont livrées les confessions chrétiennes depuis le 19e siècle. On songe particulièrement aux traductions et éditions par les missions protestantes anglaises des ouvrages de John Bunyan, The Pilgrim’s Progress et The Holy War, sous les titres de Ny dian’ny mpivahiny… (32) et Ny ady masina. (33) Ces deux ouvrages anglais du 17e siècle ont fait l’objet de nombreuses rééditions. À ma connaissance, la dernière de Ny dian’ny mpivahiny qui le fut par les Luthériens, ne date que de 1985. Elle entretient la guerre de religion ou tafika masina, même en période, dit-on, d’œcuménisme. On peut songer aussi aux origines catholiques de cette superstition moderne des mpaka fo.

● et, si l’on voulait éviter les discussions inutiles sur le sexe des anges, de tirer au sort, parmi les parents d’élèves du Lycée d’Andramasina, des jurés qui en décideraient. Dans un domaine comme celui de la langue, où les responsables et les experts ont tendance à décider seuls et finalement prennent des décisions toujours contradictoires, il serait préférable de recourir au tirage au sort de jurés. La composition sociale des élèves du Lycée étant représentative de toute la population malgache, on pourrait admettre que ses résolutions soient un pur produit de la démocratie. (34)

CONCLUSION

À l’évidence à Madagascar, notre monde « moderne » craque avec ses crises internes qui se suivent et se ressemblent. Des siècles, des millénaires ont formé l’âme malgache qui ne peut vivre son présent avec le riche legs de son passé et qui tout aussi bien ne peut vivre son avenir en faisant table rase du legs ancestral. Il lui faut donc accoucher d’un autre monde où elle puisse retrouver ses racines. Tous les pays qui veulent émerger dans notre siècle l’ont constaté : la connaissance du passé est une clé fondamentale pour la maîtrise de l’avenir et le gage même d’un développement, même économique. C’est aussi vrai en politique et dans le monde des idées. Peut-on prévoir ce que sera Madagascar en 2050 ? Non seulement on le peut si on le veut, mais rien ne se fera si cet avenir n’est pas pensé dès à présent et si les décisions ne sont pas prises dès aujourd’hui par ceux que l’on dit être nos « responsables ». Le volontarisme en politique doit remplacer la passivité de responsables enclins à n’appliquer que les solutions clés en main qui leur sont proposées. Nous ne pouvons plus nous laisser aller à vivre dans un cadre déterministe providentiel d’importation où la « providence », ne pouvant plus être ni les ancêtres ni la Reny malala, serait la Banque Mondiale, le Pnud, et avec une identité qui serait celle du capitalisme mondial ou global.

Je veux toujours espérer que les temps qui viennent feront mentir l’adage colonial selon lequel les Malgaches étaient souvent parfaits dans l’imitation, mais toujours incapables de prévision et d’innovation. En centrant l’histoire sur le monde malgache, l’intelligence culturelle devrait permettre à l’ensemble du peuple de retrouver, avec son antique esprit d’initiative, sa souveraineté culturelle et la fierté d’avoir une histoire qui dépasserait celle du petit tanindrazana de la campagne et qui s’intégrerait dans celle de toute l’humanité dans le contexte des changements survenus à l’échelle planétaire. Si, comme je le crains et comme il est probable, rien ne se faisait dans les années qui viennent, du moins l’Académie pourra, devant la postérité, dire qu’elle avait bien envisagé la question et qu’elle en avait débattu. Ce serait alors à l’histoire d’en juger.

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** Jean-Pierre Domenichini est professeur bénévole au Lycée d’Andramasina

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NOTES
1) Lovantsofina et tadidivava d’Andramasina ou l’histoire que révèle la tradition orale. Écrire une autre histoire? », communication pour la séance de la deuxième section.

2) Sur la constitution de ces programmes, on consultera utilement Faranirina V. RAJAONAH, «Repenser l’enseignement de l’histoire à Madagascar dans les années soixante», Revue historique des Mascareignes, 2002, n° 4, pp. 79-92.

3) [J.-P. DOMENICHINI], «Histoire [de l’Asie]», in : Encyclopédie Axis. Dossiers, Paris, Hachette, vol. 1, 1993, pp. 395-398.

4) [J.-P. DOMENICHINI], «Histoire de l’Asie du Sud-Est», in : Encyclopédie Axis. Dossiers, Paris, Hachette, vol. 1, 1993, pp. 400-403.

5) Cf. Ratsiafabahiny dans Lucien-Xavier MICHEL-ANDRIANARAHINJAKA, Le système littéraire betsileo, Fianarantsoa, Ambozontany, 1986.

6) Tantaran’ny olo-masina, Tananarive, Imprimerie de la mission catholique, 1925, 2 vol., 339 et 315 p. [6e édition]. — La biographie de 126 saints (ou bienheureux) offerte aux fidèles malgachophones, c’est toutefois bien peu comparé aux 422 saints retenus par les Eglises de France et de Belgique que nomme le missel de mon enfance (Dom Gaspar LEFEBVRE, Missel vespéral romain (quotidien), publié par l’Apostolat Liturgique - Bruges - et la Société Liturgique S.A. - Paris-, 1947, 1760 p.)

7) Le petit Lavisse pour le cours moyen, 1re et 2e année (Ernest Lavisse, La nouvelle première année d’Histoire de France, 1894, 264 p.) vient d’être réédité à l’identique (Editions des Equateurs, 2010).

8) Pierre NORA, « Le Musée historique de Versailles : une transfiguration », in : Présent, nation,
mémoire, Paris, Gallimard (Bibliothèque des histoires), 2011, p. 174-175.

9) G. BRUNO, Le tour de la France par deux enfants. Devoir et patrie, Paris, Belin, 1904, 312 p. (324e édition). – Une seconde mouture, mieux adaptée à la séparation de l’Eglise et de l’Etat et à la laïcité française, fut publiée en 1906. Elle fut utilisée par les écoles publiques, mais aussi bien par les écoles catholiques. De cette seconde mouture, la dernière édition, préfacée par Jean-Pierre Rioux, est due aux Editions Tallandier, Paris, 2012, XIV-322 p. On trouvera le texte des deux moutures et une version montrant les différences entre elles sur le site http://www.demassieux.fr/Site/Tour_de_la_France.html Si un écrivain ou un groupe d’écrivains voulaient s’en inspirer, il serait plus adapté à la situation malgache de lire la seconde mouture.

10) Je me permets de rappeler que Michel Alliot, chef de réseau du BCRA dans la Résistance pendant la guerre, fut en 1957 professeur d’ethnologie juridique à l’Université de Dakar, puis en 1961 conseiller technique auprès du ministre de la France d’Outre-Mer Bernard Cornut-Gentile pour travailler à la création d’universités ultra-marines dont il ne voulait pas que, « comme à Dakar, disait-il, l’on y enseigne la sécurité sociale telle qu’elle l’était en France ». Nommé directeur de l’enseignement supérieur à Madagascar en 1962, il se heurta aux souhaits de la haute-représentation française qui lui proposait de faire du tourisme dans l’île et, sans succès, lui recommandait de ne pas créer une université. Il voulait innover en fonction des besoins et des souhaits des étudiants malgaches de Tananarive et de Paris qu’il consultait constamment. Significatif de son projet, il avait fait faire pour son bureau un planisphère sur lequel Madagascar était au centre. C’est ainsi que fut créée une licence de lettres qui, après l’année de propédeutique, comportait deux certificats de français et deux de malgache. C’est à lui que l’on doit le campus, les premiers bâtiments et les centres de recherche d’Ambohitsaina dont il reste à faire l’histoire. Mais les innovations s’arrêtèrent vite quand Lucien Paye, ministre de l’Education Nationale pour lequel le modèle universitaire restait franco-français, l’obligea à démissionner. On comprend donc la difficulté à faire reconnaître la licence d’histoire de Madagascar et des pays de l’Océan Indien qui fut par la suite créée à l’université de Madagascar.

11) Cf. la note précédente.

12) Sur cette question, voir les dernières études de Jean Fremigacci sur « L'Insurrection de 1947 dans la région de Mananjary » dans les numéros 12, 13 et 14 de Tsingy.

13) Le travail de Jacques Tronchon (L’insurrection malgache de 1947, Paris, F. Maspero, 1974) ne fut pas mené avec le département d’histoire d’Antananarivo, mais avec l’Université de Lyon.

14) De la tradition orale. Essai de méthode historique, Tervuren, Musée royal de l’Afrique centrale, 1961.

15) Samori, une révolution dyula. IFAN, Dakar, 1968-1975.

16) « L’histoire des peuples sans histoire », in : J. LE GOFF et P. NORA, Faire de l’histoire, Paris, Gallimard, 1974, vol. I, pp. 106-123.

17) P. VERIN « Madagascar», in : G. MOKHTAR éd., Histoire générale de l’Afrique. II. Afrique ancienne, Paris, Unesco, 1980, pp. 751-777.

18) Les Nouvelles du Centre d’Art et d’Archéologie de 1983 à 2003.
Les derniers manuels parus pour l’enseignement primaire (M. RATOEJANAHARY, Tantaran’i Madagasikara (Kilasy faha-8), Antananarivo (Ivato), Sedico, 2000, 83 p. ; F. RATSIMAHOLY, Tantara. Classe de 7ème. Fandaharampianarana ofisialy. Fahagola ka hatramin’ny Jolay 2011, Antananarivo, édité par l’auteur, s.d., 177 p. ; et B. RASOANINDRINA, Tantara. 8ème, Nouveau programme, Antananarivo, Librairie mixte, 2009, 47 p.) continuent à diffuser dans l’enseignement primaire une histoire racialiste qui contribuent à maintenir les oppositions ethniques inventées par la colonisation qu’utilisa la néocolonisation.

19) L’histoire de Madagascar dans le passage du développement au développement humain, Communication au Colloque International sur «La recherche, un facteur déterminant du développement», Académie Malgache, Antananarivo, 4-11 avril 1991, 38 p. – Le texte de la communication en est consultable à la bibliothèque de l’Académie où je viens d’en déposer un exemplaire.

20) Journées sur «Le langage, premier outil de/du développement», 6-13 juillet 1992, Académie Malgache, Antananarivo.

21) En avril 2013 devant la Commission Technique Interministérielle chargée de procéder à l’évaluation du système éducatif, il l’explicitait : L’enseignement, disait-il, « néglige trop les rapports entre l’individu et sa civilisation… Enfin cet enseignement est resté trop étranger aux problèmes de développement, négligeant ainsi de montrer aux jeunes malgaches le vrai visage de leur pays, et par voie de conséquence ne les incite pas à faire des efforts en vue du progrès économique et social de l’île », cité par RANDRIAMASITIANA Gil Dany («Force et faiblesse du système éducatif malgache durant la première décennie de l’indépendance», in : Les années soixante dans le Sud-Ouest de l’Océan Indien. Revue Historique des Mascareignes, 2002, n° 4, p. 62).

22) Déclarée «découverte scientifique de l’année 2009» par le magazine Science, cette femelle hominidé haute comme trois pommes (1,20 m) vivait, bien avant Lucy, il y a 4,4 millions d’années dans ce qui est aujourd’hui le rift de l’Afar, en Éthiopie.

23) Thomas MORE, L’Utopie, édition 1987, p. 91.

24 Cf. l’Histoire d’Imanjakatsiroa (J.-P. DOMENICHINI, Les Dieux au service des Rois, 1986, pp. 222-

25) où Radama dit : « Ahy avokoa ny fanjakana any an-dafy sy ny atý ka ny eto napetrak’Andrianampoinimerina amiko, ary ny any an-dafy napetrak’Andriamanitra amiko, ka ny fanjakako atý dia tsy omeko na handrian’ny akotry aza. — Tout le royaume m’appartient, ici aussi bien qu’outre-mer. Celui d’ici m’a été remis par Andrianampoinimerina, et celui d’outre-mer m’a été remis par Dieu. Et en ce qui est de mon royaume d’ici, je n’en céderai même pas de quoi poser un grain de paddy ».

26) Achille WEINBERG, « Qu’est-ce qu’une société ? », in Sciences Humaines, 2012, n°234.

27) Sur cette notion, voir J.-P. DOMENICHINI, « Le totalitarisme colonial à Madagascar (1895-1960) », Bulletin de l’Académie Malgache, 2010, LXXXIX-2, pp. 27-34.

28) La lecture des blogs sur internet en fournit la preuve évidente.

29) P. NORA « Le retour de l’événement », in Présent, nation, mémoire, Paris, Gallimard (Bibliothèque des histoires), 2011, p. 77.

30) Cité par P. NORA, « Une autre histoire de France », in : Présent, nation, mémoire, Paris, Gallimard (Bibliothèque des histoires), 2011, p. 154.

31) Préface de la deuxième mouture du Tour de la France par deux enfants…

32) Ny dian’ny mpivahiny, kristiana nandao ny tanàna fanimbana, Antananarivo, Trano Printy ny Fiangonana Loterana Malagasy, 1985, 93p.

33) Ny ady masina, Tananarive, FFMA, 1912, 174 p. Préface de Rasoamanana. 3e édition.

34) Sur cette procédure qui, sur le modèle des anciennes démocraties historiques, jouit actuellement d’une faveur certaine, cf. Yves SINTOMER, « Tirage au sort et démocratie délibérative. Une piste pour renouveler la politique au XXIe siècle ? », publié dans laviedesidees.fr, le 5 juin 2012.

ANNEXE I
Le tour de France par deux enfants – Préface de 1904

La connaissance de la patrie est le fondement de toute véritable instruction civique. On se plaint continuellement que nos enfants ne connaissent pas assez leur pays : s’ils le connaissaient mieux, dit-on avec raison, ils l’aimeraient encore davantage et pourraient encore mieux le servir. Mais nos maîtres savent combien il est difficile de donner à l’enfant l’idée nette de la patrie, ou même simplement de son territoire et de ses ressources. La patrie ne représente pour l’écolier qu’une chose abstraite à laquelle, plus souvent qu’on ne croit, il peut rester étranger pendant une assez longue période de la vie. Pour frapper son esprit, il faut lui rendre la patrie visible et vivante. Dans ce but, nous avons essayé de mettre à profit l’intérêt que les enfants portent aux récits de voyages! En leur racontant le voyage courageux de deux jeunes Lorrains à travers la France entière, nous avons voulu la leur faire pour ainsi dire voir et toucher : nous avons voulu leur montrer comment chacun des fils de la mère commune arrive à tirer profit des richesses de sa contrée et comment il sait, aux endroits même où le sol est pauvre, le forcer par son industrie à produire le plus possible.

En même temps, ce récit place sous les yeux de l’enfant tous les devoirs en exemples, car les jeunes héros que nous y avons mis en scène ne parcourent pas la France en simples promeneurs désintéressés : ils ont des devoirs sérieux à remplir et des risques à courir. En les suivant le long de leur chemin, les écoliers sont initiés peu à peu à la vie pratique et à l’instruction civique en même temps qu’à la morale : ils acquièrent des notions usuelles sur l’économie industrielle et commerciale, sur l’agriculture, sur les principales sciences et leurs applications. Ils apprennent aussi, à propos des diverses provinces; les vies les plus intéressantes des grands hommes qu’elles ont vus naître : chaque invention faite par les hommes illustres, chaque progrès accompli grâce à eux devient pour l’enfant un exemple, une sorte de morale en action d’un nouveau genre, qui prend plus d’intérêt en se mêlant à la description des lieux mêmes, où les grands hommes sont nés.

En groupant ainsi toutes les connaissances morales et civiques autour de l’idée de la France, nous avons voulu présenter aux enfants la patrie sous ses traits les plus nobles, et la leur montrer grande par l’honneur, par le travail, par le respect religieux du devoir et de la justice.

ANNEXE II
Programmes officiels de Morale et d’Instruction civique du Cours Moyen en 1882

Morale
Entretiens, lectures avec explications, exercices pratiques… N’omettre aucun point important du programme.

I L’enfant dans la famille. Parents, frères, serviteurs. Devoirs envers les parents.
Obéissance, respect, amour, reconnaissance, etc.
Devoirs envers les frères et sœurs
S’aimer les uns les autres, protection des plus âgés à l’égard des plus jeunes, action de l’exemple.
La patrie
La France, ses grandeurs et ses malheurs. Devoirs envers la patrie et la société.

II
Devoirs envers soi-même
1° Propreté, sobriété et tempérance, dangers de l’ivresse. Les biens extérieurs : économie, éviter les dettes. Le travail, ne pas perdre de temps, obligation du travail pour tous les hommes, noblesse du travail manuel.
2° L’âme : véracité et sincérité, ne jamais mentir. Dignité personnelle, respect de soi-même. Modestie : ne point s’aveugler sur ses défauts, éviter l’orgueil, la vanité, etc. Courage dans le péril, courage dans le malheur, esprit d’initiative. Dangers de la colère. Traiter les animaux avec douceur, ne point les faire souffrir inutilement.

III
Devoirs envers les autres hommes.
Justice et charité, ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fît, faites aux autres ce que vous voudriez qu'ils vous fissent. Ne porter atteinte ni à la vie, ni à la personne, ni aux biens, ni à la réputation d’autrui.
N.B. – Dans tout ce cours, l’instituteur prend pour point de départ l’existence de la conscience, de la loi morale et de l’obligation. Il fait appel au sentiment et à l’idée du devoir.

IV
Devoirs envers Dieu
L’instituteur n’est pas chargé de faire un cours ex professo sur la nature et les attributs de Dieu. Il apprend aux enfants à ne pas prononcer légèrement le nom de Dieu; il associe étroitement dans leur esprit, à l’idée de la Cause première et de l’Être parfait, un sentiment de respect et de vénération.

Instruction civique, droits usuels, notions d’économique politique
Notions très sommaires sur l’organisation de la France.
Le citoyen, ses obligations et ses droits : l’obligation scolaire, le service militaire; l’impôt, les octrois; le suffrage universel. La commune, le maire, le conseil municipal. L’État, le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif, la justice. La loi. Les magistrats, les juges.


Randela : la monnaie sud-africaine à l’effigie d’une icône

Jared Sacks

2012-12-03

http://pambazuka.net/fr/category/features/85670

Les nouveaux billets de banque ont ramené l’héritage de Nelson Mandela à son point de départ : un symbole d’argent et de liberté pour ceux qui en ont les moyens.

De nombreuses personnes qui ont été critiques à l’égard de l’héritage de Nelson Mandela ont été indignées par la décision de la South African Reserve Bank de faire figurer l’image de l’icône sur les billets de banques sud africains. Pour d’aucuns, les capitalistes et les officiels du gouvernement se sont appropriés Madiba.

Comme pour conforter la volonté de notre gouvernement d’exploiter "le père de la nation", l’image de Madiba se retrouve maintenant non pas sur un billet de banque, mais sur tous les cinq billets de Rand sud africain. Et on semble avoir oublié que d’autres héros de la lutte contre l’apartheid méritent d’être reconnus ! Mettez donc votre nouveau billet devant une source lumineuse et vous verrez Nelson Mandela en filigrane masqué. C’est la garantie de son authenticité. Ici pas de faux semblants : le gouverneur Gil Marcus a simplement élevé notre propre Jésus/Gandhi/Luke Skywalker a un degré le plus élevé de notre société moderne. Il est devenu le patron de la "main invisible" du capital.

A l’heure qu’il est, il est à peu près certain que tout le pays a déjà vu les nouveaux billets de banque sud-africains, rendant étrange le fait que la Reserve Bank se sente obligée de faire de la publicité pour cette édition. Une affiche publicitaire proclamait ainsi : "Des nouveaux billets de banque aussi uniques que Nelson Mandela lui-même". Comme si une personnalité complexe comme un être humain pouvait se réduire à quelque chose d’aussi superficiel et d’ordinaire que du papier monnaie. Sans fausse timidité dans son auto-promotion éhontée, Gil Marcus aurait déclré que Madiba "est enchanté par toute cette affaire". Par le dessin et tout ! Et qu’en serait-il s’il réprouvait la chose ? En public, Mandela a constamment critiqué la façon dont d’autres l’ont élevé au niveau de saint vivant. Un messie peu enthousiaste à l’image de Brian dans Monty Python.

Il est vrai que le désir d’un messie est profond. L’une des véritables faiblesses de la United Democratic Front et du mouvement syndicaliste des années 1980 a été précisément de se reposer sur Mandela et d’autres icônes de la lutte, comme étant nos sauveurs. Pourquoi est-ce que Mandela se permettrait de devenir le Jules César de l’Afrique du Sud, le premier empereur romain à avoir été immortalisé sur une monnaie ?

Nombreux sont ceux parmi nous qui sont critiques à l’égard de l’héritage de Nelson Mandela, qui sont irrités et même indignés par la décision de la South African Reserve Bank de faire figurer son image iconique sur notre papier monnaie. Pour certains, Madiba, icône de la lutte anti-Apartheid, intrépide combattant pour la liberté qui a passé des années en prison au nom de la Freedom Charter qui n’a toujours pas été mise en oeuvre, est encore davantage accaparé par les capitalistes et les officiels gouvernementaux qui servent un agenda complètement différent.

Décorer le nouveau Kruger Rand pour stimuler AngloGold : sortir pour la finale de la Coupe du monde pour endosser Sepp Blatter, sa Fifa et l’argent de son cartel qui fait des rondes joyeuses ; légitimer la cupidité et le matérialisme des rivages de la ville du Cap et du Mandela Square de Jonannesburg,… l’héritage de Madiba semble avoir été déformé en quelque chose de bien différent de ce qu’il représentait durant la lutte.

C’est une chose de faire usage de l’héritage de Mandela à des fins non lucratives (le Nelson Mandela Children’s Fund ou la Campagne 46664) disent certains critiques. Mais c’en est une autre de faire du profit avec notre icône de la lutte la plus aimée. Mandela est devenu un nom commercial dont on abuse dans la poursuite du profit plutôt que de profiter à tous les Sud-Africains. Des cyniques comme l’écrivain Benjamin Fogel ont immédiatement noté l’ironie lorsqu’on utilise des Randela pour acheter sa drogue ou pour payer sa visite dans une boîte de strip- tease. Il remarque que nous pourrions bientôt entendre des jargons poignants comme : "Yo ! cent ‘dibas pour votre truc de me sucer ? Juste ?" et "Ek Het tenty ‘dibas vir jou tik !"

Mais qui est Nelson Mandela, l’homme derrière l’image ? Quelle est la vraie personne derrière la légende ? Ceux qui se lamentent sur l’appropriation de l’image de Madiba ne réalisent pas que le Randela est le couronnement de la philosophie politique de Nelson Mandela. Malgré les rapports qui veulent que Mandela ait été secrètement membre du Parti communiste sud africain et à l’opposé de la stratégie du National Party qui s’efforçait d’alimenter une hystérie anti-communiste, Mandela a été le leader de ce qui était la Youth League de l’ANC, ouvertement anti-communiste, qui a plus tard fait alliance stratégique avec le Parti communiste sud africain. Comme "jeune lion", il a fait des déclarations pro-capitalistes dès les années 1950.Tout au long de la majeure partie de la lutte, il s’est considéré comme un nationaliste. Malgré son remarquable courage et ses principes comme leader contre l’Apartheid, à l’heure où il est entré par la petite porte en négociations avec le gouvernement de l’Apartheid, Mandela défendait déjà une "troisième voie" : le libéralisme économique qui soutient un agenda de semi protection sociale.

En d’autres termes, avec le soutien de gens comme Cyril Ramaphosa, Thabo Mbeki et Joe Slovo, et au nom d’un "compromis", le programme économique de Mandela a solidement pris position en faveur du capitalisme. L’économie a été libéralisée, les services gouvernementaux confiés à des acteurs privés et le Programme de reconstruction et de développement interventionniste s’est transformé résolument en une stratégie de laisser faire macroéconomique de Growth Employment and Redistribution (croissance de l’emploi et redistribution), connue sous l’acronyme de Gear.

Sachant que la base de l’ANC et les militants syndicaux résisteraient au programme Gear, Mandela a pris la précaution de le présenter comme "non négociable", coupant court aux débats de l’alliance tripartite. Après 1994, Mandela a travaillé sans relâche pour garantir que l’Afrique du Sud serait attirante pour les investisseurs. Il a suivi les prescriptions économiques du Fond monétaire international (Fmi) et la Banque Mondiale et a courtisé l’argent étranger dont une partie avait été complice de l’Apartheid dont il a profité. L’implantation du Black Economic Empowerment (Bee) durant son mandat présidentiel devait permettre d’acquérir la loyauté d’une classe moyenne nationale noire avec laquelle ces compagnies étrangères coupables pourraient mener des affaires sans culpabilité, au nom du développement de la nation

Pourtant il y a encore une autre raison centrale pour l’implantation du Bee comme compensation de la libéralisation de l’économie. Pendant que cette libéralisation devait stabiliser le rand et sécuriser l’économie sud-africaine pour le capital, il devait permettre d’éviter le mécontentement des masses en co-optant des Sud Africains noirs susceptibles de grimper dans l’échelle sociale, en particulier les syndicats gauchistes et les chefs de l’Anc pour leur permettre d’accéder à la caste capitaliste.

Les Sud Africains pauvres ont été mis de côté par le leadership radical qui s’est graduellement constitué au cours des années 1980. La politique populaire a ainsi été démobilisée par le Bee et d’autres programmes qui donnaient du pouvoir aux cadres de l’Anc, du parti communiste sud africain, du Congress of South African Trade Unions (COSATU) et de la South African National Civic Organisation (SANCO). Cette combinaison entre le libéralisme et le Bee n’a guère réussi à construire une société heureuse, saine, sûre et soucieuse des gens. Avec un taux de chômage d’environ 40%, des millions de familles sud africaines vivent dans des taudis, dépossédés de leurs terres, les systèmes de santé et d’instruction publique restent défaillants et nous sommes loin d’approcher des critères définis par l’Anc dans son propre Freedom Charter.

Un examen plus attentif de l’ère post 1994 montre que ce ne fût pas une révolution. On a plutôt assisté à un grand compromis entre le capital blanc (avec Cecil Rhodes comme icône) et le capital noir à venir sous l’effigie de Mandela. D’où la Place Mandela Rhodes, un nom approprié pour un hôtel du Cap. Cette ère a tenu à l’écart la révolution et a fermé les espaces de libération qui s’étaient répandus au cours de la lutte.

Il est donc tout à fait adéquat que notre monnaie ait maintenant associé le Rand (le cœur du symbole du capitalisme sud africain) à Mandela (l’icône de la transition politique vers une démocratie capitaliste libérale) Le Randela fait parfaitement sens à toute personne capable de distinguer la rhétorique de la véritable politique de Nelson Mandela et de l’Anc. Le Randela est l’aboutissement des politiques excessives et insouciantes de marché dans la période qui a suivi la fin de l’Apartheid et qui ont été présidées par Tata Madiba

Il est grand temps que nous commencions à démonter le mythe de Nelson Mandela. Il n’est plus notre Madiba, même s’il y a eu de la valeur dans son rôle contre l’Apartheid. Il est maintenant notre Randela : un symbole d’argent et de liberté pour ceux qui en ont les moyens. Le Randela sera un symbole d’inégalité massive à une échelle inconnue dans le monde entier, à l’exception peut-être de la Namibie voisine, et la représentation d’un pays légalement pillé par les immenses conglomérats miniers certifiés par le Bee, mais aussi par l’implication du propre petit-fils de Mandela dans les Aurora Mines.

En fait, là, l’ironie est patente : le propre petit-fils de Mandela, Zondwa, et le neveu du président Zuma, Khulubuse, ont abandonné des mineurs de fond à leur sort lorsque l’Aurora Empowerment Sytems est entré en liquidation.. Durant deux ans les deux compères ont refusé de payer à lrutd propres travailleurs les ‘dibas qu’ils méritaient et doivent maintenant faire face à des plaintes devant la justice en même temps qu’ils lâchent les voyous à leur solde, comme les Big Brother "Bad Brad" de sinistre notoriété, pour descendre les travailleurs qui demandent un salaire décent.

Le salaire journalier d’un valet de ferme n’est que de 70 Randela dans le Western Cape. Qui d’autre que Randela peut donc être qualifié de nouveau visage de l’inégalité et de l’oppression en Afrique du Sud ?


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** Jared Sacks est un militant pour la justice sociale basé au Cap. Il est aussi un fondateur de l’organisation à but non lucratif Children of South Africa. Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

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Soudan du sud : La campagne continue d’extermination de Khartoum

Eric Reeves

2012-12-03

http://pambazuka.net/fr/category/features/85671

Il n’y a guère de réponse internationale significative à l’horrible souffrance endurée par près d’un million de Soudanais ciblés par la campagne militaire du président Al Bashir, déjà inculpé pour crimes contre l’humanité par le Tribunal Pénal International (TPI)

Depuis plus d’une année, le monde est parfaitement au courant - par des sources nombreuses- des efforts militaires de Khartoum pour affamer plus d’un million de civils dans le Sud Kordofan et la région du Nil Bleu, population appartenant principalement à des groupes tribaux africains dans ces deux régions. Ces populations sont considérées par le régime du National Islamic Front/National Congress Party (NIF/NCP) comme étant la base civile qui soutient la rébellion politique et militaire indigène du People’s Liberation Movement/Army-North (SPLM/A-North).

Les moyens de destruction ont été variés, mais la famine est un puissant moyen de destruction massive qui prend chaque jour de l’ampleur, non seulement dans les montagne de Nuba dans le Sud Kordofan et le Nil Bleu, mais aussi dans les camps de réfugiés du Sud Soudan (et dans une moindre mesure en Ethiopie) vers laquelle 250 000 personnes ont fui (OCHA Sudan Humanitarian Bulletin. Octobre 22-28, 2012). Nombreux sont ceux qui ont perdu la vie au cours de la fuite ou dans les campas qui ont été presque submergé par l’immensité des besoins en assistance humanitaire dans cette région retirée, en particulier dans l’Etat du Haut Nil.. Nombreux aussi ceux qui sont morts, loin des regards, dans le Nil Bleu et le Sud Kordofan. Les indicateurs humanitaires discutés ci-après sont terribles et se péjorent rapidement.

Encore une fois, la communauté internationale était parfaitement au courant de ce qui se passait et la raison de ces évènements depuis la fin juin 2011. Les conséquences du déclenchement des hostilités par Khartoum dans le Nil Bleu (1er septembre 2011) ont également été claires en raison des multiples rapports et en dépit de l’inaccessibilité de la plupart de ces régions. Les réfugiés ont fait des récits effroyables qui sont devenus d’une familiarité impardonnable.

L’organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) a déclaré, au début octobre 2011, que les récoltes allaient être mauvaises en raison de la violence que Khartoum a déchaînée et a dirigée sciemment contre les civils et la production agricole. En décembre 2011, le Famine Early Warning Systems Network (FEWSNet) (système d’alerte précoce concernant les famines) prédisait des "conditions proches de la famine" dans les montagnes de Nuba pour le mois de mars suivant (2012). Le 2 février, les Nations Unies, l’Union africaine et la Ligue arabe ont conjointement proposé un accord pour l’accès humanitaire, destiné à fournir de la nourriture urgemment requise et des services médicaux dans les régions contrôlées par le SPLA North. Une semaine plus tard, le SPLA-North acceptait la proposition sans condition. Depuis lors, plus de 9 mois plus tard, il n’y a eu aucune démarche pour la mise en œuvre de l’accord. : Khartoum continue de refuser tout accès international humanitaire. Bien sûr, le régime a changé ses explications quant aux raisons pour lesquelles il refuse de donner suite à l’accord qu’il a accepté sur le papier en juin dernier et de nouveau en août. Mais les commentaires récents dans la presse contrôlée par le régime suggèrent un retrait dans une impénitence prévisible.

Cette impénitence n’est que trop bien exprimée dans l’édition du 12 novembre du Sudan Vision qui se surpasse pour empiler les mensonges les uns sur les autres :

"Le gouvernement soudanais a déclaré avoir pris une nouvelle initiative pour fournir de l’assistance humanitaire aux citoyens affectés dans les régions contrôlées par les rebelles dans les Etats du Nil Bleu et du Sud Kordofan, suite à l’expiration de l’accord tripartite devenu caduc le 3 novembre 2012. Le commissaire du HAC, Suleiman Abdul Rahman, a dit qu’une nouvelle initiative fournira de l’assistance médicale et humanitaire, ajoutant que l’initiative offre une occasion favorable pour la participation des organisations régionales et internationales pour distribuer de l’assistance humanitaire. Abdul Rahman a ajouté que l’accord tripartite n’a pas réalisé ses objectifs comme ce fût reconnu par les partenaires (Nations Unies, Union africaine, Ligue arabe). Les partenaires ont souligné qu’ils devaient faire face aux harcèlements du nommé SPLM-N qui a posé des conditions déplorables" (Sudan Vision, 12 novembre 2012 "Sudan annonces new initiative to address humanitarian situation in the South Kordofan, Blue Nile")

Il y a là quelque chose de profondément décourageant dans le fait que le régime de Khartoum se sente pareillement encouragé par l’inertie et l’opportunisme internationaux pour se permettre un enchaînement aussi bizarre de purs mensonges. "L’initiative tripartite " n’est pas devenue caduque. Elle est valide et plus urgente que lorsqu’elle a été proposée il y a neuf mois. D’autre part, la "nouvelle initiative" de Khartoum pour assister" les citoyens affectés dans les régions contrôlées par les rebelles" sera certainement un nouvel emballage d’une proposition précédente et totalement inadéquate qui, en aucune façon, commence à aborder l’immense crise humanitaire qu’endurent plus d’un million de personnes. L’initiative des Nations Unies, de l’Union africaine et de la Ligue arabe n’a jamais été mise en œuvre. C’est absurde de dire "qu’elle n’a pas atteint ses objectifs", opinion que ne partagent certainement pas les porte-paroles de ces organisations. De même, il n’y a eu aucune déclaration publique des ces portes paroles faisant état " de harcèlements de la part du nommé SPLM-N qui posent des conditions déplorables". Le SPLM-North n’a posé aucune condition et a signé l’accord dans les jours qui ont suivi la proposition tripartite en février dernier.

Pourtant, en dépit des mensonges de Khartoum et de sa brutale impénitence, la réponse internationale va presque certainement être des lamentations onctueuses et des déclarations "d’exigences" pour l’ouverture de corridors humanitaires. En même temps, nous devons nous attendre à la poursuite de négociations avec Khartoum, négociations qui pourraient même inclure l’abolition des sanctions et l’allègement de la dette. Tout cela en raison de l’accord signé à Juba le 27 septembre et la mise en œuvre gravement compromise du référendum pour l’autodétermination du Sud Soudan. A l’instar du Darfour, le Sud Kordofan et le Nil Bleu ont été "détachés" de la politique soudanaise de l’administration Obama et que d’autres acteurs internationaux se sont contentés de suivre.

J’ai reçu encore du Dr Tom Catena, l’unique chirurgien restant à Nuba, des photos qui dépeignent les effets des incessantes attaques des bombardiers Antonov sur le Nil Bleu et du Sud Kordofan. Les victimes cette fois étaient deux femmes dans la soixantaine. Comme tant d’autres photos prises par Dr Catena de ses patients, celles-ci vous retournaient l’estomac. Dans un e-mail, je lui ai demandé quels étaient les sentiments à l’intérieur des montagnes de Nuba par rapport à ces accords tripartites et les dispositions internationales pour l’aide humanitaire. Sa réponse coupe court à une bonne partie de l’autosatisfaction de gens comme l’envoyé spécial américain, Princeton Lyman, le chef de l’opération humanitaire des Nations Unies, Valérie Amos, le médiateur de l’Union africaine, Thabo Mbeki et une série de voix provenant de l’Union européenne.

"La plupart des gens ici ne savent rien des accords tripartites et le leadership du SPLA-N a le sentiment que le gouvernement de Khartoum trouvera toujours moyen d’empêcher l’aide de nous parvenir. Ici personne n’a vraiment d’espoir que l’aide humanitaire va nous parvenir aussi longtemps que le régime NPC est en place." (e-mail reçu le 12 novembre 2012). Le monde n’a rien fait pour convaincre ces gens de revoir leur jugement.

L’ACCORD TRIPARTITE : LE CALENDRIER

- Le 2 février 2012 : les Nations Unies, l’Union africaine et la Ligue arabe proposent conjointement un arrangement raisonnable et requis de toute urgence pour acheminer de l’aide humanitaire à une population civile en grande détresse au Sud Kordofan et dans le Nil Bleu

- Le 9 février 2012 : le SPLM-North accepte formellement la proposition tripartite

- Le 14 février 2012 : Les membres du Conseil de Sécurité, "… font appel au gouvernement du Soudan pour qu’il donne immédiatement accès au personnel des Nations Unies, y compris la possibilité de conduire une évaluation des besoins. Les membres du Conseil de Sécurité demandent que le gouvernement du Soudan et le People’s Liberation Movement (SPLM-N) collaborent totalement avec les Nations Unies et d’autres agences et organisations humanitaires, afin de garantir, en accord avec le droit international, y compris le droit humanitaire international applicable, ainsi que les principes directeur de l’assistance humanitaire d’urgence, le libre passage, sans obstacle et dans la sécurité, du personnel humanitaire des Nations Unies et d’autre personnel humanitaire ainsi que la distribution de denrées et d’équipements, afin de permettre à ce personnel d’accomplir sa tâche avec efficacité qui consiste à assister les populations civiles affectées par le conflit dans les Etats du Sud Kordofan et du Nil Bleu" (SC/10543 : AFR/2336)

- Le 21 mars 2012 : la Sudan Tribune annonce que Khartoum "a décidé de ne pas donner son consentement à l’initiative proposée par les Nations Unies, l’Union africaine et la Ligue arabe sur la question de l’acheminement de l’aide au Sud Kordofan avant d’avoir procédé à d’autres évaluations"

- Le 2 mai 2012 Le Conseil de Sécurité, à l’unanimité adopte la Résolution 2046, "exprimant sa profonde préoccupation sur la situation humanitaire engendrée par les combats entre le Soudan et le Sud Soudan et les combats continus dans les Etats du Sud Kordofan et le Nil Bleu au Soudan". La résolution formule une série d’exigences à l’égard aussi bien de Khartoum que de Juba. Khartoum pour sa part, ignore pratiquement toutes ces exigences.

Sous l’égide du Chapitre 7, la résolution "encourage fortement le Soudan et le SPLM-N d’accepter la proposition tripartite soumise par l’Union africaine, les Nations Unies et la Ligue arabe pour permettre l’accès humanitaire aux populations affectées dans ces deux régions afin de garantir, en accord avec le droit international, y compris le droit humanitaire international applicable, ainsi que les principes directeur de l’assistance humanitaire d’urgence, le libre passage, sans obstacle et dans la sécurité, du personnel humanitaire des Nations Unies et d’autre personnel humanitaire ainsi que la distribution de denrées et d’équipement, afin de permettre à ce personnel d’accomplir sa tâche avec efficacité qui consiste à assister les populations civiles affectées par le conflit "

- Le 14 mai 2012 : Khartoum réitère son rejet de toute négociation avec le SPLM-North

- Juin 2012. Khartoum affirme avoir accepté l’accord tripartite, mais en fait cette acceptation n’est que de la frime. Valérie Amos, excessivement prudente déclare à ce moment : "Pendant que le gouvernement soudanais annonce avoir accepté la proposition tripartite de l’Union africaine, de la Ligue arabe et des Nations Unies pour la distribution d’aide humanitaire dans les Etats du Sud Kordofan et du Nil Bleu, le gouvernement a formulé des conditions opérationnelles qui ne permettent pas la distribution de l’aide par des parties neutres dans les territoires contrôlés par le SPLM-N", notait Ms Amos. "Par conséquent, je continue de faire appel au gouvernement du Soudan pour qu’il agisse selon son engagement déclaré : que cette assistance peut parvenir à toute personne qui en a besoin", a dit Ms Amos, réitérant l’engagement des Nations Unies de travailler avec toutes les parties afin "de trouver un solution acceptable pour une distribution immédiate de l’assistance à toute personne qui en a besoin" (UN Centre, le 29 juin 2012)

Amos a déclaré clairement que tout l’objectif de l’accord tripartite a été perverti, en soutenant : "…Le gouvernement a des exigences opérationnelles qui ne permettent pas une distribution de l’aide par des parties neutres dans les régions contrôlées par le SPLM-N"

En fait les conditions de Khartoum étaient de nature à ce que rien ne change sur le terrain et que le régime maintienne un contrôle total sur la distribution humanitaire,

"…basé sur les 9 principes mentionnés ci-dessous sur la distribution de l’aide humanitaire menée à bien par le Croissant Rouge soudanais (SRC) et tout autre ONG approuvée par le gouvernement soudanais et évaluée par le Programme Alimentaire Mondial (PAM) et la mise en place de modalité agréées." (Khartoum, déclaration d’Addis Ababa, le 27 juin 2012)

Le 4 août 2012, Un protocole d’accord est signé à Addis Ababa par le SPLM-North, le régime de Khartoum et les représentants des Nations Unies, de l’Union africaine et la Ligue arabe. Le SPLM-North réitère son engagement en faveur de l’accord tripartite tout en exprimant sa préoccupation parce que " toute l’opération dépend du consentement du gouvernement du Soudan pour l’accès aux régions contrôlées par le SPLM-North". Cette préoccupation s’avère avoir été plus que justifiée.

Le 4 août, il est retenu :

[1] L’équipe tripartite va immédiatement entreprendre une évaluation des besoins de la population affectée par la guerre, des quantités requises dans les quinze jours- au maximum- à partir de la date de la signature de ce protocole ;

[2] Le gouvernement du Soudan accepte une cessation des hostilités au cours du processus d’évaluation et la distribution d’assistance humanitaire ;

[3] Le gouvernement du Soudan et les partenaires tripartite, c'est-à-dire l’Union africaine, la Ligue arabe et les Nations Unies, les deux partie ci-après, se mettent d’accord dans ce Protocole d’accord pour l’évaluation et la distribution de l’assistance humanitaire aux civils des régions affectées par le conflit dans les Etats du Sud Kordofan et du Nil Bleu

Ces conditions ont simplement été ignorées par Khartoum. Aucune des clauses spécifiées n’a été respectée. Khartoum n’a subi aucune conséquence.

Le 25 septembre 2012. On peut lire dans les colonnes du Sudan Tribune : "Plus de 120 organisations internationales ont signé une lettre le 21 septembre, adressée au Conseil de Sécurité des Nations Unies exigeant que de l’aide humanitaire soit distribuée dans les régions contrôlées par les rebelles dans les Etats du Sud Kordofan et du Nil Bleu au Soudan. La lettre soulignait la lente réponse de Khartoum aux propositions de garantir l’accès humanitaire à ces Etats ou de se conformer à des dates butoirs décidées par la communauté internationale.

La lettre au Conseil de Sécurité rappelait à Khartoum les conséquences de la Résolution 2046 qui dit à l’article 41 de la Charte des Nations Unies : "Toutes les parties ignorant les obligations imposées devront faire face à de fortes conséquences y compris l’imposition de sanctions".

La lettre déclare : "Le 5 août 2012, Khartoum a finalement signé un protocole d’accord avec les partenaires tripartites qui fixe l’échéance relative à la planification et à la distribution de l’assistance humanitaire. A ce jour, le gouvernement a ignoré les échéances précisées dans le protocole et n’a donné aucune indication qu’il a l’intention d’autoriser, sans l’entraver,l’entière distribution de l’aide dans tout le Sud Kordofan et le Nil Bleu"

[De nouveau, en mai le Conseil de Sécurité, agissant sous les auspices du Chapitre 7 de la Charte des Nations Unies, a appelé Khartoum à accepter une proposition que lui ont soumise conjointement les Nations Unies, l’Union africaine et la Ligue arabe, de permettre l’accès au Sud Kordofan et au Nil Bleu où clairement la situation reste critique et inacceptable]

Le 9 octobre 2012 : Les info de McClatchy News depuis Nairobi : "L’envoyé spécial américain, Princeton Lyman, a dit qu’il continue de pousser pour que de l’aide parvienne dans les régions contrôlées par les rebelles, par tous les moyens possibles et imaginables. Ce que nous voulons c’est l’application de l’accord tripartite. Parce que c’est la meilleure façon de faire parvenir de l’aide au plus grand nombre", a déclaré Lyman le 27 septembre dans un entretien téléphonique depuis l’Ethiopie après que le Soudan et le Sud Soudan aient signé l’accord."La question est de savoir ce que la communauté internationale va faire si il ne se passe rien." Lyman n’a ni répondu à sa propre question ni posé la question plus importante de savoir pourquoi la réponse internationale à une si énorme crise humanitaire continue d’être dominée par les actions d’un régime coupable d’atrocités sans fin.

Le 19 octobre 2012 : l’Agence France Presse (Khartoum) fournit une mise à jour de l’accord tripartite : "La guerre dans les Etats du Sud Kordofan et du Nil Bleu, au Soudan a affecté, selon les estimations, environ 900 000 personnes. Mais plus d’une année de pourparlers n’a pas réussi à amener de la nourriture dans les zones rebelles, ont dit les Nations Unies [ le 19 octobre 2012] Dans les zones contrôlées par le SPLM-N, aucun personnel humanitaire n’a pu pénétré depuis le Soudan et aucune nourriture n’a été distribuée en dépit d’intenses négociations qui durent maintenant depuis plus de 16 mois", a déclaré Ocha.

"Dans une des déclarations les plus fermes sur la situation dans les deux Etats à la frontière du Sud Soudan, Ocha a déclaré qu’une initiative conjointe entre les Nations, la Ligue arabe et l’Union africaine pour l’évaluation et la distribution de l’aide dans la zone de conflit, attend toujours le feu vert. Les efforts pour obtenir l’accès aux victimes civiles ont été ininterrompus", selon Ocha. Il y a deux mois, le gouvernement et les rebelles ont chacun signé un protocole avec le groupe tripartite afin de faciliter les distributions. "En dépit de différents plans d’actions détaillés qui ont été présenté par le groupe tripartite depuis lors, ni le gouvernement ni le SPLM-N ne sont parvenus à un accord formel pour permettre l’évaluation et la distribution de secours", souligne Ocha. Le groupe tripartite a été clair : il est prêt à procéder immédiatement à l’approvisionnement et à la distribution d’assistance humanitaire dès que le gouvernement et le SPLM-N se mettent d’accord sur un plan et fournissent les garanties de sécurité requises.

Rabbie Abdelatti Ebaid, un haut fonctionnaire du National Congress Party au pouvoir, a déclaré à l’AFP que le gouvernement ne retarde rien. Le 3 novembre 2012. Sudan Tribune rapporte : "Le gouverneur du Sud Kordofan, Ahmed Haroun, a juré samedi qu’aucune discussion n’aurait lieu avec le SPLM-N avant la défaite du groupe". Le 6 novembre 2012 : A Khartoum, le régime annonce "la fin de l’accord tripartie pour l’assistance humanitaire pour les deux régions". (Al Ayam)

Rapport de l’Agence France Presse depuis Khartoum : "Il n’y a pas de crise humanitaire dans les Etats en proie à la guerre du Sud Kordofan et du Nil Bleu, a déclaré le Soudan mardi alors que le plan international pour acheminer de l’aide dans ces régions est arrivé à échéance sans que la moindre nourriture ne soit parvenue aux affamés. Malgré des mois de pourparler pour savoir comment faire parvenir des secours dans les zones rebelles des deux Etats frontaliers, où des combats ont débuté il y a plus d’une année, le nombre de personnes affectées par le conflit ne cesse de croître".

Le 7 novembre 2012 : la Sudan Tribune rapporte : "Les trois partie de l’initiative humanitaire pour le Sud Kordofan et le Nil Bleu disent qu’elle sont très préoccupées par les déclarations de la part d’officiels soudanais qui disent que leur gouvernement ne prolongera pas l’accord des trois mois pour accéder aux civils dans les zones tenues par les rebelles dans le sud du Soudan. Le gouvernement du Soudan et les rebelles du SPLM-N ont échoué dans la mise en œuvre de l’accord négocié par des médiateurs africains et signés avec des agences des Nations Unies, l’Union africaine et la Ligue arabe en août.. L’accord de trois mois prévoit la distribution de nourriture et d’autres nécessités humanitaires aux civils dans la région tenue par le SPLM-N dans les montagnes de Nuba dans le Sud Kordofan et certaines régions du Nil Bleu".

Le 12 novembre 2012 : Rapport dans le Sudan Vision

"Le gouvernement soudanais annonce une nouvelle initiative pour fournir de l’aide humanitaire aux citoyens affectés dans les zones contrôlées par les rebelles dans les Etats du Nil Bleu et du Sud Kordofan, suite à l’échéance de l’initiative tripartie qui arrive à son terme le 3 novembre. Le Commissaire Hac, Suleiman Abdul Rahman, a déclaré que la nouvelle initiative fournira de l’assistance médicale et humanitaire, ajoutant que la nouvelle initiative représente une occasion favorable pour la participation d’organisations régionales et internationales. Abdul Rahman ajoute encore que l’accord tripartite n’a pas atteint son objectif comme prévu par les partenaires. Ces derniers soulignent qu’ils ont subi des harcèlements de la part du SPLM-N qui a posé des conditions déplorables". (Sudan Vision, le 12 novembre 2012 : "Sudan annonces new initiatives to address humanitarian situation in South Khordofan , Blue Nile").

Il n’y a présentement pas d’alternative en vue. Les efforts clandestins des Etats-Unis ont été rapportés par McClatchy News en octobre : "… Les Etats-Unis ont présenté un plan pour envoyer des milliers de tonnes de denrées alimentaires depuis le Sud Soudan par la route, jusqu’à ce que, en juillet, la pluie rende la seule piste impraticable. Les fonctionnaires américains n’ont pas officiellement reconnu l’opération transfrontalière d’assistance, mais dans un entretien accordé à Fox News, Greta van Susteren, avec le chef rebelle des montagne de Nuba, Abdelaziz al Hilu, a reconnu que la nourriture américaine avait sauvé des vies. "Merci à la population américaine et au gouvernement américain. Ils ont, d’une façon ou d’une autre, acheminé de la nourriture et ils sauvés des milliers et des milliers de vies. Mais ce n’était pas assez. Ce n’était pas assez".

Pas assez. En effet pas du tout assez. Et bien que Lyman et l’administration Obama ont prétendu que ceci était un effort clandestin, il est clair qu’ils voulaient apparaître comme faisant quelque chose plutôt que de paraître complètement inerte. Mais lorsque Abdel Aziz dit que "ce n’est pas assez", ceci est un gros euphémisme bien qu’il ne veuille, bien sûr, pas paraître ingrat. Selon les estimations des Nations Unies, il y aurait environ un million de personnes déplacées et de civils gravement vulnérables dans le Sud Kordofan et le Nil Bleu et en transit vers le sud et leurs besoins sont immenses. Une source expérimentée à Usaid m’a dit que pas plus de 3000 tonnes ont été acheminées dans le Nuba au cours de la saison sèche de cette année. Rien dans le Nil Bleu qui, pourtant, pourrait bien connaître la crise humanitaire la plus grave des deux (email reçu le 6 novembre). Avec la saison des pluies qui s’installe sérieusement à la fin juin, le transport vers le Sud Kordofan devient impossible.

Pour donner un ordre de grandeur, les logisticiens humanitaires estiment qu’environ 1700 tonnes de nourriture sont nécessaires par mois pour une population de 100 000 personnes. Me référant aux chiffres des Nations Unies pour le Sud Kordofan et le Nil Bleu, sans inclure le Haut Nil et Unity, cela signifie environ 3000 tonnes par semaine. Cette quantité est probablement supérieure à ce que les Etats-Unis ont distribué à la totalité de la population en détresse au cours des 9 mois écoulés.

CONDITIONS HUMANITAIRES : UNE SELECTION DES RAPPORTS RECENTS

[1] Lettre de la population de Nuba, Montagnes de Nuba, le 5 novembre 2012

Messieurs les dirigeants de la communauté internationale,

"Nous écrivons depuis les montagnes de Nuba et de la part d’hommes, de femmes et d’enfants qui ont en vain attendu votre aide. Depuis juin 2011, nous avons été constamment attaqués par le régime de Bashir. Des centaines de bombes nous sont tombées dessus. Nous avons été attaqués par des missiles et des soldats et les milices sont une menace constante. Au cours de ces deux dernières semaines, les bombardements par le régime de Khartoum ont énormément augmenté. Depuis le vendredi 26 octobre, les bombardements ont encore empiré et ont couvert des douzaines de villages. Nombreux sont ceux qui ont été tués, plusieurs maisons, nos récoltes et notre bétail ont été brûlés et détruits. Les bombardements intensifs ont recommencé cette semaine et c’est une activité journalière dans la région.

‘’Comme vous le savez très bien, nous n’avons aucun accès à la nourriture, aux médicaments, aux soins de santé et autres nécessités de base. Nous regardons ce qu’il reste de nos foyers et nous voyons notre famille et nos amis affaiblis par la faim et la maladie. Partout où nous portons notre regard, nous voyons des enfants et des vieillards et d’autres personnes vulnérables, couchés par terre, impuissants. Le nombre de personnes qui meurent de faim ou de maladie est perturbant et en augmentation. C’est très difficile pour nous lorsque nos enfants nous demandent : "Est-ce que quelqu’un dans le monde sais ce que nous endurons ?" Voilà 17 mois que nous vous entendons parler de nous. Nous vous avons entendu dire que notre situation est critique et que vous être gravement préoccupés. Mais nous avons presque renoncé à croire que vos propos ont une signification.

‘’Cependant que nous apprécions votre engagement "à vouloir rester informé" nous sommes inquiets - en raison de notre expérience - que vos engagements ne sauveront pas nos vies et celles de nos enfants qui souffrent depuis trop longtemps. Nos questions demeurent sans réponse, pourquoi personne ne se préoccupe-t-il de nous ? Nous avons le droit d’être protégés d’un gouvernement brutal et d’être sauvés du génocide. Nous avons le droit d’avoir accès à de la nourriture et à des médicaments comme tout un chacun dans le monde. Des vies innocentes sont perdues chaque jour et chaque nuit y compris des enfants, des femmes et des vieillards devant nos yeux et le silence du monde est incroyable".

Mais le monde est souvent resté silencieux face à une vaste palette de crimes atroces commis par Khartoum et les bombardements continus de civils et de la production agricole civile font depuis longtemps partie de ces crimes


[2] Il y a une épidémie de plus en plus incontrôlable d’hépatite E dans les camps de réfugiés dans la région frontalière du Sud Soudan. Le Haut Commissariat pour les Réfugiés des Nations Unies (HCR) rapportait depuis Juba (Novembre 2012)

"Le HCR a mis en garde vendredi que sa capacité de contenir l’épidémie d’hépatite E parmi la population réfugiée au Sud Soudan devenait de plus en plus précaire à un moment où le financement pour ses opérations de secours s’épuise. Le risque va croître si, comme nous le craignons maintenant, nous devons faire face à un nouvel afflux de réfugiés des Etats du Sud Kordofan et du Nil Bleu dans le sud du Soudan », a déclaré le porte-parole Adrian Edwards. En raison de l’insécurité et de l’aggravation des conditions humanitaires dans les Etats du Sud Kordofan et du Nil Bleu, le personnel du HCR sur le terrain s’attend à ce que nouveaux réfugiés passent la frontière dans les prochaines semaines alors que les routes deviennent de nouveau passables après la saison des pluies. Le HCR et son partenaire les autorités nationales de santé du Sud Soudan, combattent déjà une épidémie d’hépatite E dans les Etats du Haut Nil et Unity, deux régions où la maladie est endémique…"

[3] "Les combats se poursuivent dans les Etats du Sud Kordofan et du Nil Bleu où les rebelles livrent batailles aux troupes gouvernementales. Compte tenu de l’escalade du conflit, le Hcr s’attend à l’arrivée de 30 000 à 40 000 nouveaux réfugiés qui pourraient passer au Sud Soudan dans les semaines qui viennent, aussitôt que la saison des pluies se termine et que les routes redeviennent praticables" (Voice of America [Genève], le 9 novembre 2012)

[4] Un communiqué de MSF (31 octobre 2012) sur les conséquences psychologiques d’une guerre d’extermination : "La psychologue de Msf, Julia Stempel, s’est penchée pour voir ce que la fille dessinait. Une image d’un gros avion couvrait la majeure partie de la page. "On demande aux enfants de dessiner ce qui les effraie le plus et presque chacun dessine un avion", a dit Stempel. " Ils disent que ce sont les avions de guerre (bombardiers Antonov) qui les ont contraint à fuir". Stempel travaille avec cinq autres psychologues et dix travailleurs communautaires afin d’aider les enfants et d’autres à trouver le moyen d’exprimer leurs sentiments dans ces circonstances.

Le stress chronique avec lequel vivent les réfugiés peut se manifester par des symptômes psychosomatiques comme le mal de tête ou des douleurs gastriques. Et ces maladies peuvent affecter non seulement des individus mais des familles entières. "Une grand’mère dans une des familles souffrait de dépression grave et passait ses journées couchée passivement dans sa hutte pendant au moins trois mois", a dit Stempel. "Toute la vie de la famille se déroulait autour d’elle dans cette hutte et sa condition, l’expérience de la fuite à quoi s’ajoutent les conditions de vie dans le camp, était si stressantes pour la famille que l’une de ses petite-fille a arrêté de parler, a perdu l’appétit et a commencé à donner des signes de dépression à son tour. Avoir deux membres de la famille qui souffrent de cette manière a encore accru le niveau de stress de la famille qui était déjà sous une pression sévère".

[5] Le HCR sur le trek ardu de nombreux réfugiés du Sud Soudan (25 septembre 2012)

"Des femmes, des familles, des enfants ont fui le long des routes qui en raison des conflits et des pluies étaient dangereuses et souvent impraticables. Parmi ceux qui ont réussi le passage il y avait beaucoup d’enfants et de vieillards. Une famille d’aveugles a traversé la frontière conduite par d’autres membres du village. Des femmes ont traversé avec leur nouveau-né. Cependant que la saison des pluies s’installait et que la terre se transformait en un vaste marécage, amener ces gens dans la sécurité des camps devenait une priorité pour le Hcr. "Si ces groupes n’avaient pas été amenés dans une autre localité, nous aurions perdu des centaines sinon des milliers de vies", déclarait Mireille Girard, la représentante du HCR au Sud Soudan" (Yusuf Batil, Sud Soudan, le 25 septembre 2012).

En fait, des milliers de personnes sont décédés dans le grand théâtre humanitaire. Nous n’avons peut-être pas de chiffres pour élaborer un véritable taux de mortalité, mais il n’est pas raisonnable- sur la base des données à disposition- de penser que la mortalité n’a pas encore atteint ce seuil sinistre.

[6] Norwegian Refugee Council. Le 7 septembre 2012

"L’un parmi les presque 100 000 réfugiés dans l’Etat du Haut Nil, dans le nord du Sud Soudan, est le chef d’une communauté, Sila Mousa Kangi. Il n’y a ni espoir ni optimisme dans la voix de Sila lorsqu’il explique l’actuelle situation pour les réfugiés originaires de l’Etat du Nil Bleu, de l’autre côté de la frontière au Soudan : "J’ai 54 ans et je n’ai vu la paix que durant de courtes périodes. Je crains que nos enfants ne connaissent le même sort", a déclaré Sila Mousa Kangi, assis devant son abri fait de paille et couverte de feuilles de plastique. "Nous voulons une paix durable pour que nous puissions vivre comme les autres gens avec une maison et des moyens de subsistance. Ce n’est pas bon pour les gens de tout le temps demander de l’assistance. Nombreux sont ceux qui ont perdu tout espoir.

"Lorsque nous avons fui, nous étions 155 personnes dans notre groupe mais les vieillards sont morts de faim en route", a expliqué le vieux Issa Simat, âgé de 47 ans, un chef local originaire de la région de Baow dans le Nil Bleu. Le groupe épuisé est arrivé au camp de Yusuf Batil le 23 mai de cette année après 15 jours de marche"

[7] UN IRIN (le 13 et le 21 septembre )

"Stanlake Samkange, directeur du Programme alimentaire mondial des Nations Unies (Pam) pour l’Afrique centrale et de l’Est s’attend à davantage d’afflux dans les campas alors que des routes, qui sont actuellement sous l’eau, s’assèchent. "Nous nous préparons à l’arrivée de 30 000 personnes supplémentaires en 2012. Mais il y a beaucoup plus de monde de l’autre côté de la frontière", a-t-il dit à Irin. "Mon principal souci est que si les nombres augmentent de façon significative, la pression sur nos efforts va encore s’aggraver", a-t-il ajouté"

"Sheikh Hamis Hamadin Isa Zaag est arrivé dans le camp de réfugiés de Gendrassa dans le comté de Maban dans le Sud Soudan, il y a deux semaines. Il a parlé à Irin de sa fuite devant les violences dans le Nil Bleu. "Le voyage était très fatigant. J’ai même laissé la plupart de mes gens derrière moi pour venir seul. Il m’a fallu 20 jours parce que j’ai aidé un membre âgé de ma famille".

En route (depuis Markana, Damzin) j’ai vu que la plupart des réfugiés ont laissé leur parents et leurs vieillards derrière eux alors que nombreux étaient ceux qui fuyaient les bombardements ou les combats. Il y avait aussi beaucoup de combats. J’ai vu des gens être tués sous mes yeux. Les réfugiés allaient dans les villages et étaient tués par les soldats. Ils tuaient tout le monde le plus souvent avec des couteaux. La plupart des hommes étaient massacrés avec des couteaux. Il semble que des membres de ma famille ont été tués - c’est en tout cas l’information que j’ai reçue - et les autres se sont éparpillés. Il n’y a pas moyen d’obtenir la paix dans ce pays mais je souhaite que la paix vienne. Il n’y a rien à manger au Nil Bleu - juste des racines et des feuilles et fruits sauvages. Il n’y a pas de nourriture et même si vous essayez de sortir pour trouver de la nourriture, ils vous trouveront et vous mettront en prison. Il y a tellement d’insécurité. C’est difficile pour eux de se déplacer et de passer la frontière"

[8] Et plus de réfugiés sont en route selon John Ging, chef de Ocha au Sud Soudan. Ging a récemment mis en garde que la crise est loin d’être résolue ou même qu’elle diminue, déclarant que "nous anticipons que jusqu’à 350 000 réfugiés seront hébergés au Sud Soudan d’ici la fin 2013" Ce qui doublerait presque la population réfugiée et ajouterait une pression supplémentaire sur les opérations de secours qui ont déjà presque atteint leur point de rupture.

[9] L’Etat de Unity est aussi préparé à recevoir un grand nombre supplémentaire de réfugiés, principalement du Sud Kordofan.

Des centaines fuient les nouvelles attaques aériennes et terrestres et passent au Sud Soudan :

"Le HCR a dit mardi que les nouvelles attaques aériennes et terrestres dans l’Etat du Sud Kordofan au Soudan ont causé un nouvel influx de réfugiés au Sud Soudan."Environ 100 réfugiés arrivent chaque jour dans la ville frontière de Yida dans l’Etat Unity", a déclaré un porte-parole ajoutant que "la santé des réfugiés est mauvaise et qu’ils arrivent dépourvu de tout". Certains réfugiés ont dit au HCR qu’ils ont aussi fui en raison des pénuries alimentaires sévères dans le Sud Kordofan. Beaucoup ont dit qu’ils avaient le projet de construire un abri avant de retourner de l’autre côté de la frontière pour aller chercher leur famille" (25 septembre 2012, Juba (Sud Soudan) Haut Commissariat pour les réfugiés)

[10] Autres rapports récents sur la crise humanitaire croissante dans la région frontalière :

Le 18 octobre, l’évaluation humanitaire conduite par Enough Project montre à quel point la réponse a été inadéquate : le taux de malnutrition aiguë globale a atteint la cote d’alerte dans les montagnes de Nuba. 81,5% des familles survivent avec un repas par jour (ce taux était de 9,5 l’an dernier et 0 % l’année précédente), le taux de malnutrition sévère est de 3% dans l’échantillon de population évaluée. La malnutrition aiguë sévère est une situation médicale critique et sans alimentation thérapeutique et sans supplémentation, la plupart des enfants, et même des adultes, vont mourir. Les résultats de l’audacieuse évaluation de l’Enough Project ont été soigneusement examinée par la John Hopkins School for Public Health avant d’être publiés.

De surcroît, les résultats de Enough Project ont été confirmés par des évaluations humanitaires indépendantes détaillées et révélatrices, y compris que "le degré de famine sévère" rapportée dans le Western Kadugli est particulièrement élevé, se situant autour de 85,4% pour les ménages résidents et 87,5% pour les familles déplacées (rapport confidentiel : South Khordofan Secrutiy Monitoring no 1 : Results from interviews conducted with households, market participants and key informatns in South Khordofan State). La plupart des personnes interrogées estiment que la sécurité alimentaire va se détériorant. Les titres de la table des matières nous répètent ce que nous savons déjà, mais avec plus d’autorité :

• La sécurité alimentaire est une préoccupation partout
• Les ménages déplacés ont moins bien réussi leurs plantations que les résidents
• Les prévisions pour la prochaine récolte sont mauvaises
• La fermeture des services de santé est rapportée dans toutes les localités bien que le nombre varie par unité administrative
• L’accès à l’eau potable varie d’une unité administrative à l’autre mais semble particulièrement limité dans les localités de Um Durrain et le Western Kadugli
• Le conflit est le plus sévère et le plus soutenu dans Um Durrain et Western Kadugli

Nous savons que Khartoum n’honorera pas ses engagements à fournir l’aide humanitaire à ces populations. Nous savons cela. Ce fait va-t-il se traduire par une action qui met des vies humaines- des centaines de milliers de vies humaines- au-dessus des revendications de souveraineté nationale d’un régime génocidaire ? Les expériences du passé ne pourraient pas être plus décourageantes.


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** Eric Reeves est basé à Smith College, Northampton, MA. Son nouveau livre est une longue étude du grand Soudan. (Compromising with evil ; an archival history of greater Sudan 2007-2012) est disponible en format électronique gratuitement : www.compromisingWithEvil.org Texrte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

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Plaidoyers & campagnes

Lettre de footballeurs à l'Uefa : Contre la tenue de l'Euro 2013 Espoirs en Israël

2012-12-03

http://pambazuka.net/fr/category/advocacy/85669

Une soixantaine de footballeurs professionnels, pour une bonne part des Africains, ont adressé une lettre à l'Uefa pour protester contre la décision de confier à Israël l'organisation de l'Euro 2013 des moins de 21 ans (5-18 juin 2013). Ce faisant, estiment-ils, l'instance européenne du football ferme les yeux sur la récente offensive israélienne sur la bande de Gaza et expriment

A Joseph S. Blatter

« Nous, footballeurs européens, exprimons notre solidarité envers le peuple de Gaza, qui vit en état de siège et est privé de sa dignité et de sa liberté. Le dernier bombardement de Gaza par Israël, qui s’est soldé par la mort d’une centaine de civils, est une nouvelle tâche sur notre conscience. Dans ces circonstances, le fait qu’Israël organise l’Euro 2013 des moins de 21 ans apparaît comme une récompense pour des actions pourtant contraires aux valeurs sportives. Malgré le récent cessez-le-feu, les Palestiniens sont toujours forcés de vivre une existence difficile, sous occupation, ils doivent être protégés par la communauté internationale. Tous les peuples ont le droit de vivre dans la dignité, la liberté et la sécurité. Nous espérons qu’un accord finira par être trouvé »

Gael Angoula, Bastia Sporting Club (France)
Karim Ait-Fana, Montpellier HSC (France)
André Ayew, Olympique de Marseille (France)
Jordan Ayew, Olympique de Marseille (France)
Demba Ba, Newcastle United (UK)
Abdoulaye Baldé, AC Lumezzane (Italia)
Chahir Belghazouani, AC Ajaccio (France)
Leon Best, Blackburn Rovers Football Club (UK)
Ryad Boudebouz, Football Club Sochaux Montbéliard (France)
Yacine Brahimi, Granada Football Club (Spain)
Jonathan Bru, Melbourne Victory (Australia)
Yohan Cabaye, Newcastle United (UK)
Aatif Chahechouche, Sivasspor Kulübü (Turkey)
Pascal Chimbonda, Doncaster Rovers Football Club (UK)
Papiss Cissé, Newcastle United (UK)
Omar Daf, Football Club Sochaux Montbéliard (France)
Issiar Dia, Lekhwiya (Qatar)
Abou Diaby, Arsenal Football Club (UK)
Alou Diarra, Olympique de Marseille (France)
Soulaymane Diawara, Olympique de Marseille (France)
Samba Diakité, Queens Park Rangers (UK)
Pape Diop, West Ham United (UK)
Abdoulaye Doucouré, Stade Rennais Football Club (France)
Didier Drogba, Shanghaï Shenhua (China)
Ibrahim Duplus, Football Club Sochaux Montbéliard (France)
Soudani El-Arabi Hilal, Vitoria Sport Club Guimares (Portugal)
Jires Kembo Ekoko, Al Ain Football Club (United Arab Emirates)
Nathan Ellington, Ipswich Town Football Club (UK)
Rod Fanni, Olympique de Marseille (France)
Doudou Jacques Faty, Sivassport Kulübü (Turkey)
Ricardo Faty, AC Ajaccio (France)
Chris Gadi, Olympique de Marseille (France)
Remi Gomis, FC Valenciennes (France)
Florent Hanin, SC Braga (Portugal)
Eden Hazard, Chelsea Football Club (UK)
Charles Kaboré, Olympique de Marseille (France)
Diomansy Kamara, Eskisehispor Kulübü (Turkey)
Frédéric Kanouté, Beijin Guoan (China)
Anthony Le Tallec, AJ Auxerre (France)
Djamal Mahamat, Sporting Braga (Portugal)
Steve Mandanda, Olympique de Marseille (France)
Kader Manganne, Al Hilal Riyad Football Club (Saudi Arabia)
Sylvain Marveaux, Newcastle United (UK)
Nicolas Maurice-Belay, FC Girondins de Bordeaux (France)
Cheikh M’bengué, Toulouse Football Club (France)
Jérémy Menez, Paris Saint-Germain Football Club (France)
Arnold Mvuemba, Olympique Lyonnais (France)
Laurent Nardol, Chartres Football Club (France)
Mahamadou N’diaye, Vitoria Sport Club Guimares (Portugal)
Mamadou Niang, Al-Sadd SC (Qatar)
Mbaye Niang, SM Caen (France)
Fabrice Numeric, FK Slovan Duslo Sala (Slovakia)
Billel Omrani, Olympique de Marseille (France)
Lamine Sané, FC Girondins de Bordeaux (France)
Mamady Sidibé, Stoke City Football Club (UK)
Momo Sissoko, Paris Saint-Germain Football Club (France)
Cheikh Tioté, Newcastle United (UK)
Adama Traoré, Melbourne Victory (Australia)
Armand Traoré, Queen Park Rangers FC (UK)
Djimi Traore, Olympique de Marseille (France)
Moussa Sow, Fenerbahçe Spor Kulübü (Turkey)
Hassan Yebda, Granada Football Club (Spain)

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Arts & livres

Afrique : Rebelle ou le drame des enfants soldats

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/books/85642

Pour son quatrième film, le réalisateur québécois Kim Nguyen a choisi de traiter de la triste réalité des enfants soldats. Dans une fiction, qui mêle violences et contes fantastiques, une jeune africaine raconte sa survie au sein d’un groupe de rebelles. «Un jour, tu vas sortir de mon ventre, alors faut que je commence à te dire comment je suis devenue soldat avec les rebelles. Ecoute bien quand je te raconte mon histoire, parce que c’est important que tu comprennes c’est quoi la vie de ta maman avant que tu ne sortes de mon ventre. Car quand tu vas sortir, je ne sais pas si le bon Dieu va me donner assez la force pour t’aimer». C’est par ces mots que Komona débute le récit de sa vie.

http://bit.ly/RdPYda





Femmes & genre

Mali : Les femmes victimes des extrémistes

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/wgender/85647

Alors que perdure l'occupation du nord du Mali par les islamistes, les citoyens expliquent que ce sont les femmes qui paient le plus lourd tribut de la situation. "La souffrance de la population locale, en particulier des femmes, est inimaginable", a déclaré le maire de Tombouctou, Hallé Ousman, le 21 novembre. "L'hôpital de la ville est rempli de femmes qui ont été agressées par Ansar al-Din",. Tandis que les extrémistes ont affirmé devant la presse internationale avoir renoncer à faire appliquer la sharia, leur attitude est tout à fait différente sur le terrain, explique-t-il.

http://bit.ly/RkrmzJ





Droits humains

Burundi : Les hommes battus crient leur détresse

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/rights/85639

Si la Journée mondiale des violences faites aux femmes, le 25 novembre, a été marquée à travers le monde par une série de manifestions contre les viols, harcèlements et insultes à l’égard de la gente féminine, la Journée mondiale des hommes, le 19 novembre, célébré une semaine plutôt est passée inaperçu. Sauf dans quelques rares pays comme le Burundi, qui pour la première fois a commémoré l’évènement. L’occasion pour le président de l’Association pour la Protection des Hommes et de l’homme en détresse (ADPH6Burundi), de plaider en faveur des époux et concubins battus par leurs compagnes. A l’en croire, «4 personnes en sont morts» cette année.

http://bit.ly/11BfTgg


Côte d'Ivoire : Comment Simone Gbagbo tue le temps

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/rights/85631

Visée par un mandat émis le 22 novembre par la Cour pénale internationale, Simone Gbagbo reste incarcérée pour l'heure dans le nord de la Côte d'Ivoire. L'ex-première dame a été auditionnée par un juge et attend son procès. En priant... « Elle n'est nullement ébranlée par tout ce qui lui arrive », a confié l'un de ses proches. Toujours détenue dans la résidence du général Issouf Koné, qui fut grand chancelier sous le régime déchu, elle apprend à lire et à écrire aux enfants du gardien de la villa et même à ses geôliers. Privée d'accès aux chaînes d'information - à l'exception de la télévision publique - et aux journaux, elle se contente des émissions de divertissement et participe aux tâches ménagères - cuisine et vaisselle.

http://bit.ly/Tg7mtH


Côte d'Ivoire : L'armée française face aux mystères de Bouaké

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/rights/85643

Des soldats français, rescapés du bombardement de Bouaké qui avait fait neuf morts en 2004, viennent de déposer plainte contre l’ex-ministre française de la Défense à l’époque. Michèle Alliot-Marie est attaquée pour «parjure et complicité d’assassinat» devant la Cour de justice de la République par les familles meurtries espèrent ainsi connaître la vérité sur ce bombardement.

http://bit.ly/Vahqdt


Côte d’Ivoire : Transférer Simone Gbagbo à La Haye n'est pas si simple

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/rights/85641

Alassane Ouattara acceptera-t-il d'envoyer Simone Gbagbo devant la Cour Pénale Internationale, au risque d'ouvrir la boîte de Pandore ? Il appartient aux autorités ivoiriennes de décider de la suite à donner à cette requête. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles ne semblent pas disposées par l’idée de transférer Simone Gbagbo à La Haye. En tout cas, elles ne font pas preuve du même empressement que dans le cas de Laurent Gbagbo. Comparaison n’est certes pas raison, mais il y a matière à réflexion quand même.

http://bit.ly/RikjY4


Global : 21 ans de prison requis contre un Rwandais en Norvège

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/rights/85630

Le parquet norvégien a requis, lundi 26 novembre, 21 ans de prison contre un Rwandais accusé de complicité dans le massacre de plus de 2. 000 personnes en 1994. Recherché par la justice de son pays, Sadi Bugingo est accusé d'avoir assisté à des réunions au cours desquelles des meurtres ont été projetés ou commandités, ainsi que d'avoir participé à l'organisation de ces meurtres et au transport de leurs auteurs. Les faits qui lui sont reprochés portent sur plusieurs épisodes remontant à avril 1994

http://bit.ly/QYjLa9


Global : Des soldats français jugés pour le meurtre d'un Ivoirien

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/rights/85637

Quatre militaires français, dont le colonel Eric Burgaud, sont renvoyés aux Assises par un juge du tribunal aux armées de Paris pour le meurtre, en 2005, de Firmin Mahé. A l’époque, en pleine guerre civile ivoirienne, la force Licorne avait décidé de mettre fin aux agissements de « coupeurs de route ». Firmin Mahé a été considéré comme étant l’un d’eux. Le général Henri Poncet, commandant de la force Licorne, mis en examen pour «complicité d’homicide volontaire» a, en revanche, bénéficié d’un non-lieu.

http://bit.ly/11lqtJ8


Global : Du flou dans l'extradition d’un ancien ministre rwandais par Paris

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/rights/85645

Une décision sera rendue le 19 décembre dans l'affaire de l'extradition de l'ancien ministre rwandais des Travaux publics, Hyacinthe Rafiki Nsengiyumva, a annoncé mercredi 28 novembre la chambre d'instruction de la Cour d'appel de Paris. Au vu des nouveaux éléments apportés au dossier par Kigali, l'avocat général Jean- a prononcé en effet un "avis défavorable" à l'extradition du Rwandais, après en avoir donné un "partiellement favorable" en juin dernier. En cause selon lui, "le manque de clarté manifeste" des autorités rwandaises depuis le début de cette "procédure au long cours".
http://bit.ly/Szp6mq


Global : L'ONU entre en guerre contre l'excision

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/rights/85640

L’excision ne sera plus tolérée. Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies a adopté le 26 novembre une résolution appelant à une interdiction internationale de la mutilation génitale féminine. Cesare Ragaglini, ambassadeur italien à l'Onu et l'un des principaux partisans de cette initiative. Il a qualifié la résolution «d'outil très puissant» pour vaincre les réticences des pays à bannir cette pratique.

http://bit.ly/QYk44L


Guinée : Aïssatou Boiro était seule contre tous

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/rights/85632

L'incorruptible directrice nationale du Trésor public, Aïssatou Boiro, a été assassinée le 9 novembre. Choqué, Alpha Condé a annoncé que les responsables seraient traduits en justice. S'ils sont retrouvés. « Elle est morte parce qu'elle refusait tout compromis entre l'intérêt public et les intérêts sordides des groupes mafieux», a expliqué le ministre des Finances, Kerfalla Yansané. Ce n'est pas par hasard que cette haute fonctionnaire avait été nommée au Trésor en février dernier. « Chez nous, c'était une personne rare, lâche un magistrat guinéen. Dans une fonction publique gangrenée par la corruption et l'impunité, elle était l'une des rares personnes qui bloquaient les bandits en col blanc ».

http://bit.ly/YEs4K0


Guinée-Bissau : Demande de levée de l'immunité d’un député de l'opposition

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/rights/85664

Le procureur général de la République de Guinée-Bissau a demandé la levée de l'immunité parlementaire du député du Paigc (opposition) Antonio Oscar Barboza. Selon le magistrat, le député doit être entendu par le ministère public dans une affaire de corruption, lorsqu'il occupait les fonctions de ministre des Ressources naturelles. Antonio Oscar Barboza serait soupçonné de malversation financière dans l'octroi des licences d'exploitation des phosphates de Farim et de la bauxite de Boé.

http://bit.ly/TDH18M


Libéria : Le procès Taylor était-il pipé ?

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/rights/85622

A en croire l’un des magistrats du Tribunal Spécial pour la Sierra Léone ayant condamné l’ancien président (et chef de guerre) libérien à 50 ans de prison, en mai 2012, à La Haye, le procès n’a pas été conduit selon les règles. Le magistrat Malick Sow critique la manière dont le procès a été conduit et fait état de « contradictions », de « mensonges », voire de « manipulations ». Aujourd’hui âgé de 64 ans, Charles Taylor a été condamné, non pas pour les crimes commis dans son pays, le Liberia, mais dans l’Etat voisin, la Sierra Leone, où il est accusé d’avoir activement soutenu une rébellion armée qui s’est rendue coupable d’abominables exactions contre la population civile.

http://bit.ly/Ru1SzT


Madagascar : Esther Vololona, révoltée contre l’injustice

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/rights/85633

Améliorer la vie de ses concitoyens. Telle est la vocation de la Malgache Esther Vololona Razazarivola. Elle a fondé son association Avenir pour aider les plus démunis à connaitre leurs droits. Elle lutte également contre toute forme d’injustice à Madagascar. Portrait de la lauréate 2012 du concours Harubuntu.

http://bit.ly/TDFRu2


Mauritanie : Arrestation du leader d’un mouvement négro-mauritanien

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/rights/85658

Les forces de l'ordre ont arrêté, mercredi 23 novembre à Nouakchott, Birane Wane, coordinateur du mouvement négro-mauritanien Tpmn (Touche pas à ma nationalité) à la suite d'une marche de ce mouvement vers la présidence de la république. Tpmn est né en réaction à un recensement lancé en 2011 par les autorités mauritaniennes, en vue de l'élaboration d'un document d'état civil sécurisé, qui, selon les initiateurs de ce mouvement, comportait des dispositions jugées "discriminatoires à l'égard des négro-mauritaniens". Cette situation avait donné lieu à des protestations, au cours desquelles un manifestant avait été tué par balle.

http://bit.ly/11Bh537


Rd Congo : Les enfants issus d’un viol privés de leurs droits

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/rights/85621

Au total 231 enfants issus de viols ont été enregistrés d’octobre 2008 à octobre 2012, dans le diocèse d’Uvira, la deuxième ville de la province du Sud-Kivu, dans l’est de la Rd Congo. Beaucoup d’habitants les considèrent comme des apatrides alors qu’ils sont nés sur le sol congolais et de femmes congolaises amenées de force dans les forêts pour servir d’esclaves sexuelles. En juin 2012, une table-ronde s’est tenue à Bukavu pour essayer de dégager un consensus sur les mécanismes juridique et collectif d’enregistrement, à l’état civil, de ces enfants issus de viols.

http://bit.ly/V2KDAX





Réfugiés & migration forcée

Afrique : Les 10 crises de réfugiés les plus négligées

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/refugees/85625

En 2011, tous les yeux étaient tournés vers le complexe de réfugiés de Dadaab, dans le nord du Kenya, alors qu'il accueillait des centaines de milliers de Somaliens qui fuyaient la famine et le conflit. Cette année, c'est l'exode des réfugiés syriens qui a attiré l'attention du public, même si la majorité des Somaliens qui sont arrivés à Dadaab l'an dernier y sont toujours. Ainsi certaines des crises de réfugiés et de déplacés sont parmi les plus négligées au monde.

http://bit.ly/TpYYdw


Guinée-Bissau : 30 personnes rapatriés de Libye

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/refugees/85659

Trente Bissau-guinéens ont été rapatriés de Libye pour séjour illégal, sont arrivés en fin de semaine à Bissau, grâce à l’Organisation Internationale des Migrations. Selon leur porte-parole, les trente Bissau-guinéens ont voyagé par voie terrestre en passant par le Niger, le Mali, le Sénégal et la Gambie. Il a indiqué que six Bissau-guinéens ne sont pas rentrés car ils ont été amenés par les autorités de Libye vers une destination inconnue.

http://bit.ly/Vl7GJI





Elections & gouvernance

Afrique : La Somalie demande l'aide de l'Ethiopie pour créer un Etat fédéral

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/elections/85644

A Addis-Abeba, le nouveau Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, a reçu pour la première fois le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud, récemment élu. Le chef d'Etat somalien a demandé l'aide de son voisin dans la mise en place d'un Etat fédéral fort, nouveauté des institutions somaliennes. Mais le point le plus important a été la sécurité et l'Ethiopie a assuré que ses troupes ne quitteraient pas la Somalie tant que la situation ne serait pas définitivement stabilisée.

http://bit.ly/YmBVVW


Afrique : Saga, Dube, Sankara, Kadhafi, Makeba : Nous pensons très fort à vous…

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/elections/85662

Comme il est de coutume dans les principaux super médias qui arrosent la planète, presque aucune allusion n’est faite aux jours de commémoration des disparitions de grands héros africains. Pourtant, ce ne sont pas de moindres personnages que l’Afrique a loués ces dernières semaines. D’une part, pendant le mois d’octobre, et d’autre part dans le courant de ce mois de novembre 2012.

http://bit.ly/QzIP5Z


Algérie : La mystérieuse disparition d’un candidat FLN

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/elections/85651

La commune de Ben Aknoun, sur les hauteurs d’Alger, vit une campagne électorale bien singulière. Pendant pratiquement toute cette période, Noureddine Haïred, tête de liste du FLN, n’a pas donné signe de vie. Président de l’APC de Ben Aknoun depuis 2002, et candidat FLN pour un troisième mandat, il a “disparu” depuis près de trois semaines. Aucune explication n’a été donnée sur cette absence, que ce soit par ses voisins, membres de sa famille ou ses “camarades” du FLN. Les rumeurs s’amplifient sur les raisons de cette disparition inexpliquée.

http://bit.ly/VdATnz


Egypte : Référendum le 15 décembre sur la Constitution

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/elections/85615

Le président Mohamed Morsi a appelé 1er décembre les Egyptiens à se prononcer par référendum le 15 décembre sur un projet de Constitution qui divise le pays, tandis que des centaines de milliers d'islamistes ont manifesté pour le soutenir.

http://bit.ly/Vomrit


Global : Ces pays africains qui boudent la Palestine

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/elections/85654

La Palestine a obtenu le 29 novembre le statut d’État observateur non membre de l'ONU lors du vote de l'Assemblée générale. Lors de ce vote historique à l'Assemblée générale des Nations unies 138 Etats se sont prononcés pour malgré l'opposition des Etats-Unis et d'Israël. Il y a eu aussi 9 qui ont voté contre et 41 se sont abstenus. Parmi ces abstentionnistes figurent quatre pays africains: Cameroun, Rd Congo, Malawi, Rwanda, Togo.

http://bit.ly/115MmvP


Global : Mohammed VI, troisième homme le plus influent du monde musulman

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/elections/85655

Le roi Mohammed VI reste une personnalité influente dans le monde musulman. Mais le roi du Maroc perd sa deuxième place de l'année 2011 au profit du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdoğan. Il figure cette année à la troisième place, selon le classement des 500 personnalités les plus populaires du monde islamique, établi par le centre Royal de recherches et études islamiques de Jordanie.

http://bit.ly/V7K2Ab


Kenya : Deux candidats inculpés par la CPI s'allient pour la présidentielle

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/elections/85646

Deux candidats à l'élection présidentielle de mars prochain au Kenya, tous deux inculpés par la CPI, sont en train de peaufiner une alliance politique. Uhuru Kenyatta et William Ruto négocient un accord électoral. Ces deux hommes se sont pourtant farouchement opposés. En 2008, lors des violences post-électorales qui ont coûté la vie à un millier de personnes, leurs partisans se sont violemment affrontés. Les deux hommes sont inculpés de crimes contre l'humanité par la CPI. Leur procès, ainsi que celui de deux autres personnalités, devrait débuter en avril prochain, soit au lendemain de l'élection présidentielle kenyane.

http://bit.ly/TDGkfG


Madagascar : Marc Ravalomanana interdit de quitter son exil sud-africain

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/elections/85636

A six mois de l'élection présidentielle à Madagascar, la situation se complique pour Marc Ravalomanana. La justice d’Afrique du Sud, où il vit en exil depuis 2009, vient à nouveau de l’interdire de sortir du territoire. Une décision qui pourrait empêcher son retour sur la Grande île, et donc sa participation au prochain scrutin. Le tribunal de Pretoria confirme ainsi un précédent jugement, pris en septembre dernier. C’est qu’en Afrique du Sud, Marc Ravalomanana est sous le coup d’une enquête pour crimes contre l’humanité lors du coup d’Etat, il y a trois ans. Aaccusations qu’il a toujours rejetées.

http://bit.ly/11BfHO3


Mali : Le président de l'UA déçu par le rapport de l'ONU

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/elections/85665

Le président de l’Union Africaine Thomas Boni Yayi a estimé jeudi 28 novembre décevant le rapport de Ban Ki-moon au conseil de sécurité de l’ONU sur les risques d’une intervention militaire au Nord-Mali. «De l’avis général (…) la teneur du rapport paraît relativement en deçà des attentes de l’ensemble du continent africain», a déclaré Boni Yayi, dans une lettre adressée au secrétaire général de l’ONU. «Le 20 novembre, l’envoyé spécial de l’ONU au Sahel, Romano Prodi, avait jugé que tous les experts s’accordaient pour dire qu’une action militaire dans le nord du Mali ne serait pas possible avant «septembre 2013»

http://bit.ly/SwwwFA


Mauritanie : Abdel Aziz cloue momentanément le bec au COD

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/elections/85626

Un militaire avait fait feu sur le véhicule V8 du n°1 mauritanien qui avait refusé d'obtempérer à la sommation des soldats en patrouille. La blessure était-elle légère (au bras) comme l'ont prétendu les sources officielles ou des organes vitaux avaient-ils été atteints, comme le laisse penser la longue convalescence du président Abdel Aziz ? Toujours est-il que sa longue absence pour des soins en France a suscité des polémiques. Tant au niveau du pouvoir que de l'opposition. Le 24 novembre 2012, le président a décidé de couper court aux rumeurs en rentrant au pays.

http://bit.ly/11lpPes


Sénégal : Abdou Diouf annonce la fin de sa vie publique et politique

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/elections/85648

L’ancien président et actuel secrétaire général de l’organisation internationale de la francophonie (Oif) a déclaré que le sommet de la Francophonie prévu au Sénégal en 2014 marque la fin de sa mission à la tête de l’organisation et la fin de sa vie politique et publique.

http://bit.ly/TDGnIi


Togo : Faure Gnassingbé s'attaque à l'héritage paternel

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/elections/85613

Les psychanalystes appellent cela tuer le père. Sept ans après la mort de Gnassingbé Eyadéma, son fils et successeur à la tête du Togo, Faure Gnassingbé s'applique à faire disparaître un à un tous les éléments de l'héritage paternel. Simple rupture ou manoeuvre politique ? Les faits et gestes du numéro un togolais sont très surveillés et commentés.

http://bit.ly/11Be9DM


Togo : Le CST demande le bulletin de santé de Faure

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/elections/85614

Suite aux rumeurs persistantes ces derniers jours sur l’état de santé critique voire le décès du chef de l’Etat togolais Faure Gnassingbé, le président de l’Organisation pour Bâtir dans l’Union un Togo Solidaire (OBUTS) et membre du Collectif « Sauvons le Togo », dit croire du moins qu’il est malade. Et pour faire taire ces rumeurs, il pense urgent que le gouvernement puisse se prononcer sur cette question en publiant le bulletin de santé du chef de l’Etat.

http://bit.ly/XeOp0v





Corruption

Afrique : Le Ghana lavé du blanchiment d'argent, le Nigeria proche de la sortie

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/corruption/85620

Jadis considérés comme zones endémiques de blanchiment d'argent et de financement du terrorisme, le Nigeria et le Ghana ont réalisé de gros efforts dans la lutte contre ces fléaux. Ce qui est le résultat du dispositif de lutte mis en place dans ces pays avec la supervision du Groupe intergouvernemental d'action contre le blanchiment d'argent (Giaba). Selon le directeur général de cette organisation, certains pays tels que le Ghana, la Guinée Bissau, la Sierra Leone et le Mali ont adopté leurs stratégies nationales.

http://bit.ly/X8V9wY


Sénégal : Karim Wade dans la tourmente des «biens mal acquis»

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/corruption/85634

Le dossier du présumé enrichissement illicite de Karim Wade continue d’enregistrer des révélations quotidiennes. Le fils de l’ancien chef d’Etat, en l’occurrence Karim Wade est auditionné dans le cadre de l’enquête sur l’enrichissement illicite. Pour l’heure, il est à sa troisième audition. Rien que pour les nombreuses actions qu’on lui prête dans le secteur de l’aviation civile, Karim Wade gagnerait 5 millions F CFA toutes les heures. Le « super-ministre » du temps de son père, doit repasser devant les enquêteurs pour une quatrième fois, le 06 décembre prochain afin de justifier l’origine de ses biens.

http://bit.ly/VbkqpZ





Développement

Afrique : Retour à la convertibilité du franc CFA entre la BEAC et la BCEAO

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/development/85653

Près de 20 années de suspension après, les autorités de la Banque des Etats d’Afrique Centrale, BEAC, viennent d’annoncer qu’ils envisageaient avec les institutions bancaires d’Afrique de l’ouest, reprendre les échanges de francs CFA au sein de leurs établissements. Selon les dires du gouverneur de la BEAC, un calendrier de travail a été fixé et les consultations sont déjà en cours.
 Une rencontre d’experts est annoncée pour d’ici peu à Dakar, en vue d’étudier les modalités nécessaires à un retour de convertibilité monétaire entre les zones UMOA et BEAC. Les principales questions à aborder seront celles de la sécurité dans cette convertibilité, en rapport avec le blanchiment d’argent ou autre forme de délit.

http://bit.ly/YmCj71


Zimbabwe : Fin de la surveillance internationale de la production de diamants

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/development/85619

La production de diamants du Zimbabwe ne sera plus contrôlée, comme elle l'était, par une organisation internationale. Cette organisation mandatée par les Nations unies pour lutter contre ce que l'on appelle les « diamants du sang » annonce qu'elle arrête la surveillance qu'elle exerçait sur la production de diamants extraits du très riche gisement de Marange, dans l'est du pays. Pour expliquer sa décision, souligne que le Zimbabwe a fait des efforts significatifs et manifesté sa bonne volonté.

http://bit.ly/Ru1P7e





Santé & VIH/SIDA

Afrique : Pourquoi les hommes réagissent mal aux traitements du Sida ?

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/hivaids/85617

Plus de 34 millions de la population mondiale est atteinte par le virus du sida, dont 75% en Afrique sub-saharienne. Un véritable fléau. Les Africaines sont les plus touchées par la maladie avec un taux de 60%. Mais chez les hommes, la reconstitution immunitaire est beaucoup plus lente. C’est ce que révèle une étude de Médecins sans frontières France au Malawi, en Ouganda et au Kenya. Ainsi, le taux de mortalité est plus élevé du côté des hommes selon des chercheurs d’Epicentre et de l’IRD en Afrique.

http://bit.ly/TCeu3T


Afrique du sud : Quand les antirétroviraux partent en fumée

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/hivaids/85623

Les traitements antirétroviraux distribués aux malades du sida font l’objet d’un trafic dans les townships sud-africains. Ces cachets se revendent pour être ensuite fumés comme du crack. Le médicament est pilé et mélangé à de la poudre détergente et de la mort aux rats, pour être ainsi fumé par des jeunes – souvent des mineurs. Son nom ? Le « whoonga»… La pratique est apparue en 2008 dans les townships de Chatsworth et Kwamashu, à Durban, la province la plus touchée par le virus HIV. Certains malades préfèrent vendre leurs cachets plutôt que de les prendre, pour subvenir à d’autres besoins

http://bit.ly/Vlwp4d


Guinée : A la traine dans la lutte contre le sida

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/hivaids/85618

L’organisation Msf juge dramatique les conditions d’accès aux soins des personnes vivant avec le Vih en Guinée. Les délais d’attente de traitement s’allongent et les patients risquent dès lors de présenter davantage de complications, voir de mourir », regrette-t-elle. Les patients n’ont pas accès aux analyses biologiques primordiales comme les CD4 ou la charge virale. D’après l’Ong, les matériels ne sont pas fonctionnels. Par ailleurs, un manque de réactivité est constaté.

http://bit.ly/VdA6Tz


Nigeria : Comment Aliko Dangote et Bill Gates comptent éradiquer la polio

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/hivaids/85656

La fondation Bill Gates et le Nigérian Aliko Dangote, qui pèse 12 milliards de dollars selon le magazine américain Forbes, vont conjuguer leurs efforts et surtout leurs fortunes pour éradiquer la poliomyélite dans l'Etat de Kano, dans le nord du Nigeria, rapporte RFI. Le pays fait partie des trois zones au monde où cette maladie est la plus endémique. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), 104 des 193 cas de polio recensés en 2012 l'ont été au Nigeria, dont 22 à Kano, la deuxième ville du pays.

http://bit.ly/V6j8sg


Sénégal : Couverture maladie universelle en 2013

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/hivaids/85660

Le président sénégalais a donné des instructions pour la mise en place de cette couverture qui vise "le soutien à la gratuité des soins à tous les enfants âgés de cinq ans, la gratuité de la prise en charge des soins pour les nouveau-nés jusqu’à l’âge d’un mois et la gratuité des suppléments nutritifs". Le président sénégalais a engagé le Premier ministre à faire en sorte qu’au moins 50 000 familles vulnérables bénéficient, dès 2013, de la bourse de sécurité sociale en attendant que le nombre de bénéficiaires soit porté à 250 000 familles pour l’année 2016.

http://bit.ly/Yeej63


Sénégal : La société civile préconise une «taxe sida» de 1 % sur les salaires

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/hivaids/85638

L’initiative n’est pas pour exaspérer le salarié moyen déjà acculé par la cherté de la vie actuelle. Mais la «taxe sida» de 1 % contre la pandémie est une opportunité offerte aux Sénégalais pour prouver à A. D, une dame de 35 ans et M. S, un homme de 47 ans, tous deux séropositifs, que l’espoir n’est jamais perdu d’avance. Pour la Directrice exécutive de l’Alliance nationale de lutte contre le sida, la pertinence de cette proposition est à chercher dans le contexte économique mondial et la crise financière actuels qui peuvent mettre en péril les progrès accomplis et empêcher le déploiement de futurs efforts en faveur de la lutte contre le Vih/Sida.

http://bit.ly/TA5qzN


Sénégal : Le taux d’obésité en hausse

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/hivaids/85650

Le responsable de l’Ufr de Médecine de l’Université Gaston Berger a démontré les incidences des facteurs environnementaux sur la hausse de la prévalence de l’obésité voire l’émergence de nouvelles maladies. Selon lui, 30,6 % de la population du département de Dakar ont un excès de poids. Cette prévalence, selon lui, est de 8 % dans le monde rural.
La mauvaise alimentation, la sédentarité, l’excroissance de la capitale…, ont favorisé l’expansion de cette maladie à Dakar.

http://bit.ly/UA9FLD





Éducation

Afrique : Des pays échangent sur leurs enseignements supérieurs

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/education/85663

Le Togo s’inspire des expériences du Bénin, du Burkina Faso et du Niger, en réunion d’échanges d’information sur son enseignement supérieur, pour adopter définitivement le système Licence, Master et Doctorat (LMD) en remplacement des diplômes classiques comprenant le Diplôme d’étude avancée (DEA). Les échanges portent notamment sur la gouvernance du système d’enseignement supérieur, le secteur privé de l’enseignement supérieur, les formations professionnelles supérieures, la recherche et l’innovation, ainsi que sur les financements de l’enseignement supérieur.

http://bit.ly/SpzrAa


Guinée-Bissau : Risques de perturbation de l'année scolaire pour arriérés de salaires

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/education/85657

Les arriérés de salaires des enseignants, soit une dette de 1,2 milliards de FCFA (environ 2,3 millions USD) héritée du régime précédent risque de compromettre l'année scolaire 2012-2013, a déclaré jeudi 28 novembre le ministre bissau-guinéen de l'Education. Le ministre a lancé un appel aux partenaires de développement de Bissau pour trouver une solution définitive à la situation qui prévaut.

http://bit.ly/Spz0po





Racisme & xénophobie

Nigeria : Une église frappée par un double attentat meurtrier

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/racism/85628

Un double attentat-suicide a secoué dimanche 25 novembre l'Etat de Kaduna, dans le centre du Nigeria. Onze personnes ont été tuées et au moins trente autres blessées, selon l'armée. Un attentat en deux temps, contre une église située dans une caserne de l'armée, qui n'a pas encore été revendiqué et dont l'armée soupçonne les islamistes de Boko Haram en raison notamment du mode opératoire. Cette nouvelle attaque survient deux jours après que l'armée ait annoncé offrir l'équivalent de 1,4 million d'euros en échange d'informations permettant l'arrestation de dix-neuf responsables de Boko Haram.

http://bit.ly/TvoaNf





Média & liberté d'expression

Egypte : Après les magistrats, les journalistes se révoltent

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/media/85627

Les Frères musulmans ont appelé leurs partisans à se rassembler dans les rues du Caire pour soutenir le président égyptien, alors que l'exécutif est violemment critiqué en raison d'un décret constitutionnel renforçant ses pouvoirs, notamment judiciaire. les journalistes ont également décidé de cesser le travail, au terme d'une assemblée générale extraordinaire particulièrement houleuse. Les quelques 3 500 journalistes présents ont voté à une majorité écrasante ce qu'ils ont baptisé «Le Manifeste pour la liberté».

http://bit.ly/TDFD5S


Soudan : Confiscation de journaux ayant écrit sur le "complot" déjoué

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/media/85629

Tous les exemplaires d'Al Mushad Al An, un journal apparu il y a deux semaines, ont été saisis lors de leur impression, a indiqué le rédacteur en chef Gamal Angara, précisant ne pas avoir été "informé officiellement" des raisons de la saisie. Selon lui, la confiscation pourrait être liée à des articles du journal évoquant la promesse d'une centaine d'avocats de défendre le général Salah Gosh, dont le gouvernement a affirmé qu'il faisait partie des 13 personnes arrêtées jeudi 29 novembre dans le cadre d'un "complot" déjoué contre la sécurité de l'Etat. Le général Gosh a dirigé pendant près de 10 ans les puissants services de sécurité, avant d'être remplacé en 2009.

http://bit.ly/SpykR9





Conflits & urgences

Afrique : Le président mauritanien met en garde contre une guerre au Mali

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/conflict/85661

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a mis en garde contre une guerre au Mali qui pourrait favoriser des alliances de populations locales avec les groupes jihadistes qui occupent le nord de ce pays et qu’une intervention militaire internationale envisage de chasser. La Mauritanie "n’entrera jamais dans cette guerre" mais entend protéger ses frontières et "si nous sommes attaqués, nous répondrons et dans ce cas, nous irons bien au-delà", a-t-il poursuivi.

http://bit.ly/UiVbNP


Egypte : Face au soulèvement général, Morsi tente l'apaisement

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/conflict/85624

Le président égyptien Mohamed Morsi est confronté à la crise la plus importante depuis son élection. Après s'être attribué jeudi 22 novembre par décret des pouvoirs élargis, il a précisé qu'il s'agit de pouvoirs temporaires pour protéger la révolution de 2011 et accélérer les réformes démocratiques, en particulier la rédaction d'une nouvelle Constitution attendue pour la mi-février. Mohamed Morsi tente désormais de négocier pour plusieurs raisons. D'abord, la perte record de la bourse égyptienne, 30 milliards de livres en un jour. Ensuite la recrudescence de la violence, avec des premiers morts parmi les manifestants.

http://bit.ly/YErITY


Maroc : Un budget royal contesté

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/conflict/85649

Des militants du Mouvement du 20 février et de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) ont organisé, le 18 novembre, une manifestation devant le siège du Parlement marocain à Rabat pour réclamer une réduction du budget annuel alloué aux dépenses du palais. Une première au royaume chérifien. Des images montrent que les quelques dizaines de personnes qui ont participé à ce rassemblement ont été battues et molestées par les forces de l’ordre. Le coût de la monarchie marocaine (234 millions d’euros) est quatre fois celui de la famille royale britannique (65,3 millions euros), pays dont le PNB brut est treize fois supérieur à celui du Maroc.

http://bit.ly/11BgxtW


Rd Congo : Les rebelles du M23 ont quitté Goma

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/conflict/85616

Les rebelles congolais du M23 ont quitté Goma samedi 1er décembre, ville stratégique de l'est de la République démocratique du Congo (RD Congo) conquise 12 jours auparavant sans résistance, ouvrant la voie à de délicates négociations avec Kinshasa, fragilisé par cette crise ouverte. Le retrait des rebelles intervient après dix jours de forte mobilisation internationale -- du Conseil de sécurité de l'ONU et des Etats-Unis, mais aussi d'une médiation des pays voisins des Grands Lacs. Le M23 a accepté de se retirer en échange de l'ouverture de négociations avec le président Joseph Kabila.

http://bit.ly/11BeoOW





Internet & technologie

Bénin : L'ATRPT prend de nouvelles mesures

2012-12-02

http://pambazuka.net/fr/category/internet/85652

Au vu de l'insécurité grandissante que crée les cybercafés au Bénin avec le taux élevé des arnaqueurs, l'impact négatif du fléau qui entache la crédibilité du pays, l'Autorité transitoire de régulation des postes et télécommunication a eu une séance de travail avec les promoteurs et gérants de cybers de Cotonou et environs. Il est convenu que désormais tous les cybers doivent se faire enregistrer contre un somme de 50.000 F Cfa et enregistrer tous les clients qui viennent naviguer dans un cahier de registre à base d'une pièce.

http://bit.ly/TCfTrj





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