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Une sélection de cartes postales panafricaines

Tajudeen Abdul-Raheem

La mort prématurée du Dr Tajudeen Abdul-Raheem, le jour de la commémoration de la Libération de l'Afrique 2009, a frappé de stupeur le monde panafricain. Cette sélection de cartes postales panafricaines montre quel brillant orfèvre des mots il fut.

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PUBLIÉ PAR FAHAMU

FahamuPambazuka News (Pambazuka signifie levez-vous ou réveillez-vous en Kiswahili) est un outil pour le changement social progressif en Afrique. Pambazuka News est produit par Fahamu, une organisation qui utilise les technologies de la communication et de l’information pour couvrir les besoins des organismes et des mouvements sociaux qui aspirent à un changement social progressif.

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Ce site a été établi par Fahamu dans le but de réguliérement fournir des informations sur ce qui se passe au sein de l’Union Africaine. Dans l’immédiat, nous téléchargerons réguliérement des informations depuis le sommet de Khartoum à partir du 26 janvier 2006.
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Food Rebellions! Food Rebellions! Crisis and the hunger for justice Eric Holt-Giménez & Raj Patel.

Food Rebellions! takes a deep look at the world food crisis and its impact on the global South and under-served communities in the industrial North. While most governments and multilateral organisations offer short-term solutions based on proximate causes, authors Eric Holt-Giménez and Raj Patel unpack the planet's environmentally and economically vulnerable food systems to reveal the root causes of the crisis.

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Pambazuka News 261 : MONUSCO : Impuissance, légèretés et complicités de l'ONU dans un Congo en guerre

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Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Droits humains, 4. Réfugiés & migration forcée, 5. Elections & gouvernance, 6. Corruption, 7. Développement, 8. Santé & VIH/SIDA, 9. Éducation, 10. LGBTI, 11. Terres & droits fonciers, 12. Média & liberté d'expression, 13. Conflits & urgences




Sommaire de cette édition

CHRONIQUE : Que fait la Monusco au Congo ?
COMMENTAIRES & ANALYSES : Madagascar, pays minier.
DROITS HUMAINS : Algérie : Une brigade pour traquer les grosses fortunes.
REFUGIES ET MIGRATION FORCEE : Erythrée : Viols, kidnappings et torture, le prix à payer pour quitter le pays.
ELECTIONS ET GOUVERNANCE : Afrique : Le Niger et le Nigéria font «patrouilles communes».
CORRUPTION : Global : Dubaï collabore avec le Sénégal dans la traque des biens mal acquis.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Mise en garde contre un abandon «précipité» du franc Cfa.
SANTE ET VIH SIDA : Afrique : Un vaccin antipaludique efficace chez les nourrissons.
EDUCATION : Sénégal : L’université de Dakar dans l’œil du cyclone.
LGBTI : Nigéria : Projet de loi contre l’homosexualité.
TERRE ET DROITS FONCIERS : Afrique : 70% des Africains de l’ouest vivent dans des taudis.
MEDIAS ET LIBERTE D’EXPRESSION : Burundi : Prison à vie requise en appel contre un journaliste.
CONFLITS ET URGENCE : Afrique : Les insinuations du président du Niger sur la crise malienne.




Chroniques

Que fait la Monusco au Congo-Kinshasa ?

Mohamed Mboyo Ey’ekula

2012-11-19

http://pambazuka.net/fr/category/features/85500

Entre abus sexuels, trafics et voyeurisme macabre, la Monusco, mission des Nations Unies au Congo s’avère être un vrai gâchis. Juste bons à parader, il est difficle de dire pourquoi tous ces casques bleus qu’elle chapeaute sont sur le territoire congolais. Pourtant, ils sont venus garantir la paix, l’intégrité du pays et surtout protéger les populations civiles livrées aux massacres et exactions des troupes rwandaises sans qu’elle ne bouge quand elle ne détale !

Le renouvellement de son mandat avait été laborieux du fait du désamour que lui témoigne le peuple congolais. Pour la faire admettre de nouveau à ses hôtes, un lifting avait été nécessaire. Sa mission a été arrondie pour, avait-on soutenu à New York, la rendre plus efficace et vraiment ‘’utile’’ aux Congolais. Car sa première mandature durant, son rôle été apparu très ‘’trouble’’ et avait fait l’objet des vives critiques, surtout pour son incapacité à protéger les populations civiles victimes des massacres, viols et autres exactions.

La Monusco est surtout décriée par les Congolais parce qu’ils ne se font pas à l’idée que son déploiement demeure sans effet sur la sécurité et la paix. Pour beaucoup, sa mission cachait mal des arrières-pensées nourries par les grandes puissances, notamment les Etats unis, qui ne rêveraient que d’une chose : mettre la Rd Congo sous tutelle pour avoir la mainmise sur ses incommensurables richesses, objet d’une prédation sans précédent dans l’histoire de l’humanité depuis la décolonisation. La déstabilisation du pays qui continue malgré la présence des casques bleus est illustrative.
Mais la tare congénitale de la mission onusienne au Congo de Lumumba, la plus grande déployée par l’ONU dans le monde, c’est surtout sa passivité face aux invasions rwandaises répétées sur le territoire congolais avec leurs lots des massacres, viols et déplacements des populations civiles. Des agressions que la Monusco semble laisser faire et ne fait rien pour les repousser de manière à donner un vrai sens à sa raison d’être au Congo. Du coup, elle s’avère plus un gâchis qu’autre chose. Pourquoi donc avoir déployé autant des casques bleus incapables de quelque utilité si ce n’est de rendre la vie de leurs hôtes plus difficiles ?

Des casques bleus, il faut le relever, qui, en matière de prouesse au Congo, sont plutôt mal réputés. A plusieurs reprises, ils ont été éclaboussés par des scandales : viols, abus sexuels, détournements des mineurs et, aussi et surtout, trafics des manières précieuses et d’animaux. Ainsi, plutôt que de sécuriser les populations et de jouer aux soldats de paix, ils s’illustrent dans des actes qui heurtent la morale et le bon sens. Et se comportent vis-à-vis des Congolais en touristes aisés, les paies dodues de l’ONU aidant, et s’adonnent à toutes les flagorneries sans frais !

Malgré les errements de ses soldats, le commandement de la Monusco a, elle, bonne conscience. Chaque semaine et surtout grâce à sa puissante radio ‘’Okapi’’ qui colonise les ondes congolaises, il ne manque de faire des rapports qui vantent sa mission. Ainsi, auprès de l’opinion internationale, les casques bleus semblent utiles dans un pays où 40 femmes sont violées à la minute, selon Human Right Watch, au moins dix mille personnes tuées par mois et des autochtones congolais chassés de leurs villages et remplacés par des Rwandais du fait des conflits armés qui se déclenchent au nez et à la barbe de la même Monusco.

COMPLAISANCE AVEC LES CREATEURS DES GUERRES

La Monusco incapable d’assumer sa mission de garantir la paix au Congo, débordée de toutes parts, est surtout mal vue des Congolais pour ce qui apparaît comme ses accointances avec les ‘’créateurs des guerres en RD Congo, plus particulièrement à l’Est du pays’’, les Rwandais en tête. En moins de dix ans de présence onusienne, le pays ne compte pas moins des dix conflits armés qui, tous, partent du même pays : le Rwanda. CNDP et M 23, des supposées rébellions, toutes créées à partir du Rwanda et par des rwandais notoires comme Nkunda et Ntagada, sont un exemple.
Face à toutes ces dérives guerrières rwandaises, nommées indécemment rébellions pour maquiller la vérité, la Monusco s’est toujours mise en position passive. Comme si son mandat était de favoriser la prolifération des conflits armés au Congo, voire d’aider les voisins à l’agresser sans fin. Mais, c’est aussi comme si la Monusco était là pour aider à la matérialisation d'une idée que les Rwandais ne cachent plus : la balkanisation du territoire congolais que l’on s’évertue à vider de ses populations à chaque agression.

C’est dans ce contexte que l’on peut décrypter la posture de la Monusco depuis la survenue de la nouvelle agression rwandaise contre le Congo. Baptisée M 23, cette énième agression dont le chef d’orchestre est James Kabarabe, ministre de la Défense rwandaise et agissant au nom de Kagame, démontre à suffisance que les casques bleus font dans la complaisance. Car, non seulement ils étaient au courant de sa préparation et ont élaboré la liste de ses principaux instigateurs, tous des Rwandais, mais ils les ont laissés matérialiser leur œuvre criminelle et prospérer avant d’agir timidement.

Et d’ailleurs, n’eut été l’ébruitement du rapport des experts des Nations Unies épinglant Kigali dans cette énième agression maquillée du Congo voisin, les casques bleus auraient continué à jouer à leur passe temps favori : observer les dégâts qu’occasionnent ces actions militaires rwandaises avec des jumelles. Pas d’interposition, pas d’exigence de respect du territoire d’un pays souverain et pas non plus de protection des populations civiles dont les pertes se chiffrent aujourd’hui à 5 millions de morts, selon des estimations optimistes.

Dès lors, on est en droit de se demander que font les casques bleus au Congo et quelles sont les arrière-pensées qui sous tendent leur mission. Dans un éditorial plein de colère posté dimanche sur facebook, Mufoncol Tshiyoyo, président du mouvement politico-militaire congolais RAP, qui se bat contre l’occupation rwandaise de son pays, lâche : ‘’Nous informons l’opinion nationale congolaise que les récents évènements de Bukavu reflètent la situation réelle de l’Est du Congo et ce depuis l’entrée de l’AFDL en 1997. Le Kivu est dirigé depuis cette époque par la République du Rwanda’’.

Cette esquisse du président du RAP est aussi la raison du combat que mène l’APARECO, un mouvement politique qui prône la libération du Congo-Kinshasa de l’occupation rwandaise par les armes et surtout l’éviction de ‘’Joseph Kabila’’, présenté comme un imposteur, un Rwandais qui s’est bombardé Congolais par le mensonge. Des sentiments qui rendent encore plus précaire la posture de la Monusco que Mufoncol, dans son éditorial au vitriol, qualifie de ''force d’occupation associée aux troupes rwandaises et à la solde de la communauté internationale’’.

DES CONGOLAIS EXIGENT SON DEPART

De plus en plus, des mouvements congolais armés qui se sont créés suite au constat d’occupation du territoire congolais par le Rwanda, sujet tabou de la communauté internationale, ne rêvent que d’une chose : le départ des casques bleus du Congo pour en découdre avec les Rwandais. ‘’Les casques bleus nous empêchent de libérer notre pays. Chaque fois que nous prenons les armes, ils se mobilisent pour nous affronter alors que vis-à-vis des Rwandais, ils sont inactifs et laissent faire’’, accuse le Colonel Dona de l’Action pour la Reconstruction du Congo Zaîre, ARCOZ, un autre mouvement politico-militaire.

Ce sentiment est généralisé au sein de l’opinion congolaise. M.B, sociologue n’est pas assez dur pour décrier l’action des casques bleus. ’’Depuis qu’ils sont là – les casques bleus- la fréquence des viols des femmes congolaises connaît une hausse vertigineuse. En plus, ce qui heurte la conscience, c’est qu’ils observent les troupes rwandaises massacrer nos populations sans réaction’’, dénonce t-il. ‘’Ils doivent quitter notre pays et nous laisser nous-même défendre la terre de nos ancêtres’’, exige un autre Congolais, membre de la société civile, qui a requis l’anonymat.
A analyser les exacerbations du sentiment patriotique chez les Congolais et du dépit vis-à-vis des casques bleus, le risque est désormais grand que les Congolais, écoeurés par la complaisance de la communauté internationale à l’égard des agresseurs rwandais, n’adoptent la logique d’un combat frontal avec les Rwandais. Une hypothèse qui risque d’embraser à long terme la région des Grands Lacs que Kagame a, à force de vouloir jouer avec le feu, mis sens dessus sens dessous. C’est ça l’incongruité d’un mauvais voisinage.


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** Mohamed Mboyo Ey’ekula est journaliste

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Reportage médiatique sur Gaza : nous accusons

2012-11-19

http://pambazuka.net/fr/category/features/85505

Des linguistes, y compris Noam Chomsky, condamnent la couverture médiatique "répréhensible" dans les médias dominants. Ils font appel aux journalistes pour qu’ils refusent d’être des instruments déguisés. Nous faisons appel aux citoyens afin qu’ils s’informent par eux-mêmes au travers de médias indépendants.

Alors que le 11 novembre des pays dans toute l’Europe et l’Amérique du Nord commémorent les morts du passé et des guerres actuelles, Israël vise des civils. En se réveillant le 12 novembre, les lecteurs ont été inondés au petit déjeuner par des histoires à vous fendre le cœur sur les victimes de conflits passés et présents. Toutefois, il n’est guère fait mention du fait que la majorité des victimes des guerres modernes sont des civils. Il n’a guère été fait mention, au matin du 12 novembre, des attaques sur Gaza qui ont persisté tout au long du weekend. Un bref coup d’œil sue CBC Canada, the Globe & Mail, Montreal Gazette et le Toronto Star, confirme cet état des choses. Il en va de même pour le New York Times et la BBC.

Selon le rapport du Palestinian Centre for Human Rights (PCHR), le dimanche 11 novembre, cinq civils palestiniens, y compris trois enfants, ont été tués dans la bande de Gaza au cours des 72 heures précédentes, en sus de deux Palestiniens affectés à la sécurité. Quatre de ces décès sont le résultat de tirs d’artillerie israéliens sur des jeunes qui jouaient au foot. De plus, 52 civils ont été blessés dont 6 femmes et 12 enfants. (Depuis que nous avons commencé à rédiger ce texte le bilan s’est alourdi et continue de s’alourdir)

Les articles qui rapportent ces tueries focalisent sur le personnel de sécurité palestinien. Par exemple, un article d’Associated Press (AP), publié dans le CBC World News le 13 novembre, avait pour titre "Israël considère la reprise des meurtres ciblés de militants gazaouis" ne fait aucune mention des blessés et des morts civils. Il présente les choses comme étant des "éliminations ciblées". Le fait que dans leur vaste majorité les victimes ont été des civils indique qu’Israël n’est pas tant engagé dans "des éliminations ciblées" que dans des tueries"collectives", commettant ainsi, une fois de plus, le crime de châtiment collectif.

Un autre article d’AP sur CBC News du 12 novembre, relate que les tirs de roquettes font monter la pression sur le gouvernement israélien. Il reproduit le portrait d’une femme qui contemple le trou dans le plafond de son salon. Une fois encore, ni image ni commentaires sur les nombreuses victimes ensanglantées ou des cadavres à Gaza. Dans la même veine, les titres de la BBC le 12 novembre font état d’une nouvelle salve de tirs de roquettes provenant de Gaza. Les mêmes tendances peuvent être retrouvées dans les principaux journaux européens.

Les informations se focalisent principalement sur les roquettes tirées depuis Gaza (…). Ce qui n’est pas mis en évidence, ce sont les tirs d’artillerie et les bombardements de Gaza qui ont fait de nombreux blessés graves ainsi que des morts. Il n’est pas nécessaire d’être un expert en matière de média pour comprendre que nous sommes face, au mieux, à des reportages de mauvaise qualité ou biaisés, au pire à une manipulation délibérée et malhonnête du lectorat.

De plus, les articles qui font état des victimes palestiniennes à Gaza, rapportent avec persistance que les opérations israéliennes sont une riposte aux roquettes tirées depuis Gaza et mentionnent les soldats israéliens blessés. Toutefois le chronologie des évènements actuels débute le 5 novembre lorsqu’Ahmad al Nabaheen, un innocent de 20 ans, apparemment perturbé sur le plan psychique, a été tué parce qu’il déambulait près de la frontière. Les secours ont dû patienter pendant six heures avant de pouvoir l’assister et ils soupçonnent que le malheureux est mort de ses blessures faute d’avoir pu être secouru à temps.

Puis le 8 novembre, un garçon de 13 ans qui jouait au foot devant sa maison a été tué par des tirs provenant d’un hélicoptère de l’armée d’occupation israélienne qui était entrée dans Gaza avec des tanks ainsi que des hélicoptères. Les quatre soldats israéliens blessés à la frontière le 10 novembre faisaient déjà partie d’un enchaînement d’incidents lors desquels des civils palestiniens ont été tués et n’étaient pas l’élément déclanchant.

Nous les soussignés, sommes récemment revenus d’une visite dans la Bande de Gaza. Certains d’entre nous sont maintenant en relation avec les Palestiniens vivant à Gaza par l’intermédiaire des médias sociaux. Pendant deux nuits de suite, les Palestiniens de Gaza ont été empêchés de dormir en raison du passage continuel de drones, de F16 et de bombardements indiscriminés de différents objectifs dans la Bande de Gaza densément peuplée. L’intention de ces bombardements indiscriminés a clairement pour objectif de terroriser la population, ce qui est réussi comme nous avons pu nous en assurer grâce au rapport de nos amis. Sans les informations reçues sur Facebook, nous ne serions pas conscient du degré de terreur qu’éprouve les citoyens palestiniens de Gaza. Ceci contraste fortement avec ce que le monde sait des citoyens israéliens terrorisés subissant des traitements de choc.

Un extrait du rapport d’un médecin canadien qui était à Gaza pour donner un coup de main aux urgence de l’hôpital de Shifta pendant le week end, dit : "Les victimes étaient toutes des civils avec de nombreuses blessures perforantes dues à des éclat d’obus ou de bombes : lésions cérébrales, du cou, des hémo-pneumothorax, des perforations intestinales, des amputations traumatiques, des membres laminés, des tamponnades cardiaques, des ruptures de la rate. Tout cela sans monitor, quelques stéthoscopes, une machine à ultrason… De nombreuses victimes, sans blessure engageant le pronostic vital, étaient renvoyées à la maison conviées à revenir le lendemain, tant le nombre de blessés étaient considérables. Les blessures pénétrantes dues aux shrapnels faisaient froid dans le dos. Des petites blessures avec des lésions internes massives… Il y avait peu de morphine pour l’analgésie"
Il semble que de telles informations ne méritent pas d’être rapportées par le New York Times ou la BBC.

Les écrits tendancieux et la malhonnêteté en ce qui concerne l’oppression des Palestiniens ne sont pas nouveaux dans les médias d’information occidentaux et ont été largement documentés. Néanmoins, Israël continue à commettre des crimes contre l’humanité avec la pleine approbation, ainsi que le soutien financier, militaire et moral de nos gouvernements : les Etats-Unis, le Canada et l’Union européenne. Netanyahu cherche maintenant le soutien diplomatique pour des opérations additionnelles à Gaza ce qui nous fait redouter qu’une autre campagne "Plomb durci" est en préparation. En fait les évènements récents, et alors que le nombre de mort augment, confirment qu’une telle escalade est en cours. Le manque d’indignation générale au vu de ces crimes est la conséquence directe d’une rétention systématique des faits et/ou de la façon tendancieuse dont ces crimes sont dépeints.

Nous voulons exprimer notre indignation pour la couverture médiatique répréhensible dans les médias dominants. Nous faisons appel aux journalistes dans le monde entier qui travaillent pour des compagnies médiatiques, de refuser d’être les instruments d’une politique systématiquement déguisée. Nous demandons aux citoyens de s’informer eux-mêmes au travers de média indépendant et d’exprimer leur conscience par tout moyen qui leur est accessible.

- Hagit Borer, linguiste, Queen Mary University of London (UK)
- Antoine Bustros, compositeur et écrivain, Montreal (Canada)
- Noam Chomsky, linguiste, Massachussetts Institute of Technology, US
- David Heap, linguiste, University of Western Ontario (Canada)
- Stephanie Kelly, linguiste, University of Western Ontario (Canada)
- Máire Noonan, linguiste, McGill University (Canada)
- Philippe Prévost, linguiste, Université de Tours (France)
- Verena Stresing, biochimiste, Université de Nantes (France)
- Laurie Tuller, linguiste, Université de Tours (France)


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** Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

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Journée mondiale de l’industrialisation de l’Afrique : Un tournant pour le continent ?

Tchaptchet Jean-Martin

2012-11-19

http://pambazuka.net/fr/category/features/85501

Depuis la libération des colonies africaines, les mêmes pays industrialisés ont utilisé ou utilisent toutes sortes d’astuces aux niveaux bilatéral et multilatéral de leurs relations avec les nouvelles nations d’Afrique pour leur imposer une autre division internationale qui vise à pérennise les objectifs de la division du passé colonial. Les mesures pour faire avancer dans les faits une Afrique indépendante, puissante, autosuffisante et politiquement intégrée seront prises par les Africains eux-mêmes et par eux seuls.

C’est en application de la Résolution RES/44/44/237 votée par l’Assemblée générale des Nations-Unies que fut instauré cet événement. A cette occasion, la communauté internationale et tout particulièrement ses membres d’Afrique, organisent des activités et des débats autour d’un thème particulier. En tant qu’agence spécialisée de l’Onu pour la promotion de l’industrie, l’Organisation des Nations Unies pour l’Industrie (Onudi) joue le rôle central pour la célébration de cette Journée. Le thème choisi pour l’année 2012 est «Energie durable pour un développement industriel accéléré».

En novembre 2011, le ministre camerounais de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Louis Paul Motaze, a dit publiquement son indignation face au blocage, par les puissances industrielles, des efforts et des initiatives africaines tendant à développer l’entreprenariat local dans le domaine de l’industrie. Il a cité, entre autres, les cas de la fabrication du bitume et des produits pharmaceutiques pour lesquels son pays dispose de matières premières en quantité. (www.africatime.com/Cameroun/popup.asp?no_nouvelle=635926).

En cette période actuelle de crise économique mondiale et de forte augmentation du nombre de jeunes Africains des deux sexes qui, de plus en plus nombreux, sortent qualifiés à tous les niveaux de divers établissements d’instruction et de formation, la question soulevée par le ministre est d’une très grande importance.

L’on ne peut pas dire que les dirigeants et les professionnels africains ne savent pas ce qu’ils doivent faire pour résoudre cette question. Ils savent. Aussi bien ceux d’aujourd’hui que ceux d’hier. Mais ils sont désavantagés par le rapport de forces au niveau international, par la fragmentation du continent et par la tiédeur des actes d’audace démocratique chez les acteurs politiques et les citoyens. C’est à des réflexions sur cette situation que le présent article est consacré.

UNE DIVISION INTERNATIONALE DU TRAVAIL INEQUITABLE

On sait qu’à l’époque coloniale, la fonction assignée à l’Afrique dans le développement de l’économie mondiale, c’était la fourniture de matières premières agricoles, énergétiques et minérales aux entreprises industrielles des puissances
coloniales et de leurs alliés. Ces matières premières étaient transformées en produits finis et semi-finis qui étaient commercialisés sur les marchés du monde entier. Ce faisant, des millions d’emplois étaient crées, des inventions réalisées et des richesses produites pour servir au bien-être des indigènes des pays industrialisés.

De cette division internationale du travail, l'Afrique sortait plus déréglée, plus désorientée et plus dépendante.

Depuis la libération des colonies africaines, les mêmes pays industrialisés ont utilisé ou utilisent toutes sortes d’astuces aux niveaux bilatéral et multilatéral de leurs relations avec les nouvelles nations d’Afrique pour leur imposer une autre division internationale qui vise à pérennise les objectifs de la division du passé colonial.

De sorte que, sciemment ou forcés, les dirigeants africains ont conçu ou exécuté des politiques qui pourraient être résumées comme suit : tarissement des ressources publiques à cause de la privatisation des sociétés d’Etat et de certains services publics ; paiement d’intérêts excessifs sur leurs dettes extérieures ; affaiblissement du pouvoir régulateur des Etats dans les secteurs stratégiques de leurs économies et des relations extérieures ; cantonnement des gouvernements à l’exercice des seules responsabilités de maintien d’un ordre mis à mal par le chômage et la pauvreté ; exécution de certains projets de la Banque Mondiale et le FMI qui favorisent l’assistance technique à travers laquelle ils privilégient la création d’emplois dans les pays donateurs; destruction des classes moyennes locales et des groupes capitalistes africains en voie de formation, etc.

Malgré ces dysfonctionnements imputables en partie à des ingérences extérieures, mais aussi à des actes de malversations financières locales, beaucoup d’observateurs expriment un certain optimisme quant à l’évolution de l’économie africaine. Andrew Burns , Responsable du groupe des perspectives de développement de la Banque mondiale, a écrit récemment : « L’Afrique subsaharienne sera la seule région du monde à accélérer sa croissance en 2012 avec un PIB en hausse de 5.3% contre 4.9% en 2011.»

Dans les conditions mouvantes de la crise aux causes multiples qui a frappé les Etats-Unis d’Amérique et les pays de l’Union Européenne, beaucoup de dirigeants et d’experts africains en sont venus à proclamer que l’Afrique devrait désormais briser ses liens de dépendance vis-à-vis des forces extérieures et compter sur ses propres forces dans le cadre d’une coopération internationale équitable.

Cette vision stratégique nouvelle d’une Afrique indépendante et autosuffisante caractérise la phase actuelle de transition dans le développement du continent. Elle comprend trois composantes majeures.

UNE AFRIQUE CREATRICE D’EMPLOIS ET DE RICHESSES

La première composante consisterait à mettre fin au statut d’une Afrique uniquement exportatrice de matières premières et son remplacement par un continent transformateur, en Afrique même, de ses richesses naturelles en produits finis et semi finis pour satisfaire avant tout son marché intérieur d’un milliard et plus de consommateurs. Et ce faisant, à créer des emplois par millions pour sa jeunesse.

Des responsables politiques africains ont exprimé cette exigence de plusieurs manières.

Mme Ngozi Okonjo Iweala, ministre de l’Economie du Nigeria, a déclaré en janvier 2012, au Forum économique mondial de Davos en Suisse : « Il y a une nouvelle génération de leaders qui sont très conscients du fait que l’Afrique ne peut pas rester le continent des matières premières. Qu’il faut la transformer ».

Ahmed Hamid, le Commissaire de la Commission Economique des Etats d’Afrique Occidentale (CEDEAO) chargé du Commerce, de l’industrie, de la douane et de la libre circulation, a affirmé récemment à Dakar : «Rien ne nous empêche de mettre nos efforts ensemble et créer, avec des critères de gestion, des unités industrielles communes, équidistantes dans la sous-région… On constate qu’il y a rien dans le domaine de la transformation, de l’industrialisation, de la création des ressources… L’Afrique a des choses à transformer, rien ne nous manque. Les progrès scientifiques et technologiques sont ouverts à tout le monde. »

Dans son discours de prestation de serment, suite à son élection à la présidence de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila a annoncé «l’interdiction progresse de l’exportation des mines à l’état brut et la promotion en conséquence d’une industrie locale de transformation. »

En remontant en amont dans l’histoire, on trouve des dirigeants politiques africains qui ont exprimé la même exigence stratégique avec davantage plus de force. Au Cameroun, le président de la République Paul Biya écrivait en 1987, dans son livre-programme de philosophie politique : « Le fait d’accorder la priorité à l’agriculture ne signifie nullement que nous militons avec moins de force pour une industrie progressive du Cameroun. L’Afrique est le continent le moins industrialisé du monde et nous devons travailler avec détermination pour sortir de cette division internationale du travail héritée de la colonisation. » (Paul Biya, Pour le libéralisme communautaire, Ed. Pierre-Marcel Favre, Lausanne, 1987).

Plus loin, le président camerounais souligne avec une force trouvée nulle part ailleurs : « Nous voudrions le dire sans ambiguïté : le Cameroun ne saurait rester un pays exclusivement agricole. Nous devons dés à présent jeter les bases d’une industrie industrialisante. Cela ne peut se faire qu’en programmant à moyen et à long terme le développement d’une industrie lourde ».

En 1981, le Sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de Gouvernement de l’OUA tenu à Lagos reconnaît que « les Etats membres ne sont pas encore en mesure d’exercer une souveraineté réelle et permanente sur leurs ressources naturelles. » (voir Le Plan d’Action de Lagos, page 51). Cette Conférence adopte en conséquence la position suivante :

« Octroi d’un rang élevé de priorité à la création d’industries multinationales dans la région africaine, notamment dans les domaines de base tels que la métallurgie, la fonderie, l’industrie chimique, etc., qui sont caractérisés par des coûts d’investissement élevés ; élargir la coopération industrielle bilatérale entre les Etats membres par le biais d’instruments tels que les entreprises communes. » (voir le Plan d’action de Lagos, page 47)

En remontant plus loin, l’on peut lire dans le Programme de l’Union des Populations du Cameroun, un mouvement de libération nationale : « Quand nous aurons, sur une grande échelle, développé notre administration et nos possibilités d’exploiter nos ressources naturelles, alors nos efforts de développement accorderont la priorité à l’industrie lourde.

Notre pays doit rapidement produire non plus seulement des matières premières, mais encore fabriquer:

- une gamme de produits énergétiques : pétrole, essence, gaz et sous-produits;

- des machines de toutes sortes, servant à fabriquer d’autres machines, à développer toutes formes de transport, à réaliser toute espèce de travaux publics, à mécaniser intégralement l’agriculture, etc.

- des produits chimiques extrêmement variés : engrais, produits pharmaceutiques, colorants, explosifs»
(Bureau du Comité Directeur de l’UPC, La Révolution kamerunaise : ses objectifs, sa signification et ses répercussions dans le continent africain, Le Caire, 1960).

Les revendications des dirigeants africains en matière industrielle ne visent donc pas la seule production de jus de gingembre, de farine de manioc, de fritures de plantains ou de savon artisanal. Ils veulent se mettre à l’industrie lourde qui, pour Wikipedia, « désigne en général les activités nécessitant, pour exister, l'emploi d'outils et de capitaux très importants. Il n'existe pas de liste officielle des activités considérées comme faisant partie de l'industrie lourde. On peut cependant considérer les secteurs liés à la production ou à la transformation de matières premières comme les mines, la métallurgie, la papeterie et la chimie de première transformation comme étant des exemples de ce que l'on classe couramment dans l'industrie lourde. Certaines activités à dominante mécanique ou électrique comme la construction navale ou la production d'électricité sont également de bons exemples. »

L’exploitation du gisement de minerai de fer transfrontalier de Nabemba en République du Congo et de Mbalam au Cameroun pourrait être un exemple d’entreprise industrielle commune entre les deux Etats, non seulement pour l’extraction du minerai de fer, mais aussi pour la production locale d’acier.

UNE CONFEDERATION DES ETATS-UNIS D’AFRIQUE (CEUA) PUISSANTE

Des luttes politiques pour la prise du pouvoir se déroulent dans chacun des cinquante quatre Etats membres de l’Union africaine. Les politiciens qui participent à ces luttes, croient, à quelques exceptions près, qu’ils réussiront leurs progrès dans le cadre de leurs frontières actuelles tracées par la Conférence de Berlin en 1884-1885.

En même temps et depuis des décennies, ils rêvent d’une Afrique économiquement unie et commercialement ouverte en une zone de libre échange. Mais avec la mondialisation, ils prennent de plus en plus conscience qu’une telle unité ne pourrait fonctionner avec efficacité sans une gestion en commun, par un Exécutif continental, de certains domaines stratégiques de leur développement (la défense, les relations extérieures, les finances, les matières premières, par exemple). C’est pourquoi la deuxième composante de la vision d’une Afrique indépendante et autosuffisante est l’intégration politique du continent.

En juillet 2007, au terme des travaux de sa neuvième session ordinaire, l’Assemblée des chefs d’Etat et de gouvernements africains a rendu publique une déclaration dans laquelle, collectivement et de façon exhaustive, elle pose les problématiques de l’édification d’une Confédération des Etats-Unis d’Afrique et d’un gouvernement continental de l’Union. A cette occasion, les Chefs d’Etat et de Gouvernement africains ont approuvé un très important document désormais connu sous le nom de Déclaration d’Accra, dans lequel, après avoir rappelé :

- «… que l’objectif ultime de l’Union africaine est la réalisation des États-Unis d’Afrique avec un Gouvernement de l’Union tel qu’envisagé par les pères fondateurs de l’Organisation de l’Unité africaine et en particulier par le dirigeant visionnaire, le Dr. Kwame Nkrumah du Ghana ;

- « … la nécessité d’apporter des réponses communes aux principaux défis de la mondialisation auxquels l’Afrique fait face et soucieux de renforcer les processus d’intégration régionale à travers un mécanisme continental efficace » ;

Ils ont reconnu :

«…Que l’ouverture des marchés intérieurs étroits à des échanges commerciaux et des opportunités d’investissement plus grands à travers la libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux, contribuerait à l’accélération de la croissance, réduisant ainsi la faiblesse excessive dont souffrent beaucoup de nos Etats membres ».

Et ils ont déclaré :

« Nous sommes convenus d’accélérer l’intégration économique et politique du continent africain, à travers, notamment la formation d’un Gouvernement d’Union pour l’Afrique, l’objectif ultime de l’Union africaine étant la création des Etats-Unis d’Afrique… »

Tant que cette vision sera soutenue par les seuls chefs d’Etat et de gouvernement, elle ne sera mise en œuvre ni dans les plus brefs délais ni dans la perspective d’une juste distribution des richesses. Il importe donc que les peuples africains, leurs représentants sur le continent et outremer se l’approprient. Les partis politiques, les syndicats, les dirigeants des associations diverses doivent se prononcer en faveur de la CEUA et intégrer sa création dans leurs programmes de développement. Car l’édification de la CEUA se fera avant tout dans l’intérêt des populations. Avec ses 30 millions 65 000 km² de superficie, son milliard d’habitants et un leadership unique dans les domaines essentiels à convenir au niveau continental, l’Afrique parlant d’une seule voix, sera respectée, recherchée, en raison de ses matières premières immenses, de ses produits finis et semi-finis bon marché, de sa main d’œuvre qualifiée peu chère et de son immense marché de consommateurs qui ira croissant.

COOPERATION POUR LES INTERETS D’UNE AFRIQUE INDEPENDANTE, AUTOSUFFISANTE ET PUISSANTE

En conclusion de son livre sur « L’Occident : du déclin au défi », Edem Kodjo, ancien Premier Ministre du Togo et ancien Secrétaire général de l’OUA, a écrit : « L’Occident a la puissance, mais c’est dans l’hémisphère Sud que se joue son destin.» Une Afrique politiquement intégrée se présentera donc aux tables de négociations avec des atouts dont les autres parties devront tenir compte.

A la fin de la Guerre froide, on avait prédit l’avènement d’une ère de paix, de prospérité, de démocratie et de justice pour tous et partout. Or voici qu’une grave crise financière a éclaté aux Etats-Unis d’Amérique d’abord et en Europe ensuite. Elle s’est développée pour devenir une crise économique mondiale. Les révélations sur les niveaux des dettes souveraines de ces Etats ont amené des observateurs de pays en développement et d’Afrique à se demander si ces démocraties avancées vivaient au-dessus de leurs moyens ; si leur puissance reposait sur ces dettes, et si l’aide publique au développement provenait aussi de ces dettes.

L’aggravation de la situation économique, politique et sociale dans certains pays de l’Union européenne est telle que la Banque mondiale en est venue à élaborer pour eux des plans d’ajustement structurel réservés jusqu’alors aux seuls Etats défaillants du Tiers monde. Afin de réussir son admission dans la zone Euro, la Grèce a falsifié ses statistiques afin de camoufler les fraudes et les incohérences d’une gestion financière calamiteuse.

Aux Etats-Unis d’Amérique, dont la dette publique s’élèvait en avril 2011 à 14 251 milliards de dollars, des comtés, dans certains Etats fédérés, sont aujourd’hui menacés de faillite. Il y en a qui se trouvent déjà en cessation de paiement de salaires et de pensions de retraite. Et le Gouvernement fédéral déclare ne pas disposer de moyens pour aller à leur secours.

Certains experts prétendent que cette crise serait le résultat de quelques dérèglements techniques passagers du système. Ils seront, pensent-ils, vite résolus grâce à des ajustements. D’autres analystes, par contre, sont de l’opinion que c’est tout le système capitaliste qui est touché à mort.

Quant aux pays émergents que sont le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, ils sont devenus d’une part, des concurrents redoutables des Etats-Unis d’Amérique et des pays de l’Union Européenne, et d’autre part des modèles que des pays en développement voudraient reproduire. Les pays occidentaux sont donc en train de perdre leur statut de modèles à reproduire.

Le poids des exigences vitales du milliard d’Africains et l’urgence à les satisfaire sont tels que tous les gouvernements d’une Afrique fragmentée, ou d’un Gouvernement d’Union continentale n’ont d’autre choix que de changer de mode de coopération aussi bien avec le monde occidental qu’avec les pays émergents. Les principes de base d’une nouvelle coopération que les dirigeants Africains politiquement unis devraient adopter pourraient être les suivants :

- renforcement des relations avec les pays qui contribueraient à une industrialisation respectueuse de l’environnement et à grande échelle du continent ;
- rupture des relations avec ceux des partenaires qui viseraient à diviser l’Afrique et à tenter d’opposer les intérêts des pays confédérés à ceux de la Confédération ;
- rejet de la position suivante définie dans le Plan d’Action de Lagos en 1980 : « .. les Etats membres considèrent comme leur dû la contribution massive et appropriée que les pays développés doivent apporter à l’œuvre du développement du continent africain, dont le succès constitue la condition même de la poursuite du développement des pays avancés et de la préservation de la paix dans le monde. »
.
Les propos que Kwame Nkrumah tint le 24 mai 1963, à la Conférence constitutive de l’OUA à Addis Abeba, restent plus que jamais significatifs pour le continent. Il prononça à cette occasion la mise en garde suivante : « Aucun Etat qfricain indépendant n’a aujourd’hui, par lui-même, la puissance de suivre une voie indépendante de développement économique, et plusieurs d’entre nous qui s’y sont efforcés ont été presque ruinés ou ont dû se laisser ramener au bercail de leurs anciens maîtres coloniaux. Cette situation ne changera pas tant que nous n’aurons pas une politique unifiée opérant sur le plan continental ».

CONCLUSION : L’URGENCE D'ACTES D’AUDACE DEMOCRATIQUE

Les mesures pour faire avancer dans les faits une Afrique indépendante, puissante, autosuffisante et politiquement intégrée seront prises par les Africains eux-mêmes et par eux seuls : qu’ils soient actuellement dirigeants au pouvoir ou responsables politiques de l’opposition ; experts indépendants, représentants élus des populations, syndicalistes ; leaders d'opinion laïques ou religieux; dirigeants d’associations africaines d'outremer; chefs et rois traditionnels.

Pour une fois, il ne sera pas besoin d’en appeler aux grandes puissances, à l’ONU ou au Conseil de sécurité. Les sacrifices à assumer seront définis par les Africains eux-mêmes et en toute conscience. Il faudra aussi faire appel à des investisseurs africains ; à des entreprises à capitaux africains et étrangers, etc.

Dans l’état actuel des urgences démocratiques qui se posent à l’Afrique sur les plans interne et international, des décisions devraient être prises pour une mobilisation politique des populations africaines en faveur de la Confédération des Etats-Unis d’Afrique.

Les intelligences et les responsables africains devraient promouvoir la culture et la pratique des outils démocratiques, non pour satisfaire les propagandes des dirigeants des démocraties avancées, de leurs médias et de leurs agences de droits humains. Les Africains – dirigeants et citoyens – doivent recourir à l'outil démocratique car c'est la meilleure arme pour défendre leurs intérêts dans leurs espaces national, sous-régional et continental.

L'audace démocratique que beaucoup d'Africains appellent de leurs vœux, est nécessairement continentale aujourd’hui. Les partis politiques et d’autres organisations doivent organiser des campagnes d’explication contre les complexes de pauvres partenaires que sont en particulier les complexes d’infériorité et de mendicité.
(Voir J.M Tchaptchet, Coopération technique en Afrique : les complexes de pauvre
partenaire, D+C Développement et Coopération, Berlin, n°3/1997 mai/juin).

Afin que ce nouvel environnement débouche sur une Afrique indépendante, puissante et autosuffisante, les recommandations suivantes pourraient servir :

1. négocier des « compromis historiques entre tous les acteurs politiques » dans chacun des 54 états africains afin d’assurer une transition harmonieuse et pacifique vers cette Afrique;

2. instaurer à l'Union Africaine le référendum comme outil constitutionnel de validation des décisions majeures aux niveaux continental. ;
3. organiser l’adhésion à l’Union Africaine par référendum mis en œuvre selon une feuille de route claire préparée par une Commission électorale africaine indépendante ;

4. élire au suffrage universel le prochain président ou la prochaine présidente de la Commission de l’Union africaine.;

5. faire revendiquer par l’Assemblée des chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union africaine, un siège au Conseil de sécurité de l’Onu avec droit de veto. Ce représentant ou cette représentante serait membre de la Commission de l’Union africaine et non le représentant ou la représentante d’un pays africain donné;

6. organiser, dés que possible, l’élection au suffrage universel des membres du Parlement panafricain, et non plus assurer leur nomination par les parlements nationaux ;

7. accélérer les travaux de l’Association des Banques Centrales Africaines (ABCA) et des autres institutions appropriées en vue de la mise en place comme déjà décidé, de la Banque centrale africaine au Nigeria, de la Banque africaine des investissements en Lybie, du Fonds monétaire africain au Cameroun; et de la mise en circulation en 2023 de la monnaie commune africaine.

Face aux puissances industrielles, une Afrique politiquement unie servirait de parapluie, pour ne pas dire de bouclier à chacun des 54 Etats actuels membres de l’Union Africaine. Par exemple, l’obstacle à la production industrielle locale soulevé plus haut par le ministre Motaze ne se poserait certainement pas. Car il serait levé par des négociations menées au nom de l’ensemble des pays africains exploitant des ressources pétrolifères.


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** Tchaptchet Jean-Martin est écrivain et consultant en coopération internationale

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Elections 2012 en Sierra Leone : la position du peuple

Pan African CommUnity Movement

2012-11-19

http://pambazuka.net/fr/category/features/85507

Face aux élections générales qui se tiennent en Sierra Leone, le PACM estime que la démocratie signifie plus que l’organisation de scrutins tous les cinq ans. Pour nous, la démocratie signifie une émancipation totale, l’implication et la réorganisation de la société dans la sphère aussi bien économique que sociale et politique.

Le Pan African Community Movement (PACM) est une communauté panafricaniste de la base, nouvellement formée et qui comprend les jeunes, les étudiants, les femmes, les employés et les chômeurs de la Sierra Leone rurale et urbaine. Nous promouvons et croyons en une idéologie panafricaine pour la libération totale de l’Afrique, son unité et sa transformation socialiste. Nous soutenons l’auto-émancipation et l’autodétermination des masses africaines opprimées et exploitées sur le continent et à l’étranger. Nous sommes opposés à la privatisation, au racisme, au sexisme, au néocolonialisme et aux guerres impérialistes par procuration en Afrique. Nous faisons partie de la résistance mondiale au néolibéralisme, la lutte pour une justice économique et sociale globale et le mouvement panafricaniste mondial.

A la veille du 17 novembre, jour des élections présidentielle, parlementaires et municipales en Sierra Leone, PACM croit que la démocratie signifie plus que des votations tous les cinq ans. Pour nous, la démocratie signifie une émancipation totale, l’implication et la réorganisation de la société dans la sphère aussi bien économique que sociale et politique. La démocratie n’est pas un évènement quinquennal, mais un processus de lutte pour que la population obtienne le bénéfice entier de son travail et la richesse de sa terre. Elle doit aussi obtenir l’émancipation totale et complète des femmes, les libérer des obstacles traditionnels arriérés et sociaux qui entravent leur progrès et doit garantir que le pouvoir politique est exercé par et pour le peuple.

La vérité c’est que depuis les élections de 2007, il n’y a guère eu de changement dans la vie de la majorité des gens de Sierra Leone. Plus de 70% de la population vit toujours dans la pauvreté, avec des violences structurelles, la corruption, l’inégalité. Les identités politiques demeurent inchangées ce qui fait des affirmations du président Koroma, qui dit "avoir apporté la transformation en Sierra Leone", des mensonges. Nous, membres du PACM, sommes horrifiés qu’aucun des partis politiques n’a inclus dans son manifeste un plan clair pour éradiquer l’analphabétisme. Le taux de 65% d’analphabétisme dans le pays est inacceptable. Il semble que le régime APC-SLPP soit content de perpétuer l’analphabétisme afin continuer à dominer la population et de régner en faveur de leurs intérêts et de ceux de leurs supporters étrangers, les grandes compagnies minières, les accaparateurs de la terre, etc.

Nous, membres du PACM exprimons aussi une grande préoccupation concernant le silence de tous les partis politiques sur la question l’accaparement incontrôlé des terres à grande échelle par des multinationales de connivence avec nos dirigeants. Nous notons que cette tendance de aggrave la pauvreté, augmente la souffrance, la violence, la faim, les paysans sans terre, l’aliénation sociale et la perte des moyens de subsistance parmi les paysans ruraux pauvres.

Le PACM note avec consternation le silence de la part des politiciens et des partis politiques qui n’abordent pas la question brûlante de la justice économique ou de savoir comment la population pourrait mieux profiter des extractions minières, du pétrole et d’autres ressources naturelles.

DEMOCRATIE LIBERALE OU DEMOCRATIE DE MASSE PARTICIPATIVE

Trois élections post-conflit n’ont pas apporté de changements fondamentaux dans la vie des gens ordinaires. La récente épidémie de choléra témoigne d’une négligence de l’APC-SLPP à l’égard de la population et dont ils doivent assumer l’entière responsabilité. L’approvisionnement pour satisfaire les besoins les plus fondamentaux de la vie - eau, assainissement, soins de santé, nourriture, instruction et logement – a été négligé au profit d’une politique basée sur l’ethnicité, la corruption d’opposants politiques et la violence étatique à l’égard du citoyen ordinaire.

De plus, le PACM :

- condamne les actuels partis politiques et leur pratique persistante de politique basée sur l’ethnie. Les politiques identitaires ont débuté avec le colonialisme et il en est toujours fait usage par l’actuelle classe néocoloniale dirigeante afin de servir de puissants intérêts économiques et politiques ;

- fait appel aux citoyens ordinaires de la Sierra Leone pour qu’ils demandent des comptes aux "représentants élus". Nous faisons appel à la population pour qu’elle exige des rapports (mensuels) des députés au niveau des districts. Aujourd’hui, les députés ne sont intéressés que par leurs seuls intérêts personnels et ceux des grandes compagnies minières, les accapareurs de terre, etc. ;

- fait appel aux citoyens pour qu’ils exigent que toutes les lois soumises au parlement soient d’abord soumises à la population du district, discutées et votées avant que d’être votées au parlement, afin d’augmenter la participation démocratique de masse.

- presse aussi les citoyens de la Sierra Leone d’exiger une entière démocratisation et une responsabilité de toutes les institutions étatiques, y compris le judiciaire, le policier, le militaire, etc. ;

- demande aussi la possibilité pour les citoyens de destituer à tout moment un député, un conseiller, un maire ou même le président s’ils l’estiment inadéquat ou ne travaillant pas dans leur intérêt ;

- condamne toute tentative d’instigation ou de recours à la violence au cours des élections. Les jeunes ne sauraient être blâmés pour la violence quand ce sont les politiciens qui sont les véritables instigateurs à des fins égoïstes ;

- appelle les masse à lutter pour leurs propres intérêts ; eau potable pour chaque citoyen, des logement décents conformes à la dignité humaine, une instruction de qualité, des salaires décents, un environnement propre, etc. ;

- soutient que les travailleurs sont la clé de la transformation sociale. Les travailleurs doivent exiger une meilleure vie pour eux-mêmes et s’engager dans la lutte des classes, le processus par lequel les travailleurs exploités et corvéables à merci et la lutte des paysans contre l’exploitation par les propriétaires de banques, d’usines et de mines, exigent une distribution équitable de la richesses et la propriété collective des moyens de production. La victoire de la classe ouvrière mène toujours à l’amélioration des conditions de vie des travailleurs, des paysans et des masses en général.

- demande la reconnaissance pleine et entière du droit des travailleurs, une fin de la précarisation de l’emploi, des salaires qui permettent de vivre pour tous les travailleurs et le droit d’organiser et de former des syndicats ;

- demande la nationalisation de tous les minerais - gisements de fer, de rutile, de diamants, d’or, de pétrole, de gaz - et autres domaines économiques stratégiques pour les mettre sous le contrôle des travailleurs et des communautés afin de servir les intérêts socio-économiques des gens ordinaires ;

- fait appel aux travailleurs pour qu’ils exigent des congés de maternité payés de six mois et obtiennent des crèches dans les places de travail ;

- fait appel aux travailleurs, aux chômeurs, au paysans, aux étudiants, aux jeunes, aux groupes de la base afin qu’ils élaborent une organisation de masse pour exiger l’intégralité de leur droits politiques, économiques et sociaux.

- fait appel aux masses de la Sierra Leone afin qu’elles défendent et luttent pour une société égalitaire et juste

A bas la violence électorale !

Le Peuple uni ne sera jamais vaincu !


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Samir Amin: Capitalisme « libéral », capitalisme de connivences et lumpen développement : Quelles réponses immédiates ?

Le cas de l’Egypte

2012-11-19

http://pambazuka.net/fr/category/features/85504

Les principes du libéralisme ne produisent pas autre chose, dans les périphéries du « sud » qui acceptent de s’y soumettre, qu’un capitalisme de connivences articulé à un Etat compradore, par opposition à l’Etat national engagé sur une voie de développement économique et social viable. Ce capitalisme de connivences produit donc non le développement, mais un lumpen-développement. L’exemple de l’Egypte, considéré dans ce qui suit, en fournit un bel exemple.

Le capitalisme libéral (ou néolibéral) proposé et imposé comme sans alternatives repose sur sept principes considérés comme valables pour toutes les sociétés de la planète mondialisée.

1. L’économie doit être gérée par des entreprises privées car elles seules se comportent naturellement comme des acteurs soumis aux exigences de la compétition transparente, au demeurant avantageuses pour la société dont elle assure une croissance économique fondée sur l’allocation rationnelle des ressources et la juste rémunération de tous les facteurs de la production – capital, travail et ressources naturelles. En conséquence, s’il y a des actifs possédés par l’Etat, héritage malheureux du « socialisme », (entreprises productives, institutions financières, terrains urbains ou terres agricoles), ceux-ci doivent être privatisés.

2. Le marché du travail doit être libéralisé, les fixations « autoritaires » d’un salaire minimum (et a fortiori d’une échelle mobile pour celui-ci) doivent être supprimés. Le droit du travail doit être réduit aux règles minimales garantissant la moralité des rapports humains entre employeur et employé ; les droits syndicaux limités et encadrés à cet effet. La hiérarchie des salaires qui résulte des négociations individuelles et libres entre employés et employeurs doit être acceptée, tout comme le partage du revenu national net entre les revenus du travail et ceux du capital qui en résulte.

3. Les services dits sociaux – l’éducation, la santé, voire la fourniture d’eau et d’électricité, le logement, les transports et les communications – lorsqu’ils ont été dans le passé assurés par des agences publiques (Etat et pouvoirs locaux) doivent être également autant que possible privatisés ; leur coût doit être supporté par les individus qui en sont les bénéficiaires et non couverts par l’impôt.

4. La fonction fiscale doit être réduite au minimum nécessaire pour couvrir les seules fonctions souveraines (ordre public, défense nationale en particulier) ; les taux d’imposition doivent donc demeurer relativement modérés, pour ne pas décourager l’initiative privée et pour assurer la garantie de sa récompense.

5. La gestion du crédit doit être assumée par les intérêts privés, permettant à la rencontre libre entre offre et demande de crédits de se former sur un marché monétaire et financier rationnel.

6. Les budgets publics doivent être conçus pour être équilibrés sans déficit autre que circonstanciel et conjoncturel. Si un pays souffre d’un déficit structurel hérité d’un passé dont on veut renier l’héritage, son gouvernement doit s’engager dans des réformes qui en réduisent l’ampleur aussi rapidement que possible. En attendant le déficit ne doit être couvert que par le recours à l’emprunt sur le marché financier privé, national ou étranger.

7. Les six principes considérés doivent être mis en œuvre non seulement aux échelles de toutes les nations de la planète mondialisée, mais encore dans les relations internationales, régionales (pour l’Union européenne par exemple) ou globales. Le capital étranger privé doit être libre de ses mouvements et être traité sur pied d’égalité avec le capital privé local.

Ces principes constituent ensemble le « fondamentalisme libéral ». Je rappellerai ici l’inconsistance des hypothèses de départ et l’absence de conformité du schéma avec la réalité. Très brièvement la preuve par le raisonnement logique que le jeu libre des marchés généralisés, même dans l’hypothèse extravagante (non conforme à la réalité) de l’existence d’une compétition dite transparente, produirait un équilibre entre offre et demande (de surcroît socialement optimal), n’a jamais pu être faite. Au contraire le raisonnement logique conduit à la conclusion que le système se déplace de déséquilibre en déséquilibre sans jamais tendre à l’équilibre.

Les déséquilibres successifs en question sont produits parce que cette théorie (qui définit la pseudo science économique conventionnelle) exclut de son champ d’investigation : le conflit des intérêts sociaux et nationaux. Par ailleurs ces hypothèses décrivent un monde imaginaire qui n’a rien à voir avec ce qu’est le système contemporain réellement existant, qui est celui d’un capitalisme de monopoles généralisés, financiarisés et mondialisés. Ce système n’est pas viable et son implosion, en cours, le démontre. Je renvoie ici à mes développements sur cette critique radicale du système en question et de la théorie économique.

Mis en œuvre à l’échelle mondiale les principes du libéralisme ne produisent pas autre chose, dans les périphéries du « sud » qui acceptent de s’y soumettre, qu’un capitalisme de connivences (crony capitalism ) articulé sur un Etat compradore, par opposition à l’Etat national engagé sur une voie de développement économique et social viable. Ce capitalisme de connivences (et il n’y en a pas d’autre possible) produit donc non le développement, mais un lumpen-développement. L’exemple de l’Egypte, considéré dans ce qui suit, en fournit un bel exemple.

CAPITALISME DE CONNIVENCES, ETAT COMPRADORE ET LUMPEN DEVELOPPEMENT : LE CAS DE L’EGYPTE (1970-2012)

Les gouvernements égyptiens successifs, depuis l’accès de Sadate à la présidence (1970) jusqu’à ce jour, ont mis en œuvre avec assiduité tous les principes proposés par le fondamentalisme libéral. Ce qui en a résulté a fait l’objet d’analyses précises et sérieuses dont les conclusions indiscutables sont les suivantes :

1. Le projet nassérien de construction d’un Etat national développementaliste avait produit un modèle de capitalisme d’Etat que Sadate s’est engagé à démanteler, comme il l’a déclaré à ses interlocuteurs étatsuniens (« je veux renvoyer au diable le nassérisme, le socialisme et toutes ces bêtises et j’ai besoin de votre soutien pour y parvenir » ; un soutien qui lui a été évidemment apporté sans restriction). Les actifs possédés par l’Etat – les entreprises industrielles, financières et commerciales de l’Etat, les terrains agricoles et urbains, voire les terres désertiques – ont donc été « vendus ».

A qui ? A des hommes d’affaires de connivence, proches du pouvoir : officiers supérieurs, hauts fonctionnaires, commerçants riches rentrés de leur exil dans les pays du golfe munis de belles fortunes (de surcroît soutiens politiques et financiers des Frères musulmans). Mais également à des « Arabes » du Golfe et à des sociétés étrangères américaines et européennes.

A quel prix ? A des prix dérisoires, sans commune mesure avec la valeur réelle des actifs en question.

C’est de cette manière que s’est construite la nouvelle classe « possédante » égyptienne et étrangère qui mérite pleinement la qualification de capitaliste de connivence (rasmalia al mahassib, terme égyptien pour la désigner, compris par tous). Quelques remarques :

- La propriété octroyée à « l’armée » a transformé le caractère des responsabilités qu’elle exerçait déjà sur certains segments du système productif (« les usines de l’armée ») qu’elle gérait en tant qu’institution de l’Etat. Ces pouvoirs de gestion sont devenus ceux de propriétaires privés. De surcroît, dans la course aux privatisations, les officiers les plus puissants ont également « acquis » la propriété de nombreux autres actifs d’Etat : chaines commerciales, terrains urbains et périurbains et ensembles immobiliers en particulier.

- L’opinion égyptienne qualifie toutes ces pratiques de « corruption » (fasad) en se situant sur le terrain de la morale, faisant ainsi l’hypothèse qu’une justice digne de ce nom pourrait les combattre avec succès. Une bonne partie de la gauche elle-même fait la distinction entre ce capitalisme « corrompu » condamnable et un capitalisme productif acceptable et souhaitable. Seule une petite minorité comprend que dès lors que les principes du « libéralisme » sont acceptés comme fondements de toute politique prétendue « réaliste » le capitalisme dans les périphéries du système ne peut être autre. Il n’y a pas de bourgeoisie se construisant par elle-même, de sa propre initiative comme la Banque mondiale veut le faire croire. Il y a un Etat compradore actif à l’origine de la constitution de toutes ces fortunes colossales.

- Les fortunes en question égyptiennes et étrangères ont été constituées par l’acquisition d’actifs déjà existants, sans adjonction autre que négligeable aux capacités productives. Les « entrées de capitaux étrangers » (arabes et autres), au demeurant modestes, s’inscrivent dans ce cadre. L’opération s’est donc soldée par la mise en place de groupes monopolistiques privés qui dominent désormais l’économie égyptienne. On est loin de la concurrence saine et transparente du discours libéral élogieux à leur encontre. D’ailleurs la plus grande part de ces fortunes colossales est constituée par des actifs immobiliers : villages de vacances (« marinas ») sur les côtes de la Méditerranée et de la Mer Rouge, quartiers nouveaux » fermés d’enceintes, gardées (à la mode latino-américaine – jusque là inconnue en Egypte), terrains désertiques en principe destinés à une mise en valeur agricole. Ces terrains sont conservés par leurs propriétaires qui spéculent sur leur revente après que l’Etat ait assuré les coûts vertigineux des infrastructures qui les valorisent (et ces coûts n’ont évidemment pas été pris en compte dans le prix de cession des terrains)…

2. Les positions monopolistiques de ce nouveau capitalisme de connivences ont été systématiquement renforcées par l’accès presqu’exclusif de ces nouveaux milliardaires au crédit bancaire, (notamment pour « l’achat » des actifs en question) au détriment de l’octroi de crédits aux petits et moyens producteurs.

3. Ces positions monopolistiques ont été également renforcées par des subventions colossales de l’Etat, octroyées par exemple pour la consommation de pétrole, de gaz naturel et d’électricité par les usines rachetées à l’Etat (cimenterie, métallurgie du fer et de l’aluminium, textiles et autres). Or la « liberté des marchés » a permis à ces entreprises de relever leurs prix pour les ajuster à ceux d’importations concurrentes éventuelles. La logique de la subvention publique qui compensait des prix inférieurs pratiqués par le secteur d’Etat est rompue au bénéfice de super profits de monopoles privés.

4. Les salaires réels pour la grande majorité des travailleurs non qualifiés et des qualifications moyennes se sont détériorés par l’effet des lois du marché, du travail libre et de la répression féroce de l’action collective et syndicale. Ils sont désormais situés à des taux très inférieurs à ce qu’ils sont dans d’autres pays du Sud dont le PIB per capita est comparable. Super profits de monopoles privés et paupérisation vont de pair et se traduisent par l’aggravation continue de l’inégalité dans la répartition du revenu.

5. L’inégalité a été renforcée systématiquement par un système fiscal qui a refusé le principe même de l’impôt progressif. Cette fiscalité légère pour les riches et les sociétés, vantée par la Banque mondiale pour ses prétendues vertus de soutien à l’investissement, s’est soldée tout simplement par la croissance des superprofits.

6. L’ensemble de ces politiques mises en œuvre par l’Etat compradore au service du capitalisme de connivence ne produit par elle-même qu’une croissance faible (inférieure à 3%) et partant une croissance continue du chômage. Lorsque le taux de celle-ci a été un peu meilleur, cela a été dû intégralement à l’expansion des industries extractives (pétrole et gaz), à une conjoncture meilleure concernant leurs prix, à la croissance des redevances du Canal de Suez, du tourisme et des transferts des travailleurs émigrés.

7. Ces politiques ont également rendu impossible la réduction du déficit public et de celui de la balance extérieure commerciale. Elles ont entraîné la détérioration continue de la valeur de la livre égyptienne, et imposé un endettement interne et extrême grandissant. Celui-ci a donné l’occasion au FMI d’imposer toujours davantage le respect des principes du libéralisme.

LES REPONSES IMMEDIATES

Ces réponses ne sont pas l’œuvre de l’auteur de ces lignes qui s’est contenté de les collecter auprès des responsables des composantes du mouvement – partis de gauche et du centre démocratique national, syndicats, organisations diverses de jeunes et de femmes, etc. Un travail considérable et de qualité a été conduit depuis plus d’un an par ces militants, responsables de la formulation d’un programme commun répondant aux exigences immédiates. Leur mise en forme (reprise ici) a d’ailleurs déjà fait l’objet de publications, entre autres, de notre collègue Ahmad El Naggar. J’en retiens les points saillants qui sont les suivants :

1. Les opérations de cession des actifs publics doivent être l’objet de remises en question systématiques. Des études précises – équivalentes à de bons audits – sont d’ailleurs disponibles pour beaucoup de ces opérations et des prix correspondant à la valeur de ces actifs précisés. Etant donné que les « acheteurs » de ces actifs n’ont pas payé ces prix, la propriété des actifs acquis doit être transférée par la loi après audit ordonné par la justice à des sociétés anonymes dont l’Etat sera actionnaire à hauteur de la différence entre la valeur réelle des actifs et celle payée par les acheteurs. Le principe est applicable pour tous, que ces acheteurs soient égyptiens, arabes ou étrangers.

2. La loi doit fixer le salaire minimum, à hauteur de 1 200 LE par mois (soit 155 euro au taux de change en vigueur, l’équivalent en pouvoir d’achat de 400 euros). Ce taux est inférieur à ce qu’il est dans de nombreux pays dont le PIB per capita est comparable à celui de l’Egypte. Ce salaire minimum doit être associé à une échelle mobile et les syndicats responsables du contrôle de sa mise en œuvre. Il s’appliquera à toutes les activités des secteurs public et privé.

Etant donné que, bénéficiaires de la liberté des prix, les secteurs privés qui dominent l’économie égyptienne ont déjà choisi de situer leurs prix au plus proche de ceux des importations concurrentes, la mesure peut être mise en œuvre et n’aura pour effet que de réduire les marges de rentes des monopoles. Ce réajustement ne menace pas l’équilibre des comptes publics, compte tenu des économies et de la nouvelle législation fiscale proposées plus loin.

Les propositions faites par les mouvements concernés seront renforcées par l’adoption du salaire maximal : 15 fois le salaire minimum.

3. Les droits des travailleurs – conditions de l’emploi et de la perte d’emploi, conditions de travail, assurances maladies/chômage/retraites – doivent faire l’objet d’une grande consultation tripartite (syndicats, employeurs, Etat). Les syndicats indépendants constitués à travers les luttes des dernières dix années doivent être reconnus légalement, comme le droit de grève (toujours « illégal » dans la législation en cours). Une « indemnité de survie » doit être établie pour les chômeurs, dont le montant, les conditions d’accès et le financement doivent être l’objet d’une négociation entre les syndicats et l’Etat.

4. Les subventions colossales octroyées par le budget aux monopoles privés doivent être supprimées. Ici encore les études précises conduites dans ces domaines démontrent que l’abolition de ces avantages ne remet pas en cause la rentabilité des activités concernées, mais réduisent seulement leurs rentes de monopoles.

5. Une nouvelle législation fiscale doit être mise en place, fondée sur l’impôt progressif des individus et le relèvement à 25% du taux de taxation des bénéfices des entreprises occupant plus de 20 travailleurs. Les exonérations d’impôts octroyées avec une largesse extrême aux monopoles arabes et étrangers doivent être supprimées. La taxation des petites et moyennes entreprises, actuellement souvent plus lourde (!) doit être révisée la baisse. Le taux proposé pour les tranches supérieures des revenus des personnes – 35% – demeure d’ailleurs léger dans les comparaisons internationales.

6. Un calcul précis a été conduit qui démontre que l’ensemble des mesures proposées dans les paragraphes 4 et 5 permet non seulement de supprimer le déficit actuel (2009-2010), mais encore de dégager un excédent. Celui-ci sera affecté à l’augmentation des dépenses publiques pour l’éducation, la santé, la subvention aux logements populaires. La reconstitution d’un secteur social public dans ces domaines n’impose pas de mesures discriminatoires contre les activités privées de même nature.

7. Le crédit doit être replacé sous le contrôle de la Banque centrale. Les facilités extravagantes octroyées aux monopoles doivent être supprimées au bénéfice de l’expansion des crédits aux entreprises de petites dimensions actives ou qui pourraient être créées dans cette perspective. Des études précises ont été conduites dans les domaines concernés et toutes ces activités artisanales, industrielles, de transport et de service. La démonstration a été faite que les candidats à prendre des initiatives allant dans le sens de la création d’activités et d’emplois existent (en particulier parmi les diplômés chômeurs).

8. Les programmes proposés par les composantes du mouvement demeurent moins précis pour ce qui concerne la question paysanne. La raison en est que le mouvement de résistance des petits paysans aux expropriations accélérées en cours depuis que les politiques de « modernisation » de la Banque mondiale ont été adoptées demeure éclaté ne dépasse jamais le village concerné – en particulier du fait de la répression féroce auquel il est soumis et de la non reconnaissance de sa légalité.

La revendication actuelle du mouvement – principalement urbain, il faut le reconnaître – est simplement l’adoption de lois rendant plus difficile l’éviction des fermiers incapables de payer les loyers exigés d’eux et l’expropriation des petits propriétaires endettés. En particulier on préconise le retour à une législation fixant les loyers de fermage maximaux (ils ont été libérés par les lois successives de vision de la réforme agraire).

Mais il faudrait aller plus loin. Des organisations progressistes d’agronomes ont produit des projets concrets et argumentés destinés à assurer l’essor de la petite paysannerie. Amélioration des méthodes d’irrigation (goutte à goutte etc.), choix de cultures riches et intensives (légumes et fruits), libération en amont par le contrôle par l’Etat des fournisseurs d’intrants et de crédits, libération en aval par la création de coopératives de commercialisation des produits associées à des coopératives de consommateurs. Mais il reste à établir une communication renforcée entre ces organisations d’agronomes et les petits paysans concernés. La légalisation des organisations de fait des paysans, leur fédération aux niveaux provincial et national devrait faciliter l’évolution dans ce sens.

9. Le programme d’actions immédiates repris dans les paragraphes précédents amorcerait certainement une reprise d’une croissance économique saine et viable. L’argument avancé par ses détracteurs libéraux – qu’il ruinerait tout espoir d’entrées nouvelles de capitaux d’origine extérieure – ne tient pas la route. L’expérience de l’Egypte et des autres pays, notamment africains, qui ont accepté de se soumettre intégralement aux prescriptions du libéralisme et ont renoncé à élaborer par eux-mêmes un projet de développement autonome « n’attirent » pas les capitaux extérieurs en dépit de leur ouverture incontrôlée (précisément à cause de celle-ci). Les capitaux extérieurs se contentent alors d’y conduire des opérations de razzia sur les ressources des pays concernés, soutenues par l’Etat compradore et le capitalisme de connivences. En contrepoint les pays émergents qui mettent en œuvre activement des projets nationaux de développement offrent des possibilités réelles aux investissements étrangers qui acceptent alors de s’inscrire dans ces projets nationaux, comme ils acceptent les contraintes qui leur sont imposées par l’Etat national et l’ajustement de leurs profits à des taux raisonnables.

10. Le gouvernement en place au Caire, composé exclusivement de Frères musulmans choisi par le président Morsi a d’emblée proclamé son adhésion inconditionnelle à tous les principes du libéralisme, pris des mesures pour en accélérer la mise en œuvre, et déployé à cette fin tous les moyens de répression hérités du régime déchu. L’Etat compradore et le capitalisme de connivences continuent ! La conscience populaire qu’il n’y a pas de changement en vue grandit comme en témoigne le succès des manifestations populaires des 12 et 19 octobre. Le mouvement continue !

11. Le programme des revendications immédiates dont j’ai retracé ici les lignes dominantes ne concerne que le volet économique et social du défi. Bien entendu le mouvement discute tout également de son versant politique : le projet de constitution, les droits démocratiques et sociaux, l’affirmation nécessaire de « l’Etat des citoyens » (dawla al muwatana) faisant contraste avec le projet de théocratie d’Etat (dawla al gamaa al islamiya) des Frères Musulamns. Ces questions n’ont pas été abordées ici.


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** Samir Amin est président du Forum du Tiers monde. Document rédigé par en octobre 2012)

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Au-delà de l’ANC : Faut-il un nouveau UDF ou un parti ouvrier de masse ?

Jane Duncan

2012-11-19

http://pambazuka.net/fr/category/features/85506

Il est probable que davantage de Sud-Africains, réellement préoccupés par l’avenir de leur pays, vont prendre leurs distances de l’African National Congress (ANC) et vont commencer la difficile et longue entreprise qui consiste à élaborer des alternatives politiques. Certains l’ont déjà fait.

Pendant des décennies, l’ANC a représenté une transformation et des gains significatifs pour beaucoup de Sud-Africains. Raison pour laquelle le soutien massif dont bénéficiait ce parti reposait sur une base objective et rationnelle. Mais cette base a été érodée.

L’Afrique du Sud n’a pas de solution pour se sortir du marasme dans lequel elle se trouve actuellement. Sa politique a consisté à gérer plutôt qu’à transformer le système capitaliste. Les structures sociales profondes, héritées de l’Apartheid, sont largement restées intactes. Il s’en suit que le pays devient de plus en plus instable.

Alors quelles options en dehors de l’ANC ? On enregistre des manifestations de plus en plus nombreuses qu’il n’y a de recherche pour de nouvelles politiques et de nouvelles formes de politiques. De ce point de vue, deux options qui circulent depuis peu méritent un débat sérieux.

La première concerne la revitalisation d’un "nouveau UDF", qui fait référence au United Democratic Front (UDF) établi en 1983 et qui était aux premières lignes dans les luttes contre l’Apartheid dans les années 1980. La seconde concerne l’établissement d’un Mass Workers Party (MWP), un parti ouvrier de masse. Bien que tous deux soient de nouvelles formations, elles ont, l’une comme l’autre, leurs origines dans des courants politiques plus anciens.

Le nouveau UDF a été lancé au Cap en août. Dans sa nouvelle incarnation, le Front affirme qu’il n’aspire pas à devenir un nouveau parti politique ou à être un parti d’opposition pour l’ANC. Son projet consiste plutôt à élaborer des réseaux de pouvoir populaire autonome, suite à l’échec général du gouvernement d’aborder les problèmes chroniques de la société. Le nouveau UDF se fait aussi le champion du Freedom Charter dont les idéaux ont été, estime-t-il, trahis par les tendances politiques dominantes.

Des initiatives qui tendent à exercer le pouvoir depuis la base sont importantes parce qu’elles ont le potentiel de renforcer des capacités d’activités et d’organisation autonomes. Mais est-ce que l’Afrique du Sud a besoin de l’UDF pour échapper à la spirale descendante ? Pour répondre à cette question, il est nécessaire d’analyser les forces et les faiblesses de l’ancien UDF.

Ce mouvement avait un énorme impact pour unir toute une série d’organisations contre l’Apartheid et garantir que ses exigences pour une Afrique du Sud unie, non raciale et démocratique, deviennent l’idée dominante de la société post -Apartheid. Au fort de la répression, il a maintenu en vie la tradition politique du Congress Alliance. De nombreux militants sortis de ses rangs ont fait de grands sacrifices pour cet idéal. Mais l’UDF était un front populaire rassemblant différentes classes sociales, offrant l’opposition la plus large possible à l’Apartheid. Bien que sa base soit fermement enracinée dans la classe ouvrière, il a, à l’occasion, été dominé par des éléments de la classe moyenne qui ont orienté le Front vers la réforme.

De nombreux anciens militants de l’UDF avancent que la raison pour laquelle l’ANC est arrivée aux compromis qu’elle a fait au moment de la transition vers la démocratie tient au fait qu’elle a démobilisé l’UDF, le privant d’une base qui l’aurait maintenu sur le droit chemin. Il est rare que les compromis du temps de la transition de l’Afrique du Sud soit compris comme une conséquence de la trajectoire politique de l’UDF.

L’approche de l’UDF de la question nationale a toujours été hautement problématique, reposant sur un postulat provenant du Freedom Charter qui veut que l’Afrique du Sud compte quatre "races" : noire, blanche, indienne et de couleur. Ce postulat acceptait qu’il existait une notion de "race" biologiquement valide et donc il n’y avait rien de faux en organisant des "groupes raciaux" séparément. Ce qui signifie que pour l’UDF une société non raciale était en fait une société multiraciale : une approche politique qui n’a en rien contribué à l’abolition de la notion de race dans la société, y compris chez ses éléments les plus progressistes. Si le principal courant de libération a été incapable de se débarrasser de la notion de l’existence des races, il est dès lors peu surprenant que la société à laquelle ils ont donné le jour est incapable de transcender la race comme déterminant social de l’identité avec tous ses dangers pour la stabilité sociale.

De plus, l’UDF était autoritaire en dépit de l’importance de sa base démocratique et de son pluralisme idéologique. L’UDF faisait montre d’une extrême tolérance à l’égard des différents courants politiques, à la condition qu’ils soient inclus en son sein. Influencée par le dogme de la Troisième Internationale Communiste (COMINTERN), introduit dans la politique sud africaine par le Parti Communiste sud africain, la lutte devait passer par différentes étapes distinctes afin de garantir que la société ait atteint le niveau requis de développement pour réaliser le socialisme.

Les militants qui omettaient de reconnaître l’UDF comme seul et véritable représentant des opprimés dans les phases initiales et qui s’opposaient à l’orthodoxie du COMINTERN, le faisaient à leurs risques et périls. Nombreux sont ceux qui ont été attaqués et même "necklaced" (meurtre particulièrement effroyable qui consiste à mettre un pneu autour du cou de la victime et d’y mettre le feu. Ndlt.).

A cet égard, la tournure autoritaire de la politique du pays doit être comprise comme la continuation d’une tradition politique distincte du Congrès - plutôt qu’une déviation - compte tenu que cette tradition douteuse a laissé une empreinte certaine sur l’Etat post-Apartheid. En pesant les arguments en faveur d’un nouveau UDF, il est nécessaire de procéder à une évaluation plus équilibrée de l’héritage de la politique du Front, parce ne pas apprendre les leçons du passé peut entraîner une répétition de l’histoire avec ses verrues et tout.

Une autre alternative a été proposée par le Democratic Socialist Movement (DSM), sous la forme de l’établissement d’un MWP. Le DSM a fait savoir son intention d’enregistrer un tel parti pour les prochaines élections. Le MWP est une idée ancienne en Afrique du Sud. C’est en réaction à la stalinisation des mouvements de travailleurs de façon globale que des organisations trotskistes ont proposé l’établissement de partis de travailleurs. Ceci a conduit, en 1930, à la formation de la South African Workers Parti qui est devenu par la suite le Non European Unity Movement

La nécessité d’un MWP est apparue juste avant les élections de 1994 et de nouveau au début de l’an 2000. Mais à cette époque la situation n’était pas mûre pour que l’idée prenne racine. Le DSM a repris la question dans le contexte des récentes grèves des mineurs et du massacre de Marikana et il semble que maintenant l’idée gagne du terrain.

Bien qu’étant potentiellement une expression plus pure des aspirations de la classe ouvrière que les partis ou mouvements populistes, les MWPs ne sont pas dépourvus de problèmes. Après l’effondrement du communisme, les partis des travailleurs existants, avec une forte participation de la classe moyenne, ont viré à droite. Un autre problème du concept de MWP est qu’il se réfère à une période antérieur de l’histoire industrielle, lorsque les travailleurs étaient le moteur du changement révolutionnaire. Toutefois, le mouvement des travailleurs a été affaibli en partie en raison d’une montée du chômage de masse permanent. En Afrique du Sud, avec ses 40% de taux de chômage (selon une définition large) il est douteux qu’un MWP focalisé sur les seuls mouvements de travailleurs puisse réussir.

De plus, les luttes n’ont pas cours seulement sur les lieux de production mais aussi sur les lieux de consommation. Cette réalité génère un nouveau défi pour organiser, non seulement les travailleurs, mais tous ceux impliqués dans la lutte au niveau de leur lieu de résidence, dans les écoles, les hôpitaux et d’autres services. Mais d’un point de vue positif, la crise économique actuelle a créé des conditions objectives pour la construction d’un MWP et il est possible que cette fois l’idée prenne racine.

Dans le sillage de Marikana, on note un vide en matière de politiques progressistes. Ce vide offre des opportunités pour une réflexion fondamentale sur la trajectoire politique de l’Afrique du Sud et sur les formes nouvelles requises pour que le pays puisse progresser. A cet égard, même si la période actuelle est sombre elle est aussi pleine de grandes promesses.


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.** Jane Duncan préside Highway Africa de la Media and information Society, School of Journalism and Media Studies à Rhodes University. Cet article a d’abord été publié par The South Africa Civil Socitety Information Service (www.sacsis.org.za). Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger


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Obama 2012 : L'opération de terrain qui a fait basculer les élections américaines

L’association des technologies de l’information et des organisations de la base

Horace Campbell

2012-11-19

http://pambazuka.net/fr/category/features/85502

La campagne pour Obama a mis en mouvement plus de 700 000 volontaires, formés pour maximiser le temps et les efforts dans le contact avec les vrais électeurs. L’association entre le ciblage du terrain et l’inspiration nationale dérivée d’Occupy Wall Street a ainsi créé une autre dynamique dans la politique des Etats-Unis. Dynamique scellée lorsque les Républicains ont intensifié leurs efforts pour empêcher le vote des Noirs et des Latinos. Le défi majeur de cette alliance est désormais d’exercer son influence en dehors des périodes électorales.

Le 6 novembre 2012 Barack Obama a été réélu président des Etats-Unis. L’organisation de sa campagne a défait le candidat républicain Mitt Romney, dans une compétition électorale lors de laquelle les citoyens des Etats-Unis votaient pour le dirigeant de leur pays. Le processus électoral pour la présidence américaine passe par une institution du 18ème siècle nommée Electoral College. Selon ce système, un candidat requiert 270 votes électoraux pour l’emporter, compte tenu que le Collège est constitué de 538 électeurs. Un candidat obtient le vote électoral d’un Etat si cet Etat vote en sa faveur à la base. Les Etats des Etats-Unis se divisent en Etats bleus pour les Républicains et en rouge pour les Démocrates. Chaque Etat se voit allouer un nombre d’électeurs égal au nombre de membre de sa délégation au Congrès : un pour chaque membre au Congrès et deux pour chaque sénateur. Ainsi la compétition pour la présidence n’est pas une véritable élection nationale parce que le candidat peut se concentrer sur les Etats prépondérants afin de gagner.

Avant le vote de mardi, le parti Démocrate était assuré de 237 votes électoraux parce que des Etats comme la Californie, New York, l’Illinois et le Massachusetts sont solidement dans le camp des Démocrates. Les Républicains étaient assurés pour environ 191 votes électoraux. Avec ce système, il est possible qu’un candidat remporte le vote populaire mais perde au niveau de l’Electoral College comme ce fût notamment le cas pour Al Gore en Floride en 2004. Cet épisode de la nature non démocratique des élections américaines a été extensivement documenté.

A l’origine, l’Electoral College a été institué afin de permettre la domination des esclavagistes des Etats du Sud qui représentaient le noyau dur au début de la République. En résumé, l’Electoral College a été établi afin de court-circuiter le processus démocratique. Au cours des deux derniers siècles, différentes forces sociales sont entrées dans l’arène politique et ont creusé le contenu des luttes pour une participation démocratique. Une guerre a été nécessaire pour que la population africaine se voie reconnaître la citoyenneté. Laquelle leur a par la suite été niée à force de ségrégation et de lynchage. Une puissante Révolution des Droits Civils a été requise pour restaurer le processus électoral. Lorsque Obama a remporté la première élection en 2008, il a reconnu être du côté des révolutionnaires comme Martin Luther King Jr et autres grands personnages de cette époque.

Les femmes, les ouvriers, les homosexuels et les immigrants ont tous contribué à creuser le contenu de la participation démocratique des Etats-Unis. Pourtant, à chaque étape franchie par les forces démocratiques et populaires, le 1% dominant cherche de nouveaux moyens pour garder le pouvoir et éroder les droits démocratiques des citoyens. Récemment, la mesure anti-démocratique a été le fait de la Cour Suprême. Le jugement connu sous le nom de Citizens United, prévoit que les grandes compagnies sont des personnes physiques (et non des personnes morales), leur donnant ainsi le droit de donner des sommes illimitées pour les campagnes électorales

De même les dès sont pipés dans l’actuel processus électoral, la participation nécessitant des sommes exorbitantes. Il a été estimé que plus de US$ 6 milliards ont été dépensés dans ces élections. Le fait que l’équipe d’Obama a gagné les élections est une preuve de sa capacité d’organisation et de l’apparition massive d’une nouvelle coalition politique aux Etats-Unis, ^l’alliance des Noirs, des Latinos, des Asiatiques, des femmes, des ouvriers, des homosexuels et des lesbiennes et des jeunes. C’est l’opinion de l’auteur que l’inspiration de cette alliance provient de l’énergie nouvelle émergeant de Occupy Wall Street de ces deux dernières années. Cette mobilisation a été soutenue par l’association d’outils technologiques et la mobilisation massive de la base qui s’est déclenchée afin de contrer les avantages financiers du Parti Républicain.

Notre propos cette semaine est d’analyser l’opération terrain qui a amené à la victoire d’Obama et d’essayer de dégager les enseignements pour les forces progressistes, alors que le fossé entre le 1% de possédants et les 99% se creuse en ce moment de l’histoire. Le Parti républicain a mené une campagne sans précédent pour empêcher le vote des Noirs, des Latinos, des pauvres et des jeunes. Tous les obstacles possibles ont été mis en travers du chemin d’une participation démocratique. Mais les travailleurs, les femmes, les Noirs et les jeunes ont réagi et ont mis en place un nouveau niveau de coordination qui s’est associé avec l’organisation d’Obama. C’est cette coalition qui met en lumière de nouvelles possibilités aux Etats-Unis, au-delà des politiques électorales.

L’avalanche des riches conservateurs et des forces racistes, qui ont inondé et pollué les ondes, s’est heurtée à des âmes nouvelles dans les bureaux de vote, découragées ni par l’ouragan ni pas le temps d’attente pour exercer leur droit de vote.

LE CONTEXTE DES ELECTIONS DE 2012 AUX ETATS-UNIS

Lorsque Barack Obama est apparu comme gagnant lors des élections de 2008 aux Etats-Unis, les politologues et les organisateurs de la campagne ont reconnu que la machine qu’il avait mise en place est la plus raffinée de l’histoire des élections américaines. Opinion partagée par Wired Magazine. Mais il avait été prédit que nombre d’outils révélés en 2008 seraient obsolètes en 2012. Il y a quatre ans, l’organisation d’Obama a perfectionné l’usage du texto tout en envoyant des messages par courrier électronique à 13 millions d’électeurs, recourrant à de nouvelles formes de levée de fond. L’utilisation des médias sociaux (Facebook, mySpace, Twitter) et d’Internet sur des plateformes comme MyBo ont fait de cette campagne une campagne à part. Elle a été menée suite à l’effondrement fatidique du système financier américain en septembre 2008 et la récession économique qui a conduit le gouvernement fédéral à intervenir dans l’économie afin de sauver des grands opérateurs dans le monde des banques, des assurances, de la construction automobile et d’autres secteurs de l’économie. Les milliards dépensés pour sauver la mise des 1% ont plombé le discours du "marché libre". Les capitalistes dominants ont été sur la défensive et Obama a organisé une campagne électorale qui a introduit une nouvelle alliance dans le système politique.

David Plouffe, l’un des principaux architectes de la campagne, a décrit la stratégie menée en 2008 dans son livre The audacity to win (L’audace de gagner). J’avais attiré l’attention sur la politique de terrain dans mon livre Barack Obama and twenty first century politics : a revolutionnary moment in the USA. Je soulignais l’attention à porter à la magie des technologies de l’information et aux opérations de terrain qui avaient été apprises lors du mouvement pour la liberté civile. Les opérations de terrain dans cette campagne électorale (comme David Plouffe et moi-même l’avons souligné) faisaient référence à la mobilisation de la base et des forces communautaires sur le terrain, qui, dans leurs communautés, enregistraient les électeurs, les envoiyaient aux bureaux de vote et activaient les citoyens en relation avec les message de la campagne d’Obama.

Lors de la campagne de 2008, une campagne massive d’enregistrements de nouveau électeurs par les organisateurs de la campagne d’Obama a amené des millions de nouveaux volontaires et des dizaines de millions de nouveaux électeurs. Dès la période de la longue saison des primaires, la campagne s’est embarquée dans la plus grande entreprise d’enregistrement d’électeurs de toute l’histoire des élections présidentielles américaines. Dès 2010, le parti Républicain a aussi élaboré ces outils technologiques et avec les finances considérables du Super PACS (Political Action Committee) a lâché les éléments du Tea Party dans le système américain afin de miner les objectifs de la démocratie en expansion aux Etats-Unis. Avec le concours des médias dominants, les forces du Tea Party se sont annoncées comme des forces contre-révolutionnaires dans le corps politique et ont augmenté leur influence dans les rangs de la délégation au Congrès du Parti r

C’est l’apparence et la vigueur du Tea Party qui a poussé des forces progressistes - en particulier les Noirs et les gens de couleurs - à s’engager dans le processus électoral. Angela Davis a résumé l’esprit du défi en avril de cette année, lors de la conférence de Manning Marable à New York : " Si les Noirs et les progressistes se sont mobilisés pour Obama en 2008, alors en 2012 nous devons nous mobiliser nous-mêmes " Elle faisait référence à la nécessité de mobiliser les progressistes contre les techniques de suppression d’électeurs qui ont été révélées dans tous les Etats-Unis. Des nouvelles lois pour l’identification des électeurs, des accusations de fraudes électorales et nombreux obstacles ont effectivement signifié un retour en arrière, avant la période du Voting Rights Act (la loi sur le droit de vote) de 1965.

Même avec les limites liées au système de l’Electoral College, les élections aux Etats-Unis sont décisives puisqu’il s’agit de choisir les gouverneurs, les sénateurs, les représentants au Congrès, les juges, les fonctionnaires du pays et d’autres officiels élus. Il y a eu en même temps des initiatives soumises au vote, allant de la légalisation de la marijuana considérée comme drogue douce au droit au mariage des homosexuels, en passant par des mesures pour augmenter ou diminuer la taxation, des mesures concernant les aliments OGM et toute une liste de questions litigieuses. En 2012, il y a eu près de 175 sujets de votation. Ces initiatives ont augmenté la participation locale des communautés dans la mesure où ces questions additionnelles les concernent directement. Parmi ces initiatives il y en a eu deux concernant la légalisation de la marijuana, alors que deux Etats ont voté en faveur du mariage homosexuel.

ASSOCIATION ENTRE L’ACTIVISME DE LA BASE ET LES TECHNOLOGIES MOBILES : OPERATION TERRAIN 2012

La saison électorale au Etats-Unis se prolonge en raison du processus appelé les primaires. Barack Obama étant le candidat démocrate en fonction, il n’y a pas eu de primaire. Mitt Romney a émergé comme candidat du parti Républicain après une fausse fête qui a poussé le parti dans une position encore plus conservatrice. C’est durant cette campagne pour les primaires que Romney a demandé aux immigrants de "s’auto-déporter". Ce mouvement vers la droite a été soutenu par les financiers majeurs du Parti républicain. Des personnes comme les frères Koch, Sheldon Adleson et de nombreux autres barons des compagnies financières prépondérantes ont décidé qu’on ne pouvait pas faire confiance au Parti démocrate pour occuper la Maison Blanche au milieu d’une crise capitaliste. Les capitalistes américains avaient demandé des mesures drastiques d’austérité pour aggraver le fardeau des travailleurs.

Karl Rove (qu’on dit avoir été le cerveau du régime Bush) a fondé une organisation appelée Crossroads GPS. Ensemble, avec les frères Koch et leur organisation Americans for Prosperity,, l’American for tax Reforms de Grover Norquist, le American Future Fund et la Chambre de commerce américaine, ils ont dépensé près de 300 millions de dollars depuis le début 2011, visant le président Obama dans une compétition des plus féroces pour le Congrès et le Sénat. Suite au jugement de la Cour Suprême, ces organisations n’ont pas eu à déclarer l’origine de leur argent à la commission électorale fédérale. Tournant en dérision la notion de non lucratif, des groupes comme Crossraods GPS se sont organisés comme des organisations de bienfaisance à but non lucratif, sous la section 501(c) (4) du code de taxation et dans le cas de la Chambre de Commerce comme association commerciale 501 (c). Parce que ces groupes sont exonérés d’impôts, ils sont aussi dispensés de fournir les noms de leurs donateurs, ce que les comités politiques doivent faire. C’est la nature douteuse de cette puissance de l’argent sur les élections qui a conduit à la formule consistant à parler d’"argent de l’ombre" dans les élections de 2012. La présence de cet "argent de l’ombre", qui a fait de la campagne de 2012 la plus coûteuse de l’histoire des Etats-Unis, avec 3 milliards de dollars déversés dans la compétition pour la présidence. A savoir un milliard pour chaque candidat et encore un milliard pour les comités pour l’action politique financés par les super riches, largement en faveur de Romney. Trois autres milliards ont été dépensés dans la compétition pour les 33 sièges au Sénat et les 435 sièges au Congrès, ainsi que de nombreux postes gouvernementaux, locaux ou au niveau des Etats.

Les finances en faveur de Romney et des Républicains, assurés par les super PACS, ont poussé les organisations médiatiques à promouvoir l’idée que la compétition était très serrée afin que les dollars de la publicité continuent d’affluer. Ce sont ces dépenses publicitaires, en particulier au niveau à la télévision, qui ont été désignées sous le nom de "guerre des ondes" au cours de cette campagne. Quant aux efforts pour mobiliser ceux qui menaient campagne sur le terrain pour obtenir des voix, ils étaient connus sous le nom de "guerre du terrain". C’est sur le terrain que des coalitions motivées de Noirs, de jeunes, de femmes, de Latinos et de travailleurs ont fait pencher la balance et permis la victoire de l’équipe d’Obama.

BRIQUES PAR BRIQUES : CONSTRUIRE UN JEU DE TERRAIN A PARTIR DE 270 AIDE-MEMOIRES DE LA CAMPAGNE D’OBAMA

L’équipe d’Obama avait une telle confiance en ses compétences que le samedi 3 novembre elle a exposé au monde les grandes lignes de son opération terrain pour obtenir les votes, afin d’instiller la confiance chez ses volontaires dans tout le pays. Face aux médias qui insinuaient que Romney gagnait du terrain, l’équipe d’Obama a divulgué des chiffres du nombre de volontaires qu’elle avait déployés dans les Etats-bascule (swing States). Comme nous l’avons noté dans l’introduction, l’essentiel de la campagne de 2012 a été confiné dans ces Etats où il les votes étaient le plus âprement disputés. On comptait entre 10 et 11 Etats de ce genre - Ohio, Iowa, New Hampshire, Nevada, Caroline du Nord, Pennsylvanie, Floride, Colorado, Wisconsin, Michigan et Virginie. Les deux partis avaient souligné l’importance de l’Ohio qu’il fallait absolument conquérir. Ainsi des millions de dollars ont été déversés dans cet Etat, en même temps que des centaines de milliers de volontaires de la base.

L’Ohio était important pour une autre raison : il mettrait à l’épreuve une nouvelle alliance en politique américaine. Après 2011, lorsque le gouverneur Républicain a lancé une initiative soumise au vote afin de diminuer le marchandage collectif, l’Ohio est devenu un nouveau terrain d’expérimentation pour l’alliance entre les travailleurs syndiqués et les Noirs opprimés aux Etats-Unis. L’aide-mémoire du 3 novembre de l’équipe d’Obama, qui devait encourager les volontaires, soulignait :

"… Alors que les dirigeants de nos volontaires de proximité ouvraient 5417 stations pour convaincre la population dans les Etats-bascule décisifs, ils commençaient à mettre en œuvre l’étape finale d’un jeu de terrain sans précédent dans la politique américaine. Ces stations sont des versions plus locales de nos bureaux de terrain, parce qu’elles sont établis dans les maisons, les bureaux de supporters ou dans n’importe quel endroit qui puisse servir de point central pour les équipes de volontaires au cours des derniers jours.

« A partir de ces super centres, les volontaires se sont engagés pour 698 799 shifts afin d’aller chercher les votes au cours des derniers jours de la campagne ; un nombre qui a augmenté à chaque instant pendant que les organisateurs continuent à donner des rôles à toute personne ayant manifesté un intérêt. Ces volontaires incarnent l’essence de la campagne depuis que nous avons commencé à nous organiser en faveur du changement en 2007. Les dirigeants des équipes de proximité qui s’efforcent de convaincre les électeurs, ont travaillé dans ces voisinages depuis des mois, parfois des années.

Depuis le lancement de la campagne pour la réélection, en avril 2011, ces équipes étaient concentrées comme des rayons laser sur trois points :

1) étendre l’électorat en enregistrant de nouveaux électeurs,
2) persuader les indécis et,
3) faire sortir nos supporters. Sur tous ces points, ces volontaires ont dépassé nos attentes les plus optimistes."

Les informations livrées à la presse ont porté sur le fait que l’équipe d’Obama a enregistré 1 million 792 261 électeurs dans les Etats-bascule, à savoir presque le double du nombre d’électeurs de la campagne de 2008. "Au début du weekend, nos volontaires ont effectué 125 646 479 appels téléphoniques personnels ou ont frappé à la porte de quelqu’un et engagé la conversation avec les électeurs. Sans compter les appels automatiques, les courriers électroniques, la distribution de brochures ou d’autres contacts non volontaires ou personnels".

Ces chiffres montrent que jusqu’au jour des élections, l’équipe de la campagne Obama a pris contact avec approximativement une personne sur 2,5 dans tout le pays depuis les élections de 2008. C’est cette quête massive des votes dans les Etats clés, organisée depuis les 5100 stations à partir desquels opéraient 700 000 volontaires, qui a garanti la victoire. De tous les Etats-bascule cités plus haut, un seul a empêché le Parti démocrate de faire prévaloir sa suprématie. C’était l’Etat de la Caroline du Nord. Tôt dans la campagne, les calculs ont montré que pour parvenir à la victoire, Barack Obama ne devait pas dépenser trop d’énergie et donc éviter dans cet Etat. Pendant que les Républicains déversaient des millions de dollars en Floride, en Virginie et dans l’Ohio, l’équipe d’Obama s’est diversifiée et a mis en place des pare-feux au sein de la classe ouvrière de l’ancienne ceinture industrielle en faillite, afin de mettre en évidence l’aspect social.. C’est ce calcul qui a permis la victoire d’Obama en Pennsylvanie, dans l’Ohio, dans l’Illinois, le Wisconsin, le Minnesota et l’Iowa

ASSOCIATION ENTRE LES TECHNOLOGIES MOBILES ET L’ORGANISATION DE LA BASE

Lorsque Jim Messina a dévoilé la stratégie pour la victoire, lors de la Convention démocrate à Charlotte, en Caroline du Nord en septembre, l’opinion générale des principaux organisateurs du parti a été que le Parti démocrate ne pouvait pas rivaliser avec les ressources des Koch Brothers et Crossroads GPS. Avec, en outre, les ressources additionnelles des compagnies gazières et pétrolières, qui avaient décidé que l’administration Obama devait être éjectée, le climat politique aux Etats-Unis était tellement tordu à la droite du centre, qu’au cours des débats aucun des deux partis n’a discuté de la question du réchauffement climatique et de la nécessité de réparer l’environnement. Mais l’Ouragan Sandy est venu se mêler de la campagne et a rappelé à la société que le réchauffement global ne pouvait être ignoré.

Plus tôt dans la campagne, l’équipe Obama a sorti le Dashboard, un programme technologique spécifiquement développé pour la campagne de 2008 et qui devait être la réplique d’un bureau de campagne permettant aux volontaires des transactions bancaires téléphoniques, l’organisation de manifestations, de parler aux dirigeants de la campagne depuis leur ordinateur portable ou leur Smartphone

C’est dans l’Ohio qu’a eu lieu cette association entre les volontaires et les nouvelles technologies mises à la disposition de 32 bureaux, avec le Dashboard fusionné à un modèle appelé "snowflakes" (flocon de neige). Plus simplement, il s’agissait d’une façon de brouiller la ligne entre les organisateurs payés et les volontaires. Chaque organisateur payé créait et collaborait avec un réseau de volontaires et était supposé recruter 5 responsables de volontaires de proximité. Ces cinq volontaires recrutaient à leur tour cinq autres volontaires. C’est ce processus qui a été désigné sous le nom de "flocons de neige". L’unité de l’organisation de ce modèle était l’équipe de proximité ou de voisinage.

DE L’ORGANISATION DE LA PERIODE DES DROITS CIVILS A LA CAMPAGNE DE 2012

Marshal Ganz a introduit le concept de Camp Obama pour la campagne de 2008. Certains lecteurs se souviendront qu’il a acquis ses compétences d’organisateurs lorsqu’il travaillait avec le SNCC dans le Sud au cours des années 1960’. Il a ainsi étudié l’organisation de cette structure dans la région du Mississipi à l’époque de la ségrégation et du lynchage. Après les élections de 2008, David Plouffe, Jim Messina et Stephanie Cutter ont mené une campagne plus proche de la pensée de Steve Jobs (Apple), de Schmidt, (Google) et Steven Spielberg. Marshal Ganz déplorait alors les aspects "du haut vers le bas" et l’influence des grandes compagnies qui sortent les campagnes électorales de l’arène politique. Pour lui, l’équipe de campagne aurait dû rester mobilisée lors de la crise des banques de 2009. Un article instructif à ce propos a été publié dans le Bloomsberg News, qui explique comment Jim Messina a approché Steven Spielberg à Hollywood (Messina Consults Jobs to Spielberg in crafting Obama’s campaign).

D’un point de vue de l’analyse classique, on pourrait dire que la compétition de 2012 a été une bataille entre le capital de la technologie de l’information et du divertissement d’une part et, d’autre part, des forces de l’argent de Wall Street. Depuis la sécurité d’un centre de média britannique, un auteur a aussi écrit que les élections de 2012 consacraient "le triomphe du conservatisme". La distinction n’était pas si claire. Mais la campagne d’Obama, afin de séduire l’électorat des classes des travailleurs, a mis en évidence que Mitt Romney appartenait à la classe des bandits des grandes compagnies. Elle a utilisé avec succès le rôle de Romney dans le capital "Bain", afin de le décrire à son électorat.

LES EQUIPES DE VOISINAGE

Dans l’aide-mémoire publié le 3 novembre, l’équipe d’Obama notait : "Les dirigeants des équipes de voisinage ont ouvert leur bureau ce matin. Elles ont commencé à alimenter notre système improvisé d’informations, entamant ainsi leur travail. A la différence de campagnes précédentes, nos volontaires ne doivent pas se rendre dans des bureaux à grande distance de leur domicile pour recevoir un coup de fil et des instructions. Ceux qui sont impliqués vont aller frapper aux portes des électeurs qu’ils ont enregistré, à qui ils ont parlé depuis des mois et qu’ils connaissent personnellement. Ils vont les diriger vers des bureaux de votes dans leur communauté - les écoles où vont leurs enfants, leur église où ils se rendent tous les dimanches, les centres communautaires qu’ils connaissent bien".

L’association du ciblage de terrain et du volontariat décentralisé en ligne a été visible en Ohio, en Floride, en Virginie et au Colorado. La campagne Obama a mis en mouvement plus de 700 000 volontaires. La formation de ces volontaires était focalisée sur les compétences nécessaires pour maximiser le temps et les efforts dans le contact avec les vrais électeurs. Ils pouvaient se connecter au Dashboard et faire usage d’un programme d’appel téléphonique qui ciblait les gens selon leur vote précédent. Dans des Etats comme l’Ohio, où la compétition a été féroce, les équipes de voisinage se sont focalisées sur la mobilisation des forces ouvrières actives dans leur opposition à la restriction des syndicats. La bataille autour de cette restriction a été l’antidote majeur contre la politique du Tea Party aux Etats-Unis. Dès le début de la période de l’enregistrement, les dirigeants des équipes ont travaillé d’arrache-pied pour conquérir des électeurs et assurer le barrage des votes anticipés. C’est dans ce processus électoral qu’il y a eu un test de résilience et de ténacité des Noirs et des pauvres contre les conservateurs qui voulaient empêcher leur vote.

L’association entre le ciblage du terrain et l’inspiration nationale dérivée d’Occupy Wall Street a créé une autre dynamique dans la politique des Etats-Unis. Cette dynamique a été scellée lorsque les Républicains ont intensifié leurs efforts pour empêcher le vote des Noirs et des Latinos.

MOTIVATION DES NOIRS ET DES PEUPLES DE COULEUR AUX ETATS-UNIS

Tout au long de la campagne, les médias dominants ont annoncé avec fracas que les Noirs étaient déçus de la présidence Obama et ne s’enthousiasmaient guère pour les élections. Ces propos ont rapidement été balayés au cours de la période d’enregistrement et plus encore après le vote anticipé, lorsque la mobilisation indépendante des Noirs s’est manifestée une fois de plus dans le système politique américain. Les églises des Noirs sont devenues une fois de plus des centres de mobilisation politique. Il fallait entendre les stations de radio des communautés noires pour comprendre combien les outils médiatiques étaient mis en œuvre pour renforcer la résolution des électeurs dans certains districts.

Lorsque les électeurs attendaient entre 6 et 8 heures pour voter, des volontaires apportaient des chaises et de l’eau pour les vieilles personnes. Le jour de l’élection, 93% des électeurs noirs avaient voté pour Obama. La classe des travailleurs noirs avait estimé correctement que la tentative des Républicains de les empêcher de voter n’était qu’une première manifestation d’une nouvelle forme de répression, si ces derniers devaient parvenir à la Maison Blanche. Quelque 70% des Latino ont voté en faveur d’Obama. La combinaison des voix des jeunes, des homosexuels et des lesbiennes, des travailleurs et des femmes, au cours des élections de 2012, a forgé une alliance croissante aux Etats-Unis.

Le défi majeur de cette alliance est d’exercer son influence en dehors des périodes électorales. Les progressistes devront s’engager afin que les grandes compagnies impliquées dans la campagne ne violent pas la sphère privée de millions de citoyens dont les données ont été stockées pour les besoins de l’élection. L’exploitation des données par les grandes compagnies représente une grande menace pour les consommateurs. Savoir si l’administration Obama sera tenue pour responsable, en raison de son discours sur la défense de la classe moyenne, ne dépendra pas des politiciens mais d’un nouvelle conscience citoyenne.

Ceci est le nouveau test de la politique d’Obama dès le 7 novembre, au lendemain de sa victoire. Une indication des nouvelles luttes à venir a été, le 7 novembre, la chute de plus de 300 points du Dow Jones Industrial Index à la bourse américaine. Au cours de la campagne, Wall Street avait menacé d’une grève du capital. Cette menace doit maintenant être comprise par l’alliance qui a voté pour Obama. Elle devra aussi comprendre que la campagne Obama n’a pas le monopole de l’organisation ou de la technologie.

Ces élections ont des conséquences. Le mouvement pour la paix peut beaucoup en apprendre pour élaborer une conscience politique et bâtir les réseaux qui ont été mis en mouvement afin d’amener la défaite des Super PACS. Un mouvement clair et déterminé pour la paix et la justice peut se bâtir sur la nouvelle coalition afin de donner une nouvelle direction à la politique aux Etats-Unis. Il n’y a pas de calendrier pour une révolution. En attendant, à chaque fois qu’une équipe du National Endowment for Democracy (NED) des Etats-Unis se rend dans un autre Etat pour superviser des élections, les citoyens devraient lui demander ce qu’il a l’intention de faire quant aux suppressions d’électeurs aux Etats-Unis.


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** Horace Campbell est professeur d’études afro-américaines à l’université de Syracuse. Il est l’auteur d’un livre à paraître "Global NATO and the catastrophic failure in Libya", publié par le Monthly Review Press. Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger


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Commentaires & analyses

Madagascar, pays minier

Sahondra Rabenarivo


2012-11-19

http://pambazuka.net/fr/category/comment/85503

Les mines à Madagascar ne concernent plus les pierres, elles sont industrielles. Les dimensions sont plus grandes, les enjeux différents et les opportunités extraordinaires. Mais sommes-nous au rendez-vous ? Notre nationalisme latent, les vestiges de la colonisation et nos tendances économiques rentières et socialistes font que nous voyons d’un mauvais oeil cette production minière, et ratons en conséquent, cette porte d’ouverture vers le monde moderne.

Jusqu’à récemment, dans mon imagination, un projet minier portait sur la production de roches ou produits rochers (style Hazovato) ou de pierres précieuses et semi-précieuses ainsi que de l’or. J’imaginais, comme sûrement beaucoup, qu’il s’agissait d’excaver de longs tunnels dans le sous-sol et dans les montagnes. Une fois trouvé, le minerai en question était poli et vendu plus ou moins comme tel.

Dans mon imagination, il n’existait aucun lien entre ces projets miniers et l’industrie lourde qui a transformé non seulement l’Occident mais aussi les pays de l’Asie, comme la Corée du Sud, devenue une puissance industrielle en une génération par la détermination du dictateur éclairé (et donc toujours controversé), Park Chung Hee, de moderniser son pays par le biais d’une industrialisation chimique lourde (heavy chemical industrialization ou HCI). C’était ce qui avait fait la puissance du Japon et il voulait, à tout prix, égaler ce géant industriel (la Chine fera de même sous Deng Xiaoping 20 ans plus tard). Ce HCI contribue à la production des Hyundai ix35 qui peuplent notre capitale, des Samsung Galaxy S3 smartphone qui se vendent en plus grand nombre que les iphone, mais aussi de choses plus banales comme tous les produits en acier inoxydable qui nous entourent (cuillères, bouts de portables, téléphones, cadres photos, meubles, lustres, etc...). Ou comme on dit, tout court, en argot malgache « Inox».

L’inox est produit à l’aide du nickel, et le nickel est produit par processus industriel HCI. De même la couleur blanche que vous trouvez dans votre dentifrice, les plastiques et tissus blancs, la peinture blanche, tout le blanc qui nous entoure, vient de la transformation de l’ilménite. Le premier, nous le savons, est maintenant exporté par Ambatovy, le deuxième par Rio Tinto. Le troisième qui est prévu concerne le fer, l’ingrédient principal de l’acier. Les mines à Madagascar ne concernent plus les pierres, elles sont industrielles. Les dimensions sont plus grandes, les enjeux différents et les opportunités extraordinaires. Mais sommes-nous au rendez-vous ?

Notre nationalisme latent, les vestiges de la colonisation et nos tendances économiques rentières et socialistes font que nous voyons d’un mauvais oeil cette production minière, et ratons en conséquent, cette porte d’ouverture vers le monde moderne. Au contraire, nous attirons l’attention du monde sur l’extrême difficulté de faire quoi que ce soit à Madagascar. A commencer par le coût phénoménal de devoir tout faire soi-même (électricité, routes, formation), puis l’extrême lourdeur du système politico-bureaucratique prédateur plutôt que facilitateur, et enfin le sabotage par rumeurs et manipulation de l’opinion, quelque part attribuable à l’ignorance, mais aussi à la malveillance. Le nationalisme, la haine des autres, plutôt que le patriotisme, l’amour des siens, semble toujours l’emporter.

C’est effectivement dommage que nos premières expéditions de minerais aient eu lieu en période de crise, sous un régime prédateur et corrompu et avec des dirigeants sans vision. Certainement pas des Park Chung Hee ou Deng Xiaoping, qui prônaient une transformation de leurs pays par l’industrie massive. Tous deux ont importé la technologie et le savoir-faire du Japon et se sont acharnés à le comprendre et maîtriser, plutôt que de le saboter. Ils ont consacré d’importantes ressources à la préparation des générations futures pour la relève, en investissant massivement dans leurs universités et écoles techniques. Ils ne se sont pas plaints de ce qu’ils n’avaient pas, ils ont plutôt élaboré des plans de travail pour en avoir. Les récoltes pour ces efforts ne sont visibles que dans la Chine de ces dernières années et la Corée du Sud des années 80, bien après la mort de ces pionniers.

La porte vers la modernisation nous est ouverte, mais sommes-nous à la hauteur ? Il est temps de se dire, de s’admettre, que les fruits de quelconque transformation ou modernisation de Madagascar ne seront pas pour notre génération, mais celle de nos enfants (et encore !), et que nous devrions nous sacrifier à la préparer. Pour celà, soyons un pays minier moderne et modèle, et pas, à l’image de certains voisins africains, archaïque, prédateur, saboteur.


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** Sahondra Rabenarivo est juriste

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Droits humains

Algérie : Une brigade pour traquer les grosses fortunes

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/rights/85480

Les grosses fortunes en Algérie seront prochainement soumises à contrôle. C’est à travers un service d’investigation fiscale indépendant de la Direction générale des impôts (DGI) — qui sera mis en œuvre d’ici à la fin de l’année — que ce contrôle sera effectif, a annoncé hier le ministre des Finances. 
Selon lui, “la création de ce nouveau service est actuellement en cours d’approbation au niveau du secrétariat général du gouvernement”, en relevant qu’il aura pour objectif premier de “jouer surtout le rôle de déclencheur d’un meilleur contrôle des fortunes en Algérie”. 


http://bit.ly/UBR7fY


Bénin : L'abolition de la peine de mort divise Cotonou

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/rights/85481

La peine de mort vient d'être abolie au Bénin. Pourtant la population reste encore à sensibiliser, qui continue de se faire justice elle-même. Cette convention est entrée en vigueur le 5 octobre, faisant du Bénin le 75e Etat partie de ce traité, le 9e africain. Sur le continent, 17 Etats ont supprimé la peine capitale. Le Bénin connaissait une abolition de fait car il n’y a pas eu d’exécution depuis 1987. Désormais c’est une abolition de droit.

http://bit.ly/X3RAsB


Burundi : Arrestation du major Désiré Uwamahoro

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/rights/85498

Au Burundi, un officier de police souvent cité dans les rapports de l’ONU comme l’un des principaux responsables des violations des droits de l’homme dans ce pays, vient de tomber. Pas pour les nombreux crimes politiques dont il est soupçonné, mais pour une sombre affaire crapuleuse. Le parcours du major Désiré Uwamahoro, un homme qui, selon la société civile, jouissait jusqu'ici de la protection de ses supérieurs, connaît ainsi un accroc majeur.

http://rfi.my/107jtOr


Centrafrique : Le président Bozizé ordonne l’arrestation de son fils

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/rights/85478

Kévin Bozizé, l’un des fils du président centrafricain François Bozizé, se souviendra longtemps de son passage à l’hôtel Ledger Plazza de Bangui. Il a été arrêté le 6 novembre par la Section recherche et investigation de la gendarmerie (SRI) sur ordre du chef d’Etat pour non paiement de ses factures d’hôtel. Les montants de ces frais sont estimés à environ 8 millions de FCFA (soit 12.000 euros).

http://bit.ly/XnQyrC


Côte d’Ivoire : La défense de Gbagbo Laurent n’a plus qu’une cartouche

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/rights/85463

La Chambre préliminaire 1 de la Cour pénale internationale a décidé que Laurent Gbagbo reste en prison. En tout cas, c’est ce qui ressort de la décision de 25 pages publiée lundi 12 octobre sur le site officiel de cette Cour. Dans ce document, la juge unique, Silvia Fernandez de Gurmendi, explique de façon détaillée et rigoureuse les motifs pour lesquels elle décide de maintenir l’ancien président ivoirien en détention. Il appartient désormais aux avocats de l’ex-chef de l’Etat de faire appel. Pour le faire, ils disposent d’un délai de cinq jours. Mais ce recours semble sonner comme le dernier pour la partie défenderesse.

http://bit.ly/T43Gvg


Global : Ouverture de la tombe d'Arafat pour les besoins de l'enquête

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/rights/85453

Les travaux pour ouvrir la tombe du dirigeant palestinien historique Yasser Arafat en vue de prélèvements sur sa dépouille pour déterminer les causes de sa mort ont commencé mardi 13 octobre. Les juges français chargés d'enquête sur l'hypothèse d'un assassinat de Yasser Arafat et les experts du laboratoire suisse qui a décelé des quantités anormales de polonium sur des échantillons biologiques retrouvés sur des effets personnels du défunt doivent réaliser des prélèvements sur sa dépouille le 26 novembre, ce qui implique une exhumation.

http://bit.ly/Q2xsD5


Kenya : Le pays ne protège plus ses policiers

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/rights/85482

La polémique ne cesse d’enfler au Kenya, depuis que 42 policiers ont été abattus dans une embuscade le 10 novembre à Samburu, près de Mombasa au sud-est du pays. Cet évènement a suscité depuis une vive émotion et une grande incompréhension relayées par les médias kényans. «Quelque chose ne colle pas: pourquoi nos policiers ont été tués comme des poulets ?» En ligne de mire, la hiérarchie policière et les institutions kényanes, responsables selon le Daily Nation de laisser pourrir une situation inexplicable.

http://bit.ly/UChEcY


Maroc : Les héros sans gloire de la guerre au Sahara

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/rights/85474

Acteurs oubliés de la guerre au Sahara, ces anciens soldats des Forces armées royales réclament la reconnaissance de leur sacrifice pour la patrie. Depuis leur retour des geôles du Polisario, ils mènent un combat sans relâche pour la dignité. Les derniers ont été relâchés en août 2005, après une campagne internationale et le soutien décisif du sénateur américain John McCain, lui-même ancien prisonnier au Vietnam.

http://bit.ly/X9eYVV


Maroc : Le scandale des enfants domestiques

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/rights/85465

Fatima avait à peine 9 ans lorsqu’elle a commencé à travailler à Casablanca pour une famille de cinq enfants. Elle se levait dès l’aube pour travailler sans interruption jusqu’à 11 heures du soir, préparant les repas, faisant la vaisselle, le ménage et les courses et s’occupant du bébé de sa patronne. Elle ne savait même pas combien elle était payée, car son salaire était versé directement à ses parents. Pourtant, son histoire n’est pas une exception au Maroc, où des milliers de filles sont employées comme domestiques.

http://bit.ly/RTUzPX


Sénégal : Querelle autour des fonds de Habré et insulte à la mémoire des victimes

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/rights/85468

Des sources concordantes attestent que l’ex-patron de la CBEA a, en son temps, domicilié les sous du fugitif Habré avec l’aval de la BCEAO. L’on s’interroge cependant sur l’opportunité d’une telle querelle. Surtout que l’ex-dictateur tchadien court, avec des dossiers de crimes de tout acabit, les rues de Dakar qui lui garantit une si bien indécente protection. A croire que les intérêts économiques l’emportent sur les considérations morales, sociales et judiciaires d’autant que du dossier global de Habré, Dakar en parle si peu. Que se passe-t-il donc sur cette affaire Habré qui ressemble fort à une intrigue sans dénouement.

http://bit.ly/TRc1Dj





Réfugiés & migration forcée

Erythrée : Viols, kidnappings et tortures, le prix à payer pour fuir le pays

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/refugees/85466

Depuis 1998 et la guerre contre l’Ethiopie, Issaias Afeworki, président de l’Erythrée, a introduit un service militaire d’une durée indéfinie. Ainsi, lorsqu’un citoyen érythréen entre à l’armée lors de sa dernière année de lycée, il ne sait jamais s’il en ressortira un jour. Selon les estimations de l’ONU, chaque mois, entre 2 000 et 3 000 personnes fuient le pays, principalement dans le but d’échapper à cette conscription forcée. Mais pour les Erythréens, quitter leur territoire n’est pas une mince affaire et le sort qui les attend à l’étranger est parfois pire. A l’heure actuelle, entre 400 et 500 réfugiés érythréens seraient retenus en otage dans le Sinaï.

http://bit.ly/SGUcc8


Global : Barack Obama prévoit de régulariser 12 millions de clandestins

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/refugees/85471

Barack Obama a promis de faire voter une réforme de l’immigration. Il révèle que des négociations ont déjà commencé avec les républicains sur ce dossier et qu’un texte pourrait voir le jour "très bientôt" après son investiture, prévue le 21 janvier ». Ce projet de loi sur l’immigration n’inclurait pas la naturalisation. Il s’agirait "simplement" d’octroyer un statut légal aux clandestins, qui pourraient ainsi vivre et travailler aux Etats-Unis en toute légalité. Les Africains sont largement concernés.

http://bit.ly/UN2H23





Elections & gouvernance

Afrique : Le Niger et le Nigéria font «patrouilles communes»

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/elections/85456

Le Niger et le Nigeria ont décidé du «démarrage immédiat» de patrouilles communes le long de la frontière, en vue de lutter contre le terrorisme qui menace les deux Etats. Il s’agit pour les deux pays de faire barrage à la dissémination du terrorisme dans la région ouest africaine, sérieusement menacée par des velléités séparatistes et des groupes islamistes armés dans certains pays, ou alors par les trafiquants de drogue et autre type de grande criminalité dans d’autres.

http://bit.ly/RLCpAk


Afrique : Les relations entre Alger et Rabat se refroidissent

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/elections/85489

Le réchauffement des relations entre l'Algérie et le Maroc annoncé en grande pompe, il y a quelques mois, a fait long feu. La guerre froide repart entre les deux pays et la nouvelle période de froid pourrait durer longtemps selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Amar Bellani. A l'origine de cette nouvelle escalade, un sujet éculé: l'expulsion d'Algériens du Maroc et de Marocains d'Algérie.

http://bit.ly/Uzvt5Y


Afrique du Sud : Une loi pour interdire d’insulter Zuma ?

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/elections/85486

Décidément, ça va mal pour Jacob Zuma. Si mal que l’un de ses alliés, Blade Nzimande, secrétaire général du Parti communiste sud-africain (SACP), propose carrément une loi pour interdire d’insulter le président sud-africain… Le raisonnement suivi par ce ténor politique sud-africain sent la fin de règne pour Zuma, à l’approche d’une importante conférence du Congrès national africain (ANC), en décembre, où va se jouer la succession de l’actuel président du parti-Etat. Pour Blade Nzimande, ce n’est pas Zuma ou son bilan qui posent problème, mais bien «les Sud-Africains blancs, qui n’ont pas de respect pour les Noirs et leur culture, mais qui traitent seulement les Juifs et les Afrikaners avec respect».

http://bit.ly/QmvrD9


Cameroun : Paul Biya maintient le contrôle sur le futur Conseil constitutionnel

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/elections/85495

Le chef de l’Etat camerounais a transmis à l’Assemblée nationale, le 13 novembre 2012, un projet de loi visant à adapter la loi portant fonctionnement du « Conseil des sages de la République » à la modification constitutionnelle de 2008. Laquelle modification inféodait déjà le Conseil constitutionnel au pouvoir exécutif et limitait le champ de liberté de ses membres. Le débat est vieux de 4 ans déjà. Mais alors que la classe politique l’avait quelque peu relégué au second plan, le président de la République l’a ranimé. Paul Biya redit à la nation toute entière sa volonté de placer le Conseil constitutionnel sous sa coupe.

http://bit.ly/SVU4Cw


Mauitanie : Des députés réclament de la transparence sur la vacance du pouvoir

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/elections/85454

En interpellant le Premier ministre, les députés de l’opposition affiliés à la Coordination de l’opposition démocratique veulent obtenir des explications sur trois points : les circonstances du tir qui a blessé le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, la réalité de son état de santé, ainsi que savoir qui gère l’Etat en son absence. Pour le député Salek Ould Sidi Mahmoud, auteur de l’interpellation, il est au contraire urgent que le Premier ministre s’explique.

http://bit.ly/XRRPGq





Corruption

Gabon : Pascaline Bongo Ondimba visée par la justice française

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/corruption/85490

Exemptée jusqu’à ce jour dans l’affaire dite des «biens mal acquis», l’ex-Directeur de cabinet de feu président Omar Bongo Ondimba, par ailleurs fille aînée du défunt, Pascaline Mferry Bongo Ondimba, pourrait tomber sous le coup d’une poursuite judiciaire en France au sujet de cette épineuse affaire. La fille aînée de feu Président Omar Bongo Ondimba, serait une pièce importante dans l’affaire des « biens mal acquis » qui a secoué ces dernières années les relations entre Libreville et Paris.

http://bit.ly/T9oS6m


Global : Dubaï collabore avec le Sénégal dans la traque des biens mal acquis

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/corruption/85499

Après les autorités françaises, canadiennes et américaines, voilà que Dubaï s'y met dans la traque des biens mal acquis engagée au Sénégal. On se souvient que l'ancien super ministre et fils de l'ancien président de la République avait tellement d'entrées aux Émirats arabes unis qu'à la question de savoir s'il voulait être maire de Dakar, à la veille des locales de 2009, il ironisait en rétorquant qu'il voulait être maire de Dubaï. Pour cela, ses compatriotes dubaïotes vont envoyer le Procureur de Dubaï pour aider à la traque des biens mal acquis de l'ancien régime

http://bit.ly/Q0OeTb


Maroc : Une raison culturelle pour expliquer le corruption ?

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/corruption/85464

On la savait endémique dans le secteur public au Maroc, elle est aussi bien ancrée dans le privé : il s’agit de la corruption. Et pour cause, la publication des conclusions de la dernière enquête de Transparency International portant sur le secteur privé au donne un verdict sans appel : le Maroc a un niveau de corruption supérieur à la moyenne puisque son score est de 4,1, dépassant la moyenne pour les 30 pays étudiés qui est de 3,3, alors que 55 % des entreprises marocaines interrogées ont admis que c’est une pratique très courante au Maroc. Transparency International en déduit une banalisation culturelle de la corruption au Maroc. A-t-elle raison ?

http://bit.ly/SH8B5K


Sénégal : Karim Wade et six anciens responsables interdits de sortie du pays

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/corruption/85497

Le fils et ancien ministre de l'ex-président sénégalais Abdoulaye Wade, Karim Wade, et six dignitaires de l'ancien régime dont quatre ex-ministres, soupçonnés d'enrichissement illicite, ont reçu interdiction de quitter le Sénégal, a-t-on appris vendredi 16 novembre de source proche de l'enquête. Le fils Wade a été entendu par la section de recherches de la gendarmerie de Colobane, un quartier de Dakar, dans le cadre des enquêtes ouvertes par la Cour de répression de l'enrichissement illicite (CREI).

http://bit.ly/T9g3bz


Sénégal : L’odeur de l’argent sale pollue la scène politique

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/corruption/85455

Sept mois après l’élection de Macky Sall à la tête du Sénégal, la gestion des affaires publiques est lourdement polluée par des accusations de corruption et de blanchiment d’argent sale portées par le nouveau pouvoir contre des dignitaires de l’ancien régime (défait le 25 mars 2012), qui accusent à leur tour le nouveau président et ses collaborateurs, notamment le Premier ministre Abdoul Mbaye des mêmes pratiques.

http://bit.ly/TGbCn8





Développement

Afrique : Mise en garde contre un abandon «précipité» du franc CFA

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/development/85458

L’ancien doyen de la Faculté des Sciences économiques de l’Université de Brazzaville, Noël Magloire Ndoba, estime que les conditions d’un abandon du franc CFA ne sont pas actuellement réunies parce qu’aucun des 14 Etats africains concernés ne présente une économie capable de devenir la locomotive d’une nouvelle monnaie nationale. Selon M. Ndoba, qui travaille aujourd’hui à Paris comme chercheur en Sciences économiques, ce serait une régression pour les pays africains de quitter le franc CFA pour revenir à des monnaies nationales. Il a plaidé pour une démarche alternative à l’abandon du franc CFA à travers la fusion de la sous-zone Afrique centrale, de la sous-zone Afrique de l’Ouest et des Comores.

http://bit.ly/U7Oa4z


Afrique : Proposition pour légiférer sur les contrats miniers

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/development/85461

Ancien conseiller économique du président Pascal Lissouba (1992-19997), M. Ndoba, propose que les contrats de mise en valeur des ressources naturelles signés entre les Etats africains et les sociétés d’exploitation soient désormais marqués du sceau de la transparence absolue. Mieux que cela, il a estimé que chaque contrat entre un Etat africain et une multinationale doit être formalisé sous la forme d’une loi votée par l’Assemblée nationale après débat au niveau de toutes les institutions compétentes.

http://bit.ly/T9k80v


Burkina : Bientôt la plus grande centrale solaire d’Afrique

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/development/85494

Située à Zagtouli, dans la périphérie de Ouagadougou, la nouvelle centrale électrique dont va se doter le Burkina comportera 96.000 panneaux solaires. Elle produira 32 gigawatts-heure par an, soit l’équivalent de 6 % de la production d’électricité actuelle du Burkina Faso. Elle couvrira la consommation d’énergie d’environ 400 000 personnes.

http://bit.ly/U7SSiQ


Congo : Le chômage des jeunes persiste

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/development/85462

Alors que le Congo réalise ces dernières années des taux de croissance considérables du fait des revenus pétroliers, le chômage suit son cours et conserve l’un des taux les plus élevés de la planète, à savoir 34%. Le plus alarmant reste cependant le chômage des jeunes devenu chronique. Selon les experts du domaine, le Congo Brazza évolue encore suivant un schéma classique des pays pauvres où l’Etat reste le plus grand pourvoyeur d’emplois face au secteur privé en bloc. Pire encore une grande partie de ces emplois publics sont dans des secteurs de services très peu créateurs de richesse.

http://bit.ly/S2VfCM


Madagascar : Ambatovy, le projet minier qui veut transformer le pays

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/development/85485

Le plus grand projet minier de l’histoire de Madagascar vient d’être lancé. Ambatovy est annoncé comme devant apporter la prospérité sur la Grande île. Mais, les populations crient à la malédiction. Ambatovy, un nom synonyme de gigantisme. Il pèse plus de 4 milliards d’euros d’investissements, représente cinq ans de travaux et de négociations, au moins vingt-neuf ans d’exploitation.

http://bit.ly/SSNPiE


Mali : La menace de récession se précise

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/development/85470

Les signaux de l’économie malienne sont au rouge. Pire, le Fonds Monétaire International (FMI) prédit une récession cette année pour ce pays qui souffre des conséquences désastreuses de l’occupation de son septentrion par les islamistes armés. « L’économie malienne traverse une période difficile. Déjà en difficulté à cause de la très mauvaise récolte de 2011–12, elle a beaucoup souffert du coup d’Etat de mars 2012 et de ses retombées. Selon le FMI, le Produit intérieur brut (PIB) réel devrait se contracter de 1,5 % en 2012, après une croissance de 2,7 % seulement en 2011

http://bit.ly/RLwlpU





Santé & VIH/SIDA

Afrique : Un vaccin antipaludique efficace chez les nourrissons

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/hivaids/85452

Une étape importante a été franchie dans la quête d’un nouveau moyen de lutte contre le paludisme. Les derniers résultats d’un essai clinique confirment que le vaccin candidat RTS,S peut contribuer à protéger, de manière significative, les bébés et les jeunes enfants africains contre cette maladie endémique. Lorsqu’il est administré avec les vaccinations infantiles classiques - vaccin combiné diphtérie-tétanos-coqueluche à germes entiers-hépatite B et le vaccin oral contre la poliomyélite (Opv) - l’efficacité de RTS,S chez les nourrissons âgés de 6 à 12 semaines (à la première vaccination) est de 31 % contre les accès palustres et de 37 % contre les formes sévères de paludisme, sur une période de suivi de 12 mois après la troisième dose de vaccin.

http://bit.ly/UNlFLH


Congo : 90% des malades du cancer meurent au CHU de Brazzaville

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/hivaids/85459

Le professeur Jean Félix Péko du laboratoire d’anatomie cytologie du Centre Hospitalier et Universitaire (CHU) de Brazzaville, au Congo, a révélé lundi 12 novembre que 90% de cas de cancer diagnostiqués dans ce centre meurent de cette maladie. Selon lui, «au CHU de Brazzaville, 15% de personnes qui sont admis le sont pour le cancer. Les malades sont confrontés au problème de traitement, car un malade du cancer doit prendre sa cure tous les 15 jours à raison de 300.000 à 500.000 francs CFA la cure ».

http://bit.ly/QQkeux


Ouganda : Comment le virus Ebola se transmet par les airs

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/hivaids/85484

Si tout le monde s'accorde à dire que le virus Ebola se transmet par contact direct avec le sang, les secrétions corporelles (sueur, selles...), par voie sexuelle et par la manipulation sans précaution de cadavres contaminés, un autre facteur entre en jeu... et c'est une étude canadienne qui jette la bombe. Des chercheurs canadiens, auteurs de l'étude, ont réussi à validé l'hypothèse que le virus Ebola peut se transmettre par les voies respiratoires. Ce qui confirmerait que la maladie peut aussi être transmise sans contact direct, et sans doute par voie aérienne.

http://bit.ly/SVNQlT


République Centrafricaine : 850 décès de femmes pour 100.000 naissances vivantes

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/hivaids/85460

Le ministre centrafricain de la Santé publique de la population et de la Lutte contre le sida, Jean Michel Mandaba a déploré le drame que vit son pays en matière de mortalité maternelle. Il a relevé que les différentes pratiques sociales discriminatoires, les violences sexuelles telles que les violences physiques, les grossesses non désirées, les grossesses précoces, les interruptions volontaires de grossesses, l’excision, les interdits alimentaires et autres tabous que vivent quotidiennement les femmes contribuent de façon non négligeables à augmenter la mortalité maternelle en République Centrafricaine.

http://bit.ly/T9b5LW


Sénégal : Le cancer du sein, un problème de santé publique

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/hivaids/85451

Le cancer du sein est au deuxième rang des décès chez la femme au Sénégal, après le cancer du col de l’utérus, informe la Ligue sénégalaise contre le cancer (Lisca). La maladie a atteint des proportions de plus en plus élevées dans ce pays. Selon le directeur de l’Institut du cancer, «le cancer du sein est le deuxième plus fréquent des cancers féminins et le 3e plus fréquent au Sénégal, avec plus de 1 800 nouveaux cas survenant chaque année, avec 75 % de décès». En France, sur dix personnes atteintes de cancer, neuf guérissent ; alors qu’au Sénégal les neuf meurent, constatent les membres de la Lisca.

http://bit.ly/ZRb7Lv





Éducation

Sénégal : L'Université de Dakar dans l'oeil du cyclone

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/education/85496

Après avoir vécu une année universitaire 2011-2012 chaotique du fait d'une grève des enseignants de huit semaines sur 25, l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), la doyenne des institutions universitaires sénégalaises, est à nouveau dans l'oeil du cyclone. Pour cause, le Syndicat autonome de l'Enseignement supérieur (SAES) qui attend en vain le traitement diligent de sa plate forme revendicative en instance depuis l'élection de Macky Sall à la tête du pays, le 25 mars dernier, est sur le pied de guerre.

De même que les étudiants, pour qui la suspension du processus de renouvellement de trois de ses amicales de facultés, suite au climat de tension et d'insécurité installé par les listes candidates, a sonné comme un défi qu'il faut relever à tout prix.


http://bit.ly/U2IW8f





LGBTI

Nigeria : Projet de loi contre l'homosexualité

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/lgbti/85493

Le projet de loi contre l'homosexualité a été approuvé à l'unanimité mardi 14 novembre en seconde lecture par la Chambre des représentants, la Chambre basse du Parlement nigérian, ce qui rend son adoption imminente. Le projet de loi va être maintenant étudié article par article et sera ensuite harmonisé avec une version votée par le Sénat en novembre dernier, avant d'être envoyé au président pour approbation. En vertu de ce projet de loi, les personnes qui contractent des mariages avec des personnes de même sexe risquent 14 ans d'emprisonnement chacune, tandis que ceux qui soutiennent ou assistent à de tels mariages encourent 10 ans d'emprisonnement, comme toute personne qui enregistre, participe ou exploite des clubs, associations et organisations gays.

http://bit.ly/WezJtb





Terres & droits fonciers

Afrique : 70 % des Africains de l’Ouest vivent dans des taudis

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/land/85477

On vit mal en Afrique de l’Ouest. Près de 70 % des populations urbaines vivent dans des taudis ou dans des établissements informels. L’échec de l’aménagement urbain pose la problématique de la sécurité foncière. Le débat sur les moyens d’une sécurisation urbaine foncière est au centre d’un colloque organisé les 15 et 16 novembre par l’Institut d’Urbanisme et d’Aménagement de l’Université de Montréal. L’Onu Habitat note dans un rapport en date de 2008 que 70 % des populations urbaines vivent dans des taudis ou des établissements informels.

http://bit.ly/SVNImE





Média & liberté d'expression

Burundi : Prison à vie requise en appel contre un journaliste

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/media/85483

L'accusation a requis vendredi 16 juillet en appel la confirmation de la peine de prison à vie prononcée en première instance contre le journaliste burundais de la radio française RFI, Hassan Ruvakuki, accusé de « terrorisme » devant un tribunal du Burundi. Le procureur, sous les protestations de la foule venue assister, à l'intérieur et à l'extérieur de la salle d'audience, au procès, a également demandé la confirmation des peines (perpétuité ou 15 ans de prison) prononcées contre les 22 co-accusés du journaliste. Le verdict est prévu le 8 janvier.

http://bit.ly/VYAdmW


Maroc : Deux journalistes tabassés par les forces de l'ordre

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/media/85475

Y a-t-il une avancée dans le domaine de la liberté de la presse sous le gouvernement de Benkirane ? Les journalistes et photographes qui étaient présents lors du sit-in organisé par le Mouvement du 20 février à Casablanca, savent que non. A deux jours de la célébration de la Journée nationale de l'information, les forces de l'ordre ont présenté à leur manière un «cadeau» aux journalistes et photographes en les tabassant et rouant de coups. L'intervention musclée, les insultes et l'intimidation sont devenues «une monnaie courante» chez les forces de l'ordre quand il s'agit des journalistes et des photographes qui sont en train de faire leur travail malgré les multiples condamnations et réclamations répétées de la part du Syndicat national de la presse marocaine.

http://bit.ly/WevMod


Rwanda : Le journaliste Gatera Stanley condamné à un an de prison ferme

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/media/85491

Détenu depuis août 2012 pour un article jugé « discriminatoire », le journaliste rwandais Gatera Stanley a été condamné mardi 14 novembre à une peine d’un an de prison ferme et 30 000 francs rwandais d’amende. Rédacteur en chef du journal Umusingi, il s’est vu mis aux arrêts suite à la publication dans son journal d’un article intitulé « comment les hommes qui poursuivent les femmes tustie à cause de leur beauté risquent d’avoir des problèmes ? » paru dans la rubrique amour de son journal. Cet article a été jugé discriminatoire, et lui a conduit directement en prison.

http://bit.ly/U7SRv8


Sénégal : La concentration des médias, une arme à double tranchant

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/media/85473

Les groupes Walf, Sud, Avenir Communication, Futurs Médias, D-Média réalisent l'essentiel du tirage et des audiences au Sénégal. Reste à savoir si ces groupes sont plus indépendants pour autant. Car dans un environnement économique marqué par la crise, le secteur des médias subit des contre coups que cache mal l’illusion de bonne santé financière qui est affichée.

http://bit.ly/QJcMl3





Conflits & urgences

Afrique : Les insinuations du président du Niger sur la crise malienne

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/conflict/85479

Mahamadou Issoufou insinuant que l'Algérie est une source d'approvisionnement pour les groupes armés, au même titre que la Libye, appelle à la fermeture partielle des frontières. Le président nigérien tente de justifier sa position favorable à une intervention militaire au nord du Mali. Confronté à une double crise sécuritaire et politique, ce pays bascule entre le processus du dialogue soutenu par l'Algérie, notamment et l'intervention militaire défendue par la Cedeao. Même après le Sommet extraordinaire d'Abuja, l'on n'est toujours pas en mesure d'établir un diagnostic juste et complet des débats.

http://bit.ly/XnP3K7


Afrique : Un chef rebelle tchadien accuse le Soudan d’avoir livré des prisonniers au Tchad

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/conflict/85469

Selon Timan Erdimi, président du groupe rebelle UFR (Union des forces de la résistance), Khartoum a livré plus d'une soixantaine de combattants à Ndjamena. Ces combattants, qui étaient emprisonnés au Soudan, auraient été acheminés en plusieurs vagues successives la semaine dernière jusqu’à la capitale tchadienne. En vertu d'un accord signé en 2010, Khartoum et Ndjamena s'étaient mutuellement engagés à ce que les groupes rebelles ne sévissent plus à partir de leurs territoires respectifs.

http://rfi.my/UC1zhU


Côte d`Ivoire : Gbagbo à tout prix

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/conflict/85488

Au Ghana ou au Liberia, ils rêvent de ramener l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo au pouvoir. Ces exilés qui ne reconnaissent toujours pas la légitimité d'Alassane Ouattara sont soupçonnés par Abidja d'être à l'origine des attaques de ces derniers mois. Le 15 octobre, l'ONU publie un rapport d'experts qui accrédite la thèse d'un commandement stratégique pour renverser le président Ouattara. Dans un document de 26 pages, cinq enquêteurs affirment que des exilés du camp Gbagbo pilotent et financent ces attaques meurtrières depuis le Ghana.

http://bit.ly/Xz9a6O


Global : Simple scène de ménage ou véritable rupture entre Belgique et Rwanda ?

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/conflict/85467

Alors que le Rwanda pensait se confectionner une nouvelle image à travers son élection au Conseil de sécurité de l'ONU, voilà que Bruxelles persiste et joue aux trouble-fêtes avec Kigali. La dernière scène de ménage entre la Belgique et son ex-colonie, est la rupture du partenariat militaire qu'ils entretiennent depuis 2004. A l'origine de ce clash conjugal, le dernier rapport onusien sur le soutien que l'Armée rwandaise apporterait au Mouvement rebelle du 23 mars (M23) dans la région du Nord-Kivu. C'est le chef de la diplomatie belge qui s'est chargé lui-même, via Twitter, d'ébruiter la nouvelle de cette rupture.

http://bit.ly/Q2xIC2


Mali : Le temps des réunions a assez duré

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/conflict/85487

Alors qu'une intervention militaire se profile, les réunions se multiplient mais ne débouchent pas sur une solution pour une sortie de crise. A quand l’éclaircie au Nord-Mali ? En effet, depuis plus de trois mois, il est de plus en plus question d’une intervention militaire pour chasser les djihadistes qui y sèment la terreur et la désolation. Pourtant, aucune action concrète, en dehors de la «réunionite» aiguë, ne laisse présager un déploiement imminent de forces dans les jours à venir. Car, jusque-là, il n’y a aucun agenda.

http://bit.ly/SVN2hj


Mali : Pour la première fois, un responsable de l'ONU rencontre Ansar Eddine

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/conflict/85457

Le représentant de l'ONU en Afrique de l'Ouest, Saïd Djinnit, a rencontré mardi 13 novembre à Ouagadougou des représentants d'Ansar Eddine, l'un des groupes islamistes armés occupant le nord du Mali. Il s'agit de la première rencontre officielle entre un responsable onusien et Ansar Eddine, mouvement qui applique de façon stricte la charia (loi islamique) dans le nord du Mali. M. Djinnit s'est entretenu avec des membres du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), rébellion touareg évincée du nord du Mali par les islamistes. Le MNLA a confirmé à M. Djinnit être "tout à fait disposé au dialogue", y compris avec Ansar Eddine.

http://bit.ly/ZnOeiD


Rd Congo : Plus de 264 civils massacrés !

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/conflict/85476

Au moins 264 civils, dont 83 enfants, ont été exécutés par des groupes armés au cours de plus de 75 attaques de villages dans le sud du territoire de Masisi, au Nord-Kivu, entre avril et septembre 2012. C'est ce que révèle le rapport publié le mercredi 14 novembre 2012, par le BCNUDH, depuis Genève. A en croire les enquêteurs, de nombreuses victimes ont été tuées à coups de machette, tandis que d'autres ont été brûlées vives dans leurs maisons. Des déplacements forcés massifs, des pillages à grande échelle et des destructions des propriétés privées et quatre cas de violence sexuelle impliquant le viol de 12 femmes sont relatés.

http://bit.ly/UzpMoI


Rd Congo : Reprise des combats au Nord-Kivu

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/conflict/85472

La trêve relative observée par le M23 et les FARDC a volé en éclat. L'armée congolaise et la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23) s’accusent mutuellement d’avoir ouvert le feu. Jeudi 15 novembre, vers des combats ont repris près de Goma. L'armée a lancé des «offensives contre les éléments du M23». « Les FARDC [Forces armées de la RDC, NDLR] ont progressé pour nous attaquer (...) nous sommes obligés de nous défendre », a affirmé le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole militaire du M23, qui dénonce la rupture d’une trêve relative qui était jusque-là observée. La version de la riposte « auto-défensive » du M23 est démentie par les FARDC.

http://bit.ly/UN2JqR


Rwanda : L’étau se resserre autour de Kagamé

2012-11-18

http://pambazuka.net/fr/category/conflict/85492

e Rwanda se met à dos les pays occidentaux. Il n’y a pas si longtemps, en effet, l’ex-puissance coloniale, la Belgique, avait suspendu sa coopération militaire avec ce pays situé aux confins des Grands Lacs. Sans compter que, tel un pestiféré, les ONG américaines ont commencé à le déserter. Cet abandon, les Occidentaux le justifient par le présumé soutien du Rwanda au mouvement du M23, du nom de ce groupe rebelle qui fait la pluie et le beau temps au Nord-Kivu et menace de faire vaciller le pouvoir de Kabila. Maintenant qu’un à un les robinets de l’aide et de la coopération se ferment, que fera donc Kagamé ?

http://bit.ly/Wl43XO





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