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Tajudeen Abdul-Raheem

La mort prématurée du Dr Tajudeen Abdul-Raheem, le jour de la commémoration de la Libération de l'Afrique 2009, a frappé de stupeur le monde panafricain. Cette sélection de cartes postales panafricaines montre quel brillant orfèvre des mots il fut.

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PUBLIÉ PAR FAHAMU

FahamuPambazuka News (Pambazuka signifie levez-vous ou réveillez-vous en Kiswahili) est un outil pour le changement social progressif en Afrique. Pambazuka News est produit par Fahamu, une organisation qui utilise les technologies de la communication et de l’information pour couvrir les besoins des organismes et des mouvements sociaux qui aspirent à un changement social progressif.

Surveillance de l’UA

Ce site a été établi par Fahamu dans le but de réguliérement fournir des informations sur ce qui se passe au sein de l’Union Africaine. Dans l’immédiat, nous téléchargerons réguliérement des informations depuis le sommet de Khartoum à partir du 26 janvier 2006.
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Food Rebellions! Food Rebellions! Crisis and the hunger for justice Eric Holt-Giménez & Raj Patel.

Food Rebellions! takes a deep look at the world food crisis and its impact on the global South and under-served communities in the industrial North. While most governments and multilateral organisations offer short-term solutions based on proximate causes, authors Eric Holt-Giménez and Raj Patel unpack the planet's environmentally and economically vulnerable food systems to reveal the root causes of the crisis.

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Archives

Pambazuka News 169: Le Protocole de Maputo, 5 ans après. Comment aller de l'avant ?

Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.

Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Chroniques, 2. Femmes & genre, 3. Droits humains, 4. Elections & gouvernance, 5. Développement, 6. Santé & VIH/SIDA, 7. Éducation, 8. Racisme & xénophobie, 9. Environnement, 10. Conflits & urgences




Sommaire de cette édition

CHRONIQUES : Défendre les droits des femmes : de nouvelles perspectives ?
FEMMES & GENRE : Afrique du Sud : Un tiers des hommes à Johannesburg sont des violeurs.
DROITS HUMAINS : Afrique : 8,5 millions d’euros de promesses pour le procès d’Hissène Habré.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Bénin : Choix d’une liste électorale provisoire.
DEVELOPPEMENT : Global : Le nombre de pays très pauvre a doublé en quarante ans.
SANTE & VIH/SIDA : Afrique : De nouvelles combinaisons contre la tuberculose.
EDUCATION : RD Congo : Augmentation de 23% de taux de scolarisation.
RACISME & XENOPHOBIE : Global : Le gaz à effet de serre à un niveau le plus élevé dans l’atmosphère.
CONFLITS & URGENCES : Centrafrique : L’armée tchadienne a bombardé pour Bangui.




Chroniques

Défendre les droits des femmes: de nouvelles perspectives?

Nora Matovu Winyi

2010-11-30

http://pambazuka.net/fr/category/features/69221


cc D P
En matière d’adoption d’instrument et de texte, au niveau de l’Union Africaine la rapidité avec laquelle tout s’est mis en place pour le Protocole de la Charte africaine pour les droits humains reste exemplaire. Au terme des trois premières années qui ont suivi l’adoption, 26 pays l’ont ratifié. Mais le processus s’est ralenti et en 2009 pas un seul des pays qui ne l’avaient pas encore ratifié n’a pris les mesures pour compléter le processus. Pour Nora Matovu Winyi, le travail de plaidoyer doit continuer, mais s’appuyer sur des stratégies novatrices pour vaincre les résistances qui subsistent.

Le 25 novembre 2010, les membres de Solidarity Women’s Rights in Africa Coalition (SOAWR), conjointement avec l’Union africaine, ont célébré le 5e anniversaire de l’adoption du Protocole de la Charte africaine pour les droits humains et des peuples et pour les droits des femmes en Afrique. Le chemin a été long depuis sa conception, en 2003, jusqu’à son entrée en vigueur en novembre 2005. Quinze pays l’avaient alors ratifié et déposé auprès de l’Union africaine. Au moment de cette célébration, il est important de se souvenir des 28 pays africains qui ont aujourd’hui ratifié le protocole. Ceci représente plus de la moitié des pays africains et c’est un grand succès lorsqu’on le compare à plusieurs autres instruments et protocole pour les droits humains adopté par l’Union africaine au cours de ces dix dernières années

Lorsque le Protocole a été signé en 2003, nombre de pays l’avaient fati parce qu’ils étaient d’accord avec ses dispositions. Lors du sommet de l’Union africaine en janvier 2005, 21 pays l’avaient signé, mais seuls 7 pays l’avaient ratifié. Au terme des trois premières années qui ont suivi l’adoption, 26 pays l’ont ratifié. Puis le processus s’est ralenti et en 2009 pas un seul des pays qui ne l’avaient pas encore ratifié n’a pris les mesures pour compléter le processus.

Lors des sommets de l’UA de janvier et de juin 2009, qui se sont tenus respectivement à Addis Abeba (Ethiopie) et à Syrte (Libye), la coalition de la SOAWR, conjointement avec ses partenaires, a continué à faire du lobbying. Nos visages sont devenus familiers aux Représentants permanents du Conseil (les ambassadeurs résidents à Addis Abeba) et à la plupart des ministres des Affaires étrangères. Ils savaient ce que nous allions dire avant même que nous l’ayons dit et était en accord avec nous pour dire que leur pays respectif devraient ratifier le Protocole. Il semblait que nous enfoncions des portes ouvertes.

Toutefois la réalité nous rattrapait lorsqu’ils retournaient dans leur pays respectif et à la fin de 2009, il ne s’était rien passé. Il était évident que l’heure était venue de changer de stratégies et de tactiques, de ne plus se focaliser exclusivement sur les Sommets de l’Union africaine pour renforcer les liens avec les principaux acteurs au niveau national. En 2010, nous avons aussi concentré nos efforts sur quatre pays : l’Ouganda, le Kenya, le Soudan et l’Ethiopie.

Il est gratifiant de noter, alors que nous célébrons le 5ème anniversaire du Protocole, que deux autres pays l’ont ratifié. Le changement de stratégie de la Coalition a payé. L’Ouganda a ratifié le Protocole le 25 juillet, puis ce fût le tour du Kenya le 31 octobre 2010. Néanmoins, ces deux ratifications ont créé quelques soucis à la Coalition, compte tenu des réserves émises par ces Etats au sujet de l’article 14 du Protocole qui comprend les dispositions concernant la santé reproductive et sexuelle des femmes. Nous devons nous interroger et comprendre la cause de cette évolution

En 2008, l’African Women Development and Communication Network (FEMNET) a publié un livre dont le tire est ‘’Advocating for Women’s Rights : Experience from Solidarity for Women’s Rights Coalition’’ Dans ce livre, les femmes relatent l’origine de la campagne, leurs expériences qui a mené au Protocole qui était le premier instrument pour les droits humains de l’Union africaine à entrer en vigueur après seulement deux ans. Il y avait certainement de la bonne volonté et un engagement de la part des dirigeants africains pour introduire ainsi un nouveau régime en faveur de la promotion et de la protection des droits des femmes en Afrique, ce qui fait partie d’un programme accéléré de développement de la région. Usant de diverses stratégies de la carotte et du bâton, l’application de pression provenant de leurs pairs, des délégations au Sommet à l’Union africaine ont fait que le Protocole est entré en vigueur le 25 novembre 2005.

Les membres de la Coalition ont revu leurs stratégies et ont trouvé qu’il y avait encore du travail à faire au niveau national. Ceci est précisément sur quoi les membres de la Coalition de SOAWR se sont concentrés en 2010 et ceci est la cause d’une grande célébration. Nous avons intensifié notre lobbying et amélioré nos engagements avec les ministres clé et les fonctionnaires concernés au niveau national.

Il y a nombre d’enseignement que les membres de la Coalition ont tiré de leurs expériences de 2010. Pourquoi le processus de ratification a-t-il nécessité cinq ans au Kenya et en Ouganda ? L’Ouganda est un pays progressiste, avec un Constitution radicale qui garantit le droit des femmes et interdit les pratiques qui font obstacle à l’avancement des femmes et des filles. Il interdit les pratiques discriminatoires sur la base du genre. L’Ouganda est le premier pays africain où il y 30% de femmes au Parlement ainsi qu’au niveau des gouvernements locaux et jusqu’au niveau des communautés. La Constitution ougandaise est en harmonie avec le Protocole. Pourquoi donc ce délai de cinq ans ?

Rétrospectivement, il est clair que nous avons beaucoup de travail à faire pour populariser et démocratiser les informations concernant les droits humains et faire entrer dans les mœurs le principe de l’égalité entre les hommes et les femmes. Malgré les principes d’égalité et de non discrimination garantis par la Constitution, nombreux sont les technocrates qui n’ont pas compris les implications de l’ordre constitutionnel qui a été introduit en Ouganda par la Constitution de 1995. Leurs croyances personnelles, leur contexte social et leurs tendances religieuses rendent difficiles la prise de décision juste et appropriée pour garantir que les organes laïcs de l’Etat remplissent leurs obligations de protéger et respecter le droit de chaque personne.

Il s’en suit que la nécessité d’éduquer et de promouvoir la prise de conscience en matière des droits humains ne peut pas être exagérée. Le gouvernement doit montrer son engagement en éduquant ses cadres de sorte qu’ils soient capables d’agir dans les meilleurs intérêts du peuple. Le droit des femmes a longtemps été politisé et ceci doit changer. On ne doit pas nier plus longtemps aux femmes africaines leurs droits. C’est la raison d’être principale de l’établissement d’organismes globaux et régionaux de gouvernance qui établissent des normes et qui peuvent adopter des instruments de droits humains comme la Convention sur l’Elimination et de toutes les formes de discrimination contre les femmes (CEDAW) et le Protocole du droit des femmes.

Nous sommes conscients qu’en 2007 les évêques catholiques d’Ouganda ont déclaré ne pas pouvoir soutenir la ratification du Protocole. D’autres groupements religieux ont aussi dénoncé le Protocole, principalement en raison de ses dispositions concernant les droits sexuels et de santé reproductives des femmes. Cet article reconnaît le rôle des femmes et leurs droits de faire des choix concernant leur propre corps en tant qu’être sexué et leur rôle unique qui est de donner la vie. Le droit à la santé inclut des questions comme celui de se marier ou non, de choisir son partenaire, d’avoir ou non des enfants, quand les avoir et à quel intervalle, d’opérer des choix à propos de sa sexualité et de se protéger des infections, d’avoir accès en toute sécurité à l’avortement si sa vie ou sa santé est en danger.

Bien que les lois ougandaises ne contiennent pas de dispositions contraires à celles du Protocole, cet article 14 a été l’objet de réserves (Art. 14. 1, a et 2.c). Ceci s’est produit malgré les efforts pour démontrer, auprès des concernés dans les ministères pertinents qu’il n’y a pas de clause dans les lois ougandaises qui soient en conflit avec les dispositions du Protocole. Ce qu’il faut c’est de l’éducation, la compréhension du concept des droits humains, l’esprit toujours en alerte pour affirmer que l’Etat est un organe laïc qui comprend des dispositions pour la protection et la réalisation des droits des personnes sans considération de sexe, d’origine ethnique et culturelle, de croyance religieuse ou de statut social ou économique.

Par conséquent, il importe que les engagements politiques en faveur des droits humains soient décisifs. Les fonctionnaires, désireux de réaliser les engagements pris par le gouvernement au nom du peuple, doivent être bien informés et sensibilisés. Les défenseurs des droits humains doivent aussi poursuivre le processus et offrir de l’assistance et un soutien technique là où nécessaire.

Cinq ans se sont aussi écoulés depuis que le Kenya a signé le Protocole. Il y a eu beaucoup de tergiversations, de politisation de la question, de manque de suivi de la part des concernés par le processus et qui aurait dû garantir que les engagements pris par le chef d’Etat concernant la promotion de l’égalité des sexes soit réalisé. Néanmoins, il a fallu deux ans et demi au Kenya pour qu’il ratifie complètement le Protocole, en émettant un nombre de réserves concernant l’art. 14 sur les droits à la santé des femmes.

Dans les deux cas, les membres de SOAWR ont travaillé en parfaite collaboration avec des lobbies nationaux jusqu’à ce que le processus de ratification soit achevé. Nous avons appel à nos dirigeants pour répondre de leurs actes concernant les femmes en Ouganda et au Kenya, ceux-ci étant les hôtes de très importants évènements de l’Union africaine : la 15ème session ordinaire du Sommet de l’Union africaine qui rassemblent chefs d’Etat et gouvernements en juillet 2010 à Kampala et le lancement de la Décennie de la Femme en Afrique accueillie par le Kenya entre le 10 et le 15 octobre 2010. Ces deux évènements ont permis de mettre la pression sur les deux gouvernements afin qu’ils ratifient le Protocole avant les conférences.

Le Sommet de l’Union africaine de juillet 2010 a été consacré à la santé maternelle et infantile en Afrique. Il était donc nécessaire que l’Ouganda, hôte du Sommet, fasse preuve de leadership en reconnaissant à l’Union africaine le rôle de principal organisme de gouvernance régionale ainsi que son rôle normatif. Un des moyens pour y parvenir était de ratifier le Protocole qui garantit le droit des femmes en Afrique, y compris les droits sexuels et la santé reproductive. Les dirigeants ougandais ont achevé le processus et déposé les instruments de la ratification, le 25 juillet 2010, deux jours avant l’ouverture de la conférence.

La démarche claire de la coalition a permis aux acteurs régionaux de travailler avec des stratégies adéquates avec les membres nationaux de la coalition et leurs alliés, afin de mener un travail de lobbying avec constance pour la ratification du Protocole en Ouganda et au Kenya. La coopération des responsables dans les ministères du Genre, de la Justice et des Affaires étrangères dans les deux pays a été décisive pour faire aboutir la ratification. Le droit à la vie et à la santé est fondamental et de lui découlent les autres droits formulés dans le Protocole. Il est important que le Kenya et l’Ouganda, afin de finaliser le processus une fois pour toute, révisent leurs lois afin d’y intégrer le droit à la santé.

En ce qui concerne les perspectives, nous devons rester concentrés sur quelques pays seulement et travailler avec diligence afin de compléter le processus. Deuxièmement nous devons travailler avec les ministères clé et identifier des alliés capables de se mouvoir dans la bureaucratie gouvernementale. Troisièmement, nous devons utiliser des moments propices pour stimuler la prise de conscience en ce qui concerne les responsabilités du gouvernement pour que les citoyens puissent pleinement jouir de leurs droits. Nous devons aussi être attentifs aux procédures et aux systèmes afin que, le cas échéant, nous puissions fournir l’aide technique dont les fonctionnaires peuvent avoir besoin. Enfin, nous devons travailler sans relâche aux droits pour tous.

La Décennie de la Femme Africaine (2010-2020) fournit une bonne opportunité de garantir que les 24 pays qui n’ont pas ratifié le Protocole le fassent au cours des trois premières années de la décennie. Notre objectif est la ratification universelle, sans réserves, d’ici à 2013. Nous faisons appel à la Commission de l’Union africaine pour populariser le message et travailler à sa réussite.

Pour reprendre les propos tenus par la direction de Genre, Femmes et Développement de l’Union africaine, lors du forum des ONG qui s’est tenu le 10 octobre 2010, la Décennie veut dit dire : action et action et encore de l’action. Le cadre est en place et il est grand temps de les réaliser afin que les femmes africaines puissent jouir pleinement de leurs droits. Il s’en suit que pour les 26 pays qui ont déjà ratifié le Protocole, l’attention devrait maintenant se porter sur son intégration dans le corpus légal et son application


* Norah Matovu Winyi est la directrice exécutive de l’African Women’s Development and Communication Network (FEMNET). Elle est une avocate passionnée et depuis des années de la cause des droits humains et de l’avancement des femmes – Texte raduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org



Le protocole des droits de la femme de l’Union africaine a 5 ans : regard en arrière et regard en avant

Mary Wanda

2010-11-30

http://pambazuka.net/fr/category/features/69224


cc World Bank
En cinq les acquis du Protocole de Maputo sont importants. Mais pour un texte qui a connu l’exploit d’être ratifié par 29 Etats membres de l’Union Africaine et d’entrer en vigueur en l’espace de cinq ans, les normes d’application laissent à désirer. Pour Mary Wanda, au moment de célébrer les cinq ans d’entrée en vigueur du Protocole, et profitant du lancement de la Décennie de la femme par l’Union africaine (2010-2020), «il est indispensable que les efforts jusqu’alors dédiés à la ratification se concentrent maintenant sur la promotion de l’application et de l’évaluation».

Le 25 novembre 2010, le Protocole de la Charte africaine pour les droits humains et des peuples et pour les droits des femmes en Afrique a vu passer les cinq ans de son entrée en vigueur. A ce jour, la moitié des pays africains (29) l’ont ratifié. Célébrer ce 25 novembre est d’autant plus important qu’il marque le début des 16 jours de militantisme contre la violence à l’encontre des femmes. Le Protocole englobe la totalité des droits civils, politiques, économiques, culturels et sociaux, le droit au développement et à la paix et les droits sexuels et reproductifs. Il fournit un cadre légal pour aborder les questions d’inégalité des genres et les aspects qui sous-tendent la pérennisation de la subordination des femmes.

Pour la première fois, le droit international s’est montré explicitement favorable au droit des femmes pour un avortement sans danger lorsque la grossesse résulte d’un viol ou d’un inceste, ou si la poursuite de la grossesse met en danger la santé ou la vie de la mère. Par ailleurs, le Protocole demande des mesures légales contre la mutilation génitale, ce qui constitue une autre grande première. Il énonce des mesures de protection pour les droits des veuves, des filles, des femmes vivant avec le Vih/sida, les femmes âgées, les femmes invalides, réfugiées, déplacées, marginalisées ou pauvres, les femmes en détention ou enceintes ou allaitantes.

Cet article examine l’impact du Protocole sur les droits des femmes et la genèse d’un mouvement en Afrique, ainsi que les défis qui ont fait obstacle à la pleine jouissance par les femmes africaines des droits contenus dans le Protocole. Les stratégies pour garantir la réalisation future se trouveront dans la conclusion.

RETROSPECTIVEMENT

Le développement du Protocole pour les droits des femmes en Afrique trouve son origine dans la Conférence mondiale des droits humains qui s’est déroulée à Vienne, en Autriche, en 1993. Elle soulignait que’’ les droits humains de la femme et de l’enfant fille sont inaliénables et font partie intégrante et indivisible des droits humains universels.’’ D’où la naissance du slogan : ‘’les droits de la femmes sont des droits humains.’’

Prenant conscience que la Charte africaine pour les droits humains et des peuples, adoptée par l’OUA en 1981, n’abordait pas les droits humains des femmes de façon adéquate, les chefs d’Etat et de gouvernements, de ce qui était alors l’Organisation de l’Union africaine, ont mandaté, en juin 1985, ACHPR afin qu’elle élabore un protocole sur le droit des femmes en Afrique. La Commission africaine a publié un premier projet en 1997, qui a été discuté et amendé par les Etats et la société civile pendant sept ans, avant que d’être adopté en 2003

Il n’a fallu que 18 mois pour que le protocole entre en vigueur ce qui en fait l’instrument des droits de l’homme qui a mis le moins de temps dans l’histoire de l’OUA/Union africaine pour un tel processus, grâce aux efforts acharnés d’un groupement de la société civile, Solidarity for African Women’s Rights Coalition (SOAWR) qui travaillait en étroite collaboration avec les Etats membre de l’Union africaine et l’African Union Women Gender and development Directorate.

QUELLE DIFFERENCE LE PROTOCOLE A-T-IL FAIT AU COURS DES 5 DERNIERES ANNEES ?

Le protocole comble les lacunes relatives aux droits des femmes de la Charte africaine pour les droits humains et des peuples. La Charte, comme de nombreux autres instruments légaux internationaux, définit des normes en relation avec l’expérience des hommes et en termes de violations discrètes dans la sphère publique, alors que la plupart des violations des droits humains de la femme ont lieu dans la sphère privée. Ses dispositions ne sont pas adéquates pour aborder le droit des femmes. Par exemple, l’article 18 interdit la discrimination seulement dans le cadre familial. Ces omissions sont aggravées du fait que la Charte met l’emphase sur les traditions et les valeurs africaines traditionnelles, sans considérer que de nombreuses pratiques coutumières, comme la mutilation génitale, le mariage forcé, le droit à l’héritage des femmes, peuvent être dommageables ou mettre en péril la vie des femmes.

Le Protocole complète la Charte africaine et les conventions internationales des droits humains en se concentrant sur des actions concrètes et des objectifs pour accorder aux femmes leurs droits. Par ailleurs, il intègre la Convention des Nations Unies pour l’Elimination de toutes les Formes de Discrimination à l’encontre des Femmes (CEDAW) ainsi que la Déclaration de Beijing et la Platform for Action dans le contexte de l’Afrique. Par exemple, il demande explicitement la prohibition de la mutilation génitale. Il demande aussi la fin de toute forme de violence à l’encontre des femmes, y compris des relations sexuelles non désirées ou contraintes, que ce soit dans la sphère privée ou publique, et interdit l’exploitation des femmes dans la publicité ou dans la pornographie. Il a fourni un cadre légal et de défense pour que les femmes africaines puissent revendiquer la promotion et la protection des droits humains.

Le Protocole a fait progresser la jurisprudence dans les droits des femmes. En Zambie, une fille de 13 ans a été violée par un enseignant. Un avocat a porté une plainte civile contre l’enseignant, l’école, le procureur général et le ministère de l’Education pour n’avoir pas protégé la fille pendant qu’elle était à l’école. Au cours du procès, l’avocat a fait référence au Protocole, compte tenu que la Zambie est un Etat partie. Le juge, dans sa décision, mentionne la référence de l’avocat au Protocole et en cite l’article 4 qui dit ’’ que les Etats prendront toutes les mesures nécessaires pour appliquer la loi qui prohibe toute forme de violence à l’encontre des femmes, y compris des relations sexuelles non désirées ou contraintes, que cette violence s’exerce en public ou en privé (Article 2 (2) (a))

De plus, l’issue du procès a été favorable à la fille à qui il a été octroyé des dommages et intérêts. Le juge a ordonné au ministère de l’éducation d’instaurer des directives dans les écoles qui servent à protéger les élèves d’abus sexuels et au procureur d’arrêter et de traduire en justice l’enseignant. Ceci est un jugement de droit commun prononcé par une Cour suprême qui peut servir de précédent dans d’autres pays, lorsqu’on cite des gouvernements qui doivent répondre de leurs actes pour des violations des droits prévus dans le Protocole.

Le Protocole a étendu son emprise dans le domaine des droits de la femme en Afrique jusque dans des territoires qui, jusque-là, était marqué’’ interdits’’, établissant de nouvelles normes qui englobent les droits sexuels, la santé reproductive, la mutilation génitale et la polygamie. La campagne de SOAWR ainsi que les dispositions du Protocole ont fourni un cadre à la collaboration et aux actions conjointes avec la CEDEAO, la SADC et l’EAC, qui ont adopté les déclarations sur l’égalité des genres suite aux efforts des organisations féminines.

La lutte pour l’ébauche, l’adoption et l’entrée en vigueur a culminé par une formidable coalition au niveau régional : le Solidarity African Women’s Rights (SOAWR). SOAWR est un mouvement qui, depuis 2007, a été constamment engagé et qui estimait que les Etats membres de l’Union africaine avait à répondre de la ratification et de l’application du Protocole. La lutte, menée à cet effet, a généré de puissants mouvements féminins au niveau national. Par exemple la Women’s first coalition en Ouganda et le Gender Action Team en Gambie ont renforcé les voix des femmes en exigeant la ratification et l’application du Protocole au niveau national.

Bien que l’égalité des genres et l’autonomisation et la responsabilisation des femmes ne soient pas encore pleinement réalisées en Afrique, avec des mouvements féminins comme SOAWR et des coalitions nationales émergentes, les gouvernements n’auront plus d’échappatoires sur les questions des droits des femmes.

Le Protocole a fourni des normes pour les gouvernements à intégrer dans la planification des politiques nationales de développement, dans le domaine de l’égalité des genres. Le Rwanda est un cas de figure pour avoir appliqué le Protocole dans tous les secteurs gouvernementaux. Et la Gambie a adopté une ‘’Loi des femmes’’ pour appliquer ses engagements concernant les droits des femmes, engagements pris au niveau régional et international, y compris le Protocole.

Le Protocole sert à éduquer au niveau national et local sur la question des droits des femmes. En Gambie, en Tanzanie et au Liberia, les membres du SOAWR ont traduit le Protocole en chants. D’autres membres du SOAWR ont publié des versions simplifiées du Protocole et/ou l’ont traduit dans les langues vernaculaires afin d’en faciliter l’accès aux femmes et au public en général. Un programme radiophonique- Crossroads Drama- a été développé en anglais et en français. Ceci a encouragé les citoyens à exiger l’application des dispositions du Protocole. Par exemple, le Protocole a été d’un grand apport dans la campagne contre les mutilations génitales en Tanzanie.

Malgré les progrès réalisés au cours des cinq dernières années grâce au Protocole, son potentiel libérateur de la femme africaine des entraves de la domination patriarcale reste à atteindre. La Ratification s’est accélérée pour passer de 15 pays en 2005 à 29 pays 2010. Cependant, rares sont les pays qui ont mis en œuvre le Protocole, ainsi que les lois, politiques, institutions et services qui doivent promouvoir, protéger les femmes et faire progresser leurs droits au niveau national.

Les Etats membres de l’Union Africaine ont failli à leur promesse ‘’de signer et ratifier le Protocole de la Charte africaine pour les droits humains et des peuples et pour les droits des femmes en Afrique d’ici la fin 2004 et de soutenir le lancement de campagnes publiques dont l’objectif est de garantir son entrée en vigueur en 2005 et introduire ainsi l’ère de l’intégration et de l’application du Protocole ainsi que d’autres instruments légaux nationaux, régionaux, internationaux en faveur de l’égalité des genres par les Etats membres.

Par conséquent, la violation des droits des femmes se poursuit sans pause, en raison du manque de volonté politique d’appliquer les engagements pris en faveur des droits des femmes. La volonté politique est requise pour que les lois se traduisent en programmes d’action dotés de ressources permettant d’obtenir des résultats. Les institutions nationales pour le genre continuent de porter le fardeau, aussi bien pour la question de la parité que pour la responsabilisation des femmes avec des ressources minimales. La plupart des institutions nationales souffrent de ressources inadéquates et un grand pourcentage provient de donateurs étrangers.

L’absence de mécanismes nationaux qui garantissent une application large des droits des femmes, ainsi que le manque de surveillance et de responsabilité, reste un défi majeur pour la parité des genres. La plupart des rapports d’évaluation nationaux n’incluent pas d’indicateurs d’égalité des genres en raison de l’absence de données spécifiques, ce qui brouille la responsabilité. Ceci n’est pas le seul fait des Etats, mais cela se produit aussi au niveau régional où l’Union africaine n’a toujours pas élaboré les mécanismes qui permettent de demander des comptes quant à leurs engagements au niveau de l’Union.

LE REGARD EN AVANT.

Nous avons beaucoup appris des heurs et malheurs de ces cinq dernières années. Nous devons maintenant réfléchir à nos stratégies et trouver de nouveaux moyens pour que le Protocole soit appliqué pleinement. Le 5ème anniversaire du Protocole survient juste après le lancement de la Décennie de la femme de l’Union africaine (2010-2020) à Nairobi, où le président du Malawi, Honorable Dr Bingu wa Mutharika et actuel président de l’Union africaine, notait que ‘’de nombreux cadres ont été mis en place, de nombreux engagements ont été pris par le passé, mais les femmes n’ont toujours pas été entièrement émancipées. La Décennie africaine de la femme devrait voir de réelles améliorations dans la vie des femmes et celles-ci devraient être impliquées dans le processus décisionnel’’

Le président du Kenya, qui accueillait le lancement de la décennie, Honorable Mwai Kibaki a renchéri : ‘’La décennie de la femme africaine doit marquer le début de programmes effectifs, centrés et énergiques pour l’autonomisation et la responsabilisation des femmes’’.

Propos encourageants mais qui resteront vides de sens, à moins d’être suivis d’actions au cours de la Décennie de la femme africaine. Il est indispensable que les efforts jusqu’alors dédiés à la ratification se concentrent maintenant sur la promotion de l’application et de l’évaluation. Ceci va requérir l’éducation et la mobilisation des femmes sur le thème des engagements des gouvernements dans le domaine des droits des femmes tel que prévu par le Protocole. Il est nécessaire de générer une lame de fond qui rende impossible l’attitude des dirigeants de continuer à gouverner tout en violant les droits des femmes en toute impunité ; ceci ne doit plus être toléré. Nous devons construire du capital politique en nous appuyant sur le Protocole.

‘’La seule façon de résoudre le problème de la subordination des femmes est de changer la mentalité des gens et de planter dans tous les esprits la nouvelle idée de l’égalité des genres’’ (Quinrong Ma).

Dans nos relations avec les membres de l’Union africaine sur la question de l’application, nous devons exiger la transformation des structures d’application au niveau national. L’inégalité des genres qui déresponsabilise les femmes est transversale et touche à tous les secteurs : santé, économie, emploi, agriculture et sécurité alimentaire, éducation, sécurité et justice. La promotion de la réalisation des droits et de la responsabilisation des femmes est un objectif national en soi, mais également en raison de son importance dans d’autres priorités nationales, y compris la croissance économique et la réduction de la pauvreté.

Nous ne pouvons plus dépendre des institutions préposées à l’égalité des genres et leur laisser toute la responsabilité pour réaliser les engagements ayant trait aux droits des femmes qui affectent tous les secteurs du gouvernement. Ce qui est requis est une approche multisectorielle où chaque secteur du gouvernement doit rendre compte des progrès réalisés dans l’application des dispositions du Protocole, relatives à son mandat. La même approche doit être adoptée par l’Union africaine en ce qui concerne l’application des dispositions dans tous les départements, bureau régionaux et mécanismes comme le Peace and Security Council, le parlement panafricain, etc.

Dans les pays qui ont ratifié le Protocole, nous devons créer des alliances avec les associations d’avocats et de juges afin de promouvoir la reconnaissance du Protocole. Ceci afin de les encourager de se référer au Protocole dans les procédures et les jugements et augmenter les procès publics afin d’enrichir la jurisprudence régionale dans le domaine du droit des femmes. Communiquer à la Commission africaine des droits humains et des peuples et présenter des cas de violations graves et massives à la Cour Africaine des Droits Humains et des Peuples devrait être une priorité pour améliorer l’application. Il est impératif de choisir les cas sur la base de leur valeur de précédents, au niveau régional et international.

La Commission africaine a publié des directives pour les Etats qui doivent rendre compte deux fois par an des progrès réalisés sur le chemin de la réalisation du Protocole au niveau national, selon les termes de l’article 62 de la Charte africaine. Ces directives devraient être largement diffusées en particulier auprès des Etats parties au Protocole. Nous devons aussi identifier les rapports à l’avance et insister pour qu’ils comprennent une section concernant le Protocole. Par ailleurs il est important pour le processus que des partenariats stratégiques soient établis avec le Rapporteur Spécial des droits des femmes de la Commission africaine et des organisations des droits de la femme. Le bureau du Rapporteur Spécial est une ressource que nous devons mieux utiliser.


CONCLUSION

Ces cinq dernières années ont vu un progrès des cadres légaux et du discours en faveur des droits des femmes. Toutefois, ils n’ont pas contribué de façon significative à la situation des femmes en Afrique. Le Protocole nous offre le moyen de transformer la relation de pouvoir inégale entre les hommes et les femmes qui est au cœur de l’inégalité des genres et de l’oppression des femmes. Nous devons nous concentrer sur son application. Nous n’avons pas besoins de davantage de protocoles, politiques et déclarations sur les droits des femmes. Mais nous avons besoin d’un agenda qui exige des dirigeants africains qu’ils soient fidèles à leurs engagements à l’égard du Protocole et d’autres instruments de l’Union africaine. Ceci n’est pas pour le seul profit des femmes mais bénéficiera à tous les citoyens africains, hommes et femmes.

L’inégalité des genres reste insidieux dans toutes les parties du monde et tend à diminuer la productivité, la distribution du travail domestique et l’économie, aggravant l’inégalité de la distribution des ressources. Elle contribue également aux aspects non monétaires de la pauvreté - le manque de sécurité, d’opportunité, de responsabilité ce qui diminue la qualité de vie aussi bien des hommes que des femmes, Alors que les femmes et les filles paient le prix le plus élevé pour ces inégalités, le coût en est partagé par la société entière par les retards accumulés dans le développement et la réduction de la pauvreté (Groupe du développement des questions de genre, Banque Mondiale du rapport ‘’Gender equality et les Millenum development goals (2003).


* Mary Wandia travaille pour le programme Pan Africa d’Oxfam. Elle est co-fondatrice de SOAWR qui défend la réalisation du Protocole de l’Union africaine sur les droits des femmes en Afrique. Elle est membre de l’African Feminist Forum. Contact : mwandia@yahoo.com
Elle remercie Anne Mitaru pour sa contribution au présent article
Traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

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Kenya: le processus de ratification et les enseignements que l’on peut en tirer

Regina Mwanza

2010-11-30

http://pambazuka.net/fr/category/features/69222


cc H C
Au cours du processus pour l’application du Protocole de Maputo par le Kenya, de nombreuses leçons ont été apprises. Regina Mwanza revient sur les difficultés rencontrées et détaille ces leçons.

Au début de 2003, Equality Now a accueilli une conférence de groupes féminins afin d’orchestrer une campagne en vue de mettre la pression sur l’Union africaine, pour qu’elle adopte le protocole et que le texte soit conforme aux normes internationales. La démarche a été couronnée de succès. L’Union africaine a repris le processus et a achevé le document. Ce Protocole de la Charte africaine pour les droits humains et des peuples et les droits de la femme en Afrique a été ainsi officiellement adopté lors du sommet de l’Union africaine à Maputo, le 11 juillet 2003.

Le 25 novembre 2005, le protocole est entré en vigueur après avoir été ratifié par 15 Etats membres de l’Union africaine, comme requis. Quarante-cinq chefs d’Etats des 53 Etats membres de l’Union africaine ont signé le protocole et, dès décembre 2009, ont ratifié et déposé le protocole. Le Kenya faisait partie des pays qui ont signé le protocole, mais qui ne l’ont pas ratifié en raisons des réserves exprimées.

LE CHEMINEMENT

En mai 2007, au cours de la 41ème session de la Commission africaine sur les droits humains et des peuples qui s’est déroulée à Accra, au Ghana, le gouvernement kenyan déclarait avoir ratifié le protocole. Les mots exacts du ministre de la justice et des affaires constitutionnelles étaient les suivants : «Je peux dire avec confiance que l’instrument sera déposé d’ici à la fin juin.» Des mots vains. Il n’y a pas de preuve qu’il y ait eu de suites à sa déclaration il n’y avait aucun engagement dans sa déclaration ; laquelle n’était rien de plus qu’une promesse en l’air (Ndlr : Le Kenya a finalement ratifié le protocole le 31 octobre 2010, voir : Défendre les droits des femmes: de nouvelles perspectives?)

Le bureau des affaires légales a en effet confirmé que le protocole était discuté et qu’il avait reçu l’approbation du Cabinet pour être ratifié (…) qui a été communiquée au ministère des Affaires étrangères en mai 2006 et qu’il était attendu de celui-ci qu’il prépare et dépose l’instrument pour ratification. Ce fut frustrant, par la suite, d’apprendre que le bureau des Affaires légales du ministère a reçu des informations contradictoires, les unes prétendant que l’approbation avait été communiquée mais ‘’perdue, cependant que d’autres sources prétendent qu’aucune approbation n’avait été reçue.

Au Kenya, bien que de grands pas aient été faits pour la protection des droits de la femme, les violations restent monnaie courante. La violence contre les femmes continue d’être minimisée par la société et le gouvernement n’y accorde aucune priorité. La santé reproductive continue d’être soumise aux valeurs sociétales. Le financement pour aborder les questions des femmes continue d’être conditionnel et soumis à des relations de pouvoir. Nombre de politiques et de lois se sont efforcées de protéger le droit des femmes, mais la plupart reste des projets. Cas de la loi sur le mariage, sur la propriété matrimoniale, la santé de la famille et la santé reproductive. Toutes contiennent des dispositions pour une plus grande protection des droits de la femme. La politique du genre, la loi sur les enfants, la loi sur l’emploi, la politique agraire, la politique nationale des droits humains, la loi sur les crimes sexuels et la loi sur l’éducation, contiennent aussi des dispositions qui visent à améliorer les droits de la femme.

Au cours du processus pour l’application du Protocole de la Charte africaine pour les droits humains et des peuples et les droits de la femme en Afrique, connu sous le nom de protocole de Maputo, de nombreuses leçons ont été apprises.

D’abord, il y a la nécessité d’avoir un calendrier clair au cours du processus de ratification. Il n’y avait aucune clarté dans le processus. Ceci a permis à divers agents d’échapper à leurs responsabilités au cours du processus tout en rejetant la faute sur les autres et fabriquer des excuses qui ont conduit au retard de la ratification des instruments internationaux et régionaux.

Un autre enseignement consiste en la nécessité de créer des synergies entre les différentes institutions qui ont des compétences diverses, mais aussi d’aménager plusieurs points de contacts qui permettent d’accélérer le processus de ratification du protocole. Le réseau de SOAWR, emmené par la Coalition contre la Violence faite aux Femmes a été un lobby effectif qui a exercé la pression nécessaire sur le gouvernement afin qu’il ratifie le protocole.

La troisième leçon apprise concerne les méthodes nouvelles et innovantes qui peuvent mettre le gouvernement sous pression afin qu’il ratifie le protocole. Auparavant, hormis le fait d’impliquer tous les ministères concernés dans le processus, les organisations avaient de la peine à savoir comment obtenir la ratification. Actuellement, des méthodes, comme l’analyse des lois nationales déjà en vigueur, qui donnent du poids à de telles stratégies, ont été utilisées pour obtenir un résultat plus favorable.

Quatrièmement, la vulgarisation du Protocole a été des plus utile. FEMNET a réalisé des émissions à la radio diffusées sur la station locale dans la langue nationale, le kiswahili. Le feuilleton intitulé « Crossroads » comprend six épisodes et a contribué à faire connaître le Protocole des Droits de la Femme en Afrique. Chaque épisode durait 20 minutes et brossait à grand trait les éléments clé concernant les droits de la femme contenus dans le Protocole. Les intervenantes, appartenant à la SOAWR, ont mis en évidence le message clé diffusé dans chaque épisode et ont répondu aux questions.

Cinquièmement, le calendrier était essentiel. Le Kenya recevait la conférence de la Décennie de la femme africaine. L’utilisation de cette plateforme a permis d’exercer une pression appropriée sur le gouvernement afin qu’il ratifie le protocole. La leçon à en tirer est qu’il faut profiter des réunions ou des célébrations qui se présentent et qui mettront la pression internationale sur le gouvernement.

Le Protocole de Maputo est plutôt holistique dans son approche des droits de la femme. Il a agi comme catalyseur d’un changement accéléré parce qu’elle offre une voix aux revendications des femmes. Sa focalisation sur l’Afrique offre l’opportunité d’intégrer le point de vue autochtone à la question du genre. Du fait qu’il inclut une demande de rapport, les gouvernements auront à rendre des comptes.

Afin que les droits contenus dans le protocole soient réalisés, un plan d’action national, complet avec des allocations budgétaires et des ressources humaines sera nécessaire pour une application effective


* Regina Mwanza

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Soudan : La lutte des femmes soudanaises pour la ratification du protocole

Sidiga Washi

2010-11-30

http://pambazuka.net/fr/category/features/69223


cc D P
Quarante-six gouvernements africains ont signé le Protocole de la Charte africaine pour les droits humains et des peuples et les droits de la femme en Afrique, dit «Protocole de Maputo». Il garantit une panoplie de droits aux femmes africaines y compris l’égalité, la non discrimination sur la base du genre, la protection contre les pratiques culturelles néfastes et la violence domestique, un salaire égal, des bénéfices conjoints, une reconnaissance de la valeur du travail de la femme au foyer et des congés maternité payés.

Quarante-six gouvernements africains ont signé le Protocole de la Charte africaine pour les droits humains et des peuples et les droits de la femme en Afrique, dit «Protocole de Maputo». Il garantit une panoplie de droits aux femmes africaines y compris l’égalité, la non discrimination sur la base du genre, la protection contre les pratiques culturelles néfastes et la violence domestique, un salaire égal, des bénéfices conjoints, une reconnaissance de la valeur du travail de la femme au foyer et des congés maternité payés.

Quatre-vingt dix millions de femmes sur le continent sont des survivantes de pratiques culturelles néfastes et illégales comme la mutilation génitale. En Gambie, pas moins d’une femme sur deux ont subi la pratique. Dans toute l’Afrique, la plupart des femmes pauvres et marginalisées subissent quotidiennement des violences physiques, psychologiques ou structurelles dans leurs lieux de travail, à la maison et même en public. En Ouganda, dans les districts évalués, 41 % des femmes ont fait état d’abus et de la violence qu’elles subissent aux mains de leur mari, d’ami masculin ou de membres de la famille.

Dans ces circonstances, un nombre disproportionné de femmes (57%) sont affectées par le virus du Vih/sida. Nombre d’entre elles sont de jeunes femmes. Selon l’Union africaine, le sida, la malaria et la tuberculose diminuent de 1-2% la croissance économique annuelle et abaissent la longévité de 25%. Les avortements dans des conditions insalubres et des services de santé reproductives médiocres coûtent 250 000 vies chaque année.

L’entrée en vigueur du Protocole de Maputo en novembre 2005, après que les 15 pays requis l’aient ratifié, et bien que seul 29 des 53 pays du continent l’aient ratifiés à ce jour, offre des perspectives intéressantes. Les 21 dispositions du Protocole abordent de façon complète la discrimination contre les femmes, les pratiques culturelles néfastes et le droit à participer pleinement dans les sphères économiques, politiques et sociales. C’est un instrument de fabrication autochtone adopté par les gouvernements africains au plus haut niveau, après 8 ans de consultations.

Au Soudan, une large frange du gouvernement et des acteurs de la société civile sont opposés à certaines sections du protocole.

POURQUOI LE SOUDAN DEVRAIT RATIFIER LE PROTOCOLE

Le Soudan devrait ratifier le Protocole parce qu’il est estimé qu’il offre un cadre légal puissant et protecteur du droit des femmes en comparaison avec des protocoles ou conventions existants. En fait, il comprend des dispositions détaillées et innovantes du droit des femmes à participer, sans discrimination, au processus décisionnel et à être représentée à égalité avec les hommes dans tous les processus électoraux. Le protocole exige des Etats parties, entre autres, de garantir le droit reproductif des femmes, le planning familial, le droit à la santé, l’accès à la justice et l’égalité devant la loi. Tous ces éléments sont très importants pour les femmes soudanaises et la ratification et l’intégration de ces dispositions dans les lois nationales contribueront à éliminer les lois discriminatoires contre les femmes, à protéger leurs droits et permettront au Soudan de montrer le chemin de la protection des droits des femmes, de l’amélioration des prestations de soins de santé maternelle, de la diminution des mariages précoces et des pratiques traditionnelles néfastes et de l’abandon de l’école par les filles, etc.

POURQUOI CE RETARD DANS LA RATIFICATION ?

Certaines des dispositions du Protocole comme la question de l’égalité, de l’égalité devant la loi et l’héritage, le contrôle de la fertilité sont encore débattues parmi les législateurs, les chefs religieux et les politiciens. Même des groupements de femmes ont des réserves. L’égalité se est vue par certains fondamentalistes religieux comme étant contraire à l’islam ! Et ce bien que ces droits aient été préalablement inexistants et ne contreviennent pas à la dignité et ne font pas obstacle à la jouissance de leurs droits.

COMMENT LE RETARD AFFECTE LE STATUT DES FEMMES

Ce retard va affecter les progrès réalisés par des organisations féminines soudanaises qui ont travaillé à la promotion du droit des femmes, et à protéger les acquis en matière de droit à la santé reproductive, la fin de la discrimination légale et de la violence contre les femmes.

QU’EST-CE QUI EST REQUIS ?

- Approcher les différentes parties intéressées et obtenir leur soutien pour la ratification du protocole. Forger des liens avec des militants d’autres pays africains.
- Coordonner les plans pour des actions gouvernementales afin d’obtenir l’engagement en faveur de la ratification du protocole et maintenir le dialogue avec les fonctionnaires du gouvernement.
- Compiler les informations sur le progrès, le résultat et les défis dont d’autres pays font l’expérience dans la promotion et la protection des droits des femmes en Afrique.
- Des représentations pour influencer le gouvernement afin qu’il accélère le processus de ratification du protocole en faveur des femmes.
- Au travers de contact direct avec le chef d’Etat et les responsables, mettre l’accent sur l’intégration dans le droit national.
- Augmenter le nombre d’organisations féminines utilisant le protocole de l’UA comme cadre pour la promotion et la protection des droits des femmes pauvres et marginalisées
- Faciliter la participation des membres nationaux dans la campagne de promotion continentale
- Participer à des évènements nationaux afin d’intégrer des actions continentales au niveau national
- Pour améliorer l’information diffuser et partager le travail des campagnes nationales au niveau continental et international.


* Sidiga Washi est professeur des sciences de la famille et de la consommation, de nutrition communautaire et ancienne doyenne de l’Ecole de Sciences de la santé et de la famille à l’université de Ahfad pour les femmes soudanaises. Actuellement elle travaille comme professeur de nutrition communautaire au département de Nutrition et santé au collège de ‘’Nourriture et Agriculture’’ à l’Université des Emirats arabes. - Traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

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Pourquoi l’Ethiopie devrait ratifier le protocole de Maputo

Fana Hagos Berhane

2010-11-30

http://pambazuka.net/fr/category/features/69225


cc Gigi
L’Ethiopie a de bons antécédents a en matière de ratification de traités des droits humains, aussi bien au niveau international que régional, mais jusqu’ici ce pays hésite à ratifier le Protocole de Maputo. Faute de ce cadre légal qui offre la meilleure protection actuelles contre les inégalités dont peuvent souffrir les femmes, Fana Hagos Berhane déplore les conditions difficiles qui sont les leurs en Ethiopie.

Le Protocole de la Charte africaine pour les droits humains et des peuples et pour les droits des femmes en Afrique, plus connu sous le nom de Protocole de Maputo, adopté par l’Union africaine en 2003, à Maputo au Mozambique, est entré en vigueur en 2005. Ce protocole, comme la Convention des Nations Unies pour l’élimination de toutes formes de discrimination contre les femmes (CEDAW), a été ratifié par presque tous les pays africains et fournit un cadre légal de référence qui garantit le respect des droits humains de la femme : l’élimination de la discrimination et des pratiques néfastes, le droit à la vie et à l’intégrité physique, l’égalité dans la famille et des droits civils, le droit de participer au processus politique, la protection dans les situations de conflits armés, la protection des droits économiques et sociaux, le droit à la santé et à la sécurité alimentaire, etc.

Le protocole de Maputo a maintenant été ratifié par la majorité des pays africains qui se sont ainsi engagés à « garantir que les droits des femmes seront promus, réalisés et protégés ». L’Ethiopie est l’un des rares pays à ne l’avoir pas encore fait. Cet article examine les raisons pour lesquelles l’Ethiopie, membre de l’Union africaine, doit envisager de ratifier le protocole.

La ratification du protocole de Maputo est en harmonie avec la politique étrangère et nationale de l’Ethiopie. Ce pays a de bons antécédents en matière de ratification de traités des droits humains, aussi bien au niveau international que régional. Parmi ces traités on note la Convention internationale sur les droits civils et politiques (1993), la Convention internationale sur les droits économiques, culturels et sociaux (1993), la Convention internationale pour l’élimination de toutes formes de discrimination contre les femmes (1981) et la Charte africaine des droits humains et des peuples (1998)

La Constitution de la République fédérale démocratique d’Ethiopie contient par ailleurs des dispositions sous l’article 9 (4) qui prévoient que tous les traités internationaux ratifiés soient intégrés dans le corpus légal du pays. Elle dit encore que les droits et libertés fondamentaux qu’elle a reconnus seront interprétés en conformité avec les instruments internationaux que l’Ethiopie a ratifiés. Ceci est une disposition importante qui permet d’interpréter le droit à la lumière des instruments de droits humains qui ont été largement interprétés et bénéficient d’une large jurisprudence constituée au fil des années. Bien que l’Ethiopie ait ratifié tous les instruments des droits humains susmentionnés et bien d’autres traités importants, le gouvernement éthiopien n’a pas ratifié le protocole de Maputo. La ratification du protocole de Maputo, non seulement confirmerait le bilan de l’Ethiopie en ce qui concerne la ratification de traités internationaux et régionaux, mais contribuerait également à sa réputation de soutien solide aux droits humains en général et aux droits des femmes en particulier

La ratification du traité de Maputo par l’Ethiopie augmenterait sa crédibilité et son influence en Afrique.

L’Ethiopie est le pays d’Afrique le plus longtemps indépendant. L’Ethiopie, le deuxième Etat le plus populeux d’Afrique, a aussi été un membre fondateur de l’Organisation de l’Union Africaine (OUA) établie le 25 mai 1963 et remplacée par l’Union africaine (UA) en 2002. Le quartier général de l’UA est à Addis Ababa. Au jour d’aujourd’hui, l’Ethiopie a l’économie la plus puissante de l’Afrique de l’Est (PIB), qui connaît la plus forte croissance du monde, et est en passe de devenir une puissance régionale dans la Corne de l’Afrique

Le propos de cet article est de démontrer que si l’Ethiopie ratifiait le protocole de Maputo, elle pourrait exercer une plus grande influence politique et morale dans le domaine des droits humains en Afrique. La ratification du protocole par l’Ethiopie donnerait une plus grande crédibilité et un soutien régional à ses principes et stimulerait la réalisation des droits des femmes en Afrique. La ratification engagerait le gouvernement éthiopien et d’autres Etats africains à une meilleure protection et promotion des droits des femmes. Un des moyens vers ce but est de signer et ratifier des traités de droits humains fondamentaux internationaux et régionaux. Plus important que tous, il y a le Protocole de la Charte africaine pour les droits humains et des peuples et pour les droits des femmes en Afrique.

Le protocole, qu’il reste à l’Ethiopie à ratifier, protège les femmes, très vulnérables en Afrique. Il s’en suit que de n’avoir pas ratifier le protocole de Maputo embarrasse la région, et représente un obstacle dans le domaine de la politique étrangère du pays. De surcroît, en refusant de ratifier le protocole de Maputo, le gouvernement éthiopien a perdu une occasion d’influencer le développement des droits humains de la femme en Afrique.

Le protocole de Maputo respecte les principes constitutionnels éthiopiens

Le protocole de Maputo respecte les principes constitutionnels éthiopiens qui proscrivent la discrimination sous toutes ses formes y compris celle basée sur le sexe. La constitution éthiopienne a intégré les dispositions générales aussi bien que spécifiques du droit des femmes. Elle prévoit l’égalité entre hommes et femmes, permettant à tous de bénéficier de tous les droits prévus. L’article 35 de la Constitution est spécifiquement consacré aux droits des femmes et contient plus de dispositions relatives à leurs droits. Celles-ci incluent l’égalité devant la loi, l’égalité dans le mariage, le droit à des mesures positives, la protection contre les pratiques culturelles néfastes, les droits maternels dans le cadre d’un emploi, le droit d’être consultée, le droit à la propriété, à l’emploi, à l’accès aux informations et service du planning familial.

De même, le Protocole de Maputo garantit une large panoplie de droits civils, politiques économiques sociaux et culturels de la femme, ce qui démontre l’universalité, l’indivisibilité et l’interdépendance de tous les droits humains de la femme internationalement reconnus. Ces droits incluent le droit à la vie, à l’intégrité et à la sécurité de la personne, la protection contre des pratiques traditionnelles néfastes, la prohibition de la discrimination et la protection des femmes dans les conflits armés. De surcroît, le protocole garantit un droit à la santé et à la santé reproductive, l’accès à la justice, l’égalité devant la loi et la prohibition de l’exploitation et de l’avilissement. En résumé, le Protocole oblige les Etats parties à intégrer la dimension ‘’genre’’ dans leurs décisions politiques, leurs législations, leurs plans de développement et de garantir le bien-être général des femmes. Le Protocole entérine la non-discrimination et d’autres valeurs essentielles que la plupart des Ethiopiens adoptent inconditionnellement, en accord avec l’essence des principes des droits humains inscrits dans la Constitution.

La discrimination et la violence persistent en Ethiopie

Ces deux dernières décennies ont vu des réformes législatives significatives en ce qui concerne les droits des femmes en Ethiopie. Outre la Constitution éthiopienne, qui contient plusieurs dispositions ayant trait aux droits des femmes, de nombreuses autres lois ont été mises en œuvre et les lois existantes ont été révisées de façon à intégrer les questions de genre. Malgré les progrès réalisés au cours des deux dernières décennies, la discrimination et la violence contre les femmes persistent en Ethiopie.

Le droit révisé des familles a introduit des changement révolutionnaires dans une partie du Code civile qui a trait au mariage et en a extirpé les dispositions les plus discriminatoires. Néanmoins, la pratique du mariage précoce reste commune en Ethiopie, en particulier dans les zones rurales. Bien que l’âge minimum du mariage a été fixé à 18 ans pour les garçons et les filles, contraindre les filles au mariage reste une pratique courante dans tout le pays. En Ethiopie, 19% des filles ont été mariées à l’âge de 15 ans et dans certaines régions comme Amhara, ce chiffre atteint 50%. Une étude révèle que 13% des mariages finissent en divorce ou en séparation. Nombreuses sont les filles qui retournent dans leur famille, mais si elles sont rejetées, migrent souvent vers les villes en quête d’emploi et deviennent employées de maison ou prostituées. Bien que la Constitution requiert le consentement des deux parties pour qu’une dispute soit soumise à un tribunal de la Sharia dans le domaine matrimonial, personnel et des droits de la famille, en pratique les femmes acceptent souvent de régler l’affaire à l’amiable et ce en raison des pressions sociales.

La violence domestique et la violence sexuelle contre les femmes sont une réalité. La violence domestique est monnaie courante en Ethiopie et est largement acceptée. Une étude menée par l’OMS en juillet 2005 montre que 88% des femmes rurales et 69% des femmes urbaines croient que leur mari a le droit de les battre.

L’enlèvement des femmes, bien que tombant sous le Code pénal, est toujours considéré comme étant la façon légitime de se procurer une épouse (En particulier dans le sud de l’Ethiopie). Près de 8% des femmes actuellement mariées ont été enlevées et contraintes au mariage- une coutume sanctionnée par la loi, laquelle n’a été mise en pratique que récemment, qui montre clairement l’énorme domination des mâles dans les traditions éthiopiennes. Ce qui se passe, c’est que la jeune fille est enlevée par un groupe de jeunes gens puis violée par l’homme qui veut l’épouser, quelqu’un qu’elle connaît ou un parfait étranger. Les anciens du village de l’homme demandent alors la fille en mariage à sa famille. Souvent la famille consent parce que la fille a perdu sa virginité et de ce fait n’est plus mariable à un autre homme. Parfois ceux qui l’ont enlevée cachent la fille jusqu’à ce qu’elle soit enceinte et alors la famille juge qu’elle n’a plus de choix sauf de consentir.

Bien que la Constitution ainsi que le Code pénal condamnent les pratiques traditionnelles néfastes, la pratique de la mutilation génitale reste largement en vigueur en Ethiopie. Il est estimé que 74% des femmes éthiopiennes de tout âge ont été sujettes de la mutilation génitale, une pratique qui remonte à la nuit des temps. Les menaces sur la santé résultant de cette pratique sont considérables. Aucune suite pénale n’a jamais été engagée à l’encontre de ceux qui s’y adonnent.

La santé des femmes éthiopiennes est en grand péril. Les femmes éthiopiennes ont un accès limité aux soins périnataux ainsi qu’au planning familial. Il est estimé que seul 6% des naissances ont lieu avec l’aide d’une sage femme compétente. Selon le ministère de la Santé, la taux de mortalité maternelle est de 673 pour 100 000 naissances vivantes et correspond à ce que l’Europe a connu il y a cent ans ; ce taux est environ 50 fois plus élevé que celui des pays industrialisés ; ce qui signifie que les risques de morbidité et mortalité encourus par les mères sont toujours considérables. Une grossesse précoce est lourde de conséquences pour les jeunes filles y compris les fistules obstétricales. Ce taux élevé s’explique aussi par le manque d’accès à l’information concernant la santé reproductive et les droits, les mutilations génitales, les mariages précoces et les avortements clandestins.

La prévalence du VIH/SIDA est également élevée parmi les jeunes femmes. Bien que l’Ethiopie ait pris des mesures positives pour réduire la disparité de la représentation dans les domaines de la gouvernance et de la politique, ce qui a permis que 31% des parlementaires sont des femmes, un problème demeure. Les femmes restent sous-représentées en Ethiopie.

De façon générale, les facteurs socioculturels restent non seulement discriminatoires, mais sont aussi un obstacle majeur à l’avancement des femmes. Les coutumes, la culture, les traditions et la religion ont continuellement relégué les femmes en Afrique, et de toute évidence en Ethiopie, à un statut inférieur - à peu près à une absence de statut - qui a limité leur accès à l’égalité et perpétue la discrimination.

A la lumière de ce qui précède, il apparaît que le statut des femmes en Ethiopie laisse grandement à désirer. La ratification du Protocole de Maputo serait un signe fort de la part du gouvernement qui dirait qu’il est toujours impliqué dans la réalisation des droits des femmes. Le Protocole de Maputo contient les droits civils et politiques économiques, culturels et sociaux, le droit au développement et à la paix, les droits sexuels et reproductifs. Il offre un cadre légal qui permet de réduire les inégalités et d’aborder les domaines qui sous-tendent la pérennisation de la subordination des femmes.

Pour conclure, le gouvernement éthiopien devrait maintenant considérer de ratifier le protocole de Maputo et de l’utiliser comme base légale pour l’avancement des droits des femmes. La brève analyse des tenants et aboutissants légaux, politiques et sociaux suggère qu’il y a là une opportunité pour le gouvernement éthiopien de démontrer son engagement en matière des droits humains et des droits de la femme en ratifiant le Protocole de Maputo. Le Protocole de Maputo est l’instrument légal le plus puissant et le plus approprié que les femmes éthiopiennes peuvent utiliser pour apporter un changement réel à leur condition. Le Protocole est aussi un instrument hors pair pour combattre les effets de la discrimination et de la violence qui continue d’affliger les femmes éthiopiennes

Comme nous l’avons dit, le Protocole pour les droits des femmes est en accord avec les lois éthiopiennes existantes ainsi qu’avec les objectifs de politiques nationale et étrangère. Néanmoins, le Protocole contribuerait à renforcer les lois éthiopiennes en ce qui concerne la discrimination et la violence contre les femmes, l’accès à la protection légale et d’autres droits humains de la femme. Les hésitations du gouvernement éthiopien de ratifier le protocole de Maputo n’encouragent pas les gouvernements à mettre un terme à la discrimination persistante et à la violence contre les femmes.

NOTE
See "Ethiopia surpasses Kenya to become East Africa's Biggest Economy". Nazret.com. http://nazret.com/blog/index.php?title=ethiopia_surpasses_kenya_to_become_east_&more=1&c=1&tb=1&pb=1 Retrieved 2010-11-22.
See 2010 report Human Development Index (HDI) Available at http://hdr.undp.org/en/statistics/hdi/
See "Ethiopia will be 5th fastest growing economy in the world in 2010 - economist". Retrieved on2010-11-22.2009-11-25. http://www.export.by/en/?act=news&mode=view&id=14969 Retrieved 2010-11-22.


Constitution of the Federal Democratic Republic of Ethiopia Proclamation No. 1/1995(FDRE Constitution) Article 25 Right to Equality states as follows. “All persons are equal before the law and are entitled without any discrimination to the equal protection of the law. In this respect, the law shall guarantee to all persons equal and effective protection without discrimination on grounds of race, nation, nationality, or other social origin, colour, sex, language, religion, political or other opinion, property, birth or other status. ”

Central Statistical Agency of Ethiopia, Demographic Health Survey of Ethiopia (DHS) 2005 Report, 2006.
Pathfinder International. Causes and Consequences of Early Marriage in the Amhara Region of Ethiopia, 2006, p. 20.
FDRE Constitution, supranote-5, article 34(5) .
WHO, The Multi-country Study on Women's Health and Domestic Violence against Women Available at www.who.int/gender/violence/who_multicountry_study/fact, retrieved on 2010/11/22.
DHS 2005, Supranote6.
The Revised Penal Code of Ethiopia (2005) ,Articles 587-590.
G Beyene & A Tolera ‘Marriage Practices Among the Gidda Oromo, Northern Wollega, Ethiopia’ (2006) 15(3) Nordic Journal of African Studies 240,243.
FDRE Constitution, supranote-5, article 35(4) .
The Revised Penal Code of Ethiopia (2005)Articles 565 , 566 & 567.
DHS 2005, Supra note6.
DHS 2005, Supra note6.
Beijing Declaration and platform for Action – with World Conference on Women held in Beijing, China, 1995


* Fana Hagos Berhane doctorant à l’université de Warwick et assistant conférencier à l’université de Mekelle. Traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

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Mali : le Protocole de Maputo cinq ans après son adoption

Saran Keita–Diakite

2010-11-30

http://pambazuka.net/fr/category/features/69226

Le Protocole de Maputo a été adopté le 11 Juillet 2003 par la Conférence des chefs d’Etats et de gouvernement de l’U.A. réunie à Maputo au Mozambique. Par l’adoption du Protocole, ils ont reconnu, que malgré la ratification par nombre d’entre eux des instruments juridiques relatifs aux droits des femmes, leur mise en œuvre continue de poser problème et les discriminations contenues dans les différents textes et dans les faits ainsi que les pratiques néfastes à l’égard des femmes persistent encore en Afrique.

Le Protocole de Maputo est venu combler une insuffisance dans la promotion et la protection des droits des femmes africaines. Ce texte est le fruit d’une collaboration soutenue entre la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et les Organisations de la société civile africaine.

Le processus de ratification du Protocole a fait l’objet d’un véritable plaidoyer des sociétés civiles africaines et a été, dans beaucoup de pays, un processus long et laborieux. Aujourd’hui, grâce aux différents plaidoyers et à la détermination des femmes africaines, plus de la moitié des Etats Africains l’ont ratifié (29 ratification dont le Mali)

Au nombre de ces sociétés civiles africaines, l’Association des juristes maliennes (Ajm) a joué un rôle majeur au Mali tant en ce qui concerne la ratification, la diffusion et la mise en œuvre du Protocole de Maputo. Composée de femmes magistrats, d’avocates, de notaires, d’huissiers de justice, de juristes d’entreprises et de commissaires priseurs, elle œuvre pour la défense et la promotion des droits de la femme et de l’Enfant. (…) Au nombre des activités qu’elle a menées par dans le cadre de la diffusion au Protocole, il y a lieu de noter, entre autres :
- La formation des membres de l’Ajm pour une mise à niveau des membres de l’association,
- Les séminaires de formation à l’endroit des professionnels du droit (magistrats, avocats, notaires, huissiers, officiers de police judicaire, greffiers, etc.)
- Les séances de formation et d’information à l’endroit des acteurs de la société civile (association de femmes, communicateurs traditionnels, religieux, organes de communications (presse écrite et parlée).
- Des causeries-débats ont été organisées dans les six communes urbaines de Bamako à l’attention des populations en général et des femmes en particulier.
- Des causeries débats avec des séances de démonstration ont été organisées dans les communes rurales de Kambila, de Téné, de Ouezzinbougou, du Mandé.
- Un séminaire de formation a été organisé dans la commune rurale du Mandé à l’intention des élus (es) municipaux et des femmes leaders de la localité.

Toutes ces activités ont été menées grâce à l’appui de la Soawr à l’endroit de l’Ajm.

L’Ajm est en négociation avec le ministère en charge de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille en vue de la signature d’un partenariat pour la promotion, la diffusion et la vulgarisation du Protocole de Maputo à travers le Mal. Mais malgré toutes ces actions, il faut reconnaitre que des défis majeurs sont à relever.

LES DEFIS

Au nombre de ces défis, il faut noter:

- Le non-adéquation de certains textes juridiques internes avec le Protocole.

- Le Protocole est en conflit avec le droit religieux musulman, le droit coutumier relativement aux règles qui régissent les questions de droits humains des femmes : mariage, divorce, répudiation, succession, accès à la terre, mutilations génitales féminines et autres pratiques néfastes.

- L’analphabétisme et la pauvreté des femmes constituent un handicap majeur à leur accès au service public de la justice.

- L’insuffisance des ressources financières limite l’impact des campagnes de sensibilisation des O.N.G féminines qui travaillent au niveau local et national.

- La faiblesse de la capacité des femmes à influencer les décideurs et à négocier leurs propres intérêts.

- Les Avocats n’invoquent pas ou peu les dispositions du Protocole de Maputo devant les tribunaux au niveau national du fait de l’insuffisance de la formation et de la sensibilisation des praticiens du droit sur les textes relatifs aux droits des femmes.

- La non intégration du Protocole de Maputo dans le droit interne des Etats.

CONCLUSION

Les cinq prochaines années seront décisives dans la promotion et la protection des droits des femmes à travers le Protocole en Afrique en général et au Mali en particulier. Le Protocole de Maputo constitue un instrument juridique précieux pouvant rendre à la femme africaine l’effectivité de tous ses droits.

Au Mali, le projet du Code des personnes et de la famille qui avait été voté par l’Assemblée Nationale et renvoyé par le président de la République devant cette même institution pour une seconde lecture pourrait constituer pour les femmes maliennes une source d’espoir. Il faut noter que le projet initial était en phase avec l’esprit du Protocole de Maputo.

Il est à espérer que le combat des femmes triomphera de toutes les forces conservatrices traditionnelles ou religieuses.

Le combat des femmes doit être au cœur de toutes les actions, de toutes les politiques de nos Etats. Il y va de leur avenir voire de l’avenir de l’humanité.


* Me Saran Keita Diakité est vice-présidente de l’Association des juristes maliennes

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Burkina Faso : Evolution des droits de la femme après le Protocole de Maputo

Zombré L.W. Pascal

2010-11-30

http://pambazuka.net/fr/category/features/69227

Malgré les conventions internationales signées et l’arsenal législatif mis en place, les inégalités et les comportements à l’endroit des femmes, qui heurtent la conscience humaine, continuent de prospérer. Or ces dernières ont joué un rôle historique dans la constitution et l’évolution de ce pays. L’évolution en termes de droits politiques est appréciable, note Zombré L.W. Pascal, mais un chemin important reste à parcourir.

Le Burkina Faso compte plus de 14 millions d’habitants dont 48% d’hommes et 52% de femmes. Malheureusement, cette majorité des femmes contraste avec la sous-représentation de celles-ci dans les sphères de décision politiques et par conséquent par une non-prise en compte de leur besoin en tant que femme dans l’élaboration des politiques économiques et sociale tant sur le plan local et national.

La population des femmes au Burkina Faso est sous-scolarisée avec 90% qui n’ont aucun niveau d’instruction contre 78% chez les hommes. 1% des femmes font des études supérieures contre 3% chez les hommes. Au regard de la contribution des femmes dans l’histoire sociopolitique du Burkina Faso passé et récent, elles méritent autant de considération que les hommes.

(…) Le royaume Mossi qui comprend l’ethnie majoritaire actuellement au Burkina Faso a été fondé par une femme, Yenega, intrépide guerrière venue de Gambaga (l’actuel Ghana). Sa descendance formait jadis le royaume mossi qui forme actuellement le centre, le centre est, le plateau central, le centre nord et le centre ouest du Burkina. Guibi Ouattara est une autre amazone qui a défendu son peuple contre la pénétration coloniale dans la région ouest et sud-ouest de l’actuel Burkina Faso.

C’est dire que les femmes ont grandement contribué à la naissance et à l’essor sociopolitique de l’actuel Burkina Faso. Cela n’a pas toujours été reconnu à sa juste valeur car le statut sociopolitique, voire économique de la femme, vont se dégrader. C’est ce combat que mènent certains leaders de la société civil burkinabé, parmi lesquels des femmes se sont illustrées positivement et ont ainsi contribué à révolutionner les mentalités et les comportements. L’État moderne, sous la pression et le lobbying de ces organisations féminines, va procéder régulièrement à la ratification des conventions et à l’adoption de lois en vue de leur reconnaître des droits.

ETAT DES DROITS DES FEMMES ET EVOLUTIONS AU BF

Le Burkina Faso est partie à plusieurs conventions universelles et régionales qui consacrent des droits civils et politiques à sa population. Nous pouvons citer, pour l’essentiel, le pacte international sur les droits civil et politiques ainsi que la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Il a aussi ratifié des conventions spécifiques aux femmes comme la convention pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard de la femme ainsi que le Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits de la femme.

Cette dernière convention régionale est spécifique à l’Afrique et peut-être considérée comme celle qui résume l’ensemble des préoccupations des femmes africaines, relativement à leur éducation, santé, leur bien-être social, économique et politique. Elle a été ratifiée le 6 septembre 2006. Mais bien avant cette date, le combat pour l’émancipation des femmes avait déjà commencé. La période révolutionnaire a été celle qui a le plus contribué à l’émergence d’une conscience collective vis-à-vis de la condition de la femme.

Sous l’impulsion du défunt président du CNR, le capitaine thomas Sankara, des mesures seront prises pour réhabiliter les femmes victimes des discriminations et des stéréotypes sociaux. Un ministère de l’Action féminine sera crée ainsi que l’union nationale des femmes du Burkina Faso. On assistera à une entrée timide mais remarquable de plusieurs femmes dans le gouvernement. Désormais les Burkinabés dans leur ensemble ont eu la certitude que plus rien ne devrait se faire sans les femmes et sans tenir compte d’elles.

Malheureusement, la période révolutionnaire, malgré son mérite, était une période d’exception et si la volonté politique d’aider les femmes à s’émanciper existait en acte, le droit cependant leur faisait défaut.

La Constitution du 2 juin 1992 marque l’avènement de la Quatrième République et le retour à l’Etat de droit ; cette Constitution, dans son préambule, réaffirme l’attachement du Burkina Faso aux valeurs universelles des droits de l’homme. Les gouvernements successifs vont manifester une volonté politique de prendre en compte les femmes dans la gestion des affaires publiques par une augmentation progressive du nombre de femmes dans le gouvernement, la nomination des femmes à de haute fonction. Le gouvernement a poursuivi ses efforts à travers l’adoption d’une loi spécifique contre les mutilations génitales féminines en 1996, l’adoption d’une politique nationale genre en 2009 et l’adoption de la loi sur le quota genre en 2010.

Sur le plan législatif, l’ensemble des acteurs de la société civile et politique burkinabé sont unanimes à reconnaître qu’il y a des progrès réels, l’effectivité de ces lois reste encore à être éprouvée sur le terrain. Ce qui est certain, c’est qu’il n’y a pas de candidature féminine à l’élection présidentielle du 21 novembre 2010. Il faut attendre peut-être les législatives et les élections locales de 2012 pour commencer à mesurer l’effectivité de ces textes de lois.

Au delà de cette embellie juridique, il subsiste encore au Burkina Faso des inégalités et des comportements qui heurtent la conscience humaine et qui constituent des handicapes majeures au progrès socio-économique et politiques avec les femmes dans une totale égalité.

HANDICAPS

Au Burkina Faso, les hommes concentrent dans leur main la plus grande partie des revenus. Ce constat contraste avec le dynamisme des femmes sur le terrain économique. Le secteur informel est occupé essentiellement par les femmes avec les petits commerces de fruits et de légumes. Les hommes, quant à eux, sont hyper majoritaires dans le secteur secondaire et tertiaire ; cependant on assiste à une émergence par ci, par là, de quelques femmes leaders dans le secteur des grandes entreprises et le secteur industriel.

Au-delà de l’aspect répartition des revenus, des violences faites aux femmes subsistent et souvent de façon pernicieuse. Si le taux d’excision a baissé à cause de l’effet conjugué de la loi et des campagnes de sensibilisation de masse, la pratique demeure et continue de faire des victimes chez les jeunes filles.

En outre, la pratique de l’exclusion sociale dans certaines régions du Burkina Faso, vient assombrir le tableau des acquis en matière de lutte contre les violences et les discriminations à l’égard des femmes. En effet, il existe au Burkina Faso, la pratique de détection de sorcières qui se solde la plupart du temps par la maltraitance et l’exclusion sociale de ces pauvres victimes au regard et au su de tout le monde. L’église catholique a créé des centres dont le plus célèbre est le centre Denwende de Ouagadougou pour accueillir ces femmes qui ont été bannies de leur communauté d’origine. Pour nous, ces centres doivent disparaître et les femmes réintégrées de gré ou de force dans leur communauté d’origine. L’Etat doit réagir, car au nom de coutumes aux origines parfois douteuses on ne peut continuer à stigmatiser une partie de la population à cause de son sexe.

Si la justice, lorsqu’elle est saisie de ces cas de violences, arrive à condamner les auteurs, il reste que la volonté politique de faire face à ce phénomène tarde à se manifester. L’Etat du Burkina Faso, en ratifiant le protocole de Maputo, s’est engagé à prendre de mesures adéquates pour ne pas favoriser des discriminations à l’égard des femmes et lutter pour les éradiquer. Il doit respecter ses engagements en adoptant une loi spécifique contre l’exclusion sociale des femmes, surtout celles qui sont âgées.

PERSPECTIVES

Y a-t-il un espoir pour les femmes du Burkina Faso de voir leurs droits respecter dans un pays plus sensible aux problèmes auxquels elles sont confrontées ? Il est hasardeux de répondre à cette question ! Cependant, l’évolution de la condition de la femme burkinabé au cours de la décennie 2010 qui s’achève permet d’espérer en des lendemains meilleurs à condition que tous les acteurs femmes et hommes, acteurs politiques ou de la société civile, ne baissent pas les bras.

L’évolution en termes de droit politique est encourageante. Maintenant, il reste au femme de s’emparer des sphères de décision pour faire valoir leur droit et élaborer des politiques sensibles aux genres dans l’optique de faire avancer la lutte en vue une société plus égalitaire. La démocratie et l’État de droit sont une aubaine à saisir pour révolutionner nos sociétés africaines. Au Burkina Faso, les femmes sont majoritaires et se doivent par conséquent d’avoir la majorité partout !


* Zombré L.W. Pascal est magistrat, membre de l’ONG voix de femme

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Femmes & genre

Afrique du sud : Un tiers des hommes à Johannesburg sont des violeurs

2010-11-28

http://tinyurl.com/322koqm

Plus du tiers des hommes vivants dans la province sud-africaine du Gauteng, qui inclut Johannesburg et Pretoria, ont commis au moins un viol dans leur vie et près de 7% ont participé à un viol collectif, selon une étude. Près de 15% de l'échantillon masculin ont reconnu avoir forcé une femme à avoir une relation sexuelle quand elle était trop ivre ou droguée pour refuser et 6,9% ont dit avoir participé à un viol collectif. L'Afrique du Sud souffre généralement d'une criminalité record, avec 46 homicides par jour. C'est également le pays au monde comptant le plus de séropositifs avec 5,6 de ses 48 millions d'habitants porteurs du virus.


Burundi : situation inquiétante face aux violences liées au genre

2010-11-28

http://tinyurl.com/2up6att

Quelque 1.727 cas de violences sexuelles dont 1.646 de victimes de sexe féminin ont été recensés au Burundi entre janvier et octobre. Ces données, officiellement publiées le 24 novembre à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, inquiètent tout le monde. Les parlementaires entendent "mettre en place une loi spécifique qui intègre prévention, sanction et réparation afin d’accélérer les jugements en faveur des victimes des violences basées sur le genre avant que les preuves ne soient effacées".


Maroc : régression des cas de violence à l'égard des femmes

2010-11-28

http://tinyurl.com/24oem2v

Les cas de violence à l'égard des femmes déclarés en 2010 au Maroc ont connu une régression de 25%, révèle le Centre d'écoute national relevant du ministère marocain du Développement social, de la Famille et de la Solidarité dans des statistiques couvrant la période allant du 1er octobre 2009 au 30 septembre 2010. Quelque 9.524 cas de violence à l'égard des femmes ont été enregistrés en 2010 par rapport aux 12.710 cas en 2009, selon ces statistiques partielles, présentées le 25 novembre par la ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité. La violence conjugale arrive en tête à l'échelle nationale avec 74,4% des cas enregistrés en 2010 contre 79,8 % en 2009.





Droits humains

Afrique : 8,5 millions d'euros de promesses pour le procès d'Hissène Habré

2010-11-28

http://tinyurl.com/33mxs38

Pour organiser le procès de l‘ancien dictateur tchadien, exilé à Dakar depuis 1990, le Sénégal réclamait 27 millions d’euros. Ce sont finalement 8,570 millions d’euros que les contributeurs internationaux, réunis le 24 novembre à Dakar pour fixer le montant de leur aide, ont promis d’octroyer. Cette somme – plus de 5,6 milliards de F CFA au total – devra couvrir les « frais d’organisation pour une durée maximale de 36 mois. L’argent sera géré par le bureau des Nations unies pour les services d’appui aux projets basé à Dakar.


Afrique : Le Sénégal accepte d'accueillir des condamnés du TPIR

2010-11-28

http://tinyurl.com/3496fq4

Le Sénégal a signé avec les Nations unies un accord sur l’exécution des peines prononcées par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). Basé à Arusha, en Tanzanie, le TPIR est chargé de rechercher et juger les principaux responsables du génocide des Tutsi de 1994. Le texte a été signé le 22 novembre à Dakar. Cette signature fait du Sénégal le huitième pays à avoir accepté d'accueillir dans ses centres de détention des condamnés du TPIR, après le Mali, le Bénin, le Swaziland, l’Italie, la France, la Suède et le Rwanda.


Cameroun : Libération de deux journalistes détenus

2010-11-28

http://tinyurl.com/3xs2gc6

Robert Mintya, le directeur du journal Le Devoir, et Serge Sabouang, qui dirige le journal La Nation, ont été libérés le 23 novembre. Inculpés pour « faux et usage de faux » (ils étaient accusés d'avoir imité la signature du secrétaire général de la présidence camerounaise), les deux journalistes avaient été écroués en mars dernier, en même temps que leur confrère Cyrille-Germain Ngota Ngota dit Bibi Ngota, le patron de Cameroon Express. Ce dernier est mort pendant sa détention le 22 avril.


Cameroun : Négation des « biens mal acquis » de Biya

2010-11-28

http://tinyurl.com/36hnlja

Le directeur de cabinet civil du président Paul Biya a nié la possession par ce dernier de patrimoine en France ou ailleurs. Le chef de l’Etat camerounais fait l’objet d’une procédure judiciaire à Paris, sur plainte d’une ONG, sur l’accusation de « mal acquis » financé par des détournements de fonds publics »". Cette plainte a été déposée le 2 novembre.


Global : Les Etats-Unis anticipent leur contribution financière au procès Taylor

2010-11-28

http://tinyurl.com/2v8fmj2

es Etats-Unis ont annoncé le 22 novembre avoir apporté de manière anticipée leur contribution au tribunal jugeant Charles Taylor, de crainte que le procès de l'ancien président libérien pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité en Sierra Leone ne s'interrompe. L'allocation de 4,5 millions de dollars pour 2011 "a été avancée en raison de la crise financière à laquelle est confrontée la cour" de La Haye, écrit le Département d'Etat dans un communiqué. Les Etats Unis ont déjà contribué à la procédure à hauteur de plus de 81 millions de dollars.


Guinée : Une trentaine de militaires désarmés et sanctionnés

2010-11-28

http://tinyurl.com/3x772gw

Environ trente militaires de l’armée guinéenne viennent d’être sanctionnés et désarmés par le chef d’état-major des Forces Armées, le Général de Brigade Nour Thiam. Selon le premier ministre, chef du gouvernement de transition, Jean Marie Doré, ces « militaires ont failli à leur mission». Envoyés pour assure le maintien de l’ordre après l’annonce des résultats provisoires du scrutin présidentiel du second tour du 7 novembre 2010, ils avaient fait usage de leurs armes. Les événements avaient fait des morts et des blessés.


Rd Congo : Le Parlement rejette l'abolition de la peine de mort

2010-11-28

http://tinyurl.com/22qp6lh

L'Assemblée nationale de la République démocratique du Congo (RDC) a rejeté le 25 novembre une proposition de la loi sur l'abolition de la peine de mort au cours d'une plénière présidée à Kinshasa par le président de la Chambre basse. Les parlementaires estiment qu'il est encore tôt de procéder à l'abolition de la peine de mort, la RDC étant un pays post-conflit qui regorge des poches d'insécurité.


Rd Congo : le recrutement des enfants soldats continue

2010-11-28

http://tinyurl.com/25mbgnk

Au moment où la communauté internationale célèbre la journée Internationale des droits de l’enfant, la République démocratique du Congo (RDC) est encore confrontée au problème de l’exploitation des enfants dans les zones minières et les zones en conflit. Dans l’est du pays, des groupes armés continuent à recruter des enfants dans les écoles et les familles. Il s’agit très souvent des rebelles des FDLR, des groupes Maï Maï et les rebelles de la LRA.


Sénégal : Des populations mobilisées pour qu’Habré soit jugé

2010-11-28

http://tinyurl.com/2byko36

Des habitants de Guédiawaye, un quartier populaire de Dakar, se sont mobilisés pour dire non à l’impunité de Hisséne Habré. Un membre d’une famille vivant dans le quartier avait péri en prison au Tchad après 3 mois de détention. Un autre, incarcéré en mars 1987 avant d’être relaxé après 6 mois de détention, a assisté au mouvement de protestation pour faire des témoignages. La famille du défunt, ainsi que les notables des quartiers, les responsables des jeunes et les imams des quartiers environnants ont participé à la manifestation.





Elections & gouvernance

Bénin : Choix d’une liste électorale provisoire

2010-11-28

http://tinyurl.com/2uamklq

Le gouvernement préfère désormais une Liste électorale informatisée provisoire (Leip). La nouvelle est tombée le 25 novembre après que tous les calculs ont montré l’impossibilité de réaliser à bonne date la Liste électorale permanente informatisée (Lepi) et de la rendre opérationnelle pour les scrutins de l’année prochaine. La réalisation de la Lépi pour 2011 est dans l’impasse. Outre le fait que cette liste ne sera pas disponible, des doutes planent sur sa validité.


Bénin : Les chantiers inachevés de Yayi Boni

2010-11-28

http://tinyurl.com/35273tz

La fin du mandat du président Boni Yayi, c’est pour dans quelques mois et déjà le constat est édifiant avec de nombreux chantiers inachevés ou abandonnés dans le pays. Une situation très critique qui traduit l’état de la mal gouvernance au Bénin. De nombreux chantiers lancés ici et là par le gouvernement sont la plupart inachevés tandis que d’autres dont le financement quoique bouclé n’ont pas encore commencé.


Burkina Faso : l’opposition réclame l’annulation du scrutin

2010-11-28

http://tinyurl.com/36q6eft

Estimant la carte électorale non conforme à la loi électorale, le candidat à l’élection présidentielle Bénéwendé Sankara a refusé de voter le 21 novembre pour le premier tour de la présidentielle burkinabè. Il exige l’annulation du scrutin alors que les premières tendances placent, sans surprise, Blaise Compaoré en tête du scrutin qui n’a pas mobilisé grand foule.


Burkina : Compaoré réélu avec près de 81% des suffrages

2010-11-28

http://tinyurl.com/39rvwaj

Le chef de l'Etat burkinabè Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 1987, a remporté la présidentielle du 21 novembre avec près de 81% des suffrages. Il a été réélu sans surprise dès le premier tour avec quelque 1,3 million des voix, soit 80,98% des suffrages exprimés. Le président sortant avait recueilli 80,35% des suffrages lors du dernier scrutin en 2005. Son parti a dit vouloir réviser la Constitution pour lui permettre de se représenter après 2015, suscitant des mises en garde de l'opposition.


Burkina-Faso : Compaoré réélu avec des cartes d’électeurs illégales

2010-11-28

http://tinyurl.com/2urd93f

Blaise Compaoré, candidat à sa propre succession, a été déclaré, le 24 novembre, vainqueur de l’élection présidentielle du 21 novembre par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Selon les résultats provisoires, il recueille 1 million 358.941 de voix. Ces résultats ont été proclamés alors que le juge administratif, dans sa décision annoncée jeudi 25 novembre, a déclaré les cartes d’électeurs illégales. Quatre candidats avaient dénoncé des irrégularités sur les cartes d’électeurs et rejeté les résultats provisoires tout en demandant la la reprise de l’élection présidentielle.


Côte d’Ivoire : Face à face télévisé Gbagbo – Ouattara, une première en Afrique

2010-11-28

http://tinyurl.com/32y9c53

L’ancien Premier ministre, Alassane Dramane Ouattara et le président sortant, Laurent Gbagbo, étaient, le 25 novembre, face à face à la télévision d’Etat de la Côte d’Ivoire pour défendre leur projet de société. Le débat, organisé dans le cadre de la campagne pour le second tour de la présidentielle, a porté sur la politique, l’économie, la sécurité, la place de la femme et l’emploi des jeunes, entre autres. C’est une grande première en Afrique. En attendant le verdict des urnes pour le vote qui s’est déroulé le 28 novembre, les prestations des deux candidats sont diversement appréciées par les téléspectateurs et autres commentateurs des journaux


Côte d’Ivoire : la crainte des paysans baoulé au coeur du "Gbagboland"

2010-11-28

http://tinyurl.com/235kh9b

Des paysans baoulé venus vivre dans le centre-ouest ivoirien, région du chef de l'Etat Laurent Gbagbo, redoutent les lendemains de la présidentielle du 28 novembre. Beaucoup disent craindre d'être dépossédés de leurs terres en cas de troubles post-électoraux, dans une région abonnée aux conflits fonciers parfois sanglants. Courtisés par les deux camps, les baoulé qui ont voté massivement au premier tour le 31 octobre pour l'un des leurs, l'ancien président Henri Konan Bédié, se retrouvent en position de "faiseurs de roi". Leur favori défait a appelé à voter pour son allié Ouattara.


Côte d’Ivoire : L'ONU a dépêché trois bataillons pour le 2e tour

2010-11-28

http://tinyurl.com/2vt3qqe

Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé de transférer du Liberia en Côte d'Ivoire trois bataillons d'infanterie (500 hommes) et une unité aérienne, en raison des menaces de violences qui pèsent sur le second tour de la présidentielle organisé le 28 novembre. Cette décision résulte des craintes nourries face aux risques de violence pouvant découler de la proclamation des résultats. Des incidents ont déjà éclaté durant la campagne.


Guinée : Les frontières fermées jusqu'à nouvel ordre

2010-11-28

http://tinyurl.com/32ntj3k

Les frontières terrestres, maritimes et fluviales sont fermées jusqu'à nouvel ordre en Guinée. Cette décision du Premier Ministre de la transition, Jean-Marie Doré, annoncée à la radio le 27 novembre n'a donné lieu à aucune explication. Placé sous état d’urgence depuis le 17 novembre après des violences électorales meurtrières, le pays attend toujours les résultats définitifs de la présidentielle. Autre mesure qui n’a fait l’objet d’aucune explication, le limogeage du chef d'état-major adjoint des forces armées, Aboubakar Sidiki Camara. L'état d'urgence doit prendre fin une fois que les résultats définitifs du second tour auront été proclamés par la Cour suprême, « au plus tard le jeudi 2 décembre » selon un conseiller de la Cour.


Guinée : Labè traumatisée par les violences politico-ethniques

2010-11-28

http://tinyurl.com/2u9tr4u

Les habitants de Labé (nord de la Guinée), toutes tendances confondues, font l'amer constat d'une ville traumatisée pour longtemps par les violences politico-ethniques liées à l'élection présidentielle. Dans cette préfecture de 350 000 habitants du Fouta-Djallon, berceau de l'ethnie peule et fief du candidat à la présidentielle Cellou Dalein Diallo, l'annonce le 15 novembre de sa défaite a provoqué un déchaînement de violence. De sources concordantes, au moins huit maisons des dirigeants de l'Alliance Arc-en-ciel" qui soutient Condé ont été incendiées, qu'ils soient Peuls (comme Diallo) où Malinkés (comme Condé)..


Egypte : Des législatives entachées de violences et d’irrégularités

2010-11-28

http://africa1.com/spip.php?article5384

Les Egyptiens ont été appelés aux urnes le 28 novembre pour un scrutin législatif entaché de violences et d’irrégularités pour l’opposition, dominée par les islamistes, tandis que le pouvoir veut montrer sa solidité malgré les questions sur la santé du président Hosni Moubarak. L’élection de 508 députés à l’Assemblée du peuple, la plus importante des deux chambres du Parlement, a lieu sur deux tours, les 28 novembre et 5 décembre. Dix sièges supplémentaires sont pourvus directement par M. Moubarak. Personne n’envisageant d’alternance, l’enjeu porte notamment sur le score des Frères musulmans, qui redoutent de perdre de nombreux députés élus lors de leur percée de 2005, quand ils avaient raflé un siège sur cinq.


Global : La Gambie rompt toutes relations avec Téhéran

2010-11-28

http://tinyurl.com/2fs233e

La Gambie a rompu toutes relations avec Téhéran et demandé aux officiels iraniens présents sur son territoire de quitter le pays dans les 48 heures, a annoncé le 22 novembre le ministère gambien des Affaires étrangères. Il y a quelques jours, le Nigeria avait informé le Conseil de sécurité des Nations unies de l’interception d’un navire en provenance d'Iran transportant des armes, notamment des roquettes et des grenades. Téhéran avait indiqué que la cargaison en question appartenait à une compagnie privée et était destinée à un pays d'Afrique de l'ouest, identifié par la suite comme étant la Gambie.


Niger : la junte promulgue la nouvelle Constitution

2010-11-28

http://tinyurl.com/3yvh654

Le chef de la junte au Niger, le général Salou Djibo, a promulgué le 25 novembre la nouvelle Constitution adoptée le 31 octobre par référendum à plus de 90%. Le texte est censé amorcer le retour à la démocratie après le coup d'Etat de février 2010, en instaurant une VIIe République et un processus de retour à un régime civil prévu en avril 2011. Le nouveau texte fixe la durée du mandat présidentiel à "cinq ans, renouvelable une seule fois". Cette disposition ne pourra être révisée.


Nigeria: le nord choisit un musulman face à Jonathan aux primaires du parti

2010-11-28

http://tinyurl.com/2eoc6jm

Un groupe d'influents politiciens musulmans du nord du Nigeria a apporté le 22 novembre son soutien à l'ancien vice-président fédéral Atiku Abubakar qui a décidé de briguer l'investiture du parti au pouvoir pour la présidentielle de janvier 2011 face à l'actuel président du pays, le chrétien Goodluck Jonathan. Représentant le Nord majoritairement musulman, M. Abubakar devra donc affronter le chrétien du sud Goodluck Jonathan, qui avait accédé au pouvoir à la suite du décès en mai dernier du président Umaru Yar'adua, un musulman du nord. M. Jonathan ne s'est toutefois pas encore déclaré.


Tunisie : six mois pour réussir

2010-11-28

http://tinyurl.com/25bmhwa

Cela fait dix ans que les activités de la Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme (LTDH) sont gelées à la suite d’une crise opposant sa direction à des militants « rebelles ». Une lueur d’espoir est apparue le 7 novembre dernier lors d’une intervention du président Zine el-Abidine Ben Ali, qui a appelé les parties en présence « à œuvrer avec sérieux en vue d’un accord qui rétablirait la Ligue dans son activité ». Il a réaffirmé que la LTDH « est un acquis national » et s’est placé au-dessus de la mêlée.


Zimbabwe: Tsvangirai saisit la justice contre des nominations de Mugabe

2010-11-28

http://tinyurl.com/34dab9h

Le Premier ministre du Zimbabwe Morgan Tsvangirai a saisi la Haute Cour et demandé l'annulation des nominations des gouverneurs de province faites par le président Robert Mugabe. Selon lui, ce dernier n’a l’a pas consulté sur ces nominations. M. Mugabe et son ancien rival politique ont formé en février 2009 un gouvernement d'union nationale pour sortir le pays d'une grave crise politique et économique. Depuis, le Premier ministre a plusieurs fois reproché à son allié d'avoir nommé unilatéralement le chef de la Banque centrale, le procureur général et des gouverneurs.


Togo : Des députés boutés hors de l’Assemblée nationale

2010-11-28

http://tinyurl.com/32v9a48

Une décision de la Cour constitutionnelle, et voici Jean Pierre Fabre et huit autres députés de son parti boutés hors de l’Assemblée nationale togolaise. La raison juridique avancée : les élus déchus auraient adressé une lettre de démission au parlement. Ce qu’ils réfutent, tout en reconnaissant avoir signé un «acte» avec Gilchrist Olympio, avant les législatives de 2007, qui stipulait qu’ils s’engageaient à se démettre de leur mandat législatif s’ils venaient à quitter le navire de l’Union des forces du changement (UFC).


Madagascar : Didier Ratsiraka rejette son implication dans la tentative du coup d’Etat

2010-11-28

http://tinyurl.com/2wtydd9

Des rumeurs ont été répandues à Madagascar selon lesquels c’est l’ancien président Didier Ratsiraka, qui a été derrière la tentative du coup d’Etat matée dans le pays, parce qu’il a annulé son retour au pays prévu le 20 novembre dernier. Ces rumeurs disent qu’une fois les militaires avaient réussi leur coup d’Etat, ces derniers allaient remettre le pouvoir à l’ancien président. Six parmi eux, dont un officier proche de Ratsiraka, ont été incarcérés directement à la prison, tandis que les restes sont encore enquêtés dans une brigade de la gendarmerie à Antananarivo. L’ancien président réfute.


Sénégal : Wade fait valider sa candidature pour la présidentielle

2010-11-28

http://tinyurl.com/2d7d6su

Le président sénégalais Abdoulaye Wade, 84 ans, a fait entériner sa candidature à la présidentielle de février 2012 par le comité directeur du parti au pouvoir, le 26 novembre, en rejetant les arguments de ceux qui jugent ce troisième mandat inconstitutionnel. Soixante-trois membres du comité directeur du Parti démocratique sénégalais (PDS) ont "adhéré à la candidature du président, "debout et par acclamation", au cours d’une réunion organisée au palais présidentiel.





Développement

Global : Le nombre de pays très pauvres a doublé en quarante ans

2010-11-28

http://tinyurl.com/344adyw

Le rapport de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced) est sans ambiguïté : le nombre de pays très pauvres a doublé ces quarante dernières années. Le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté a suivi la même évolution en seulement trente ans. Dans son rapport 2010 sur les quarante-neuf pays les moins avancés (PMA) du monde, la Cnuced estime que le modèle de développement qui a prévalu jusqu'à présent pour ces pays a échoué et que son architecture est à revoir.


Mauritanie: Mauritanie Airways interdit de vol en Europe

2010-11-28

http://tinyurl.com/3yddcfa

Les appareils de la compagnie aérienne "Mauritanie Airways" sont frappés d'interdiction de vol dans l'espace aérien de l'Union européenne. Cette interdiction de vol est justifiée par "les carences du système de surveillance de l'aviation civile en Mauritanie, identifiées par l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), dans le cadre de son programme universel de surveillance de la sécurité aérienne. La Mauritanie est le 19ème pays dont les appareils tombent sous le coup de la sanction européenne


Sénégal : Les importations de riz ont baissé de plus de 300.000 tonnes

2010-11-28

http://tinyurl.com/38328rg

L’un des effets positifs de la Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (Goana), un programme lancé par le gouvernement, a été de booster la production locale de riz au Sénégal. En effet, l’initiative du président de la République a permis de faire baisser les importations de riz du Sénégal de plus de 300.000 tonnes en trois ans. De 891.981 tonnes en 2007, le Sénégal est passé à 533.528 tonnes de riz importé en 2010. Les acteurs de la filière riz local ont été unanimes à reconnaître, lors de la cérémonie d’installation de la nouvelle Société de promotion et de commercialisation du riz du Sénégal, que la mise en œuvre de la Goana a révolutionné la production de riz au Sénégal.


Sénégal : le trou noir de la transparence budgétaire

2010-11-28

http://tinyurl.com/2762pn2

En matière de transparence du budget, le Sénégal ne fait pas mieux que des pays comme le Burkina, le Congo démocratique ou le Niger. Le pays est classé parmi ceux dont les populations sont les moins informées sur le processus d’adoption du budget, et plus encore, sur l’utilisation dudit budget. Dans le classement de 2010, de l’Enquête pour un budget ouvert (Ebo), publiée par l’Ong International budget partnership (Ibp), une Ong américaine, la position du Sénégal, en matière de transparence du budget, est de loin beaucoup plus mauvaise que celle des pays comme le Mali, le Liberia, le Malawi, le Congo démocratique ou la Tanzanie, pour ne parler que de pays africains.


RD Congo : Début de l'échange de billets usés

2010-11-28

http://tinyurl.com/2e5j5d9

Initiée par l'Institut d'émission, l'opération d'échange des billets de banques impropres à la consommation, communément appelés « blessés de guerre » a débuté le 22 novembre. L'opératio entre dans le cadre de la campagne de sensibilisation à la bonne conservation du franc congolais et s'effectue concomitamment dans les 11 provinces du pays.


Tunisie : Le FMI estime que la crise mondiale est surmontée

2010-11-28

http://tinyurl.com/2vx3dd5

Le Fonds monétaire international (FMI) estime que la Tunisie a bien surmonté la crise mondiale grâce à une gestion macroéconomique saine et à des réformes structurelles mises en oeuvre en temps opportun. Dans un rapport sur la conclusion des consultations de 2010, le FMI ajoute que la Tunisie est parvenue à adopter une démarche qui lui a permis d'atténuer l'impact de la baisse de la demande extérieure. Cette accélération est imputable à une forte reprise de la demande des exportations manufacturières, essentiellement des industries mécaniques et électriques et du textile- habillement.


Zimbabwe : Le déficit commercial s'élargit

2010-11-28

http://tinyurl.com/34qmfzb

Le déficit commercial du Zimbabwe s'est élargi cette année, dépassant le milliard de dollars, a révélé le 25 novembre le ministre des Finances. Il a rappelé que le Zimbabwe avait importé des biens et services pour une valeur de plus de 3,6 milliards de dollars cette année, contre des exportations se chiffrant à 2,5 milliards de dollars. L'économie du Zimbabwe se remet de plus d'une décennie de contraction, avec une utilisation des capacités industrielle proche de 40 %. Le manque de liquidité à cause des sanctions occidentales imposées au pays avaient également entravé la production industrielle locale.





Santé & VIH/SIDA

Afrique : De nouvelles combinaisons contre la tuberculose

2010-11-28

http://tinyurl.com/2bd8evk

Des chercheurs sont en train de tester une nouvelle combinaison de médicaments antituberculeux sur des malades en Afrique du Sud, qui, espèrent-t-ils, réduiront la durée de traitement de la maladie à six mois. L'Alliance mondiale pour le développement de médicaments antituberculeux affirme que la nouvelle combinaison médicamenteuse s’est déjà révélée prometteuse au cours de tous les essais, et pourrait réduire nettement la durée du traitement de la tuberculose. L’essai aura lieu en Afrique du Sud. Au total 68 malades auront chacun deux semaines de traitement et trois mois de suivi afin d’évaluer l'efficacité, la sécurité et la tolérance des médicaments.


Afrique : un nouveau vaccin pour enrayer la méningite

2010-11-28

http://tinyurl.com/25uykre

À partir du 5 décembre, une campagne massive de vaccination contre la méningite A va être lancée au Burkina Faso, puis au Mali et au Niger. Le tout nouveau vaccin - le MenAfriVacTM - sera injecté à tous les jeunes, âgés de 1 à 29 ans. Si les financements le permettent, les 25 pays de «la ceinture de la méningite» qui couvre toute l'Afrique subsaharienne, du Sénégal à l'Éthiopie, devraient suivre. Quelque 450 millions de personnes vivent dans cette région sous la menace de la maladie. L'ensemble de l'opération est estimé à 571 millions de dollars dont 370 millions sont fournis par l'Alliance mondiale pour les vaccins et l'immunisation.


Mozambique : éradication du tétanos maternel et néonatal

2010-11-28

http://tinyurl.com/3xq97k2

Le Mozambique a rejoint les rangs des 19 pays ayant éradiqué le tétanos maternel et néonatal depuis le début du siècle. Une enquête menée par l’Unicef s'est déroulée dans deux districts dans le sud et le centre du pays, où la prévalence du tétanos néonatal et maternel était la plus élevée. Aucun décès néonatal dû au tétanos n'a été observé et 87% des mères ont reçu au moins deux doses de vaccin anti-tétanos. L'enquête a également révélé que 64% des naissances avaient bénéficié du soutien d'une sage-femme. Le tétanos maternel et néonatal, continue de sévir dans 39 pays.


Mali : L’ignorance, une cause de la mortalité maternelle et infantile

2010-11-28

http://tinyurl.com/34cahyk

Par ignorance, de nombreuses femmes négligent les consultations prénatales au Mali. Il en résulte un taux élevé de la mortalité maternelle et infantile, malgré les efforts de sensibilisation des agents de santé. Le taux est passé de 113 à 96 pour 1.000 entre 2001 et 2006. Sur la même période, le taux de mortalité maternelle a baissé en passant de 582 à 464 décès pour 100.000 naissances vivantes, souligne le deuxième rapport sur la mise en œuvre des Objectifs du millénaire pour le développement. Mais les chiffres restent importants et pour les spécialistes, cette mortalité n’est pas une fatalité et le meilleur moyen de prévention demeure la sensibilisation.





Éducation

Rd Congo : Augmentation de 23% de taux de scolarisation

2010-11-28

http://tinyurl.com/36b2qtm

La représentante de l’Unicef en RD Congo a affirmé que le taux de scolarisation des enfants a augmenté de 23% en l'espace de dix ans en Rd Congo. La RD Congo a également réalisé des progrès dans le domaine de la santé où 158 enfants sur 1000 n'atteignent pas l'âge de 5 ans contrairement en l'an 2000 où 213 enfants sur 1000 n'atteignaient pas l'âge de 5 ans. Une stagnation est cependant constatée dans le domaine de l'accès des enfants à l'eau potable et à l'assainissement ainsi que dans leur enregistrement à l'état civil. Deux enfants sur 3 ne disposent pas de l'acte de naissance.





Racisme & xénophobie

Global : Les immigrés musulmans en France moins bien payés que les chrétiens

2010-11-28

http://tinyurl.com/3y68pqu

Une étude sur ‘’L’intégration en Europe : identification d’un effet musulman » montre que le revenu moyen des immigrés musulmans est inférieur de 15 % à celui de ceux de religion chrétienne. Les enquêteurs ont testé les réponses des entreprises françaises à des candidats fictifs soumettant un CV virtuellement identique qui se différenciait seulement par le nom et deux autres indices de l’appartenance religieuse. Ainsi, pour 100 réponses positives obtenues par une demandeuse d’emploi fictive, chrétienne et d’origine sénégalaise appelée Marie Diouf, une musulmane, appelée Khadija Diouf, n’en a reçu que 38, soit deux fois et demie de moins.





Environnement

Global : Le gaz à effet de serre à un niveau le plus élevé dans l'atmosphère

2010-11-28

http://tinyurl.com/2e7smrv

L'Organisation météorologique mondiale (OMM) a indiqué que les concentrations des principaux gaz à effet de serre (GES) dans l'atmosphère ont déjà atteint leurs plus hauts niveaux enregistrés depuis le début de l'ère industrielle. Les concentrations de dioxyde de carbone (CO2), de méthane et de protoxyde d'azote (N2O) ont continué d'augmenter en 2009 (dernière année d'observation prise en compte), malgré la crise économique mondiale. Les émissions naturelles de méthane dues par exemple à la fonte de la calotte arctique ou de la hausse des précipitations dans les zones humides deviennent de plus en plus importantes.





Conflits & urgences

Centrafrique: l'armée tchadienne a bombardé Birao pour Bangui

2010-11-28

http://tinyurl.com/33966mz

La rébellion centrafricaine de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP) a affirmé le 27 novembre que l'armée tchadienne a pilonné Birao (nord-est de la Centrafrique) à la demande de Bangui, tuant plusieurs civils, pour tenter de reprendre cette ville qui est, selon elle, sous son contrôle depuis le 24 novembre. Au Tchad, aucun responsable sollicité n'a souhaité s'exprimer sur ce soutien supposé de l'armée tchadienne aux Forces armées centrafricaines (Faca), soutien évoqué samedi à l'AFP par un responsable militaire centrafricain sans plus de détails. Pour le porte-parole de la CPJP, les autorités centrafricaines ont dû demander l'aide de l'aviation tchadienne faute de route praticable, avec la saison des pluies en cours, permettant aux Forces armées centrafricaines de relier dans de brefs délais Bangui à Birao, distantes de quelque 800 km.


Kenya : la seconde phase du programme de désarmement engagée

2010-11-28

http://tinyurl.com/2bdras8

Le Kenya a entamé le 26 novembre la seconde phase de son programme de désarmement militaire à visage humain, destiné à éradiquer la possession illégale d'armes par des civils dans les communautés pastorales de la Vallée du Rift. Le vice-ministre à la sécurité intérieure a lancé cet exercice dans la zone de Nasal près de Kapenguria, non-loin de la frontière ougandaise, une région en proie aux affrontements sanglants entre bergers. Le ministre a exprimé son inquiétude que les vendeurs d'armes clandestins de la région refusent de se rendre, mettant en garde que le gouvernement serait forcer de faire usage de la force pour obtenir ces armes. Selon les organisations humanitaires locales, plus de 50 000 fusils sont entre les mains de civils dans la région du Nord-Ouest, ce qui nourrit des affrontements sanglants pour le bétail et les frontières.


Ouganda : Le plan Obama contre la LRA applaudi

2010-11-28

http://tinyurl.com/3xlpa62

Le gouvernement ougandais s'est félicité le 26 novembre de la stratégie du président américain Barack Obama pour combattre la rébellion ougandaise de l'Armée de résistance du seigneur (LRA). Le 22 novembre,, le président Obama a envoyé aux élus du Congrès le plan d'action de son administration pour aider les Etats de la région à désarmer la LRA et traduire ses chefs en justice, à protéger les civils et appeler à accroître l'aide humanitaire aux personnes touchées. La LRA, réputée pour être une des guérillas les plus brutales au monde, est active depuis 1988 dans le nord de l'Ouganda. Depuis 2005, ses combattants se sont installés dans l'extrême nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), ainsi qu'en Centrafrique et au Sud-Soudan.


Soudan: un retour à la guerre Nord-Sud coûterait 100 milliards de dollars

2010-11-28

http://tinyurl.com/34h38hf

Un retour à la guerre civile à l'issue du référendum sur l'indépendance du Sud-Soudan de janvier coûterait plus de 100 milliards de dollars aux autorités locales, aux pays voisins et à la communauté internationale, prévient une étude publiée le jeudi 25 novembre. Dans cette étude Matthew Bell de l'organisation Frontiers Economics, les chercheurs calculent les pertes du Soudan en se basant sur une baisse moyenne annuelle de 2,2 points de pourcentage du PIB en cas de retour à la guerre.





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