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La mort prématurée du Dr Tajudeen Abdul-Raheem, le jour de la commémoration de la Libération de l'Afrique 2009, a frappé de stupeur le monde panafricain. Cette sélection de cartes postales panafricaines montre quel brillant orfèvre des mots il fut.

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Food Rebellions! Food Rebellions! Crisis and the hunger for justice Eric Holt-Giménez & Raj Patel.

Food Rebellions! takes a deep look at the world food crisis and its impact on the global South and under-served communities in the industrial North. While most governments and multilateral organisations offer short-term solutions based on proximate causes, authors Eric Holt-Giménez and Raj Patel unpack the planet's environmentally and economically vulnerable food systems to reveal the root causes of the crisis.

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Cette édition

Pambazuka News 373 : Burundi : Le processus est-il révolutionnaire ? - L'Afrique face au cas el-Béchir

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Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Plaidoyers & campagnes




Sommaire de cette édition

CHRONIQUES
- L’Iran, le retour
- Burundi : Existe-t-il actuellement un processus révolutionnaire ?

COMMENTAIRES & ANALYSE
- Sénégal : Les lois scélérates du président Sall
- Larmes de joie : Les contacts humains débouchant sur le développement humain

PLAIDOYERS & CAMPAGNES
- Déclaration de la société civile africaine sur le refus de l’Afrique du Sud d’arrêter Omar el-Béchir
- La communauté internationale doit agir sur le cas el-Béchir

LIVRES
Eau publique, eau d’avenir : Publication d’un ouvrage collectif sur la remunicipalisation de l’eau dans le monde




Chroniques

Burundi : Existe-t-il actuellement un processus révolutionnaire ?

2015-07-02

http://pambazuka.net/fr/category/features/95069


cc JD
La corruption, le verrouillage de tout espace d’expression politique, la paupérisation de la majorité de la population d’un côté, l’opulence et l’arrogance d’une minorité dirigeante de l’autre ont fini par révolter une population qui avait espéré des bénéfices de la paix après une longue guerre civile.

Depuis plus deux de mois, le Burundi est à la une de l’actualité africaine, voire mondiale. Des manifestants, essentiellement des jeunes, descendent dans les rues des quartiers de Bujumbura et dans certaines localités de l’intérieur du pays depuis le 26 avril 2015. L’investiture du président Nkurunziza par son parti, le 25 avril 2015, à la candidature aux élections présidentielles semble avoir mis le feu aux poudres. La raison n'est pas tant cette candidature que dans son illégalité, car ce serait un troisième mandat en totale contradiction avec l'esprit et la lettre des accords de paix et de réconciliation d'Arusha ainsi que de la constitution de la République.

L’opposition politique, la société civile ainsi que l’Eglise catholique considèrent cette 3ème candidature anticonstitutionnelle ( ) et contraire aux accords d’Arusha de 2000 ( ) qui avaient permis la mise en place d’un processus qui avait mis fin à une longue guerre civile de 12 ans. Mais ce fameux troisième mandat peut-il à lui seul expliquer la détermination de ces jeunes et tout ce beau monde à poursuivre des manifestations pendant une si longue période malgré le risque de se faire tuer par une police qui n’hésite pas à tirer à balles réelles ? L’on enregistre en effet, en moyenne, un mort chaque jour par balle et plusieurs blessés graves depuis le début des manifestations. Des centaines d’autres sont arrêtés et torturés dans les centres de détentions de la police et des services de renseignement. Les choses sont en effet plus complexes et la candidature au 3ème mandat semble n’être qu’une goutte qui a fait déborder le vase.

Après une brève présentation du Burundi, nous allons essayer d’éclairer l'opinion en remontant à la naissance du Cndd-Fdd, parti de Nkurunziza, mais dont il ignore visiblement les fondements et les objectifs originels, son accession au pouvoir, son système de gestion du pays et terminer sur la crise actuelle.

PRESENTATION DU BURUNDI

D'abord quelques rappels pour souligner en quoi le Burundi peut intéresser les puissances néocoloniales.

Le Burundi est un pays à cheval entre l'Afrique centrale et l'Afrique de l'Est, situé à l’est de la République Démocratique du Congo--Rdc, au sud du Rwanda et à l’ouest de la Tanzanie, il est membre de l'Eac, Cpgl, Ceac. Le Burundi a une superficie de 27 834 km2, une population estimée à 10 millions 888 000 habitants, soit une densité d’environ 300 habitants au km2. La population a une croissance de 3,70% selon les estimations de 2005. Ce petit pays occupe et présente comme le Rwanda une position géostratégique importante pour les puissances impérialistes. Cette position leur permet d'exercer le contrôle des richesses et matières stratégiques que regorge cette région des grands lacs, entre autre, le Coltan, l'or... Plus de cent avions des multinationales atterrissaient par jour dans les forêts de l'est de la Rdc selon une émission de France 24 en 2011 sur la crise financière.

Le Burundi, dans son histoire, comme la majorité des pays africains, fait face à de multiples problèmes spécifiques et généraux ; ils se résument en contradictions externes et internes.

Les contradictions externes trouvent leur origine dans les rapports qui surgirent du contact avec les puissances occidentales à l'époque coloniale et postcoloniale. Ces puissances non seulement ont pillé nos ressources matérielles, culturelles, intellectuelles de l'Afrique, mais ont interrompu le processus normal de son développement endogène. La colonisation du Burundi commence à la fin du 19ème siècle par les Allemands. A la fin de la 1ère Guerre mondiale, l’Allemagne est contrainte d’abandonner ses colonies. Le Burundi passe alors sous la tutelle belge en même temps que le Rwanda. Ces puissances coloniales ont introduit le virus de l'ethnicisme, transformant ainsi les contradictions sociales en antagonismes ethniques qui n'avaient jamais existé avant l'ère coloniale au Burundi.

Les contradictions internes ont empêché le Burundi, comme beaucoup d'autres pays, à se libérer et à se développer. Le Burundi, indépendant depuis le 1er juillet 1962 et après l'assassinat en octobre 1961 du prince Louis Rwagasore, héros de l'indépendance, a connu des gouvernements dirigés par des élites compradores qui amassent des richesses à travers la corruption, le pillage des ressources naturelles et des entreprises de l'Etat. L’immaturité des élites burundaises et la manipulation des sensibilités socio-ethniques par certaines puissances néocoloniales vont, dès le lendemain de l’indépendance, inaugurer une longue période marquée par des massacres cycliques à caractères politico-ethniques au Burundi.

Les négociations et la signature de l'Accord d'Arusha en 2000 ont permis un véritable rapprochement des principales composantes « ethniques », Hutu et Tutsi, transformant ainsi progressivement la conscience ethnique en conscience de classe sociale. Malheureusement, l'arrivée au pouvoir de Nkurunziza et de son parti militariste Cndd-Fdd, en 2005, n'a pas permis au peuple burundais de profiter les dividendes de cette réconciliation sur le plan socio-économique. A certains égards, la situation s'est même empirée. L’oligarchie au pouvoir qui gouverne le Burundi actuellement possède une autre caractéristique extrêmement dangereuse : elle parvient à endormir le peuple par des pratiques obscurantistes entretenues sciemment par le président de la République. Il passe les trois quarts du temps à prier et à évangéliser une population affamée, à 58 % analphabète. Cette oligarchie contrôle la totalité du pouvoir politique et économique et l'utilise pour maintenir le statu quo de l’exploitation et le sous-développement de la majorité des citoyens burundais.

LA NAISSANCE DU CNDD-FDD

A travers de nombreuses luttes menées par les masses dans les pays africains, beaucoup de leaders dans leurs Etats donnés ont été forcés à concéder des réformes démocratiques qui ont permis plus de libertés civiles et politiques aux peuples. C'est ainsi qu'au Burundi, le président Buyoya , au pouvoir en 1987 par un putsch contre son cousin Bagaza, accepte la mort dans l’âme le pluralisme politique en 1992.

En juin 1993, le parti Frodebu (Front pour la démocratie au Burundi), créé quelques années plus tôt en clandestinité par Melchior Ndadaye et ses compagnons de lutte, Léonard Nyangoma, Karibwami Pontien, Gilles BimazubuteI, etc. gagnent les élections face à Buyoya et au parti Uprona.

En Octobre 1993, le premier président démocratiquement élu, Melchior Ndadaye est assassiné ainsi que nombreux de ses collaborateurs dans une tentative de coup d’Etat. Devant la résistance populaire et la désapprobation de l’opinion publique, les putschistes font semblant de céder le pouvoir. Mais le climat de rébellion de l’armée, d’insécurité et de sabotage est tel que le Frodebu vainqueur des élections (avec Ndadaye) ne peut gouverner. Léonard Nyangoma, en charge de l'éducation populaire, de la propagande et de la mobilisation du parti de feu président Ndadaye et son ministre de la Fonction publique et de rapatriement des réfugiés, devenu ministre de l'Intérieur du gouvernement éphémère de feu président Ntaryamira, créa le 24 septembre 1994 le Conseil national pour la défense de la démocratie, le Cndd en sigle, avec sa branche armée, les Forces pour le défense de la démocratie, les Fdd.

Le Cndd se fixait pour objectif primordial la défense des acquis des élections de juin 1993, en rétablissant le peuple dans ses droits inaliénables, notamment celui de se choisir ses dirigeants pour ensuite s’atteler à consolider la démocratie, la justice sociale et le développement dans un pays réconcilié avec lui-même.

La résistance populaire s’organisa et l’armée commença à enregistrer des pertes de plus en plus importantes. Et parallèlement, la situation socio-économique se dégrada. La situation devenait si intenable pour le régime militaro-civile que les négociations s’imposèrent. Ces dernières débutèrent d'abord clandestinement en Italie en 1996, entre le pouvoir putschiste de Buyoya et la résistance incarnée par le Cndd et son fondateur Nyangoma... Mais pour la réaction régionale et internationale, il ne fallait pas que ce mouvement politico-militaire reste contrôlé par des hommes intègres et progressistes qui seraient sans doute non manipulables une fois au pouvoir.

Aussi, s’appuyant sur les contradictions internes et l’immaturité de certains cadres de l’organisation, l’impérialisme suscita un coup d’Etat contre Léonard Nyangoma. Une organisation militariste et fasciste était née : le Cndd-Fdd. Il convient de noter que jusqu'alors la branche armée n'était reléguée qu’à ses tâches intrinsèques, à savoir les aspects militaires, tandis que le politique s'attelait aux siennes, la lutte de même nom. L'objectif visé par les impérialistes et leurs marionnettes était d'affaiblir le Cndd pour des raisons d'intérêt géostratégique avant la deuxième invasion de la Rdc en 1998 dirigée par un progressiste comme le président feu Kabila. Pour eux, le Cndd pouvait constituer un obstacle aux forces d'invasion, toutes à la solde de l'impérialisme.

Les négociations se poursuivirent et le 28 août 2000, le fameux «Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation pour le Burundi» fut signé par plusieurs partis et mouvements armés. Mais le Cndd-Fdd, aile putschiste du Cndd et le Fnl-Palipehutu refusèrent de signer cet accord pour des raisons jusque là inavouées mais aujourd'hui évidentes. Mais cela n’empêcha pas le début d’une transition. Ce sont les dirigeants de la transition qui continuèrent les négociations avec le Cndd-Fdd qui aboutirent à la signature d’un accord séparé en Afrique du Sud en novembre 2003. Cette organisation rejoignit alors la transition et une partie de ses combattants furent intégrée au sein de l’armée gouvernementale et dans la police, tandis que d'autres étaient démobilisés

L’ARRIVEE AU POUVOIR DU CNDD-FDD

Les élections de 2005 se sont déroulées dans un climat de guerre. Le parti Fnl-Palipehutu poursuivait sa lutte armée et la démobilisation des combattants du Cndd-Fdd venait à peine de débuter. Les armes circulaient massivement dans le pays. Le Cndd, par la voix de Léonard Nyangoma, avait suggéré de repousser les élections à une date ultérieure afin de procéder d’abord au désarmement des combattants et de la population. C’est un non catégorique qui lui fut opposé. En effet, il s’avéra que les élections n’avaient qu’un seul but : légitimer le transfert de pouvoir au Cndd-Fdd, peu importaient les conditions et l'objectif ultime visé.

Les élections eurent lieu dans un climat de terreur. Les combattants du Cndd-Fdd disséminés dans les quartiers et sur les collines du pays menaçaient de mort toute personne qui se hasarderait à ne pas voter pour ses candidats. Le Burundi allait vivre une situation similaire à celle du Liberia avec le président Taylor ou de Haïti dirigé par l'ancien dictateur Jean-Claude Duvalier dit « Bébé Doc », celui-ci disposait aussi, comme Nkurunziza, des milices armées, les célèbres «Tontons Macoutes». Le parti disposait des moyens matériels impressionnants (véhicules, argent, moyens de propagande, etc.) dont la provenance ne pouvait faire aucun doute pour une organisation qui sortait à peine du maquis. Le Cndd-Fdd a certainement bénéficié des financements, des soutiens matériels des puissances et réseaux extérieurs qui l'avaient créés.

LE SYSTEME DU CNDD-FDD

UN POPULISME MYSTICO-RELIGIEUX ET OBSCURANTISTE
Dès sa prise de pouvoir, Nkurunziza déclara qu’il était devenu président par la volonté de Dieu, non par la volonté populaire. Il se dit de la mouvance des présidents «born again», supposés guidés par la bible !

Depuis une dizaine d'années, il organise régulièrement des caravanes d’une semaine où le gotha de son pouvoir est convié à participer de gré ou de force. Pendant cette période toutes les affaires de l’Etat sont bien sûr mises entre parenthèses et les moyens colossaux du même Etat sont utilisés à des fins purement privés. Nkurunziza fait partie des présidents « born again », adeptes des églises évangélistes protestantes, essaimant à travers l'Afrique. Avec son épouse, Denise Nkurunziza, récemment consacrée pasteur, ils collectent des sommes colossales qui en plus du vol des fonds de l’Etat leur permettent de vivre dans l’extravagance au détriment du reste de la population. Par exemple, à l’issue du congrès du parti tenu à Gitega, du 23 au 24 décembre 2006, le magnanime et richissime planteur d’avocatiers a fait un don de 250 millions F Bu (250 000 dollars) au parti. Il établit des relations avec des groupes religieux d'extrême droite étasuniens et du monde entier, même au niveau du congrès étasunien. Ces congressistes ont appelé le 29 mai 2015 la communauté internationale et tous les burundais à soutenir Nkurunziza.

Pour renforcer et fidéliser les milieux religieux qui lui sont acquis, le pouvoir a conçu un véritable plan de financement des sectes, dont certaines sont même créées pour les besoins de la cause. Et pour affaiblir les Eglises qu’il ne contrôle pas, Nkurunziza suscite des noyaux de dissidence
En plus d’une chorale qui l’accompagne dans ses croisades politico-religieuses, Nkurunziza dispose d’un club de football dénommé « Alléluia » dont il est le capitaine. Cette fameuse équipe disposerait de plus de moyens financiers que l’équipe nationale.

L’autre «truc» de Nkurunziza, ce sont les travaux dits communautaires. Il y participe tous les samedis, paralysant toute autre activité sur le plan national, y compris le mouvement des touristes et autres citoyens, pour montrer sa communion avec le peuple. Il s’agit en réalité d’une propagande permanente avec les moyens du contribuable.

UNE SITUATION SOCIALE CATASTROPHIQUE
L’idée séduisante, reprise d'ailleurs du programme du Cndd, d’enseignement primaire gratuit a été travestie. Des classes pléthoriques, une mauvaise formation et une paupérisation des enseignants ont abouti à une baisse de niveau scolaire de façon catastrophique.

L’autre décision qui avait donné l’espoir aux populations concernait les soins de santé gratuits aux femmes enceintes et aux enfants âgés de mois de cinq ans. L’improvisation et la précipitation qui ont marqué cette mesure ont plongé les structures sanitaires dans un gouffre abyssal dont ils mettront longtemps à se sortir.

L’enseignement supérieur est progressivement privatisé. D’après le rapport d’une Ong nationale, « alors qu’en 2001, au moment de la création de la plupart des établissements privés, les effectifs du public sont treize fois plus élevés, avec respectivement 7468 et 542, en cinq ans ceux-ci se rapprochent et passent à 11 184 à 9 639, pour être au même niveau, une année après. A partir de 2009, les effectifs du privé dépassent ceux du public »

Les Burundais vivent un véritable calvaire : les fonctionnaires et autres agents de l’Etat perçoivent avec de plus en plus de retard leurs salaires de misère, ils sont payés grâce aux appuis budgétaires accordés par le Fmi ou l'Ue. Le Burundi a le Smig le plus bas du monde : 6 dollars ou environ 7200 Fbu par mois. L’inflation a rendu la vie intenable.

DROITS HUMAINS BAFOUES PAR UNE REDOUTABLE MACHINE DE TERREUR ET DE REPRESSION
Nkurunziza et son parti s’appuient sur les forces de sécurité et sa milice Imbonerakure pour écraser toute contestation et étouffer toute volonté de changement.
- La première structure de répression est le Service national de renseignement (Snr), véritable police politique. Avec à sa tête un analphabète devenu général, il s’est illustré dans l’élaboration de faux complots et des assassinats. Le complot le plus connu est le faux coup d’Etat de 2006, qui avait abouti à l’emprisonnement de Domitien Ndayizeye et d’Alphonse Marie Kadege, respectivement anciens président et vice-président de la transition. Quant aux assassinats, ils sont innombrables : l’on peut citer l’assassinat de trois sœurs religieuses en septembre 2014, le massacre de Katumba le 21 septembre 2011 qui a fait 39 morts, l’assassinat la nuit du 8 au 9 avril 2009 de Manirumva Ernest vice président de l’Organisation de lutte contre la corruption et les malversations économiques (Olucome), il aurait été victime d'une enquête qu'il diligentait sur le commerce illicite des armes par certains caciques du pouvoir etc.

- La police : elle est composée essentiellement par les anciens combattants du Cndd-fdd et le commandement est assuré par les officiers très fidèles au président Nkurunziza. La police n’hésite pas à tirer à balles réelles sur des manifestants à mains nues.

- La milice Imbonerakure : officiellement il s’agit du mouvement des jeunes du Cndd-Fdd. Mais en réalité il s’agit bel et bien d’une milice armée. Ses membres suivent une formation militaire dans le secret et disposent des armes à feu. Ils sont organisés en compagnie pour chaque colline. Ils travaillent main dans la main avec le Service National de renseignement et la police. Par endroit, ils se substituent carrément à la police. Ils exercent une terreur permanente contre les militants des partis d’opposition et des actes de contrainte sur des citoyens afin qu’ils adhèrent à leur parti.

- La justice : elle est totalement inféodée au pouvoir du Cndd-Fdd. Les magistrats qui tentent de défendre l’indépendance de la justice sont marginalisés voire persécutés.

UNE CORRUPTION PERMANENTE ET GENERALISEE ET LES DETOURNEMENTS DES DENIERS PUBLICS
Depuis une décennie, le Burundi fait partie des dix pays les plus corrompus du monde selon les rapports de Transparency International (Ti). La corruption, la privatisation des entreprises de l’Etat et les détournements des deniers publics ont des conséquences désastreuses sur la vie des populations : 60% de la population souffre de faim, le chômage frappe durement la jeunesse, le Burundi fait partie des cinq pays les plus pauvres du monde et l’indice de développement humain est parmi les plus bas (180ème sur 187 pays) ( ). La plupart des familles se contentent d’un seul repas par jour. Alors qu’en 2000 le kilo de riz coûtait environ 420 francs, il est aujourd’hui dans les 1400 francs (1 dollar) !

Par contre, une minorité d’oligarques se construisent des villas cossus, roulent dans des 4x4 rutilants, disposent des comptes bancaires bien garnis surtout à l’étranger.

Tout s’achète au Burundi : un poste politique, une bonne place sur la liste électorale, l’emploi, les procès, une participation aux missions de paix pour les militaires, etc., tout se monnaie !

L’or, la cassitérite, le coltan sont exploités et exportés illégalement par les dignitaires du pays et aucun impôt n’est versé à l’Etat. Les contrats d’exploration du sol du pays sont signés dans une opacité totale.

Les entreprises de l’Etat sont sauvagement privatisées, rachetées par les dignitaires du Cndd-Fdd cachées derrières des sociétés-écrans.

Le système Cndd-Fdd est corrompu jusqu'à l'os. En 2008 le Burundi était classé respectivement au 158e rang (sur 180) mondial et au 35e en Afrique subsaharienne. Quasiment parmi les 20 pays les plus corrompus du monde. «Si les notes du Bénin, de la Mauritanie et du Nigeria ont progressé de manière significative cette année, celles du Burundi et de la Somalie se sont sensiblement dégradées » (Ti).

«… La guerre civile a de nouveau menacé le Burundi en 2007, après la rupture de l’Accord pour la paix d’Arusha, et la corruption s’aggrave dans de nombreux secteurs. Aucune enquête n’a été menée à la suite des nombreuses allégations de corruption visant des responsables de haut niveau, et les « déclencheurs d’alerte » ne bénéficient de quasiment aucune protection. Ainsi, la corruption demeure un obstacle majeur au développement économique et commercial du pays. », poursuit Ti.

En 2009, 168e rang mondial sur 180 et 42e en Afrique au sud du Sahara sur 47, le Burundi a même régressé avec un score corruption de 1.8 sur 10 (on devrait dire de non corruption, car la meilleure note de 10 est réservée aux pays «sans» ou, pour rester réalistes, à moindre corruption). En 2010, pas d'amélioration : 170e sur 180 toujours, le Burundi a encore chuté avec un score de 1.8 qui se maintient certes, mais avec 2 places de plus en arrière. En 2011, parmi le peloton caudal, le Burundi est à la 172e place (cette fois sur 182 pays évalués), avec une note invariablement devenue très burundaise de 1,9. En 2012, Idem : 165e sur 174,

Quelques dossiers connus, hélas non exhaustifs : avant le nickel et les autres minerais cités plus haut, il y eut le détournement des fonds du Fed, la vente de l’avion présidentielle, le fameux Falcon 50, les commandes de haricots, de chaussures pour la police, de véhicules…, les commandes de matériels scolaires aux sociétés étrangères et au détriment des sociétés publiques burundaises, l’affaire Interpetrol, la mainmise sur les réserves de la banque pour renflouer les caisses du parti (l’on se rappelle le limogeage bruyant de l’administrateur Directeur général de la Bcb d’alors, avec des sacs de dollars trouvés à domicile, le pillage des minerais de wolframite de Muyinga par les responsables militaires et de la police, en tête desquels figurait un certain général à la tête des renseignements nationaux, non sans collusion avec des mains étrangères.

L’Olucome a aussi, à une certaine époque, dénoncé ce pillage et des containers desdits minerais avaient été saisis par la direction des douanes. Comme on le sait, la corruption est une des manifestations d’un Etat sans Etat de droit, d’un degré poussé d’immoralité dans les affaires publiques, d’injustice car la chose publique appartient à tout le monde. "La corruption enferme des millions de personnes dans la pauvreté," déclarait un jour Huguette Labelle, alors à la tête de Transparency International.

UNE ECONOMIE DEPENDANTE DE L'EXTERIEUR
Le Burundi dispose de multiples atouts qui permettent normalement d’espérer un avenir meilleur et de consolider son indépendance. Parmi ces atouts : un peuple laborieux et travailleur à 85% paysan, discipliné mais également des ressources naturelles appréciables. C’est notamment, à part les terres cultivables et les ressources hydrauliques, le nickel, l’uranium, les oxydes de terres rares, la tourbe, le cuivre, le cobalt, le platine, le vanadium, l’or, le pétrole, l’énergie hydroélectrique, etc., les plus importantes ressources, dont certaines comme le nickel ne sont pas encore exploitées.

Dans un pays, on ne peut pas parler d'économie sans production de biens matériels et des services pour la satisfaction des besoins sociaux essentiels de sa population : sécurité alimentaire et eau potable, logements, infrastructures de transports, production de l'énergie, santé, éducation, respect de l'environnement, maîtrise de la science et de la technique, emploi, la qualité de la vie en général.

Au regard de la situation économique du pays, catastrophique comme l’ont révélé précédemment les différents indicateurs socio-économiques, nous assistons à la persistance et à l'aggravation des problèmes économiques et sociaux, avec la chute du pouvoir d'achat de plus de 500% depuis 1993, la fermeture des entreprises, l'absence presque totale d’industries, le chômage qui touche plus de 60% des jeunes, les inégalités, la misère, les violences. Ces problèmes sont accentués par une chute vertigineuse de la production dans tous les secteurs de l'économie réelle, primaire et secondaire, un budget chaque année déficitaire, avec comme conséquence une dépendance extérieure. Le Budget annuel de l'Etat est régulièrement financé à 52% par des bailleurs de fonds, selon Rufyikiri Gervais, deuxième vice-président, dans sa récente déclaration sur France 24, le 24 juin 2015.

Un Etat dont la production énergétique ne dépasse guère 20Mw n'a pas de ressort pour stimuler le secteur industriel. Un Etat dont les crimes économiques de corruption ont dépassé plus de 500 millions de dollars en dix ans ne peut pas redresser son déficit budgétaire. Plus de 80 cas de corruption grave, concernant souvent des milliards de francs, ont été recensés par l'Organisation de lutte contre les malversations économiques.

En résumé, la situation socio économique au Burundi est caractérisée par une contradiction entre une paupérisation sans cesse croissante des masses populaires (en majorité paysanne à 85%, les employés du secteur public, soit 10%, la classe moyenne, soit 5%) et la concentration du capital de plus en grande dans les mains de l’oligarchie dirigeante, une bourgeoisie compradore et parasitaire ; c'est la principale contradiction interne.

Cette oligarchie est constituée principalement des dirigeants issus des régimes qui se sont succédé depuis l’indépendance du pays en 1962. Elle s’est enrichie sur le dos du peuple par la corruption et le crime, par le bradage des entreprises de l’État en procédant à des privatisations sauvages (Onatel, Onapha, Cotebu, Regideso...). Elle contrôle une plus-value excessive. L’argent volé n’est pas investi dans des opérations de production. Une partie est utilisée dans la construction des villas luxueuses et somptueuses, une autre est déposée sur des comptes bancaires à l’étranger. Pour cette oligarchie, quitter le pouvoir c'est s'asphyxier et mourir, le pouvoir est pour elle un véritable bouclier protecteur contre le peuple et la justice.

LES SOUTIENS EXTERIEURS DU CNDD-FDD
Jusque récemment, les mêmes soutiens qui avaient manœuvré pour mettre Nkurunziza au pouvoir sont restés à ses côtés pendant les dix années de règne. Au moins quatre chefs d’État de la région ont gardé de très bonnes relations de bon voisinage, notamment du Rwanda, de l'Ouganda, de la Tanzanie et du Soudan. Cependant, ces relations avec le Rwanda temps ces derniers tendent à se détériorer, suite au rapprochement que Nkurunziza a fait avec la Tanzanie (pour des intérêts économiques et géopolitiques floues), mais aussi au rejet du troisième mandat de Nkurunziza par le président rwandais.

Pour rappel, la Tanzanie a joué un rôle moteur pour chasser le M23 de la Rdc, celui-ci étant un mouvement armé taxé de bénéficier des soutiens de Kigali. Le Rwanda se basant sur des enquêtes de l'Onu reprocherait à Nkurunziza de soutenir les Fdlr, un parti armé d'opposition basé en Rdc.

(…) Le président Nkurunziza a su s’attirer les bonnes grâces de l’Occident notamment des Etats Unis en envoyant plus de 5000 hommes en Somalie. Malgré des pertes importantes au sein des troupes burundaises, il a maintes fois répété qu’il ne retirera ses troupes qu’à la fin de la mission ! Il a aussi dépêché environ 1000 soldats en Centrafrique, à la grande satisfaction de la France.

Le régime du Cndd-Fdd a signé des accords concernant « le personnel des Etats Unis en République du Burundi ». Cet accord qui hypothèque la souveraineté du pays permet, entre autres, que «les membres des forces armées américaines, le personnel civil du département de la Défense américaine et les sous-traitant des Usa mèneraient des activités d’entrainement, d’exercice ou d’action humanitaire au Burundi (art.2), et jouiraient des privilèges, exemptions et immunités au même titre que les diplomates (art.3). Ils entreraient et sortiraient librement du Burundi avec des documents délivrés par les seules autorités américaines. La validité de leurs licences et permis de conduire serait reconnue comme tel. Ils pourraient porter des uniformes et des armes (art. 3, 4, 5 et 6) et qu’en matière pénale, c’est le droit américain qui s’appliquerait au Burundi (art.7). » ( )

La politique de privatisation à outrance des sociétés publiques n’est pas pour déplaire les libéraux et autres marchands du village mondial globalisé qui dirigent la plupart des grands pays de l'Occident. Aussi, malgré la corruption, la gabegie et la violation massive des Droits de l’homme, par des calculs d'intérêts divers des uns et des autres, le système Cndd-Fdd a continué de bénéficier du soutien de l’Occident, des églises catholique et protestante ainsi que de certaines puissances régionales, jusque très récemment. C’est ainsi que Nkurunziza et sa clique ont tripatouillé impunément les élections de 2010. Malgré les preuves indiscutables et la protestation de l’opposition, celles-ci ont été validées par la plupart des chancelleries occidentales.

Les excès du régime et le risque d’une explosion révolutionnaire ont-ils obligé les puissances occidentales à lâcher leur poulain ?

LA CRISE DITE DU 3EME MANDAT

La corruption, le verrouillage de tout espace d’expression politique, la paupérisation de la majorité de la population d’un côté, l’opulence et l’arrogance d’une minorité dirigeante de l’autre ont fini par révolter une population qui avait espéré des bénéfices de la paix après une longue guerre civile.

Le peuple espérait voir le changement avec la fin du deuxième mandat de Nkurunziza. Et les Burundais savent par expérience que Nkurunziza, s’il se représente, gagnera nécessairement les élections. Une commission électorale qui lui est dévouée, une milice pour terroriser la population, une cour constitutionnelle conditionnée, sont des garanties pour une victoire absolue pour Nkurunziza et le Cndd-Fdd.

Certes le 3ème mandat est anticonstitutionnel et contraire aux accords d’Arusha. Mais les sacrifices consentis par la population burundaise, notamment sa jeunesse, vont au-delà de la défense de la Constitution et des accords d’Arusha. C’est la volonté du changement, la volonté de mettre fin au chômage, à la misère, aux assassinats, à la corruption, au bradage des entreprises de l’Etat et à l’arrogance des dirigeants. La fin de la guerre civile et l'avènement de nouveaux visages dans le paysage politique burundais n'a pas signifié liberté encore moins démocratie. A certains égards, la situation serait même pire que sous les régimes sanguinaire, monopartites et militaro-civile du passé. Les Burundais ont donc soif de lendemainS meilleurs et de perspectives d'avenir. La candidature au 3ème mandat de Nkurunziza met fin à tout espoir de voir des lendemains meilleurs.

Pour cela des jeunes manifestent quotidiennement depuis des dizaines de jours malgré des dizaines de morts par balles, des centaines de blessés et des centaines d’arrestations suivies souvent par des actes de tortures.

Le risque de guerre civile à caractère ethnique, levier sur lequel joue le pouvoir en perte d'arguments, à mesure même de provoquer un embrasement de toute la région, pourrait expliquer la mobilisation toute relative des pays occidentaux contre le 3ème mandat de NKurunziza.

Notons que cette région de l'Afrique Centrale et de l'Est, qui regorge de plus de 40 % des réserves des matières géostratégiques et des immenses réserves d'eau et de bois... présente un intérêt particulier pour les multinationales et certaines grandes puissances.

L’APRES NKURUNZIZA ET LE SYSTEME DU CNDD-FDD

Il est difficile de s’imaginer que le système du Cndd-Fdd va survivre à la crise actuelle. Si la population ne régresse pas dans les antagonismes ethniques d’antan, il est indéniable que le pouvoir qui succédera à celui actuel aura l’obligation de tenir compte de la volonté de la population de voir ses conditions de vie s’améliorer et les bases d'une vraie démocratie se mettre en place.

L’opposition est certes disparate ; certains parmi les opposants voudraient juste se substituer au Cndd-Fdd. Il existe aussi au sein de l’opposition des démocrates-libéraux ou des gens malléables et corruptibles pour faire du "business as usual". Une frange importante de progressistes et démocrates sont regroupés autour du parti Cndd dirigé par Léonard Nyangoma.

Il est à parier que les manœuvres de certaines puissances occidentales et de leurs alliés de la région sont très engagées, afin que le prochain pouvoir soit dirigé par leurs poulains libéraux. Les organisations progressistes africaines, européennes et latino-américaines ont le devoir révolutionnaire et urgentissime d’apporter leur soutien aux progressistes burundais dans ces moments décisifs pour l’avenir de la gauche au Burundi, dans la région et dans le monde.

Le monde est devenu un village et un battement d'aile au Burundi pourrait avoir des conséquences d'ouragan en Papouasie ou sur la Cordillères des Andes, etc. La mobilisation pour soutenir les démocrates et progressistes burundais doit procéder d'une bonne compréhension de la situation complexe du pays, au-delà des clichés servis à l'emporte-pièce par nombre de médias occidentaux et d'ailleurs au service de la mafia commerçante du monde. Même parmi ceux des occidentaux qui contestent le troisième mandat illégal à Nkurunziza, tous ne sont pas mus par l'amour du peuple burundais. Il sied donc d'y voir clair et d'intervenir rapidement en faveur des progressistes autour des partis œuvrant avec le Cndd de Léonard Nyangoma.


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** Secrétariat national aux Relations internationales du Cndd, parti dirigé par Nyangoma Leonard

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L’Iran, le retour

Michel Rogalski

2015-07-02

http://pambazuka.net/fr/category/features/95073


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Longtemps écarté de la scène internationale comme acteur de poids, l’Iran est en passe d’y faire un retour remarqué. L’avènement, en 1979, de la République islamique succédant au régime du shah, avait marqué le début de l’isolement du pays et de l’ostracisme que lui témoignaient les puissances occidentales.

Après plus d’une vingtaine d’années d’interventions des États-Unis et de leurs alliés dans la région (Afghanistan, Irak, Libye, Syrie), traduites par des échecs et le chaos, la situation est devenue tellement dégradée et incontrôlable qu’il n’est plus possible d’envisager un retour à un minimum de stabilité sans une implication, inimaginable hier encore, de l’Iran qui, contrairement à toute attente, a pu faire face douloureusement à des décennies de sanctions économiques et montrer, en accueillant les 120 pays participant au 16ème Sommet des Non-alignés en 2012, qu’on devait encore compter avec lui.

Ce retour reste hypothéqué par la conclusion d’un accord en cours de négociation avec les pays du groupe 5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies + l’Allemagne). Elles portent sur une possible dimension militaire du programme nucléaire iranien. Depuis les mandats de Clinton, le problème est posé et confronte l’Agence internationale pour l’énergie atomique (Aiea) à l’Iran, accusé de fait de violer ses engagements pris à travers son adhésion en 1968 au Traité de non-prolifération nucléaire (Tnp). Il lui est reproché, sous couvert de recherche scientifique à des fins civiles, de mettre en œuvre un vaste dispositif plus ou moins dissimulé lui permettant d’accéder à l’arme nucléaire. À l’ombre de ce contentieux se déroule une guerre de l’ombre, menée par Israël et les Etats-Unis, visant à retarder au maximum l’avancement de ce programme en recourant à des attaques informatiques et à l’assassinat systématique de scientifiques associés à ce projet.

L’Iran nie totalement les intentions qui lui sont prêtées et a donné suite à des demandes d’inspection de l’Aeia largement plus intrusives que celles habituellement pratiquées par cette institution. Il revendique le droit à développer des formes d’énergie nucléaire à des fins civiles et scientifiques.

Depuis trente années, différents types de sanctions sont imposés à l’Iran qui proviennent d’entités différentes : des États-Unis, des Nations unies et de l’Union européenne. Peu de pays en ont subi autant. Elles touchent des secteurs aussi divers que le pétrole, la finance, la santé et ont contribué à fragiliser l’économie et rendu difficile la vie quotidienne des Iraniens. À cela s’est ajoutée dans la dernière période la chute brutale du cours du baril de pétrole.

Les négociations actuellement en cours à Vienne et qui se prolongeront au-delà de la date-butoir du 30 juin initialement prévue sont d’une grande importance d’un double point de vue. Il s’agit tout d’abord du danger d’une prolifération nucléaire dont la crainte est fondée. Enfin, par-delà l’accord, ce qui est en jeu c’est la place de l’Iran dans la région et ses possibilités d’être un partenaire de stabilisation d’une zone qui s’enfonce dans le chaos, le seul à rester capable de contrer l’avancée des intégristes islamistes regroupés au sein de l’organisation de l’État islamiste ou s’en revendiquant.

En clair, la première victime d’un tel accord serait l’axe privilégié entre l’Arabie saoudite, les États du Golfe et les États-Unis. Le jeu des alliances s’en trouverait bouleversé, Washington considérant que l’entente avec les chiites doit dorénavant être recherchée, au grand dam de la Turquie, de l’Arabie saoudite, d’Israël (évoquant l’éventualité de frappes militaires) et de la France (durcissant les conditions), pays qui s’ingénient depuis l’accord-cadre d’avril 2015 conclu à Lausanne à pousser les actuelles négociations de Vienne à l’échec. Son succès est menacé non seulement par les États cités, mais également par des forces politiques tant en Iran qu’aux États-Unis.

Le voyage de Benjamin Netanyahu en mars et son discours au Capitole ont montré la vive réticence d’une part de la classe politique américaine et le souci de Barack Obama d’agir avant la fin de son mandat, souci certainement partagé par le président Hassan Rohani. En Iran, des forces conservatrices et extrémistes, influencées par l’ancien président Ahmadinejad et une fraction des gardiens de la révolution, réticents à un axe Téhéran-Washington, s’emploient également à faire capoter tout règlement négocié. Le temps est révolu où, en 2002, Georges W. Bush incluait l’Iran dans l’« axe du mal » aux côtés de l’Irak et de la Corée du Nord. Il semble qu’à Paris on n’ait pas pris la mesure du chemin parcouru et qu’on reste attaché à de vieux schémas.

L’accord est à portée de mains. Pour l’essentiel, il vise à brider le programme nucléaire des Iraniens en échange d’une levée des sanctions internationales. Après, tout est dans les nuances, mais elles peuvent être importantes. La levée des sanctions est inséparable d’un calendrier qui en fixe l’échéancier ou d’un mécanisme qui l’annule automatiquement en cas de manquement aux engagements pris. Les uns veulent une levée immédiate « au premier jour de l'application de l'accord », les autres la veulent plus progressive. Là où les uns parlent d’automaticité en cas d’inobservance, les autres suggèrent un retour vers le Conseil de sécurité où le blocage d’amis serait possible. Il reste des désaccords sur le caractère plus ou moins intrusif des inspections de tous les sites, notamment ceux qui sont strictement militaires, leur durée et le taux permis d’enrichissement de l’uranium, ainsi que le nombre de centrifugeuses tolérées. Barack Obama a considéré que la demande d’Israël d’inclure dans l’accord une reconnaissance « claire et sans ambiguïté » du droit à l’existence d’Israël, constituait une « erreur de jugement fondamentale ».

Ces négociations doivent s’apprécier également à l’aune du bilan de l’application du Traité de non-prolifération nucléaire (Tnp). Le Tnp se propose d’empêcher la dissémination des armes et de la technologie nucléaires et à promouvoir le désarmement. À l’exception de trois pays - l’Inde, le Pakistan et Israël - le Tnp s’est aujourd’hui universalisé. La fonction de tels traités à vocation universelle est toujours, après un certain temps de décantation, de braquer le projecteur sur les plus réticents qui d’une certaine façon s’auto-dénoncent.

Outre la fonction pour laquelle il est créé, le traité marque d’emblée l’intentionnalité du non-signataire. C’est pourquoi certains États, plutôt que de rester à l’écart du traité - qui confère par ailleurs certains avantages - préféreront le signer quitte à ne pas le respecter. Ce fut le cas de la Corée du Nord et c’est ce dont est suspecté aujourd’hui l’Iran. Ainsi on peut tenter de proliférer à l’abri du traité - Corée du Nord, Iran - ou à l’écart du traité - Inde, Israël, Pakistan. La première posture sera considérée comme déloyale et pourra ouvrir la voie à des sanctions, alors que la seconde sera ouverte et légale car l’on ne peut s’obliger aux termes d’un accord que l’on n’a pas signé. Il reste qu’aucun État signataire n’a pu accéder au statut de puissance nucléaire, ou tout le moins le conserver. Ce qui constitue un beau succès pour le régime international de non-prolifération nucléaire institué par le Tnp. Des continents entiers ont acceptés d’être zone dénucléarisée, comme l’Afrique et l’Amérique latine.

La situation de l’Iran situé à la charnière de l’Asie et du Moyen-Orient reste particulière. Cette région concentre des États nucléaires hors Tnp (Inde, Pakistan, Israël), ou signataire (Chine), des pays en voie de démanteler (Corée du Nord), des pays du seuil pouvant en quelques mois accéder au statut de puissance nucléaire (Japon, Corée du sud). Les statuts et les trajectoires sont multiples et rend la région disparate du point de vue du nucléaire. Aucune règle commune ne semble ainsi s’appliquer. Selon une déclaration de six anciens ambassadeurs de pays européens en Iran (Le Monde du 9-6-2011) « une majorité d'experts, y compris en Israël, semble plutôt estimer que l'Iran cherche à se poser en "pays du seuil" ». Un des points encore en discussion dans la négociation serait de savoir quel serait le délai raisonnable qu’il faudrait imposer à l’Iran pour passer de l’état de pays du seuil à celui de détenteur de l’arme nucléaire. Trois mois ? Un an ?

Mais quelle que soit l’issue des négociations en cours, cela n’affectera pas le fait central, le retour de l’Iran sur la scène moyen-orientale et son affirmation comme puissance régionale incontournable dont la stabilité détonne dans le chaos environnant. Les États-Unis qui ont offert contre toute attente de leur part une influence décisive à l’Iran qui se retrouve en protecteur de Bagdad et de Damas, n’ont d’autre issue que de renouer le dialogue avec le grand Satan d’hier quitte à fâcher Djeddah et Tel Aviv.


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** Michel Rogalski est directeur de la revue Recherches internationales - Cette chronique est réalisée en partenariat rédactionnel avec la revue Recherches internationales à laquelle collaborent de nombreux universitaires ou chercheurs et qui a pour champ d’analyse les grandes questions qui bouleversent le monde aujourd’hui.

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Commentaires & analyses

Sénégal : Les lois scélérates du président Sall

Momar Dieng

2015-07-01

http://pambazuka.net/fr/category/comment/95053

Si le tréfonds moral et psychologique qui transforme un rêve légitime en cauchemar inattendu n’est pas extirpé des gènes de nos hommes politiques aux plus hautes fonctions dans l’Etat, la corruption dans la gouvernance a encore de beaux et longs jours devant elle.

Il y a longtemps que les espoirs de modernisation de la vie politique au Sénégal, après la mascarade des Wade, ont été consumés par le régime de Macky Sall. L’heure n’est plus à s’interroger sur les intentions réelles d’un président de la République qui a fini de révéler son véritable visage… C’est l’éternel recommencement dans la recherche d’une (énième) alternative à un régime qui se croit obligé de péter les plombs pour rester aux manettes. Mais en même temps, il devient indispensable que soit mené le travail d’analyse et de compréhension de la mutation que subit le Sénégal depuis plus de trois ans. C’est une nécessité de premier plan.

Si en effet le tréfonds moral et psychologique qui transforme un rêve légitime en cauchemar inattendu n’est pas extirpé des gènes de nos candidats aux plus hautes fonctions dans l’Etat, la corruption dans la gouvernance a encore de beaux et longs jours devant elle.

Toute la décadence du régime Sall se trouve aujourd’hui résumée dans les modifications annoncées du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Ce sont effectivement des lois scélérates issues de magouilles politiciennes qui falsifient le cours naturel du jeu démocratique sénégalais à travers ce qui devrait en être un pilier fondamental : le Parlement. L’objectif visé par le pouvoir n’est pas dans une quelconque « harmonisation » de textes, il vise simplement à une élimination opérationnelle d’adversaires politiques qui ont le tort d’être minoritaires dans l’hémicycle, en dépit du passé récent sulfureux qui peut et doit leur être opposé.

La posture que défendaient hier les responsables du Parti démocratique sénégalais (Pds) – « Une majorité parlementaire doit bien servir à quelque chose ! » - peut être « valablement » invoquée aujourd’hui par leurs collègues de l’Alliance pour la république (Apr). Une transversalité qui démontre le degré d’hypocrisie et de cynisme qui gangrène le débat politique. Les clans passent, les pratiques perdurent. Les populations trinquent.

DEPUTES DE LA CINQUIEME COLONNE

Il ne faudrait pas en vouloir à cette 5e colonne de députés dit « républicains » qui acceptent de tremper leurs mains dans le cambouis du déshonneur et de la trahison de leur serment tout en se tortillant les méninges pour justifier l’inqualifiable. Incapables de voter une loi par eux-mêmes pour l’intérêt des populations et de la démocratie, ils se spécialisent dans l’art de tailler des croupières à des alliés - qui n’auront du reste pas volé cette humiliation – et des opposants – en manque flagrant de crédibilité.

Les petites querelles de borne-fontaine à travers des attaques ad hominem dans les médias suffisent à leur honneur de plaire au prince, en attendant que le fric, bonheur suprême, tombe dans leur escarcelle. Le reste, ils s’en tapent ! Pour avoir assisté à au moins deux séminaires avec eux consacrés aux « réformes » du règlement intérieur, nous sommes en mesure de dire que ces gens qui portent aujourd’hui ces lois scélérates trahissent sans scrupules les convictions qu’ils avaient étalées à Saly.

EXTREMISME

A moins de deux ans de la fin d’un mandat dont on ne sait plus s’il est à 7 ans ou à 5 ans, Macky Sall est entré radicalement dans un agenda dont l’orientation ne semble plus faire de doute : l’extrémisme. Ou plutôt, face aux défis titanesques qui pèsent sur ses épaules, il s’est replié dans l’auto-faiblesse, se faisant enrôler dans la logique la plus dangereuse qu’un homme en quête de réélection puisse emprunter : la fuite en avant. Il ne résiste plus à des proches harponnés par la folie du pouvoir, il se laisse aller, comme porté par ces vagues de l’Atlantique qui le troquent en clandestin dans son propre pouvoir. Pour lui, Dansokho a eu la sagesse de tirer la sonnette d’alarme… On ignore ce qu’il en a fait.

L’ex-futur président, chassé de l’hémicycle par Wade en 2008 et pris en sympathie par une frange du peuple, revient donc sur les lieux du crime wadien en fossoyeur de la démocratie parlementaire, dans des circonstances qui ne l’honorent point. Le projet de loi n°13/2015 est une atteinte grave au principe de séparation des pouvoirs dans la république. Mais dans cette affaire, il ne s’assume pas, comme il en a pris l’habitude.

L’extrémisme de Macky Sall est aussi visible dans la massification des recrutements politiciens de tous bords qui n’en finissent pas d’encombrer le Palais de la république. Reconnaissons-lui une chose néanmoins : à partir du moment où la transhumance politicienne n’est pas intrinsèquement immorale à ses yeux, rien ne l’empêche d’en user à satiété. Mais sur ce plan là, il semble n’avoir rien retenu des mésaventures de son prédécesseur. Tant pis pour lui. Son problème : il ne dispose pas, loin s’en faut, de la capacité de résilience dont Abdoulaye Wade a su faire preuve pour retarder sa chute.

CORRUPTION

D’où l’autre extrémisme auquel il fait recours : la corruption systématique des leviers et moyens de lutte contre…la corruption. Le spectre va d’une partie significative des éditeurs et journalistes de la presse globale aux principaux aboyeurs médiatiques et politiques structurés autour du M23 originel, en passant par des « notables » qui avaient eu le temps de flirter pendant de longues années avec le régime Wade par espèces sonnantes et trébuchantes interposées. Tous sont allés à la soupe, pour parler de manière triviale ! Il est veinard et intelligent, Macky Sall ! Deux atouts qu’on ne peut cependant reprocher à un politicien de posséder, même si le registre des valeurs est à l’envers.

Fallait-il combattre le projet funeste du 23 juin 2011 du clan des Wade et consorts et rester sourd et muet aujourd’hui devant cette agression contre une institution parlementaire déjà scandaleusement affaiblie ? Comme d’habitude, la majorité ultra-mécanique du pouvoir va boucler la question en un tour de main. Alors, l’enjeu est simplement que la démocratie sénégalaise puisse compter sur le comportement républicain de députés non encartés APR afin de sauver l’honneur – s’il en reste - d’une institution dont la vie rime désespérément avec… désespoir.


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** Momar Dieng est journaliste sénégalais. Il anime le blog http://momardieng.blogspot.com

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Larmes de joie : Les contacts humains débouchant sur le développement humain

Yossef Ben-Meir

2015-07-01

http://pambazuka.net/fr/category/comment/95056


cc Getty
A travers les âges, nous avons reconnu cette vérité évidente, selon laquelle le bonheur est favorisé par nos liens avec les autres. Ceci est tout à fait approprié en termes de développement humain.

Nous pouvons savoir, peut-être même personnellement, qu'une lacune dans la société peut plonger d'innombrables personnes dans la souffrance. Ici au Maroc, un tel vide, celui de l'implacable pauvreté, existe, en particulier en milieu rural (où la pauvreté est généralement plus concentrée dans le monde entier) et surtout dans les zones montagneuses du Royaume.

Dans le même temps les gens identifient les possibilités d’améliorer leur bien-être qui est si proche, mais qui demeure hors de portée d’année en année. Le sociologue Charles Tilly a suggéré que la disparité entre les conditions d’existence déplorables vécues actuellement et les améliorations que nous pouvons envisager, mais dont nous pensons que nous sommes privées, est une condition première qui propulse des mouvements sociopolitiques pouvant entraîner des conflits.

A travers les âges, nous avons reconnu cette vérité évidente, selon laquelle le bonheur est favorisé par nos liens avec les autres. Ceci est tout à fait approprié en termes de développement humain puisque des conditions socio-économiques désastreuses sont effectivement inversées par des personnes et des groupes qui se mettent en relation et communiquent par le biais de l’approche démocratique participative. Lorsque ces procédures sont utilisées pour créer un développement géré à l’échelon local, des convictions d’autonomisation sont engendrées chez les bénéficiaires, en même temps que la joie qui accompagne une plus grande autodétermination. En substance, les éléments qui sont cruciaux pour la durabilité du projet conduisent également au bonheur.

UNE ‘ETINCELLE’ HUMAINE

Imaginez le sentiment d'appartenance à une communauté marginalisée ne disposant guère d’une dynamique de changement. Un jour, un animateur de dialogue communautaire commence à organiser - et à catalyser – des réunions où les membres de chaque ménage règlent leurs différends et décrivent leur vision pour l'avenir, tous dans le but de définir un plan d'action commun pour le changement qu'ils recherchent.

La mobilisation pour le développement nécessite cette étincelle, qu’elle soit fournie par un agent externe ou une femme leader locale, le membre d’une association, un fonctionnaire ou un bénévole formé. Il est après tout très rare qu'une communauté se réunisse spontanément pour résoudre ses divergences en vue de faire avancer la cause commune. En outre, même dans des pays comme le Maroc où la loi exige l'établissement de plans de développement fondés sur la volonté collective de la population, la mise en œuvre effective d'une véritable expérience participative risque de rester un vœu pieux. Les personnes capables d'agir comme des vecteurs d’un changement constructif sont par conséquent celles qui ont suivi des programmes de formation pratique où elles ont appris à animer le dialogue communautaire dans des contextes réels.

DES PARTENARIATS FRUCTUEUX

Partons du principe qu’un plan de développement reflétant les priorités de la population est en place. Bien qu’il s’agisse d’un premier pas nécessaire et positif, la bataille n’est pas encore gagnée ; une transition réussie vers la mise en œuvre nécessite en effet ses propres possibilités fortuites.

La collecte de fonds pour établir des projets nécessite l'établissement de partenariats au début du processus, lorsque les communautés déterminent leurs initiatives les plus importantes, afin que les bailleurs de fonds éventuels soient attirés le plus tôt possible dans l'expérience de la planification participative.

Dans le Maroc rural, les chances de bénéficier d’un financement de projet sont encore plus faibles, vu que le taux d'analphabétisme est un important facteur d’inhibition du type de communication requise. Dans le monde entier, les donateurs potentiels feraient à la fois preuve de sagesse et de générosité s’ils acceptaient les propositions soumises de façon facilement transmissible par les bénéficiaires, c’est-à-dire par voie orale ou rédigées dans les langues locales traditionnelles (qui sont souvent menacées).

SAVOURER LA VICTOIRE

Enfin, imaginons que le déclenchement et la facilitation du dialogue communautaire débouchent effectivement sur des plans communs de projets, auxquels les bailleurs de fonds sont prêts à contribuer financièrement, ainsi que les bénéficiaires par le biais de la main-d’œuvre en nature et par d’autres moyens vitaux.

Cette manifestation d'une idée ou d’un objectif défini individuellement dans la réalité est une source d’autonomisation interne et externe. L'expérience renforce la confiance, le sentiment d’autonomie et la croyance dans l'efficacité de l'action collective tout en perfectionnant les compétences techniques et managériales.

Selon mon expérience, lorsque les communautés sont assez chanceuses pour passer à la phase de mise en œuvre, il survient presque sans exception au moins un moment magique de réflexion, d'émerveillement et de profonde gratitude. Les gens considèrent tout ce qu’ils ont parcouru pour arriver au moment de la concrétisation, de la construction ou de la plantation, de l'enseignement, de l'apprentissage ou de faire une présentation, ainsi que la nature imprévisible du chemin qu'ils ont parcouru, guidés par les principes de la démocratie participative. Ces moments, même s’ils sont éphémères, sont vraiment heureux car ils résument le sentiment d'accomplissement qui, une fois reconnu, peut être plus facilement atteint à l'avenir.

La durabilité nécessite donc la participation populaire pour entraîner dans son sillage aussi bien l'autonomisation que nous cherchons que le bonheur dont nous avons besoin.


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** Dr Yossef Ben-Meir est président de la Fondation du Haut Atlas.

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Plaidoyers & campagnes

Déclaration de la société civile africaine sur le refus de l’Afrique du Sud d’arrêter Omar el-Béchir

Coalition de la Cour Pénale Internationale

2015-07-01

http://pambazuka.net/fr/category/advocacy/95054

Nous, Ong africaines réunies au Bénin par l’intermédiaire de la
Coalition de la Cour pénale internationale condamnons dans les termes les plus forts le refus du gouvernement sud-africain d’arrêter un fugitif du droit international et son non-respect de ses obligations
découlant du Statut de Rome et de la Charte des Nations Unies.

Le 13 Juin 2015, le président soudanais Omar el-Béchir est arrivé en
Afrique du Sud pour participer au 25e sommet de l'Union africaine
(Ua) à Johannesburg.

A la suite d’un renvoi en 2005, par le Conseil de sécurité des Nations
Unies, de la situation au Darfour, Soudan, à la Cour pénale
internationale (Cpi), la Cpi a délivré deux mandats d'arrêt contre
Omar el-Béchir en 2009 et 2010 pour plusieurs chefs de crimes contre
l'humanité, génocide et crimes de guerre, qu’il aurait commis au
Darfour à partir de 2003.

L’Afrique du Sud est un État partie au Statut de Rome et l’a intégré
dans son droit national à travers la Loi no. 27 de 2002 relative à la
Mise en œuvre du Statut de Rome de la Cpi (Loi Cpi). Cette Loi Cpi
prévoit l'arrestation des personnes accusées d'avoir commis le crime
de génocide, des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre, et
leur remise à la Cpi. En tant qu'État partie au Statut de Rome de la
Cpi et en vertu de son droit national, le gouvernement sud-africain
avait l’obligation légale d'arrêter el-Béchir dès son arrivée dans ce
pays, ce qu’il n’a pas fait.

Le 14 Juin 2015, le Southern Africa Litigation Centre - un membre de
la Coalition basé en Afrique du Sud - a saisi la Haute cour du Nord
Gauteng à Pretoria sur la base de la Loi Cpi, afin d'obtenir une
décision obligeant le gouvernement sud-africain à se conformer à ses
obligations découlant tant de son droit national que du droit
international pour arrêter el-Béchir et le transférer à La Haye. Une
décision provisoire a été rendue par la Haute cour, obligeant le
gouvernement à s’assurer qu’el-Béchir ne quitte pas sa juridiction le
temps qu’une décision sur le fond de la requête soit rendue.

La Haute Cour a délivré un mandat d’arrêt pour el-Béchir le lendemain, 15 juin, pour empêcher à nouveau el-Béchir de quitter le territoire jusqu’à ce
qu’une décision soit rendue sur le requête initiale. Non seulement le gouvernement sud-africain n’a pas respecté cette décision provisoire mais il aurait également facilité l'évasion du fugitif Omar el-Béchir depuis son aéroport contrôlé par l’armée de Waterkloof, à Pretoria.

Les membres de la Coalition de la région africaine réunis à Cotonou, Bénin se joignent à la condamnation locale et internationale du non-respect par le gouvernement sud-africain de ses obligations légales nationales et internationales.

Les obligations d'un Etat partie au Statut de Rome sont claires et
l'Afrique du Sud étant l'un d'entre eux est obligée de coopérer
pleinement avec la Cour non seulement dans le cadre de ses enquêtes et
des poursuites pour les crimes relevant du Statut, mais aussi en
respectant les demandes d'arrestation et de remise. L’Afrique du Sud a
précisément manqué à cette obligation en refusant d'arrêter et de
remettre el-Béchir à la Cpi.

L’Afrique du Sud a également ignoré la décision de son propre système
judiciaire en violant la décision d'un tribunal sud-africain qui a
ordonné au Président soudanais de ne pas quitter le sol sud-africain
tant que les questions liées aux obligations de l'Afrique du Sud en
vertu du Statut de Rome ne soient clarifiées.

Nous, Ong africaines réunies au Bénin par l’intermédiaire de la
Coalition de la Cour pénale internationale condamnons dans les termes les plus forts le refus du gouvernement sud-africain d’arrêter un fugitif du droit international et son non-respect de ses obligations
découlant du Statut de Rome et de la Charte des Nations Unies.

Nous saluons et félicitons le pouvoir judiciaire sud-africain pour son
courage et sa bravoure qui a relevé le défi, non seulement en
ordonnant qu’Omar el-Béchir ne doit pas quitter l'Afrique du Sud avant
sa décision sur son arrestation (que le gouvernement a bafoué), mais
aussi en ordonnant le gouvernement de fournir une explication
détaillée des circonstances de l'évasion d’el-Béchir.

Le 24 juin 2015, la Haute cour du Nord Gauteng a estimé qu’«en vertu
de la Loi de mise en œuvre, les autorités sud-africaines sont
enjointes à coopérer avec la Cpi, par exemple, pour procéder à
l'arrestation et à l'arrestation provisoire de personnes soupçonnées
de crimes de guerre, génocide et crimes contre l'humanité. Ces crimes
ont été spécialement créés dans le contexte sud-africain, sous la
section 4 de la Loi de mise en œuvre. »

La Cour a en outre déclaré que la Loi de mise en œuvre ayant autorité
législative, car adoptée par le Parlement, « elle ne peut être écartée
ni par un avis promulgué par un ministre ni par une décision du
cabinet ».

La Cour a souligné qu’«un Etat démocratique fondé sur l’Etat de
droit ne peut pas exister ou fonctionner si le gouvernement ignore ses
obligations constitutionnelles et ne parvient pas à respecter les
décisions judiciaires [et] le départ du président Béchir d'Afrique du
Sud démontre la non-conformité avec la décision de la Cour». La Cour
a invité le Directeur national du ministère public à déterminer si des
poursuites pénales contre le défendeur sont appropriées dans cette
affaire.

Nous appelons à ce que les responsables soient sanctionnés, ce qui
enverrait un message clair à savoir qu’il y aura des conséquences en
cas d’inaction sur des obligations internationales. Nous appelons aux
systèmes judiciaires africains à suivre l'exemple sud-africain en
prenant ses responsabilités et en devenant un bras véritable, naturel
et indépendant du gouvernement pour l'amélioration de l'Etat de droit
tant à l'échelle nationale qu’internationale.

Nous notons, entre autres, les déclarations du président de
l'Assemblée des États Parties Sidiki Kaba (également ministre de la
Justice du Sénégal), du Botswana, du Malawi, du Liechtenstein, du
Costa Rica, du Canada, de l'Union européenne, des Etats-Unis, du
Secrétaire général de l'Onu, du juge Richard Goldstone condamnant cet
évènement.

Nous appelons à davantage de déclarations de ce genre et
une plus grande action de la part de tous les acteurs de la
communauté internationale, en particulier des membres du Conseil de
sécurité des Nations Unies et des Etats parties à la Cpi.
Il est essentiel que l’organe dirigeant de la Cpi, l'Assemblée des
États parties, examine sérieusement tout acte de non-coopération
éventuellement décidé par les juges de la Cpi contre l'Afrique du Sud
sur cette question.

L’Afrique du Sud a été pleinement rappelée de ses
obligations d'arrêter el-Béchir dans les jours précédant le sommet de
l'Union africaine par le président de l'Aep et le juge de la Cpi Cuno
Tarfusser, entre autres. L'Assemblée doit prendre des mesures
importantes pour dissuader le non-respect aussi flagrant des décisions
de la Cpi. Elle doit également examiner les décisions de
non-coopération contre le Tchad, la Rdc, après qu’el-Béchir a
visité ces Etats.

Nous notons qu’il est de la responsabilité du CsNu de garantir la
coopération sur les décisions découlant de ses renvois à la Cpi. Nous
exhortons le CsNu à condamner fermement la visite du président
el-Béchir en Afrique du Sud et à ce que des mesures soient prises
immédiatement pour s’assurer de son arrestation.

L'argument du gouvernement sud-africain selon lequel el-Béchir
bénéficiait d’une immunité parce qu'il participait à un sommet de l'Ua
en tant que chef d'Etat est fondamentalement défectueux. Le Conseil de
sécurité des Nations unies, dans sa résolution 1593 du 31 mars 2005,
renvoyant la situation au Darfour à la Cpi, a implicitement levé toute
immunité pour el-Béchir. Cela découle du principe de base du Statut de
Rome qui exclut explicitement toute immunité nonobstant le fait d’être
membre de l’exécutif. La Charte de l'Ua contient également des mesures
importantes contre l'impunité.

Nous saluons la société civile au Malawi, en République démocratique
du Congo, au Nigeria, au Kenya parmi d’autres pour s’être mobilisé
pour l'arrestation d’el-Béchir lors de visites dans leurs pays
respectifs. Les gouvernements étant trop souvent réticents à agir sur
les mandats d’arrêt pour el-Béchir et d’autres personnes poursuivies
par la Cpi, les actions de la société civile sont de plus en plus
importantes pour garantir la coopération des États avec la Cour,
soulignant l’importance cruciale de la ratification universelle du
Statut de Rome ainsi que sa mise en œuvre dans le droit national.

Nous soulignons que de graves crimes internationaux continuent d'être
commis en toute impunité au Soudan dans les Etats du Nil Bleu et du
Sud Kordofan sous la présidence d'el-Béchir.

CONTEXTE

Du 17 au 19 Juin 2015, les membres de la société civile de la
Coalition pour la Cour pénale internationale - un réseau mondial d'ONG
qui célèbre son 20e anniversaire - se sont réunis à Cotonou, au Bénin
pour une Réunion Stratégique Régionale en Afrique pour faire avancer
la justice pour les crimes de guerre, crimes contre l'humanité et de
génocide à travers les mécanismes de justice nationaux, régionaux et
internationaux.



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d’organisations de la société civile présentes dans 150 pays
travaillant en partenariat pour renforcer la coopération
internationale avec la Cpi ; s'assurer que la Cpi est juste, efficace
et indépendante; rendre la justice à la fois visible et universelle,
et promouvoir le renforcement des lois nationales qui permettent de
rendre justice aux victimes de crimes de guerre, crimes contre
l'humanité et génocide.

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**** Les opinions exprimées dans les textes reflètent les points de vue des auteurs et ne sont pas nécessairement celles de la rédaction de Pambazuka News


LISTE DES ORGANISATIONS PRESENTES A LA REUNION
- Africa Legal Aid
- Amnesty International Togo
- Coalition camerounaise pour la Cpi
- Coalition centrafricaine pour la Cpi
- Centre pour les Droits de l’homme et la réhabilitation, Coalition du
Malawi pour la Cpi
- Société pour l’éducation des enfants, Coalition tanzanienne pour la Cpi
- Centre du développement des ressources civiles et de documentation,
- Coalition nigériane pour la Cpi
- Coalition ivoirienne pour la Cpi
- Coalition pour la Cpi
- Club des Amis du droit du Togo
- Rdc - Fondation congolaise pour la promotion des droits humains et la paix
- Coalition de la Rdc pour la Cpi
- Coalition ghanéenne pour la Cpi
- Human Rights First Rwanda
- Human Rights Watch
- Hurinet Coalition ougandaise pour la Cpi
- Programme du Crime international en Afrique de l’Institut d’Etudes de Sécurité
- Coalition sud-africaine pour la Cpi
- Commission kenyane pour les Droits de l’homme
- Section kenyane de la Commission internationale des juristes
- Coalition de la Rdc pour la Cpi
- Acat Madagascar, Coalition malgache pour la Cpi
- Coalition malienne pour la Cpi
- Rencontre africaine pour la défense des Droits de l'homme, Coalition
sénégalaise pour la Cpi
- Coalition zambienne pour la Cpi


La communauté internationale doit agir sur le cas el-Béchir

2015-07-01

http://pambazuka.net/fr/category/advocacy/95057


cc MD
Le refus du gouvernement sud-africain d’arrêter le fugitif Omar el-Béchir doit absolument être résolu par le système judiciaire du pays, les Etats membres de la Cour pénale internationale (Cpi) et le Conseil de sécurité de l’Onu, ont déclaré 30 organisations de la société civile africaine dans un communiqué.

Du 17 au 19 juin 2015, des membres de la société civile de la
Coalition pour la Cpi – un réseau mondial de 2500 organisations non
gouvernementales - se sont réunis à Cotonou, au Bénin pour une Réunion
stratégique régionale en Afrique pour faire avancer la justice pour
les crimes de guerre, crimes contre l'humanité et de génocide à
travers les mécanismes de justice nationaux, régionaux et
internationaux.

Les organisations participantes ont représenté plus de
600 des 800 Ong membres de la Coalition pour la Cpi en Afrique.
Dans un communiqué publié à la suite de la réunion, les organisations
ont salué la Haute cour du Nord Gauteng à Pretoria pour son courage en
ordonnant à el-Béchir de ne pas quitter l’Afrique du Sud avant qu’une
décision ne soit rendue sur une requête demandant l’exécution de deux
mandats d’arrêts de la Cpi.

Le 24 juin, la Haute cour a estimé que le départ du président Béchir
d’Afrique du Sud avait démontré le non-respect d’une décision de la
Cour. Elle a déclaré que les autorités sud-africaines ont l’obligation
de coopérer avec la Cpi pour arrêter les suspects en vertu de la loi
nationale de mise en œuvre du Statut de Rome – le traité fondateur de
la Cpi – dans le droit national.

En tant qu’Etat partie au Statut de Rome, l’Afrique du Sud a
l’obligation d’arrêter el-Béchir, qui est poursuivi pour crimes de
guerre, crimes contre l’humanité et génocide qui auraient été commis
au Darfour, Soudan.

«Nous appelons à ce que les responsables de non-respect d’obligations
internationales et nationales soient sanctionnées afin d’envoyer un
message clair, à savoir qu’il y a des conséquences à l’inaction pour
arrêter un fugitif de la Cpi», a déclaré Roland Abeng, coordinateur
au Cameroun de la Coalition pour la Cpi. «Les systèmes judiciaires
africains sont appelés à suivre l'exemple sud-africain en prenant ses
responsabilités et en devenant un bras véritable, naturel et
indépendant du gouvernement pour l'amélioration de l'Etat de droit
tant à l'échelle nationale qu’internationale. Il est essentiel que l’organe dirigeant de la Cpi, l'Assemblée des États parties (Aep), examine sérieusement tout constat de non-coopération éventuellement décidé par les juges de la Cpi contre l'Afrique du Sud sur cette question», a déclaré Stephen Lamony, conseiller principal sur l’Ua, l’Onu et les situations africaines pour la Coalition pour la Cpi. «L’Afrique du Sud a été pleinement rappelée de ses obligations d'arrêter el-Béchir dans les jours précédant le
sommet de l'Union africaine. L'Aep doit maintenant prendre des mesures
importantes pour dissuader le non-respect aussi flagrant des décisions
de la Cpi. »

A la suite d’un renvoi en 2005, par le Conseil de sécurité des Nations
Unies (CsNu), à la Cour pénale internationale (Cpi) de la situation au
Darfour, Soudan, la Cpi a délivré deux mandats d’arrêt pour Omar
el-Béchir, en 2009 et 2010, pour plusieurs chefs de crimes contre
l’humanité, génocide et crimes de guerre qu’il aurait commis au
Darfour depuis 2003. « Il est de la responsabilité du Conseil de sécurité de l’Onu de garantir la coopération sur les décisions découlant de ses renvois à
la Cpi», a déclaré Allan Ngari, chercheur au sein du département des
Menaces transnationales et la criminalité internationale de l’Institut
d’études de sécurité. «Nous exhortons le Conseil a condamner
fermement la visite du président el-Béchir en Afrique du Sud et à ce
que des mesures soient prises immédiatement pour s’assurer de son
arrestation. Des graves crimes internationaux continuent d'être commis
en toute impunité au Soudan dans les Etats du Nil Bleu et du Sud
Kordofan sous la présidence d'el-Béchir. »

Le 29 juin 2015, la procureure Fatou Bensouda présentera un rapport au
Conseil de Sécurité de l’Onu sur l’état de l’enquête de son bureau sur
la situation au Darfour. Dans une lettre datée d’aujourd’hui, la
Coalition pour la Cpi a exhorté les Etats parties à la Cpi siégeant au
CsNu de participer activement et de manière constructive aux réunions
à venir autour de la visite de la Procureure et d’avance des
propositions concrètes pour améliorer la coopération entre le CsNu,
l’Onu et la Cpi.

CONTEXTE

La Cpi est la première cour internationale permanente
compétente pour les crimes de guerre, crimes contre l'humanité et
génocide. Au cœur du mandat de la Cour est le principe de
complémentarité, selon lequel la Cour n'interviendra que si les
systèmes juridiques nationaux n’ont pas la capacité ou la volonté
d'enquêter et de poursuivre les auteurs de génocide, crimes contre
l'humanité et crimes de guerre.

Il y a actuellement neuf enquêtes en cours devant la Cour : la
République centrafricaine 1 & 2, la Rdc, le Darfour (Soudan), le
Kenya, la Libye, l'Ouganda, la Côte d’Ivoire et le Mali. La Cpi a
publiquement émis 31 mandats d'arrêt et neuf citations à comparaître.
Deux procès sont en cours. Il y a eu deux condamnations et un
acquittement.

Neuf examens préliminaires sont actuellement en cours, à savoir les
situations en Palestine, au Honduras, en Ukraine, en Irak, en
Afghanistan, en Colombie, en Géorgie, en Guinée et au Nigeria. Le
Bureau du procureur a mis fin a mis un terme à des examens
préliminaires au Venezuela, en Palestine, en République de Corée et au
renvoi des Comores, refusant dans chacun de ces cas d’ouvrir une
enquête.

La Coalition pour la Cour pénale internationale est un réseau mondial
d’organisations de la société civile présentes dans 150 pays
travaillant en partenariat pour renforcer la coopération
internationale avec la Cpi; s'assurer que la Cpi est juste, efficace
et indépendante; rendre la justice à la fois visible et universelle,
et promouvoir le renforcement des lois nationales qui permettent de
rendre justice aux victimes de crimes de guerre, crimes contre
l'humanité et génocide.


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